17 octobre, 2011

Argentine : Mgr Aguer demande aux candidats aux élections d'être clairs sur les points non négociables

Dimanche prochain, les Argentins éliront leur nouveau président, mais renouvelleront aussi le Sénat et l'Assemblée, à un moment de forte pression pour la légalisation de l'avortement dans les commissions de la chambre basse.

Mgr Hector Aguer
Si l'Eglise est restée discrète pendant la campagne, au moins un évêque, très écouté, Mgre Hector Aguer, s'est néanmoins exprimé sur les points non négociables, spécialement l'avortement qui sera débattu par le nouveau Parlement. Il a demandé que les candidats prennent clairement position sur la question pour que la démocratie puisse fonctionner véritablement.

A l'heure qu'il est, seul l'ex-président péroniste Eduardo Duhalde a dit son refus de la légalisation de l'avortement en précisant que celui-ci est un « assassinat » : il s'exprimait, jeudi dernier, devant un parterre d'étudiants de l'Universidad Austral de Buenos Aires, de l'Opus Dei. Il a également signé le « Protocole pour la vie » un document préparé par l'Association chrétienne des églises évangéliques d'Argentine en vue d'obtenir un engagement pro-vie de la part des candidats.

Les autres candidats restent discrets sur la question même si à titre personnel, tel ou tel s'est dit plutôt contre – comme le socialiste Hermes Binner, médecin : il a dit que sa profession l'oblige moralement à « protéger la vie », mais sans prendre officiellement position puisque d'autres figures du parti qu'il conduit, le Frente Amplio Progresista, sont clairement en faveur de l'avortement légalisé.

Mgr Hector Aguer, évêque de La Plata, a donc reproché à la plupart des candidats de ne pas afficher clairement leurs points de vue sur des points qui « changent l'ordre naturel des choses » puisqu'elles sont en relation avec la vie et la famille. « Nous avons déjà subi l'an dernier la promulgation de cette loi qu'on appelle de “‘mariage égalitaire” qui altère l'essence même du mariage », soulignait-il lors de sa dernière intervention télévisée hebdomadaire : « Claves por un mundo mejor ».

« Nous connaissons les projets de légalisation de l'avortement. On utilise une sorte d'euphémisme : on parle de dépénalisation, sans avertir que dépénaliser signifie légaliser. Cela veut dire : ôter l'avortement de la liste des délits, bien que quasiment personne aujourd'hui ne soit puni pour l'avoir commis. »


Rappelant que les groupes féministes œuvrent en définitive pour une légalisation générale, il montre que la logique des exceptions (avortement en cas de viol ou de danger pour la mère) veut rapidement s'étendre au « danger social ou psychologique pour la mère » qui ouvrent la porte à tout.

L'Argentine se trouve également en proie à la menace d'un projet de loi d'« identité de genre ». « Il faudrait plutôt dire, clairement, de “changement de sexe”. C'est là l'une des positions extrêmes de l'idéologie du genre qui imprègne de plus en plus les sciences sociales, qui s'insinue dans les contenus éducatifs et qui domine dans beaucoup d'officines législatives. Cet attentat contre l'ordre naturel comprend un préjugé contre la dimension biologique de la sexualité : on remplace le concept de sexe par celui de genre et on convertit cette donnée de l'identité personnelle en une option que l'on peut choisir à sa guise. »


Mgr Aguer dénonce également toutes les techniques de procréation artificielle (avec la fécondation in  vitro, les mères porteuses, les dons de gamètes, la congélation, la manipulation et la destruction d'embryons). « L'enfant n'est pas un dû mais un don », dit-il : de fait, quand on ne montre pas avec cohérence le caractère inacceptable de toutes ces pratiques, il est difficile de réclamer – par exemple – l'interdiction de l'expérimentation et la manipulation sur l'embryon. Ce fut pourtant la position de l'épiscopat français lors du vote des lois bioéthiques : pas de condamnation claire de l'« IVG », pas de condamnation claire, non plus, des techniques de procréation artificielle en elles-mêmes.

« Tel candidat a pu s'enhardir jusqu'à dire qu'il est partisan de l'avortement sans limités, mais en général ces thèmes ne sont pas mis en avant parce qu'ils pourraient conduire à une division de l'opinion et porter préjudice aux chances d'être élu. Mais ici il est nécessaire qu'une clarification ait lieu pour que la démocratie soit réellement une démocratie, et pour que l'on ne la frustre pas du sens véritable de la participation et de la représentation.


Si les législateurs sont les représentants du peuple, alors le peuple doit savoir qui sont réellement ces législateurs, ce qu'ils pensent, quelles lois ils vont proposer, parce dans le cas contraire, il ne resterait que bien peu de la représentation.


Tout cela pour vous suggérer de vérifier, dans le peu de temps qui nous reste, ce que pensent véritablement les candidats, quelles sont leurs opinions à propos de ces thèmes fondamentaux. Ces thèmes ne sont pas indifférents : ils sont au contraire d'importance capitale car d'eux dépend, d'une certaine manière, la configuration future de la société argentine. Et pour nous, chrétiens, ils ne sont pas négociables. »


Il y a quand même une petite distance entre cela et les consignes de réflexion données par les « évêques de France » pour les élections à venir

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15 octobre, 2011

Les émeutes au Royaume-Uni ? Le résultat de 41 ans de culture de mort…

Merci au blog de John Smeaton, de la « Society for the protection of unborn children » (association pour la protection des enfants à naître), d'avoir attiré mon attention sur le sermon de l'évêque émérite Mgr Patrick O'Donoghue lors d'un pèlerinage de réparation et de prière pour la vie au site marial anglais de Walsingham. L'ancien évêque de Lancaster est connu pour ses prises de position courageuses pour la culture de vie et pour le caractère propre de l''école catholique, ce qui lui avait valu en 2008 d'être convoqué par les pouvoirs publics et d'être ridiculisé par certains de ses pairs dans l'épiscopat.

