29 novembre, 2011
28 novembre, 2011
Coquetterie d'auteur…
Avez-vous des enfants dans votre entourage ? Connaissez-vous La Malle au Mille Trésors ?
Si vous avez répondu oui à la première question, et quelle qu'ait été votre réponse à la seconde, je vous invite à leur faire le cadeau d'un abonnement à cette belle revue bimestrielle pour enfants (à moins que vous ne vouliez la garder pour vous !) :
La Malle aux Mille Trésors
Revue catholique destinée aux enfants et à ceux qui leur ressemblent
16 grandes pages de belles images, histoires, jeux, bricolages...
Vies de saints, présentations de métiers, nature, poésies, histoires drôles...
Retrouvez le mot de notre aumônier, la lettre de Julie Clédor, les souvenirs de Manine,
les petites aventures du souriceau Taquin.
Le numéro de janvier-février sera bientôt sous presse et tout abonnement reçu dans les jours qui viennent démarrera fort opportunément comme un beau cadeau de Noël, puisqu'il sera expédié au début de la semaine précédant la Nativité. Et c'est un cadeau qui se renouvellera de deux mois en deux mois jusqu'en novembre prochain.
Pourquoi en parler ? (Et j'espère que vous me pardonnerez ce coup de pub… mais si c'est pour une belle œuvre…)
Parce qu'avec Julie Clédor, nous partageons les liens du sang…
Et que ce numéro de janvier-février comporte un conte de ma modeste plume, La flûte en argent.
Voici, pour vous mettre l'eau à la bouche, la « une » de la Malle de novembre-décembre :
L'abonnement (1 an – 6 numéros) coûte 28 euros en France : renseignements et coordonnées ici.
Plus la loi d'avortement est laxiste, plus il y a d'avortements
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| Mark Levels |
Selon les éléments de sa thèse de doctorat diffusées ces derniers jours dans la presse néerlandaise, Mark Levels s'est intéressé aux législations existant dans les pays d'Europe ainsi qu'aux statistiques relatives aux « choix de fertilité » des femmes résidant dans ces pays en y intégrant les données disponibles sur l'avortement et le recours à la contraception. La corrélation est nette : moins il y a de freins à l'avortement électif, plus le taux de grossesses et d'avortements augmente même si, selon l'étude, la différence n'est pas très grande.
Les restrictions en question portent par exemple sur le délai pendant lequel la femme peut choisir d'avorter sans donner de raison, ou encore la nécessité ou d'apporter la preuve d'un problème de santé pour la mère, ou d'un problème socio-économique : selon les pays, ces facteurs sont acceptés ou non.
La très grande majorité des pays européens ont une législation libérale, voire très libérale. Et c'est là que le choix d'avorter est le plus fréquent. Levels observe notamment que dans les pays aux lois les plus libérales, les femmes ayant le plus bas niveau d'études ont une chance accrue de tomber enceintes : « De tel constats sont difficiles à expliquer. Cela pourrait vouloir dire que les femmes des classes inférieures ont un comportement sexuel plus risqué lorsqu'elles peuvent considérer l'avortement comme une sorte d'assurance, mais je ne peux donner une bonne interprétation de cela sur la base de mon type d'enquête. »
Mark Levels s'est servi des enquêtes de population de l'ONU entre 1960 et 2010 réalisées dans un grand nombre de pays européens, y compris ceux de l'ancien bloc de l'Est, portant sur « des milliers » de femmes européennes et l'ensemble de leur vie féconde. A noter cependant que l'étude à « corrigé » certaines données en estimant que le nombre d'avortements rapportés pouvait être inférieur à la réalité. Autrement dit, pour certains pays ce nombre a été réévalué à la hausse et on peut supposer qu'il s'agit en priorité de ceux où la loi est la plus restrictive.
Par ailleurs il n'est pas dit si oui ou non l'Irlande et la Pologne ont été intégrées dans l'étude : ce sont les grands pays européens aux lois d'avortement les plus restrictives. Or les chiffres et taux pour ces pays, disponibles sur ce site, sont aujourd'hui, nettement inférieurs à ceux des autres pays européens, même par rapport aux Pays-Bas qui ont un taux d'avortement paradoxalement bas eu égard à la libéralité de sa loi – l'une des plus libérales au monde.
Levels l'attribue à la libéralité de la politique de contraception aux Pays-Bas, à distinguer me semble-t-il de la « couverture contraceptive » qui est par exemple encore plus élevée en France (où le taux d'avortement demeure élevé et en rapport avec la libéralité de sa loi qui fait de l'avortement un « droit » sur-protégé.
Mark Levels l'explique ainsi : « La pilule est connue, chaque femme y a accès et, pour les plus jeunes, elle est remboursée par l'assurance-maladie ; les préservatifs sont également faciles à obtenir. Une telle politique prévient nombre de grossesses non désirées et, par le fait même, des avortements. Et elle le fait efficacement. Dans presque tous les pays examinés la loi d'avortement a été à un moment plus stricte qu'elle ne l'est aujourd'hui, et dans les périodes plus restrictives, il y avait moins d'avortements. Mais si un pays veut vraiment abaisser les chiffres de l'avortement, il ferait mieux de miser sur une politique anticonceptionnelle libérale. »
Il me semble – sous réserve de précisions qui restent à connaître de son étude – qu'il va peut-être un peu vite, car la France a elle aussi une politique d'accès facile à la contraception y compris pour les jeunes et, comme dans la plupart des pays où la contraception est très répandue, le nombre d'avortements n'y régresse pas, et même serait plutôt à la hausse. La prévalence de la contraception est plus grande en Espagne et en France, avec des taux d'avortement bien plus élevés, qu'aux Pays-Bas où elle atteint quelque 70 % de la population féminine en âge de procréer. Il ne semble pas que Levers se soit intéressé à ces chiffres dans le cadre de son étude.
Ce qui change, en revanche, c'est l'attitude générale vis-à-vis de la sexualité aux Pays-Bas.
Celle-ci est vécue presque absolument sans tabous, les jeunes étant incités à faire ce qu'ils ont envie de faire sans qu'il soit question de bien ou de mal : c'est la « réussite » ultime d'une « éducation sexuelle » qui a fini par évacuer les problèmes moraux, aussi bien chez les parents que chez les jeunes, tout en présentant l'avortement comme un signe d'échec et de manque de maturité. Selon certains, cette manière de gommer les questions de conscience est la réponse idéale au problème de l'avortement, mais elle aboutit – me semble-t-il – à une déshumanisation encore plus grande et fait penser au rêve de Pierre Simon : aboutir à une société où les femmes ne sauraient même plus si elles avortent ou non (par le recours habituel à la « régulation menstruelle » par exemple). C'est ce qui se passe avec les stérilets, les dispositifs intra-utérins ou les contraceptifs de longue durée qui prennent une part grandissante parmi les moyens contraceptifs employés.
De fait bien des méthodes contraceptives sont des abortifs très précoces : les « bons » chiffres néerlandais devraient être tempérés par le nombre d'éliminations d'embryons passées inaperçues.
A quoi il faut ajouter une assez importante prévalence de la stérilisation féminine et masculine, même si elle est à la baisse : parmi les femmes aujourd'hui âgées entre 54 et 59 ans, un tiers a été stérilisé ou a un partenaire stérilisé, l'opération étant légale et remboursée.
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27 novembre, 2011
Préservatif : à l'ONU, le Vatican tient bon
John-Henry Westen de LifeSite rapporte les propos clairs du représentant du Saint-Siège auprès de l'ONU, le P. Philippe Bené, lors d'une réunion du Troisième comité de l'Assemblée générale mardi dernier. Il a réitéré l'opposition du Vatican au préservatif, y compris dans le but d'éviter le sida. Il est intéressant de noter que l'on discutait précisément à propos des Droits de l'enfant, ce qui évoque à la fois le fait de ne pas « éviter » l'enfant comme une MST, et le devoir de ne pas imposer aux jeunes une fausse moralité contraire à leur dignité d'être humains en leur prêchant la capote.
« Le Saint-Siège n'approuve d'aucune manière la contraception ou l'utilisation de préservatifs, que ce soit comme moyen de planification familiale ou dans le cadre de programmes visant à éviter le virus HIV et le sida », a-t-il déclaré.
Ce n'est qu'une répétition mais elle est en soi une nouvelle dans la mesure où une certaine presse voudrait croire que depuis l'an dernier et le livre d'entretiens de Benoît XVI avec Peter Seewald la position du Pape et du Vatican auraient évolué vers plus de « libéralisme » ou de « tolérance » : des journaux et des commentateurs réputés sérieux ont soutenu alors que le Saint-Père justifiait le recours au préservatif s'il s'agissait d'éviter de transmettre le sida, voire qu'il l'approuvait tout à fait dans ce cadre.
On y avait même vu une tentative de revenir sur une tempête médiatique après des propos de Benoît XVI lors de sa première visite papale en Afrique, où il avait déclaré que la politique du préservatif était même de nature à aggraver les problèmes de contamination virale. Cela lui avait été si peu pardonné que des gouvernements occidentaux (France, Espagne, etc) avaient dénoncé ses propos et le parlement belge s'était même offert le luxe du ridicule en condamnant la prise de position par 95 voix contre 18.
Lors de son voyage au Bénin la semaine dernière Benoît XVI n'a pas évoqué directement le préservatif mais a souligné que le sida est un « problème éthique » dont les solutions se trouvent dans « l'abstinence sexuelle, le rejet de la promiscuité sexuelle et la fidélité au sein du mariage » : pas exactement une justification du préservatif, mais certains journaux ont encore voulu y voir une édulcoration de la doctrine morale catholique.
Les propos du P. Bené montrent qu'il n'en est rien.
Westen commente : « Cela démontre qu'il existe une nouvelle stratégie de la hiérarchie de l'Eglise catholique de se confronter à la culture de manière directe même sur les cas les plus difficiles. Il semble que la tactique souvent utilisée – et inefficace – d'éviter les situations difficiles, d'obscurcir les questions ou de s'engager dans la compromission, soit en train d'être mise de côté. »
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24 novembre, 2011
Bébé avorté par erreur : l'Australie est horrifiée – mais pas assez
En Australie, une mère attendant des jumeaux vient de perdre ses deux petits garçons, à huit mois de grossesse, par avortement. Un seul des deux enfants devait être supprimé : il était porteur d'une malformation génétique cardiaque grave et sous la pression des médecins, la maman avait décidé de le faire avorter (ou « terminer » comme on dit chez les anglophones) pour ne garder que l'enfant sain. Mais au Royal Women's Hospital de Melbourne, une erreur se produisit, une tragique erreur humaine. Malgré plusieurs vérifications de dernière minute par une échographiste expérimentée, c'est l'enfant sain qui reçut une piqûre létale.
On procéda alors à une césarienne d'urgence, opération de trois heures au cours de laquelle on « termina » également l'enfant malade, rapporte la presse australienne.
A huit mois de grossesse, les deux garçons avaient déjà reçu leurs prénoms. Il paraît que c'est la mort dans l'âme que leur mère a accepté la mise à mort de celui qui était malade, non parce qu'il représentait une menace pour son frère, semble-t-il, ni pour la santé de sa mère, mais parce que son pronostic vital une fois venu au monde était très mauvais et qu'il risquait, en cas de survie, de devoir subir de multiples opérations au cœur.
Sans disposer, évidemment, du dossier médical, on devine un peu comment se sont passées les choses. A ce stade de la grossesse les deux bébés étaient forcément viables. L'équipe médicale s'est-elle lancée dans une course contre la montre pour s'assurer de la mort du jumeau malade avant qu'il n'ait le temps de naître – parce qu'à partir de ce moment-là il n'aurait plus été possible de le tuer ?
L'erreur sur la personne – mais oui, c'est une erreur sur la personne, et la preuve que deux êtres humains sont ici en jeu, et pas « un enfant sain et un fœtus défectueux » – a entraîné la mort d'un des deux frères. Le deuxième, le plus faible, a été « terminé », comme le dit la presse australienne, au cours de la césarienne d'urgence. La presse ne dit pas comment. Comment comptait-on extraire l'enfant mort si cela avait été le « bon » ? A-t-on fait la césarienne parce que de toute façon on entendait bien faire mourir le petit survivant malade ? Celui-ci a-t-il été tué en cours de route, et comment ? Un médecin l'a-t-il achevé alors qu'on était en train de l'extraire du sein de sa mère ?
Toute cette horreur dépasse largement ce qu'en dit la presse australienne. Celle-ci parle du désarroi des parents, des enquêtes mises en route – il y en aura trois distinctes – pour déterminer les causes et les responsabilités qui ont abouti à l'erreur fatale, de la prostration de l'échographiste. Elle évoque la colère des parents qui auraient préféré qu'aucune publicité ne soit donnée à leur histoire.
Mais c'est une histoire exemplaire. Une histoire qui en dit long sur la mentalité de ces médecins qui croient bien faire en éliminant les plus fragiles, leur fausse bienveillance, leur confusion totale par rapport à leur rôle qui est de sauvegarder la vie. Elle en dit long sur ces parents que l'on pousse à faire le choix de l'eugénisme et à en porter le lourd fardeau – eux aussi on sans doute cru bien faire, parce qu'ils ont fait confiance, parce qu'ils ont eu peur, parce que les souffrances annoncées de leur tout-petit leur ont semblé insupportables.
Il y a eu deux morts dans cette tragédie, deux frères, l'un malade, l'autre en bonne santé. Il n'y en avait pas un qui valait mieux que l'autre, il n'y en avait pas un qui méritait plus de soins et d'affection que l'autre. En partant ensemble, ils ont mis en pleine lumière les contradictions et les hypocrisies de notre temps.
Plus jamais ça ? Il n'y a qu'un moyen : en finir avec l'horreur de l'avortement.
Mais le langage des médias ne permet pas cette prise de conscience. L'AFP en langue française rend ainsi compte de l'affaire : « Un hôpital de Melbourne, dans le sud-est de l'Australie, a ouvert une enquête jeudi après que des médecins ont interrompu accidentellement la croissance, à huit mois de grossesse, d'un jumeau sain au lieu de son frère atteint d'une grave maladie cardiaque. (…) Ils ont alors dû opérer une nouvelle fois, par césarienne, pour enlever le fœtus malade. »
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23 novembre, 2011
Royaume-Uni : les gynécologues révisent leurs recommandations pour l'avortement
Et, dans ce pays qui avoue plus de 200.000 avortements par an, la tendance est à la libéralisation. Assurant que « plus de 98 % des avortements provoqués en Grande-Bretagne sont réalisés en raison d'un risque pour la santé mentale ou physique de la femme ou de ses enfants » (la santé mentale a décidément bon dos), le Royal College of Obstretricians and Gynaecologists (RCOG) vient de publier de nouvelles directives, un guide des bonnes pratiques à observer pour fournir à chaque femme demandant un avortement dans ce cadre un service de haute qualité, constante partout dans le pays. Car, pense le RCOG, « l'avortement et la contraception font partie intégrante de l'offre complète de santé sexuelle et reproductive ».