Il faudrait lire toute son intervention : pour les anglophones, elle est ici.

J'en traduis quelques extraits, notamment ceux où le prélat accuse la politique publique de soutien à la culture de mort d'être la vraie racine des troubles et des émeutes qui ont secoué l'Angleterre.

Pourquoi à Walsingham ? Parce que la Sainte Vierge a voulu y être honorée dans son Annonciation, fête de l'Incarnation de Notre-Seigneur et donc lieu par excellence pour implorer Dieu de protéger et de sauver toute vie naissante.

« Voilà pourquoi Walsingham est si important pour le mouvement pro-vie de ce pays, et oserais-je dire pour le mouvement pro-vie du monde entier, parce que la sainteté du foyer est au cœur du “pro-vie”. 
Le foyer est le lieu où sont rendus présents, sont rendus réels l'amour, le soin, le sacrifice de soi mutuel.
Le foyer est le lieu où sont conçus les enfants, où ils sont accueillis, et où, parfois, ils naissent.
Le foyer est le lieu où les enfant sont chéris et élevés.
Le foyer est le lieu où l'on soigne les malades avec amour.
Le foyer est le lieu où nous nous préparons à mourir, et où certains d'entre nous mourons.
 
Oui, l'avortement, la contraception, l'euthanasie et le suicide assisté détruisent la vie, et ils détruisent aussi la sainteté du foyer. C'est pourquoi il y a tant de foyers détruits dans notre pays. 
L'effroyable poussée de violence qui s'est produite en Angleterre pendant l'été était un symptôme de ces foyers détruits où tant  de ces enfants et jeunes grandissent.
Je suis certain que l'une des causes de l'éclatement de ces foyers est le fait que plus de 5 millions d'enfants à naître ont été tués par l'avortement depuis que la loi d'avortement a été votée à la fin des années 1960.
 
J'ai décrit ce lien entre la violence des jeunes et l'avortement dans mon livre : Prêt pour la Mission ? L'Eglise (Fit for Mission ? Church). 
“Je suis convaincu qu'il doit y avoir des conséquences gravement dommageables pour la famille dans un pays où la contraception et l'avortement sont aussi répandus. Il ne faut pas s'étonner si tant d'enfants souffrent de dépression et de maladie mentale dans un pays qui offre un environnement aussi hostile à la vie humaine. Je suis convaincu qu'une autre cause de cette violence si répandue est la loi d'avortement de 1967. Cela fait maintenant 41 ans que nous vivons dans une culture de mort subventionnée par l'Etat, et qui a tué 5 millions d'enfants, et il faudrait s'étonner de ce que certains parmi les enfants survivants sont devenus violents, sans idée de respect pour le caractère sacré de la vie ? Combien d'enfants savent que leur mère a subi un avortement ? Quel effet pourra avoir sur eux la conscience d'avoir été privé d'un frère ou d'une sœur par l'avortement ? Si la société tient la vie humaine pour si peu de chose est-ce vraiment une surprise que les jeunes aussi la tiendront pour peu et s'engageront dans la violence ? ” »
Puis Mgr O'Donoghue médite sur les paroles récurrentes du pape Benoît XVI sur le devoir de respecter l'« écologie humaine ». Et il réfléchit à ce qu'est l'homme dans la Création :
« Fait à l'image de Dieu ;
Le centre et la couronne de toute création ;
Uni à Jésus-Christ, le Fils éternellement conçu de Dieu, par son Incarnation dans le sein de la Vierge Marie. »
Et il poursuit :
« Voilà pourquoi tout ceux que préoccupe réellement le sort de la nature, et qui cherchent à protéger l'environnement de la destruction, devraient se préoccuper de la destruction de l'enfant à naître par l'avortement. Chaque fois qu'un enfant est tué par l'avortement, une personne créée par Dieu comme centre et couronne de toute la création est détruite. Voilà pourquoi l'avortement est le plus grand des crimes contre le monde naturel, contre l'environnement. »
Suivant la même idée Mgr O'Donoghue qualifie comme « plus grand des crimes contre l'humanité l'euthanasie et le suicide assisté » ; « l'écosystème le plus menacé de la planète est le sein maternel et le droit de l'homme le plus menacé est le droit de vivre de nos concitoyens les plus vulnérables ».

Il cite ensuite des mouvements comme Green Peace et Friends of the Earth, les groupes de défense des droits de l'homme comme Amnesty International et les invite à défendre d'abord la vie :
« Mais de manière tragique par rapport à l'avenir de la vie sur cette planète, le mouvement écologique et celui des droits de l'homme sont souvent les avocats les plus bruyants des prétendus “droits reproductifs”, dont nous savons qu'ils ne sont qu'un euphémisme cynique pour laisser tuer des enfants à naître. »
Et d'appeler enfin, à la suite de Fulton Sheen, à une « Révolution mariale », celle contenue dans le Magnificat chanté par Marie alors qu'un enfant à naître – Jean-Baptiste – venait d'annoncer la venue du Fils de Dieu. Mgr O'Donoghue voit dans ce cantique l'une des « sources fondamentales de l'Evangile de la Vie ».

Une révolution qui passe par l'extirpation de l'orgueil de nos cœurs, condition nécessaire pour « confronter les maux de l'avortement et de l'euthanasie » : Il disperse les superbes.

Une révolution au service des plus humbles : « Il n'y a pas plus humble dans notre société que l'enfant à naître et les vulnérables, malades et vieux. Il n'y a pas plus puissant dans notre pays que l'homme politique, le professionnel de la médecine, ou le journaliste qui est pour l'avortement et pour l'euthanasie. Ils sont les Princes de la Culture de mort qui a été établie dans notre pays. Nous savons, n'est-pas, aux côtés de qui est Jésus : de l'enfant à naître abandonné par sa mère ou son père. Des malades et des vieux abandonnés par leurs familles. En ces temps où la culture de mort semble impossible à arrêter, nous devons demander à Marie de nous donner de prendre part à son espoir que le Seigneur renversera les Princes d'aujourd'hui, et donnera la vie tous ceux qui sont vraiment humbles. »

Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles…


Mgr O'Donohue achève sa réflexion sur cette autre phrase du Magnificat : Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides, ce qu'il appelle « la révolution économique de Marie ».