Tout cela, dans la plupart des pays de notre pauvre Occident suicidaire, n'a certes rien de très original. Mais on pousse toujours vers l'avortement plus facile, plus accessible, comme en témoignent certaines nouveautés mises en exergue par le communiqué officiel du RCOG.
Celle-ci est caractéristique :
« Les femmes doivent avoir accès à des services de conseil et d'aide à la prise de décision, cependant, les femmes qui sont certaines de leur décision ne doivent pas être sujettes à une consultation de conseil obligatoire. »
En clair, il s'agit de suggérer qu'elles ne doivent pas recevoir de conseils capables de les dissuader de ce geste auquel « un tiers des femmes auront recours » au cours de leur vie féconde, explique le RCOG, fataliste. Mais quoi qu'il en soit, le contenu des conseils ne fait l'objet d'aucune précision.
Certes les directives encouragent les services d'avortement à informer les femmes sur les « symptômes physiques » qui font suite à un avortement : saignements, douleur, symptômes gastro-intestinaux. Le communiqué évoque aussi « l'éventail de réponses émotionnelles » présentées par les femmes après l'avortement, et dont il faudrait leur parler.
« Les fournisseurs d'avortement doivent être conscients du fait que les femmes ayant dans leur histoire médicale des problèmes de santé mentale seront davantage exposées à des problèmes en cas de grossesse non désirée », explique aussi le communiqué. Autrement dit, c'est la grossesse non désirée qui sera à l'origine de troubles éventuels, et non l'avortement en soi – il importait de le dire à propos d'un document qui vise principalement à rassurer les femmes sur la procédure d'avortement, présentée comme sûre dès lors qu'elle est pratiquée dans le cadre surveillé par les services de santé.
Cela explique aussi pourquoi les directives prévoient que dès le premier rendez-vous pour l'avortement, un accord devra être trouvé pour que la femme accepte un plan de contraception, alors même – comme le note John Smeaton de la SPUC, plus ancienne et principale association pro-vie en Angleterre – que plus de contraception va la plupart du temps de pair avec davantage d'avortements.
Smeaton note aussi que les directives prévoient explicitement de présenter comme négligeables les études montrant l'existence d'un lien entre avortement et cancer du sein, grossesse extra-utérine, placenta praevia, infertilité et problèmes psychologiques. Et que le droit à l'objection de conscience est interprété de manière restrictive. Les objecteurs doivent par exemple « promptement » renvoyer leur patiente vers un collègue disposé à pratiquer l'intervention, en faisant même les démarches si la patiente est très jeune. Les aides-soignants peuvent être impliqués à la discrétion de leur direction.
Les directives recommandent de ne pas imposer le recours à l'échographie préalable et demandent qu'elle soit faite, « dans sa mise en scène et sa réalisation, de manière respectueuse de la situation de la femme », en lui demandant par exemple si elle est prête ou non à voir l'image.
Et voici la recommandation la plus glaçante :
« On pratiquera un fœticide avant de procéder à l'avortement médical après 21 semaines et 6 jours de gestation afin de s'assurer de l'absence de risque d'une naissance vivante. »
Au moins, c'est clair.
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21 novembre, 2011
En Espagne, c'est la fin du zapaterisme : en finir avec l'avortement ?
La sortie des années du zapatérisme sera-t-elle l'occasion de mettre fin à la progression de la culture de mort en Espagne ? Ou, mieux, l'occasion de revenir sur ses aberrations déjà acquises : « mariage » et adoption pour les homosexuels, modification de l'état civil dans le sens de l'idéologie du genre, divorce-express, « éducation à la citoyenneté » immorale, droit à l'avortement… ?
On le sait : la plupart des gouvernements de « droite » succédant à des gouvernements de gauche s'accommodent du statu quo et laissent en place les mauvaises lois votées en leur absence.
Mais l'une des claires raisons de l'élection de Rajoy, du Partido Popular, aura été le refus de cette décadence. Mariano Rajoy aura-t-il le cran de faire ce pour quoi on l'a choisi ?
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| Des jeunes contre l'avortement, dimanche soir. |
D'un air un peu ennuyé, Mariano Rajoy s'est interrompu, avant de dire, lapidaire, « Bueno ». Et de .reparler de la crise. Mais enfin voilà, les Espagnols n'auront pas tardé à lui rappeler pourquoi il était là.
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Marine Le Pen et les points non négociables
19 novembre, 2011
SOS Tout-petits empêché de manifester à Paris par les forces de l'ordre
Ce matin, SOS Tout-petits devait manifester pour la troisième fois depuis septembre aux abords de l'hôpital Tenon, dans le XXe arrondissement de Paris, pour protester contre la réouverture du service d'avortements dans cet établissement. La déclaration de la manifestation avait été faite au plus tôt, quinze jours avant la date prévue. Le Dr Xavier Dor s'en était vu remettre le récépissé vendredi (hier) vers midi. Mais le soir, peu après 20 h, un avis d'interdiction fut remis au signataire de la déclaration, trop tard pour contester, trop tard pour engager un référé pour excès de pouvoirs.
En revanche, une contre-manifestation, à laquelle appelaient les groupes composant la contre-manifestation qui s'était livrée à de violentes attaques contre SOS Tout-petits en septembre, était, elle, autorisée. Et loin d'être cantonnée à un coin de trottoir le plus loin possible de l'entrée principale de Tenon, elle a pu se rassembler devant celle-ci, bouchant la voie d'accès, avant de processionner tout autour de l'ensemble hospitalier, s'offrant même un crochet par la très fréquentée place Gambetta non loin de là.
C'est devant l'entrée de Tenon que j'ai trouvé les manifestants de gauche ce matin. Quelques 150 personnes rassemblées sous des drapeaux de la CGT, de la Gauche unie, « Solidarités », Sud, et j'en passe, écoutaient la voie stridente de leur meneuse. Les droits des femmes et la laïcité sont en danger ! La preuve ? Les « intégristes » sont dans la rue ! Les « intégristes » voudraient empêcher l'enseignement du « gender » au lycée ! Les « intégristes » sont de retour devant Tenon, 25 ans après leur première action au sein de l'hôpital ! Deux théâtres parisiens font l'objet d'attaques d'« intégristes » contre des pièces qu'ils disent « blasphématoires » !
Alors ? Alors on annonce que pour l'IVG, « on ne lâchera pas ». On veut des contraceptifs gratuits pour toutes. Et l'application de la loi Bachelot. Cette manif, je vous le dis, est décidément du côté du manche…
Beaucoup d'hommes parmi les manifestants. L'IVG, c'est un « droit des femmes », disent les avorteurs – mais c'est avant tout la liberté totale et la disparition de toute responsabilité pour eux. Plusieurs arborent des autocollants bien voyants : « Je suis athée et je vous emmerde. » La scatologie est au goût du jour… Une banderole décore la grille d'entrée de l'hôpital : « Un enfant si je veux, quand je veux, où je veux. » Le slogan a vieilli… Les pasionarias aussi. Pour la plupart, il est déjà trop tard.
Une jolie maman passe – c'est jour de marché, il fait un temps radieux, on fait ses courses en famille – gênée par les questions de sa petite fille de 7 ou 8 ans. « Qu'est-ce c'est ? Euh… Elles ne veulent pas que l'hôpital ferme. » Je la comprends. Pas facile de répondre : « Elles veulent qu'on puisse continuer de tuer les petites filles comme toi avant même de naître. » Pas facile d'expliquer cela à son enfant…
J'avais aperçu, dans la rue qui longe le côté de l'hôpital Tenon, entouré par des dizaines de policiers en tenue anti-émeute, entourant le Dr Dor et quelques autres personnes. Je m'y dirige. Un manifestant m'interpelle, l'air mauvais : « Va prier dans le panier à salade ! » On se connaît, Monsieur ?