La société non chrétienne, explique-t-il, se repaît de l'accumulation de biens, qu'elle thésaurise : aujourd'hui même la vie et la mort se vendent. « L'industrie de l'avortement dans ce pays fait 60 millions de livres de bénéfices chaque année pour la mise à mort de 200.000 enfants à naître. Des enfants à l'état d'embryon ont été tués et récoltés pour produire des lignées de cellules souches pour l'industrie pharmaceutique, en vue de réaliser d'immenses profits. Des milliers de mamans adolescentes ont été poussées par l'Etat à avorter pour s'assurer qu'elles ne viendraient pas réclamer des logements et des avantages sociaux. On voit l'argent comme plus important que la vie d'un enfant. Une société chrétienne, pleinement humaine, est celle qui met à la première place les besoins des plus vulnérables, et qui donne à la vie humaine plus de valeur qu'à un bilan chiffré. »

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14 octobre, 2011

Colombie : malgré 5 millions de signatures, le Sénat ne veut pas d'une Constitution vraiment pro-vie

L'initiative – ironie des choses – a été brisée dans l'œuf. La Première commission du Sénat en Colombie vient de rejeter, par 9 voix contre 7, la proposition de révision constitutionnelle qui avait recueilli un soutien populaire vraiment extraordinaire : 5 millions de signatures sur un pays qui compte quelque 45 millions d'habitants et moins de 28 millions d'électeurs… 5 millions de personnes demandant que la Constitution colombienne, qui affirme le respect de la vie, comporte également les mots « de la conception à la mort naturelle ». Le processus d'adoption de la révision s'arrête donc là, avant même d'avoir été débattue au Parlement.

Leurs voix n'ont pas été entendues alors qu'elles s'élevaient contre des décisions de la Cour constitutionnelle de Colombie qui a imposé, à coups de jurisprudence abusive, une sorte de droit à l'avortement en cas de danger pour la vie de la mère, de malformation congénitale de la mère et de grossesse résultant d'un. Comme le signale Matthew Hoffman dans LifeSite ces décisions ont déjà conduit à la mise à l'amende d'au moins un hôpital catholique pour avoir refusé un avortement à une femme victime de viol. Il rappelle également que ces arrêts de la Cour constitutionnelle ont d'ores et déjà été utilisées pour justifier l'obligation d'imposer des cours d'« éducation sexuelle » favorables à l'avortement dans les écoles de Colombie.

Selon des médias locaux le vote décisif contre le texte porté par une si importante part de la population est venu de la sénatrice Karime Motta, qui devait lui apporter son soutien mais qui a changé d'avis à la dernière minute.

« Je ne me sens pas habilitée à condamner une mère qui décide si elle porte un enfant dans son ventre pendant neuf moi et avoir son bébé dans les bras seulement quelques heures », a-t-elle expliqué, ajoutant que de toute façon les femmes qui veulent avorter avortent. Charabia…

Le président du Parti conservateur, José Dario Salazar, a déclaré que l'affaire n'était pas close et qu'il cherchera, avec tous ceux qui ont porté le projet, à obtenir la tenue d'un référendum pour que le peuple colombien puisse décider.

Mgr Juan Vicente Cordoba
Le procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez, a parlé de « coup dur », ajoutant : « Si l'on ne respecte pas la vie à naître, que pourrons-nous attendre des gens dans une société qui s'enfonce chaque jour davantage dans son attitude individualiste et hédoniste. Le plus grave qui puisse se produire dans un ordre juridique, c'est de donner un droit de mort sous prétexte de protéger la vie. »


Le secrétaire général de la Conférence épiscopale colombienne, Mgr Juan Vicente Cordoba, a annoncé que l'Eglise qui a beaucoup œuvré, aux côtés d'évangéliques, de juifs et de musulmans, pour le succès de cette initiative, continuera le combat « pour le respect de toute vie humaine ».

« L'avortement constitue une grave offense au Créateur et porte atteinte au plus fondamental des droits humains », a-t-il souligné, regrettant que « la volonté populaire n'ait pas été reflétée dans le résultat du débat ».

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12 octobre, 2011

La pilule influence le choix du partenaire

Une nouvelle étude est venue confirmer le caractère pertubateur de la pilule contraceptives sur le choix de leur partenaire par les femmes qui l'utilisent. Sous l'influence des hormones, elles ne subissent plus les variations propres au cycle féminin et on tendance à choisir un autre homme qui celui qui les aurait attirées en temps normal. Les conséquences de cela peuvent se ressentir sur la santé de leur progéniture éventuelle…

C'est le résultat d'une étude menée par Craig Roberts, de Stirling University, en Ecosse, qui a enquêté auprès de 2.519 femmes américaines, tchèques, britanniques et canadiennes ayant au moins un enfant. Il leur était demandé de noter leur relation par rapport à la satisfaction globale qu'elles en avaient tiré, au plaisir sexuel et au pouvoir d'attraction de leur partenaire (ou de leur « ex »). 1.005 d'entre elles étaient sous pilule contraceptive hormonale lors de la première rencontre, les autres 1.514 n'utilisait pas de contraceptif hormonal.

Il s'est avéré que les femmes sous pilule sont attirées par des hommes plus « féminins », plus attentifs et plus « nourrissiers ». Les autres préfèrent des hommes plus « masculins » aux moments fertiles du cycle, ce qui les incite à choisir des hommes plus éloignés d'elles sur le plan génétique, ce qui augmente les chances d'avoir des enfants en meilleure santé.