Arrivée à hauteur du petit groupe de SOS Tout-petits, je vois le fameux panier à salade, un bus de police où, manifestement, le Dr Dor a dû s'engouffrer et décliner son identité avec quelques autres. Les contrôles sont encore en cours. Je sors ma carte de presse et demande des explications aux forces de l'ordre. « La manifestation de ces personnes est interdite. » Ah, bon, et les manifestants qui sont devant Tenon ? « Eux, ils font une manifestation autorisée. » Ah, et pourquoi eux, et pas ce groupe pacifique ? « Je ne peux pas vous le dire. La préfecture pourra vous renseigner. On n'autorise jamais en même temps une manifestation et une contre-manifestation, pour éviter des troubles à l'ordre public. » Intéressant. Pas très convaincant sur le terrain. Je ne sache pas que les contre-manifestants se fassent toujours contrôler et embarquer. Sans compter qu'ici, SOS Tout-petits avait à la fois l'antériorité pour lui et avait été victime, il y a deux mois, des violences – allant des jets d'œufs aux bousculades musclées – des mêmes qui paradent devant Tenon au moment même où le Dr Dor et ses amis obtempèrent courtoisement et montent dans le fourgon.
Courtoise, j'essaierai de le rester, monter dans le car de police, c'est hors de question. Je revendique mon droit d'informer et la police n'insiste pas. Mais on a bien vu que j'échangeais une poignée de main avec deux des appréhendés…
Commencera alors pour la vingtaine d'amis de SOS Tout-petits une série de déplacements dans ce car aux vitres teintées. Cent mètres en arrière, cinquante mètres en avant, on change de rue, on arrête, on avance… Où sont-ils ? Ils ne savent pas que leur groupe est maintenu à proximité de Tenon mais évite, de station en station, les manifestants de gauche qui tournent autour de l'hopital. L'idée des forces de l'ordre semble simple. Ne pas relâcher les « dangereux » récitants de chapelet avant la fin de la manif, pas même à trois kilomètres de là, pour contrer toute velléité de reconstitution de leur groupe à proximité des gauchistes. J'ai vu comment certains d'entre eux ont été « cueillis », sur leur bonne gueule. Parce qu'ils passaient par là. J'apprendrai plus tard que tel autre avait été « pris » à la sortie du métro parce qu'il portait une croix. Que tel autre groupe de dames amies s'était arrêtées pour bavarder ensemble – hop, la police arrive, et les embarque à leur tour.
Le car s'éloignant doucement, et comme je ne voulais pas le perdre des yeux, je me dirige dans sa direction, laissant derrière moi la manifestation gauchiste. Deux policiers m'interpellent, me demandent de partir. Non, je suis journaliste (je brandis ma carte) et je veux savoir ce qui se passe. Nous discutons ferme. L'officier de police a sûrement pris des cours de gestion de « situations » et parvient à parler très longuement sans rien dire, en parlant de rhétorique, de liberté d'expression et de l'information, et de mon devoir de libérer le trottoir où d'autres circulent sans être inquiétés, et de m'en aller prendre le métro. Il va falloir que je choisisse entre ma qualité de journaliste derrière laquelle je me cache (« Mais non, Monsieur, je vous montre ma figure et ma carte de presse donne mon nom ! »), et partir, et ma qualité de citoyenne – si je choisis de rester – auquel cas je devrai monter dans le panier à salade à mon tour. Faut croire que ce que je pense est écrit sur ma figure.
Et d'ailleurs, pour quel journal travaillé-je, me demande le policier. « Parce que cela change quelque chose pour vous de le savoir ? » Bien sûr que non, réplique-t-il rapidement.
A force de discuter, voici que j'apprends qu'en fait, les policiers pensent ne pas pouvoir assurer la sécurité si je m'approche de la manifestation de gauche (dont j'étais en train précisément de m'éloigner). « Ah, ils sont dangereux ? » Pas de réponse. « Vous êtes en train de dire que c'est dangereux pour moi d'aller dans cette direction ? » — « Je parle de sécurité, pas de dangerosité, Madame. » Je trouve une formule polie pour dire « Hein ? Pas compris… » je ne suis pas là pour assurer votre protection. » Je marmonne : « C'est curieux d'avoir donné l'autorisation à ceux qui sont violents. » Mutisme des policiers.
Comme je ne déguerpis pas, le policier numéro un me propose de m'escorter jusqu'à la manifestation des gauchistes. « Venez, on y va. » Son coéquipier a pitié de moi. Et lâche : « N'y allez pas, Madame, vous prendriez des coups. » Et je le remercie. De m'avoir confirmé qu'ils sont dangereux et violents, ces manifestants « autorisés » – pendant que prient le Dr Dor, et quelques fidèles peu habitués des coups de poing.
Pour finir, je resterai sur place, tout près du car, suivant ses déplacements, sans être davantage inquiétée. Je pourrai même échanger quelques mots avec un groupe débarqué pour une « pause technique » au commissariat du XXe. Un autre car le rejoindra, regroupant d'autres et plus jeunes « priants » cueillis aussi au cours de la matinée.
Vers 12 h 10, après la dispersion de la manif gauchiste, les cars s'éloignent – je saurai plus tard que tout le groupe sera déposé au métro Belleville, qu'ils ont pu prier tranquillement dans le bus, y compris « pour la CGT ! », que les policiers ont été fort aimables.
Le mois prochain, le 10 décembre (et non le 17 comme annoncé par erreur), SOS Tout-petits recommencera à prier aux abords de Tenon. Parce que le massacre ne s'arrête pas.
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18 novembre, 2011
Euthanasie : des équipes volantes aux Pays-Bas ?
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| Entrez, Messieurs, la Madame elle est prête… |
« La plupart des gens qui ont un désir de mort décéderaient plus volontiers chez eux. L'idée de mettre en place des équipes ambulantes est une question de prévoyance progressive », a annoncé une responsable, Petra de Jong. La demande est estimée à quelque 1 000 euthanasies par an.
Conformément à la dérive légale en cours, la NVVE entend aider à mourir non seulement des patients très gravement malades mais aussi des personnes qui commencent à devenir démentes, des malades psychiatriques chroniques et des vieillards qui veulent cesser de manger et de boire. Les médecins spécialement formés pour l'euthanasie, assure l'association, pourront satisfaire de manière plus fréquente aux demandes d'euthanasie que les généralistes ordinaires (dont on a vu, au cours de récents sondages, qu'ils restent réticents devant l'acte, que ce soit de manière systématique pour une minorité d'entre eux ou dans certaines situations seulement).
L'association officielle de médecins KNMG n'a pas réagi de manière définitive à ces plans mais espère entrer rapidement en contact avec la NVVE afin d'obtenir des détails concrets sur la mise en place de ce nouveau dispositif. Elle a toutefois rappelé que les patients qui expriment un désir de mort doivent obtenir une écoute et des soins qui ne soient pas uniquement dirigés vers la satisfaction de celui-ci, toutes choses plus aisées à fournir dans le cadre d'une relation stable entre patient et médecin.
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| Alors, Saskia, il vient ce croque-mort ? |
Bref, la légitimité de l'euthanasie n'est en aucun cas contestée dans son principe, ni dans ses applications de plus en plus « libérales », ni même dans ses déclinaisons toujours plus inhumaines. On s'interroge sur des à-côtés? Sur le principe, personne n'a l'air de vouloir remettre en question l'idée d'équipes d'« anges de la mort » jouant les bourreaux dans le confort feutré des intérieurs néerlandais.