L'interprétation de l'étude comporte quelques curiosités. Elle indique que les femmes sous pilule choisissent « mieux » leur partenaire en ce sens qu'ils font de « meilleurs pères », ce qui aboutit à des relations plus longues (2 ans en moyenne) et  à une tendance à se séparer moins. Pourtant elles sont moins satisfaites sur le plan physique, ont le sentiment de se soumettre aux relations et les refusent davantage, et trouvent leurs hommes plus plan-plan…

De même, lorsque séparation il y a, celles sous pilule au moment de la première rencontre prennent plus souvent que les autres l'initiative de la séparation.

Au point que la conclusion de l'étude dit clairement que les femmes feraient mieux d'arrêter la pilule pendant quelques mois avant de se marier afin d'être sûres d'être encore attirées par leur partenaire. Faudrait savoir…

A croire que le fait d'avoir un mari attentionné et « bon père de famille » et une relation plus stable ne seraient pas des « plus » suffisants ? Tout cela n'est pas d'une clarté absolue… Une petite part de politiquement correct, peut-être, pour ne pas désespérer les laboratoires pharmaceutiques ?

Quoi qu'il en soit, il a été établi par ailleurs que le fait de dévenir père pour la première fois change aussi l'homme, qui ne retrouvera jamais ses taux de testostérone d'avant : cela le domestique en quelque sorte.

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11 octobre, 2011

Effet abortif de la pilule du surlendemain

Merci à Xavier Mirabel qui a « tweeté » cette information importante : la pilule de « contraception d'urgence » dite du « surlendemain » de marque EllaOne (Hra Pharma) peut avoir un effet contragestif, c'est-à-dire d'empêchement de nidation de l'embryon conçu, ce qui en fait dans certains cas, en réalité, un abortif.

C'est le résultat d'une étude menée par J.A. Keenan de la Division endocrinologie reproductive et infertilité du Centre médical de l'Université du Tennessee.

Cette étude établit que l'ulipristal acetate vendu sous le nom commercial EllaOne possède une efficacité significativement plus importante pour inhiber l'ovulation que les autres formes de « contraception d'urgence » (effet contraceptif, donc) mais « plusieurs lignes de preuve suggèrent qu'un mécanisme d'action postérieur à la fécondation est également opérationnelle », ce qui en fait un contragestif. Le résumé de l'étude précise qu'Ellaone, structurellement similaire au mifepristone (RU 486), « pourrait bien être utilisée comme un abortif efficace ». « Les personnels de santé devraient informer les patients de la possibilité des deux formes d'action de cette molécule », précise le résumé.

Cela n'est pas dit dans la notice française d'EllaOne, la notice américaine précise de manière sibylline que le comprimé « pourrait » modifier la paroi utérine.

La prise d'EllaOne est contre-indiquée dans le cas d'une grossesse avérée ou soupçonnée mais il faut garder présent à l'esprit que selon la nouvelle (et fausse) définition imposée par l'OMS la grossesse commence à la nidation, soit 7 jours en moyenne après la fécondation – rencontre de l'ovule et du spermatozoïde qui forment ensemble un nouvel être humain. Et le démarrage réel d'une grossesse (par la fécondation) se situant dans les 5 jours qui suivent le rapport sexuel, il est de toute façon impossible d'exclure que la conception ait eu lieu…

EllaOne est jugée efficace à 97 % si elle est utilisée dans les 5 jours du rapport « non protégé », et même si elle peut empêcher ou retarder l'ovulation quasiment jusqu'au dernier moment, son efficacité elle-même, me semble-t-il, exclut qu'elle puisse l'être autant sans avoir cet effet abortif.

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10 octobre, 2011

Les nouvelles de la vie dans les médias francophones

• Malgré les soins palliatifs, les demandes d'euthanasie persistent : Le Monde.

• La presse homosexuelle revendique 1 million de participants à la Gay Pride de Rio. (Pas de lien, c'est volontaire.)

• L'Afrique du Sud reconnaît une naissance avec « deux papas » grâce à une mère porteuse : Le Figaro.


Déjà 122 bébés sauvés lors des « 40 days for Life » : Riposte-catholique - Americatho.


 Deux brèves dans Présent de vendredi :


— STEVE JOBS. – Tout le monde sait que le génial fondateur d’Apple est mort, trois semaines à peine après avoir lâché les rênes de sa compagnie. On connaît moins ses origines. Il est le fruit d’une liaison amoureuse entre une jeune étudiante américaine en 1955 et son copain syrien, Abdulfattah John Jandali. Le père de la jeune fille refuse le mariage (il aura lieu plus tard, après la mort de ce père sévère). Mais la grossesse est menée à son terme : la jeune Joanne Simpson quitte discrètement la maison, s’en va à San Francisco pour avoir son bébé et Steve est confié à l’adoption. Encore que l’affaire ne soit pas allée tout seul. Elle avait prévu de remettre le bébé à un couple d’universitaires – mais ceux-ci ont refusé au dernier moment, ils voulaient une fille. Au beau milieu de la nuit, les Jobs sont réveillés par un coup de téléphone. Veulent-ils du garçon nouveau-né ? Bien sûr ! Mais ils n’avaient jamais réussi leurs examens de fin d’études… Joanne rechigne. Elle ne signera les papiers indispensables à l’adoption que quelques mois plus tard, ayant obtenu la promesse que son petit garçon irait à l’université. On connaît la suite. Conçu 20 ans plus tard, Steve Jobs aurait pu aller grossir les statistiques de l’avortement…

— « FÉMINICIDE ». –L’accès accru à la technologie, notamment l’échographie qui permet aux futurs parents de connaître le sexe de leur enfant, a accentué le déséquilibre entre les sexes en Asie où il manque environ 117 millions de femmes, majoritairement en Chine et en Inde, selon les Nations unies : ce que les anglophones appellent le « gendercide » mais qui est en fait un génocide des petites filles. La tendance va toucher les pays concernés pendant les 50 années à venir, ont ajouté les experts d’une conférence organisée par l’ONU à Hanoï. La détermination prénatale du sexe conduit des parents à recourir à des « avortements sélectifs », voire à la « discrimination post-natale » qui se manifeste par des décès excessifs chez les filles, a précisé le démographe français Christophe Guilmoto. En général, le ratio à la naissance est de 104 à 106 garçons pour 100 filles : la Chine affiche aujourd’hui un taux de 118,1, l’Inde 110,6, l’Azerbaïdjan 117,6 et le Vietnam 111,2.

Irlande : mécanique du politiquement correct

C'est aujourd'hui que l'Irlande rendait avec l'ONU son rapport périodique d'évaluation des droits humains au Conseil des droits de l'homme à Genève dans le cadre de l'Assemblée générale : c'est la procédure « UPR » par laquelle chaque pays est théoriquement jugé par ses pairs tous les quatre ans pour déterminer les points de non-respect des droits humains qui devront être améliorés au cours de la période suivante.

C'est une procédure à laquelle coopère l'Etat évalué et dans le cas de l'Irlande, de larges consultations de la société civile et des associations ont précédé les auditions à Genève la semaine dernière.

Au bout du compte l'Irlande a eu droit à un rapport portant sur 126 recommandations précises dont elle a accepté d'emblée 62 et promis d'« étudier de près » 49 autres, 15 ayant été rejetées d'emblée.

Sur ces 15 pas moins de 6 portaient sur l'établissement à un « droit » à l'avortement, selon des critères différents selon les pays demandeurs :

1. La Norvège demandait l'alignement de la loi irlandaise sur la convention internationale sur les droits civils et politiques (voir ici sur ce blog) qui ne parle pas de l'avortement mais que le Secrétaire général interprète abusivement en ce sens.

2. Le Royaume-Uni demandait que l'Irlande légifère afin de se mettre en conformité avec l'affaire A,B,C contre Irlande jugée par la Cour européenne des droits de l'homme (analyse ici).

3. Danemark : autoriser l'avortement en cas de viol ou d'inceste ou danger pour la santé physique ou mentale, ou encore le bien-être de la femme enceinte (on ne dit pas « mère », bien sûr).

4. Slovénie : autoriser l'avortement lorsque la grossesse constitue un risque pour la santé de la femme enceinte.

5. Espagne : protéger les droits personnels des femmes en matière de santé reproductive et dépénaliser l'avortement dans certains cas.

6. Pays-Bas : création d'un groupe d'experts chargé de recommander la mise en place d'un cadre légal cohérent sur l'avortement, y compris la fourniture de services.

Au cours des auditions, la France avait également prôné la mise en œuvre de la jurisprudence A, B, C qui oblige l'Irlande à fournir aux femmes un cadre plus sûr pour connaître leur « droit » à l'avortement dans des situations données.

Loin de s'insurger contre ces déclarations, le ministre des Affaires étrangères irlandais Alan Shatter que son pays avait déjà mis en place un groupe d'experts pour correspondre à ces exigences, le rejet des six recommandations est donc relatif. Plusieurs groupes pro-vie irlandais ont dénoncé le manque de clarté des propos ministériels alors que l'Irlande détient précisément le record des meilleurs soins offerts aux futures mères, avec le taux de morts maternelles le plus bas du monde, « malgré » ou plutôt à cause d'une législation pro-vie où seul le danger de mort pour la mère permet d'entreprendre des actes d'urgence destinés à sauver sa vie.

Mais le rapport va plus loin, beaucoup plus loin, et parfois de manière ubuesque.

Des pays du tiers monde demandant à l'Irlande d'améliorer son système d'éducation ; l'Algérie recommandant d'en finir avec la violence sexuelle et de genre ; la Turquie notant que le système d'éducation en Irlande est toujours « principalement dominé par l'Eglise catholique » – sans oublier le coup de patte à propos des abus d'enfants… Le Ghana veut plus d'égalité de genre et la promotion des droits des femmes, l'Egypte plaide pour le respect des droits culturels et se dit « inquiète à propos de la discrimination religieuse de fait » (et les Coptes ?). Timor-Leste, sans doute un modèle du genre, et l'Ouzbékistan veulent voir en Irlande des prisons moins surpeuplées et mieux équipées. La Suisse a déploré que certains organismes sociaux, médicaux, religieux, éducatifs aient le droit de refuser des demandes d'emploi des personnes homosexuelles ou célibataires. L'Autriche aimerait voir l'Irlande respecter les traités onusiens pour les femmes. L'Iran s'est ému de la situation du racisme, de la xénophobie et de la discrimination à l'égard des musulmans, de la violence domestique contre les femmes (!) et de l'absence d'accès aux soins pour les migrants, réfugiés et demandeurs d'asile. Pakistan veut voir plus de fonds dépensés pour lutter contre le racisme et de meilleurs soins pour les gens du voyage. L'Allemagne dénonce la persistance des stéréotypes de genre à propos de rôles dans la société.

Parmi les recommandations acceptées d'emblée, l'Irlande s'est engagée à respecter celles demandent la mise en place améliorée d'une Commission des droits de l'homme couplée avec un organisme sur l'« Egalité », ainsi que d'une infrastructure indépendante chargée de surveiller leur mise en œuvre. Elle surveillera les inégalités de genre au travail pour les élimine. Elle combattra (comme le lui demande l'Iran) l'intolérance religieuse y compris à l'égard des musulmans, ainsi que l'islamophobie, et mettra les musulmans en mesure de pratiquer leur religion – demande formulée aussi par la Turquie. Elle poursuivra toute forme de « discrimination raciale » et protégera particulièrement les gens du voyage. Elle améliorera les prisons comme le lui demande l'Algérie et développera les peines alternatives (Autriche).