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16 novembre, 2011
Veillées pour la vie : les rendez-vous 2011. La France en tête…
On trouvera ici la carte des 47 veillées organisées et connues à ce jour pour le samedi 26 novembre en France et au Luxembourg, certaines dans des cathédrales en présence de l'évêque du lieu, d'autres dans des églises paroissiales, des communautés religieuses ou des églises desservies par des communautés Ecclesia Dei. Pour l'heure on est loin du maillage spectaculaire de l'an dernier, mais rappelons-le pour le plaisir :
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| Les veillées l'an dernier, en 2010… |
Je trouve trace d'initiatives de veillées cette année au Canada, aux Etats-Unis, dans une église du diocèse de Puchong en Malaysie (!). Rien sur l'internet germanophone. Rien sur l'internet hispanophone, sinon des rappels de ce qui s'était fait l'an dernier. Rien sur l'internet néerlandophone.
L'évêque de Coimbra, au Portugal, célébrera lui-même la veillée à l'occasion de laquelle il bénira les femmes enceintes ; les fidèles sont invités à apporter des vêtements et des aliments pour bébés pour venir en aide aux mères démunies. Il invite toutes les paroisses de son diocèse à organiser de telles veillées. Et ce n'est pas un exemple isolé dans ce pays.
Au Brésil, d'autres annonces, comme celle-ci de la part de l'archidiocèse de Brasilia :
A Brasilia, donc, ce sera une messe avec bénédiction des femmes enceintes, puis des crèches familiales, et adoration du Saint-Sacrement.
En Italie, beaucoup d'annonces diocésaines de veillées dans des cathédrales et des paroisses.
Je ne prétends évidemment pas à l'exhaustivité et encore moins à la certitude de l'absence de toute veillée, soit pour cause de recherche imparfaite, soit parce que les rendez-vous n'auraient pas été reportés sur le web.
Ce qui est frappant, c'est la mobilisation particulièrement forte en France, la coordination intelligente, l'existence d'outils internet pour trouver facilement une veillée près de chez soi, le rôle de la Famille missionnaire l'Evangile de la vie qui tient à jour la carte, la réactivité du Salon beige, sa notoriété et sa souplesse de mise à jour. Serait-ce un cas unique dans le monde ? Quoi qu'il en soit il y a de quoi en être fier – et de noter le rôle joué par les laïcs dont on se souviendra qu'ils ont joué un rôle indispensable l'an dernier pour faire multiplier les veillées pour la vie.
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Libellés : catholique, Culture de vie, veillée du 27 novembre, Veillée pour la vie
15 novembre, 2011
De la christianophobie à la trouille
Pilule : un lien avec le cancer de la prostate ?
Selon une étude publiée lundi par le British Medical Journal, il existe un lien entre la prévalence du recours à la pilule contraceptive au sein de la population féminine et la fréquence des cancers de la prostate – parmi la population masculine, cela va sans dire. Cette curieuse corrélation ne semble pas être fortuite même si les chercheurs qui l'ont constatée estiment ne pouvoir rien dire sur l'existence d'un lien de cause à effet entre les deux phénomènes et encouragent les femmes à ne pas se précipiter pour jeter leur stock de pilules à la poubelle.
Et pas seulement parce que cela serait politiquement incorrect, serait-on tenté de dire. Car derrière le constat, pointe le problème écologique que posent les hormones de synthèse absorbées mois après mois et année après année par les femmes dans certaines parties du monde.
L'équipe du Dr Neil Fleshner, chef du département d'urologie du University Health Network, s'est simplement intéressée dans un premier temps au recueil de statistiques, sans se préoccuper des raisons qui peuvent se cacher derrière les faits.
Un fait brut d'abord : le cancer de la prostate est le cancer le plus répandu dans le monde développé et le recours aux contraceptifs oraux a explosé au cours de ces 40 dernières années.
Les chercheurs, basés à Toronto, ont superposé les statistiques de l'Agence internationale de recherche sur le cancer et celles de l'ONU répertoriant les types et la prévalence des pratiques contraceptives chez les femmes en âge de procréer, en comparant les données nationales et continentales.
Si les calculs n'ont révélé aucun risque accru de cancer de la prostate là où prédomine le recours aux dispositifs intra-utérin ou les méthodes barrière, en revanche une corrélation significative se constate là où le recours à la pilule est plus fréquent : a contrario, au Japon, où peu de femmes utilisent la pilule, le cancer de la prostate est également moins fréquent.
Ce qui donne quand même ce chiffre remarquable : selon les chercheurs, 36 % environ de tous les cancers de la prostate pourraient s'expliquer par le lien avec l'utilisation de la pilule : « Il s'agit du type le plus faible d'études épidémiologiques pour ce qui est de prouver une relation de cause à effet », a précisé Fleshner, en soulignant qu'il s'agit maintenant de pousser la recherche plus loin en vue de comprendre ce qui se passe.
Cependant, l'étude suggère une piste sérieuse de travaux, en rappelant que d'autres recherches ont indiqué qu'il pourrait y avoir un lien entre le cancer de la prostate et l'exposition accrue aux œstrogènes. Par ailleurs, rappelle l'étude, on estime que le recours massif à la pilule pourrait augmenter la présence dans l'environnement de composés de perturbateurs endocriniens, parmi lesquels les sous-produits du métabolisme des contraceptifs oraux. Ils se décomposent difficilement et peuvent passer dans les urines et par là dans les réservoirs d'eau potable ou dans la chaîne alimentaire, après quoi toute la population y est exposée.
C'est d'ores et déjà sur cette possibilité que se penche Fleshner, dont l'équipe entend mesurer la présence des fameux perturbateurs endocriniens dans les eaux du robinet de différentes parties du globe.
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14 novembre, 2011
Avorter en musique, c'est mieux…
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| Une nouvelle application pour la musique d'ascenseur |
Sept chercheurs menés par Justine Wu, de la faculté de médecine de l'Université du New Jersey, ont réalisé une étude pilote auprès de 26 femmes ayant subi un avortement chirurgical sous anesthésie locale. Une partie d'entre elles a subi la procédure en écoutant de la musique, l'autre devant se contenter de l'anesthésie locale.
Les 26 avortées ont répondu à un questionnaire leur demandant d'évaluer la douleur, l'anxiété et la gestion de la situation ; on a également évalué la « satisfaction du patient ».
Il en est résulté que les avortées en musique ont vu leur « anxiété post-procédurale » diminuer plus vite que les avortées en silence, et géraient mieux la situation. La « satisfaction » était haute dans les deux groupes (on en a déduit que la musique ne la faisait pas diminuer), qui par ailleurs annonçaient des niveaux de douleur similaires.
Bref, la musique adoucit beaucoup de choses, mais pas forcément les mœurs.
Et le cynisme des avorteurs ne connaît pas de bornes…
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12 novembre, 2011
Comparer avortement et Holocauste ? « Cynique et pervers »
L'Anti-Defamation League (Ligue contre la diffamation, organisme de lutte contre l'antisémitisme dépendant directement du B'nai Brith) vient de condamner vivement un documentaire anti-avortement qui établit un parallèle entre la Shoah et l'avortement légal aux Etats-Unis. Le film, 180, s'ouvre sur des images de l'holocauste en soulignant combien les jeunes Américains sont ignorants à son propos. Le réalisateur y compare ensuite l'acceptation de l'avortement légal par le peuple américain avec le fait que Hitler avait reçu (selon lui) l'accord du peuple allemand pour tuer les juifs.