L'Irlande s'est engagé à réfléchir sur plusieurs recommandations – donc à les accepter : j'en relève quelques-unes :

Retirer des réserves à la ratifications de traités internationaux de droits humains, combattre la « discrimination » dans l'Education selon les directives de l'UNESCO, mise en place d'une loi de parité (demandée par la France), retirer les dispositions pénalisant le blasphème depuis le 1er janvier 2010 au nom de la liberté d'expression (encore la France) ; faire du racisme une circonstance aggravante pour les crimes, répertorier et agir contre la « violence domestique » (Pakistan) ; interdire toute forme de punition corporelle au sein de la famille (Uruguay) ; empêcher la discrimination à l'égard des parents homosexuels ou non mariés (Suisse). L'Irlande accueille également pour l'étudier la demande turque de voir encouragée la « diversité et la tolérance des autres fois et croyances dans le système éducatif » tout en traquant les « incidents racistes ».

Et pour couronner le tout, l'Irlande n'a pas rejeté d'emblée cette demande espagnole :

« Approfondir la réforme de la loi sur le mariage homosexuel et modifier le concept de la famille traditionnelle telle que le sacralise la Constitution. »

Voilà, c'est comme cela que ça marche. De réunion d'officine en appel devant le tribunal du politiquement correct, et que ce soit de bon gré, en plus ! Vous ne serez pas étonné d'apprendre que les représentants de l'Irlande ont chaleureusement remercié les autres pays de l'ONU pour la qualité de leurs recommandations et la pertinence de leurs remarques, et même d'avoir pris le temps de les faire !

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Une très belle histoire…

C'est Mozart qu'on assassine ! Ou Beethoven ! Ou Steve Jobs ! Eh bien oui, l'avortement frappe aveuglément, les bien-portants ou les malades, les simples et les génies, les blondes et les brunes, les futurs ouvriers et les énarques en puissance, la chartiste et la femme de ménage et bien entendu les futures mères : celles qui, écrasées dans l'œuf, n'enfanteront pas à la génération suivante. L'avortement frappe aussi de manière ciblée : les filles en Chine, les trisomiques, ceux qui ratent le test de l'amniocentèse ou des marqueurs sanguins, les hydrocéphales, les « il y a un problème à l'échographie »…

Ce sont toujours des tragédies, chaque avortement est un assassinat et il ne sert à rien de jouer le grand jeu de la discrimination en disant qu'il est « pire » de supprimer un futur pianiste, un petit Blanc ou un petit Maghrébin, un futur homosexuel (!) ou un handicapé en puissance.

Tout cela pour vous dire l'émotion qui m'a saisie en lisant comment John-Henry Westen, fondateur et responsable du beau site pro-vie LifeSiteNews raconte les premières nuits de son petit dernier-né, Zachary. Celui que sa femme Dianne et lui attendaient dans une joie mêlée de tristesse : déjà parents de sept enfants, ils ont vécu trois douloureuses fausses couches de premier trimestre et cette dernière attente s'annonçait donc difficile. A cause de la peur de perdre une nouvelle fois un enfant espéré avec bonheur.

John-Henry Westen raconte comment au début de la grossesse sa femme apprit que le petit enfant à naître présentait un résultat positif au test de trisomie 21.

Grâce aux méthodes « Napro » (technologie naturelle pour venir en aide à l'infertilité et pour la protection de l'enfant à naître), raconte John-Henry, le petit Zachary a passé sans dommages son premier trimestre.

Il est né il y a quelques semaines.

Dianne et Zachary, le bonheur !
En pensant à son fils paisiblement endormi auprès de Dianne, l'heureux père écrivait sur le coup de minuit, pensant à tous les bébés avortés en Amérique du Nord :

« J'ai de la peine pour les pères qui ne vont pas pouvoir tenir leur tout-petit aux petites heures du matin, et pour toutes les mamans qui ne vont pas pouvoir faire taire leurs pleurs de faim.


Le petit Zachary n'est pas né trisomique, mais lorsque je réfléchis au fait que 90 % des bébés qui ont un résultat positif au test de la trisomie 21 sont avortés, j'en ai le cœur brisé. Ce précieux petit enfant, si beau, si petit, si faible et pourtant un « ouvrage » si merveilleusement fin, est une création fragile autant qu'étonnante du Dieu Tout-puissant. Le petit Zachary lui-même aurait si facilement pu être une simple statistique de l'avortement…


Nous devons mettre fin à cette horreur de l'avortement. »


Oui, c'est urgent. Et cela ne se fera pas sans chacun d'entre nous.

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08 octobre, 2011

Brésil : deux hommes condamnés pour tentative d'avortement forcé

Deux hommes, Caros Nogueira de Campos, 27 ans, et Rafael Corrêa Bispo, 26 ans, ont été condamnés respectivement à 14 mois  et un an de prison, vendredi au Brésil, pour avoir forcé une femme à avaler trois comprimés de cytotec, molécule interdite dans ce pays en raison de ses effets abortifs. Ils ont également introduit un comprimé de Cytotec dans son vagin pour mieux s'assurer de son action, puis ils l'ont endormie à l'éther avant de s'enfuir.

Ils avaient fait beaucoup de bruit dans son appartement et, les voisins ayant appelé la police, ils avaient été appréhendés en sortant de l'immeuble ; Carlos avait alors tenté de se débarrasser discrètement d'un calibre 38 mais la police s'était aperçue de la manœuvre.

La jeune femme, emmenée immédiatement aux urgences, a subi à temps un lavage  de l'estomac et l'avortement n'a donc pas eu lieu. Raison pour laquelle les malfrats n'ont pas écopé de 3 à 10 ans de prison, peine prévue pour l'avortement forcé.

Au fil du procès les deux jeunes hommes ont avoué qu'ils devaient recevoir 2000 Reis pour la commission du crime, sans en révéler le commanditaire ; ils ont seulement fait allusion aux tractations qui avaient eu lieu avec un intermédiaire qui leur avait promis la somme à remettre une fois que le « service » aurait été « achevé ».