Déjà vu 1,5 million de fois sur Youtube et distribué à 250.000 exemplaires en DVD, le documentaire d'une bonne demi-heure a fortement irrité la plus ancienne et la plus puissante organisation juive au niveau mondial. Le directeur national du B'nai Brith, Abraham H. Foxman, l'a qualifié de « cynique et pervers » : « Il constitue l'un des abus les plus injurieux et outrageants de la mémoire de l'Holocauste que nous avons pu voir depuis des années », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il lui reproche de montrer des images des camps et de juifs exterminés et de vouloir établir une « équivalence morale » entre l'Holocauste et l'avortement, une « comparaison inappropriée » pour n'importe quel chrétien « comprenant la souffrance juive » : « Faut-il que ceux qui ont un autre objectif politique fassent continuellement un mauvais usage, un abus de la mémoire des 6 millions et des millions d'autres victimes ? »
Le réalisateur de 180 se trouve être lui-même juif ou du moins d'origine juive : Ray Comfort souligne que son documentaire a été fait sans haine et que bien loin de nier les souffrances de l'Holocauste, il révèle aux jeunes Américains qui sont nombreux à ne pas en avoir la moindre idée, qui était Hitler. « Clairement, le système éducatif américain n'a pas été à la hauteur pour ces jeunes. »
Acceptant l'idée – avancée par Foxman selon laquelle seul un Juif survivant, comme lui, de l'Holocauste, « peut vraiment comprendre l'horreur de ce que les Juifs ont vécu », Ray Comfort souligne que l'analogie est néanmoins valide :
« Hitler justifiait leur mise à mort en disant que les Juifs n'étaient pas des êtres humains. Les partisans de l'avortement font la même chose en appelant le bébé “fœtus” tout comme le fait le communiqué de l'ADL. »
Voici la vidéo :
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10 novembre, 2011
Don d'organes vitaux : non, les « donneurs » ne sont pas toujours morts !
Voilà, on y est, et au nom de la fin de l'hypocrisie encore. Trois spécialistes des unités de soins intensifs, de la bioéthique et de la médecine ont vendu la mèche : prétendre que l'opération de prélèvement d'organes vitaux ne se fait que sur des personnes décédées est souvent faux, et résulte d'une définition purement idéologique de la mort, une « stratégie idéologique », disent-ils, formulée dans le but d'élargir le champ des prélèvements possibles.
Et qui varie d'un pays à l'autre, pourrions-nous ajouter.
Le Dr Neil Lazar, directeur de l'unité de soins intensifs de l'hôpital de Toronto, le Dr Maxwell J. Smith de l'université de Toronto et David Rodriguez-Arias de l'université du Pays-Basque en Espagne, se sont exprimés en ce sens lors d'une conférence de bioéthique en octobre après avoir publié leurs propos dans l'American Journal of Bioethics au mois d'août. Ils évoquaient le cas particulier des prélèvements après la mort circulatoire (DCD, donation after circulatory death) qui sont faits aussi rapidement que possible après l'arrêt cardiaque : parfois 75 secondes plus tard.
Voici l'abstract, dont je propose ma traduction :
« En dépit des controverses qui se poursuivent à propos du statut vital à la fois des donneurs en état de mort cérébrale et de ceux qui se soumettent à la procédure de donation après la mort circulatoire (DCD), le respect de la règle du donneur mort (dead donor rule, DDR) demeure le cadre moral de base pour le prélèvement d'organes. La DDR augmente le nombre d'organes disponibles sans mettre en péril la confiance à l'égard des systèmes de transplantation, en rassurant la société quant au fait que les donneurs ne subiront aucun mal au cours du prélèvement.Leur prestation, il faut le dire, a rencontré de vives contestations, que les spécialistes pourront aller voir, pour des raisons avouables, sans doute, mais sans doute aussi pour d'autres qui le sont moins : la peur de voir les candidats au don d'organes y réfléchir à deux fois.
Alors que la présomption selon laquelle on ne peut faire de mal aux individus qui sont déjà morts est raisonnable dans le cadre des protocoles relatifs à la mort cérébrale, nous soutenons, que la DDR ne constitue pas une stratégie acceptable pour assurer la protection des donneurs de tout dommage dans le cadre des protocoles DCD. Nous proposons une triple alternative en vue de justifier les pratiques de prélèvements d'organes :
1. S'assurer que les donneurs sont suffisamment protégés du dommage,
2. S'assurer qu'on les respecte à travers le consentement informé,
3. S'assurer que la société est pleinement informée du caractère intrinsèquement discutable de tout critère de définition de la mort. »
Leur franchise – on prélève souvent sur des vivants – est de fait une contradiction frontale de tout le discours des promoteurs du dons d'organes. Mais loin de dénoncer la pratique, ils proposent au contraire d'en finir avec la règle du donneur mort – le le DDR – afin de pouvoir instituer des protocoles de prélèvement comprenant des procédures de lutte contre la douleur, par exemple, afin d'éviter toute souffrance au donneur.
« Au bout du compte, ce qui importe pour assurer la protection et le respect des donneurs potentiels n'est pas de faire signer un certificat de décès, mais bien plutôt d'être sûrs qu'ils ne sont plus en état de souffrir et de garantir le respect de leur autonomie », écrivent-ils, cités ici par Kathleen Gilbert de LifeSite.
Pour LifeSite, le Dr Paul Byrne, professeur de pédiatrie à l'université de Toledo aux Etats-Unis et néonatalogiste, a réagi sans étonnement :
« Tous ceux qui participent à la transplantation d'organes savent que les donneurs ne sont pas véritablement morts. Comment obtenir des organes sains sur un cadavre ? C'est impossible. »Le Dr Byrne a précisé que l'administration d'analgésiques aux donneurs se fait de manière habituelle. Les médecins qui prélèvent des organes sur les donneurs en état de mort cérébrale « sont obligés de les paralyser afin qu'ils ne bougent pas lorsqu'ils les découpent pour prélever des organes, et lorsqu'ils les paralysent sans anesthésiants, leur fréquence cardiaque augmente, ainsi que leur pression sanguine. Ce n'est pas quelque chose qui survient chez quelqu'un de véritablement mort ».
Il affirme qu'en réalité la règle du donneur mort mort n'existe pas, « on essaie juste d'y faire croire ».
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09 novembre, 2011
Pays-Bas : première euthanasie sur une patiente profondément démente
C'est un verrou qui saute.
Pour la première fois aux Pays-Bas, une femme incapable d'exprimer librement sa volonté du fait de son niveau de démence a été euthanasiée, et cet acte a été jugé conforme à la loi d'euthanasie par la commission chargée du suivi des euthanasies. Il s'agit d'une étape majeure et d'une aggravation de l'interprétation de la loi voulue par les lobbies de la « mort choisie », puisque dans cette affaire on a tenu compte non d'une demande actuelle d'euthanasie, mais d'un désir exprimé alors que la personne était encore assez lucide pour le faire.
La femme en question, âgée de 64 ans, a été mise à mort en mars dernier. Elle avait beaucoup souffert tant qu'elle était consciente de la progression de sa démence et avait répété à son médecin de famille, avec qui elle avait un rapport de grande confiance, qu'elle aimerait mieux mourir que de devoir être placée dans une maison de soins, de perdre son indépendance et de ne plus reconnaître ses enfants.
Elle avait fait un « testament de vie » écrit dans lequel elle exprimait clairement son désir d'être euthanasiée en cas de progression de la maladie. Son mari et ses enfants étaient d'accord avec cette demande.