Où l'on comprend que le crime organisé sait, lui, au moins, ce qu'est un avortement : la mise à mort d'un être humain. La preuve, c'est que cela peut rapporter gros.

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Chen Guangcheng est-il mort ?

Des nouvelles inquiétantes nous proviennent de Chine où plusieurs groupes de défense des droits de l'homme font état de la possibilité du décès de Chen Guangcheng, incarcéré puis maintenu en résidence (très) surveillée pour s'être opposé à la monstrueuse politique de l'enfant unique dans son pays.

L'avocat aveugle – qui avait été nommé par Time l'un des 100 hommes les plus influents en 2006 et que certains auraient bien vu prix Nobel de la paix pour avoir déféndu les femmes de sa province de Shandong contre les avortements et les stérilisations forcées – a passé quatre ans et trois mois en prison jusqu'en octobre 2007. Il a ensuite été assigné à résidence avec sa femme et sa fille, placé sous surveillance rapprochée constante, passé à tabac à plusieurs reprises, privé de soins et de possibilités de ravitaillement (voir ici une vidéo clandestinement tournée chez lui par des amis).

Ce sont aujourd'hui les villageois de son lieu de résidence qui ont fait savoir qu'il était « déjà mort » mais il est difficile de le vérifier vu le black-out créé par les autorités par rapport à Guen Chuangcheng. Selon Radio Free Asia, citée ici, quelque neuf militants des droits de l'homme tentaient de s'approcher de son domicile pour lui rendre visite mais ont pour la plupart été privés de tout moyen de communication, mercredi ; certaines dépêches assurent même que le groupe a essuyé des tirs de la part des autorités du Shangdong.

La présidente de Women's rights without frontiers, Reggie Littlejohn, s'est dite « alarmée » par les rumeurs à propos de la mort de Chen : « Si Chen est mort, le Parti communiste chinois est pleinement responsable de sa mise à mort par la torture et le déni de soins médicaux, et en l'ayant lentement affamé. S'il est en vie, nous demandons urgemment que lui et sa famille soient libérés immédiatement et sans condition, pour qu'ils puissent bénéficier d'examens médicaux et de soins. »


Reggie Littlejohn – qui jadis a travaillé aux côtés de Mère Teresa en Inde – dénonce sans relâche la politique de l'enfant unique : lors d'une interview donnée à Rome à Zenit elle a dénoncé la barbarie des officiels du planning familial chinois dont la brutalité atteint non seulement à des enfants à naître tués jusqu'à la veille du terme mais parfois à leurs mères, et à leurs proches torturés et parfois tués si elles ne se rendent pas.

« La politique chinoise de l'enfant unique est la cause de plus de violence à l'égard des femmes et des filles que n'importe quelle autre politique au monde, et que n'importe quelle politique officielle de l"histoire du monde », avait-elle déclaré à Rome fin juin. Elle s'est elle-même mise au service de cette cause en travaillant, en tant qu'avocate, pour des chinoises chrétiennes demandeuses d'asile aux Etats-Unis parce qu'elles avaient été persécutées pour leur foi et stérilisées de force.

Elle estime que ces horreurs sont bien connues, y compris des grands de ce monde – par exemple Hilary Clinton – mais que bien des pays doivent trop d'argent à la Chine pour vouloir s'occuper de cette question (sans compter les juteux contrats qui lient les pays riches à cette « économie émergente », riche de ses millions de travailleurs !).

Les dommages sont directs et indirects : outre les avortements et stérilisations forcées, la politique a conduit à l'élimination prioritaire des filles avant leur naissance, à l'infanticide et à l'abandon de nombre de celles qui naissent quand même, puis à l'esclavage sexuel puisque le manque de jeunes filles conduit au trafic de jeunes femmes que l'on va chercher dans les pays voisins.

Me Littlejohn évoque également les taux de suicides féminins en Chine, les plus hauts du monde : sans que la corrélation avec la politique de l'enfant unique soit officiellement établie, on sait que chaque jour, 500 Chinoises mettent fin à leur vie.

Plusieurs témoignages sur des cas d'avortements forcés ont été livrés devant la Chambre des représentants aux Etats-Unis : des récits glaçants dont LifeSite rappelle aujourd'hui un des exemples les plus poignants : celui d'une femme avortée de force parce qu'elle n'avait pas de permis de grossesse – l'une des 10.000 femmes soumises à un avortement forcé dans son seul comté, selon l'un des officiels à qui elle avait eu affaire. Leur brutalité était telle qu'une infirmière avait pris plaisir à lui montrer le pied sanglant de son bébé avant de le jeter à la poubelle…

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07 octobre, 2011

Belgique : et maintenant, l'euthanasie pour les « fatigués de vivre »

L'idée est en train de s'installer aux Pays-Bas, la Belgique suit. Il faudrait – selon le Pr Herman Nys, modifier l'application de la loi d'euthanasie belge afin de la rendre applicable en certains cas aux personnes très âgées qui sont simplement « fatiguées de vivre ».

Il a fait cette déclaration lors d'une journée d'études sur l'euthanasie… à l'université catholique de Louvain, où il dirige le Centre du droit et de l'éthique biomédicale.

Il s'agit donc d'en finir avec la condition de l'existence d'une affection grave et inguérissable résultant de la maladie ou d'un accident pour accorder l'euthanasie. « Associée à une problématique médicale liée aux ennuis propres à la vieillesse, qui en soi peuvent ne pas être inguérissables, la fatigue de vivre ou la souffrance de vivre chez les personnes très âgées, s'exprimant à travers des problèmes existentiels comme la solitude, la peur, etc., peut selon moi être suffisante, comme aux Pays-Bas, pour tomber dans le champ de la loi existante. »


Ce serait donc, à travers une interprétation plus souple des conditions posées par la loi, la manière de rendre toujours davantage d'euthanasies possibles.