Au cours des derniers mois de sa vie, la patiente ne se souvenait guère de ses motivations et n'était nullement en état de prendre une décision libre et éclairée, même si elle indiquait vouloir mourir. Son médecin soignant, ainsi que plusieurs collègues qu'il avait consultés pour l'aider dans l'évaluation de la situation, ont estimé qu'elle souffrait beaucoup, puisqu'elle était dans un état de confusion, souvent agressive, pleurant beaucoup. Un médecin spécialisé dans ces affaires estima qu'elle souffrait de manière insupportable mais qu'il ne fallait pas accéder à une demande dont il était impossible de juger si elle était « libre et bien pesée ». Le deuxième médecin « SCEN » – organisme regroupant des médecins spécialistes de la demande d'euthanasie – jugea au contraire que l'euthanasie était possible malgré cela. Et l'on passa à l'acte.
Vu le caractère très sensible de l'affaire – qui risque d'ouvrir les vannes à la possibilité d'euthanasier de plus en plus facilement des personnes incapables d'exprimer leur propre volonté, et, accessoirement, de trouver un début de solution (mais une solution finale) au problème du nombre de vieillards déments qui s'accroît – les cinq commissions régionales chargées de vérifier la conformité de l'euthanasie avec la loi ont été consultées. En août dernier, l'euthanasie fut jugée conforme, révèle De Volkskrant.
La commission a estimé que les nombreuses conversations de la patiente avec son médecin avaient permis à celui-ci de se construire une très bonne image de ce qu'elle considérait comme une souffrance insupportable.
Ce qui revient à mettre la crainte de malheurs futurs et l'image que l'on s'en fait au niveau d'une expérience vécue, ce qui, chez la plupart d'entre nous, ne relève pas du tout de la même appréciation.
Certes la patiente continuait d'exprimer, d'une certaine façon, son désir de mourir. Mais quelle était la part d'automatisme ?
Le problème est bien d'avoir absolutisé la volonté librement exprimée – en inventant un droit du patient sur sa propre mort dans certaines circonstances – pour aboutir au bout du compte à l'élimination du critère de la liberté, et par conséquent à la disparition du critère-même de la volonté.
De multiples ateliers et conférences visent actuellement aux Pays-Bas les personnes de plus de 50 ans pour les « sensibiliser » à la question de la démence où ils risquent de tomber et pour créer un mouvement de demande d'euthanasie préalable.
Parallèlement, comme je l'ai souligné depuis plusieurs années sur ce blog, un nombre croissant d'euthanasies sont pratiquées sur des personnes en voie de devenir démentes, et encore assez lucides pour demander cette mise à mort, pour éviter que la perte de volonté liée à l'évolution de leur état ne les prive un jour de cette « solution ».
On en est arrivé à 21 de ces cas l'an dernier (voir ici sur ce blog), et selon le Volkskrant, ces chiffres devraient augmenter fortement dans un avenir proche, d'autant que le nombre de cas de démence devrait atteindre le demi-million en 2050…
Parallèlement, avec le blanc-seing donné par la commission d'évaluation, les médecins auront également de moins en moins de scrupules à supprimer les personnes en état de démence avancée.
En attendant la prochaine étape : la définition de cet état de démence avancée comme provoquant une souffrance insupportable qui justifierait l'euthanasie même en l'absence de toute demande antérieure.
On n'y est pas encore ? Sans doute. Mais il y a cinq ans, qui aurait cru à l'imminence des évolutions actuelles ?
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08 novembre, 2011
L’image du Christ et la culture contemporaine
Le Pérou condamné par un comité onusien pour avoir refusé un avortement thérapeutique
Sans que rien dans la lettre de CEDAW n'oblige en quoi que ce soit les Etats signataires à prévoir une dépénalisation ou une fourniture d'avortements dans quelques circonstances que ce soit, l'agence onusienne crée ainsi une obligation à travers la décision de personnes qui imposent leur interprétation unilatérale du droit international. C'est un exemple typique de la tactique d'intimidation utilisée à l'égard des Etats qui refusent de se soumettre aux lobbies du féminisme et de l'avortement. On fait croire à l'existence d'un « droit coutumier » et interprétatif imaginaire pour les faire apparaître comme des hors-la-loi qui refusent les règles de la communauté internationale.
L'affaire L.C. c/ Pérou est à cet égard tout à fait caractéristique. Aux côtés de la petite jeune fille dont le destin tragique est aujourd'hui exploité pour la culture de mort se trouvaient le Center for Reproductive Rights ainsi que Promsex, un organisme de défense des « droits sexuels et reproductifs » basé au Pérou, qui ont soutenu et sans aucun doute financé l'affaire jusque devant le pseudo-tribunal de CEDAW.
Ce sont aujourd'hui ces organismes qui crient victoire et se réjouissent bruyamment d'avoir obtenu une compensation pour la petite jeune fille, marquée à vie par la tragédie qui l'a frappée.
Car – j'avais presque oublié de vous le dire – comme dans bien des affaires de ce type, celle qui a été choisie pour attirer l'intérêt des médias internationaux et faire avancer le faux droit à l'avortement est un de ces fameux « cas limite » que l'on utilise pour tenter d'ébranler les convictions les plus solides.
La petite L.C., donc, avait été violée pendant deux ans d'affilée par un voisin de 34 ans, avant de s'apercevoir de sa grossesse en 2007, selon un premier document mis en ligne en 2009 par le Center for Reproductive Rights. Habitant un quartier pauvre, elle avait même été violée sur une période de quatre ans par plusieurs hommes, affirme le compte-rendu de la décision publié par CRR hier.
C'est cela, en réalité, l'énorme tragédie de sa vie, la méconnaissance de sa dignité, l'abominable abus qui ne mobilise pas, semble-t-il, les chantres des droits de l'homme. Qu'on ait pu ainsi abuser d'elle pendant deux, voire quatre ans sans qu'il ne se passe rien est en réalité bien plus grave que le fait qu'elle soit tombée enceinte.
En découvrant sa grossesse, la jeune fille a tenté de se suicider en sautant d'un toit d'immeuble. Elle a survécu à sa chute mais elle était gravement blessée à la nuque. Des voisins l'avaient emmenée d'urgence à l'hôpital.
A en croire le compte-rendu fait par les lobbies qui l'ont défendue, les médecins ont constaté que la colonne vertébrale de L.C. était endommagée et qu'une opération d'urgence s'imposait pour aligner immédiatement les vertèbres. Mais du fait de son état de grossesse, ajoute le dossier, et bien que la loi péruvienne autorise l'avortement en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, et de grossesse résultant d'un viol, les médecins et les autorités se sont refusés à réaliser l'opération. Les proches de la fillettes réclamèrent un « avortement thérapeutique » mais leur demande fut rejetée.
Il y a dans cette affaire un élément qui paraît pour le moins curieux : en l'occurrence, si l'opération sur la colonne vertébrale entraînait un risque pour le fœtus mais était à ce point urgente et nécessaire, rien n'empêchait de la pratiquer même si elle pouvait avoir pour effet indirect et non voulu de causer la mort de l'enfant. Ça, c'est le point de vue catholique, qui n'oblige même pas à s'appuyer sur une loi qui, abusivement, autorise la mise à mort d'un enfant à naître en vue d'une fin en soi bonne, sauvegarder la santé de la mère.
Peut-être y a-t-il eu là erreur de jugement des médecins – mais elle porterait sur le refus d'une opération qui en soi, n'est pas un avortement.
Et peut-être pas. Car les détails médicaux de l'affaire ne sont évidemment pas disponibles et personne ne parle de rapports d'experts à propos de la suite.
Elle fut tout aussi dramatique. La fillette, du fait de la gravité de ses blessures, subit une fausse couche spontanée quatre mois plus tard. On l'opéra alors en expliquant que les chances de réussite seraient minimes. De fait l'opération ne fit quasiment pas d'effet et la jeune fille resta paralysée des quatre membres, et elle reste en fauteuil roulant.
Beaucoup de questions restent cependant ouvertes. Y avait-il une chance de sauver la jeune fille de la paralysie, même en l'opérant tout de suite alors qu'elle était enceinte ? Selon un médecin expert contacté par C-Fam en 2009, au moment où l'affaire était transmise à CEDAW selon une procédure quasi-judiciaire ouverte aux citoyens de pays signataires d'un protocole ancillaire, cela était douteux. Le Dr Edmundo Calva soulignait alors que les nerfs de la colonne vertébrale n'ont pas la capacité de se régénérer dès lors qu'ils ont été détruits.
L'état de santé de la fillette a-t-il été aggravé par le fait que des voisins l'ont transportée jusqu'à l'hôpital sans attendre des personnels de santé compétents ? Y avait-il seulement possibilité de disposer d'urgentistes qualifiés et ne serait-ce pas alors ce défaut qui a laissé le cas de l'enfant sans espoir ?
En quoi l'avortement thérapeutique aurait-il augmenté les chances de survie de la jeune fille ?
Y a-t-il eu raison précise – médicale – pour laquelle la chirurgie d'urgence n'a pas eu lieu ?
Autant de questions que les communiqués triomphalistes ne posent même pas.
On sait seulement que le Pérou se voit enjoindre de modifier sa législation sur l'avortement en cas de viol et d'agression sexuelle pour que les femmes puissent y avoir accès en s'abritant derrière une interprétation bien plus large, de mettre en place des mécanismes permettent dans les faits l'accès aux « services d'avortement » quand la vie ou la santé d'une femme est en danger, de mettre en place des services de « santé reproductive » pour les adolescentes.
Pour la jeune fille elle-même, CEDAW demande une compensation financière à la fois économique et morale, ainsi qu'une aide spécifique pour les soins qui pourraient lui permettre de recouvrer l'usage de ses membres.
Ce que les communiqués triomphalistes ne disent pas (il faut aller le lire sur C-Fam) c'est que les avis du comité de CEDAW ne lient nullement les Etats : ce sont précisément des avis. De fait une décision similaire a été rendue par l'organisme, également à l'encontre du Pérou condamnée en 2005 pour avoir obligé une adolescecnte, K.L., de mener à bien une grossesse alors que son bébé était anencéphale et qu'il est mort quatre jours après sa naissance. Il n'y a pas eu d'effet sur la loi péruvienne.
Mais le danger de l'avis de CEDAW est ici double. D'une part, celui – général – du message qu'il envoie de manière toujours plus insistante au monde : l'accès à l'avortement est un « droit humain » et les Etats sont juridiquement obligés de le mettre en œuvre, selon le principe du « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Et dans le cas particulier du Pérou, les récents changements à la tête de l'Etat laissent prévoir une utilisation de l'avis au service de la culture de mort : l'ex-ministre de la Santé, Oscar Ugarte, assure ainsi qu'il avait préparé une révision de la loi sur l'avortement thérapeutique que son gouvernement avait repoussé, mais le plan est prêt. L'avis de CEDAW pourra agir comme levier.
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Libellés : avortement, CEDAW, Culture de mort, droit, ivg, ONU, ONU Femmes, Pérou
07 novembre, 2011
Euthanasie : des Belges en veulent davantage
Treize personnalités en vue – universitaires, soignants et médecins côtoyant libre-penseurs et promoteurs de l'euthanasie – ont publié une lettre ouverte adressée au formateur et à tous les négociateurs chargés de mettre en place le nouveau gouvernement belge, Elio di Rupo en tête pour demander une révision de la loi en vue de rendre l'euthanasie plus largement accessible. Il est « urgent », assurent-ils, d'étendre ce « droit » posé en 2002 aux déments, aux mineurs capables d'exprimer leur volonté, à ceux qui souffrent de tumeurs cérébrales avancées. Ils demandent au « formateur » de prendre l'engagement de laisser un tel projet passer la barre des commissions parlementaires, ce qui s'est avéré impossible jusqu'à présent.
Parmi les signataires, on trouve par exemple Wim Distelmans, qui occupe la chaire « Fin de vie digne » de l'Université libre de Belgique, Marc van Hoey, médecin généraliste et vice-président de « Droit à une mort digne », un psychiatre, une infirmière et d'autres membres de LEIF (Forum d'information sur la fin de vie), d'autres professeurs d'université et des membres d'associations « humanistes ».
Cela limite bien sûr la portée de l'initiative : elle n'émane pas d'un parti majoritaire mais de groupuscules activistes. On aurait tort cependant de la balayer d'un revers de main : ce sont de telles pressions du lobby euthanasique qui ont abouti aux premières législations autorisant la mise à mort des faibles, des vieux et des mourants. A noter aussi, la proximité de leurs demandes avec celles qui sont présentées actuellement aux Pays-Bas, où l'on procède déjà à la mise à mort de personnes en voie de devenir démentes.
Les signataires demandent un « débat public », mais en soulignant que la première loi d'euthanasie avait déjà été portée par une « large majorité » de Belges. Comme les référendums à sens unique…
Florilège :
• « Une déclaration de volonté d'euthanasie qui doit être renouvelée tous les cinq ans n'est plus soutenable. D'autant que, tout comme tout autre “testament”, cette déclaration peut être à tout moment modifiée par le signataire ou déclarée nulle. Il nous semble donc inutile de poser une limite dans le temps. »
• « Les patients vieux et très malades, encore plus que les autres, ont besoin d'une “obligation de renvoi” (vers un médecin non objecteur), qui fait d'ailleurs partie des bonnes pratiques définies par l'Ordre des médecins auxquelles chaque médecin est déontologiquement soumis. »
• « Les soignants qui assistent et informent lors de l'établissement d'une déclaration de volonté n'arrivent plus à expliquer que cette déclaration ne vaut qu'en cas d'“inconscience irréversible”, tel un coma. Un sondage (…) montre que plus de 80 % des interrogés souhaitent une extension de la loi aux “incapacités acquises d'expression de la volonté” (comme elles existent en cas de tumeurs cérébrales avancées et de démence liée à Alzheimer. »
• « L'expérience prouve qu'un mineur, au cours d'une maladie qui s'éternise, peut avoir la maturité de demander l'euthanasie de façon très bien pesée » : il s'agit de supprimer toute limite d'âge.
Il est intéressant de souligner que les signataires demandent un suivi public plus serré des « sédations palliatives », qui n'entrent pas de le champ de la loi d'euthanasie actuelle et permettent aux médecins de prendre des décisions « par dessus la tête » des patients ou de leur famille. A l'inverse, les signataires regrettent que les décisions de stopper un traitement (y compris l'administration de nourriture) sont souvent interprétées comme des agressions ou des meurtres par le ministère public. Il s'agirait donc de faire enregistrer toutes ces décisions de la même façon que l'euthanasie.
Clarification (la sédation palliative peut être une forme d'euthanasie) ou brouillage de pistes ? La question est ouverte.
Mais on retiendra les statistiques invoquées par la lettre :
« Une enquête récente montre qu'environ la moitié de tous les décès en Belgique est survient à la suite d'une des décisions précitées : 50.000 sur 100.000 ! »
Ou plus précisément, sur 100.000 décès : 1.900 euthanasies, 19.000 sédations palliatives, et 30.000 arrêts de traitements devenus inutiles considérés comme « acharnement thérapeutique », avec toutes les ambiguïtés qui peuvent s'abriter derrière cette notion juste.
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