Sans surprise, et imitant toujours le modèle néerlandais, Nys propose de réfléchir à une solution pour les patients en état de profonde démence qui ont  par le passé fait état de leur désir d'être euthanasiés dans certaines circonstances au cas où ils deviendraient incapables d'exprimer leur volonté.

A l'heure actuelle la loi belge autorise déjà la mise à mort du patient s'il a perdu la conscience « de manière irréversible » – ce qui n'est pas le cas des personnes souffrant de démence profonde ou d'une grave hémorragie cérébrale. Mais Nys plaide quand même pour des définitions précises, à l'heure où certains voudraient retenir des choses vagues comme « le fait de ne plus reconnaître ses enfants ou son environnement ».

A euthanasieur, euthanasieur et demi !

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Pays-Bas : les partisans de l'euthanasie veulent toujours plus

Le parti social-libéral D66 et la « Gauche Verte » préparent actuellement une proposition de loi visant à imposer par la loi une nouvelle obligation aux médecins objecteurs de conscience par rapport à l'euthanasie. Ils souhaitent inscrire dans la loi le devoir de renvoyer un patient demandeur d'euthanasie vers un autre médecin disposé à la pratiquer – ce qui constitue une complicité forcée.

Les partis d'opposition veulent ainsi aller encore plus loin que l'association de médecins KNMG qui ont récemment formalisé une telle directive mais sans l'assortir de sanctions.

On passerait ainsi du statut d'« obligation morale » tel qu'en parle l'association professionnelle à une véritable contrainte qui serait mieux à même d'assurer l'égalité du traitement des demandes d'euthanasie.

Selon Pia Dijkstra (D66), « Il est aujourd'hui assez amer de constater que des gens sont laissés pour compte (littéralement : restent dehors dans le froid) parce qu'ils ont affaire à un médecin récalcitrant, qui fait peu d'efforts pour remplir son obligation de soigner. »


La sanction imaginée dans la proposition consisterait à renvoyer celui-ci vers son juge de tutelle, mais la fédération des médecins estime qu'elle ne serait pas efficace dans la mesure où il est impossible de vérifier le respect ou non de l'obligation de renvoi.

Le parti travailliste (PvdA) soutient la proposition tandis que les chrétiens démocrates affichent d'« importantes réserves » ; la voix d'autres partis comme les libéraux du VVD jouera du coup un rôle important.

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05 octobre, 2011

Le cardinal Vingt-Trois et les élections de 2012

L’Eglise catholique – promis ! – n’entend pas « dresser la liste des candidats excommuniés » pour la présidentielle et les législatives de l’an prochain : c’est en tout cas l’engagement pris par le cardinal Vingt-Trois qui présentait lundi matin à la presse le document présentant l’avis du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France sur ces échéances. Derrière la boutade, un choix : celui de donner des grandes pistes de « réflexion » (et non des « orientations ») afin d’appeler les électeurs à faire un choix « responsable » qui dessinera la société de demain : « L’enjeu, c’est l’avenir, savoir ce qui sera bon pour vos enfants. Que souhaitez-vous pour que vos enfants aient une vie heureuse ? »

Le document cosigné par une petite dizaine d’évêques comporte deux parties bien distinctes : un message intitulé « Elections : un vote pour quelle société » et une liste d’« Eléments de discernement ». Leur ton n’est pas le même. Les « éléments de discernement », qui « probablement doivent constituer des éléments de décision » comme le disait prudemment le cardinal, se distinguent par une certaine netteté et d’ailleurs s’ouvrent sur les trois « points non négociables » à peu près tels que Benoît XVIles avait dégagés dans un discours du 30 mars 2006, et dans le même ordre. En tête, la« Vie naissante » et donc le respect de la vie : « Il est impératif que les autorités publiques refusent l’instrumentalisation de l’embryon. De même, l’avortement ne peut en aucun cas être présenté comme une solution pour les mères en difficulté. »

Puis « la famille », et le mariage naturel, dont le rôle structurant pour la société est souligné. « En créant l’être humain “homme et femme”, Dieu a suscité une relation de complémentarité à la fois biologique et sociale qui se retrouve dans toute la société. La différence sexuelle de l’homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain. (…) La famille, fondée sur l’union durable de l’homme et de la femme, doit être aidée économiquement et défendue socialement car, à travers les enfants qu’elle porte et qu’elle éduque, c’est l’avenir et la stabilité de la société qui sont en jeu. »
En troisième position : « L’éducation. » Elle implique « la liberté et la responsabilité des parents », qui doit notamment se traduire sur le plan scolaire par « le respect de la liberté de conscience, des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine ».

Les autres éléments répertoriés sont présentés de manière plutôt nette aussi : le paragraphe sur « l’environnement » demande au nom du respect de la création, et en citant Benoît XVI, que les « prouesses techniques » dont la société est capable soient« respectueuses de “l’écologie humaine” ». Sur « l’immigration », tout en demandant que les étrangers qui se présentent soient accueillis « avec respect et sérieux » et en affirmant que l’on ne se borne pas à une « fermeture protectrice des frontières », le document reconnaît qu’une « régulation des migrations est nécessaire » et déplore avant tout que « tous ne puissent pas survivre dans leur pays ».

A propos du « handicap », il met en garde contre le « dépistage prénatal systématique » et rejette avec force ce que le cardinal Vingt-Trois a clairement désigné comme « l’élimination systématique » des handicapés avant leur naissance.

Au vu de tout cela j’ai posé une question au cardinal, qui venait d’affirmer que la politique est l’art de la négociation et que c’est ainsi qu’il faut envisager les choses à l’approche des élections. Puisque les « points non négociables » de Benoît XVI figurent en tête des « éléments de discernement », et comme on cherche en vain un mouvement politique qui mettrait en avant leur respect dans un contexte législatif où ils sont déjà tous contredits, le catholique n’a-t-il pas des raisons d’être pessimiste et d’estimer ne pouvoir en choisir aucun ?

« Pessimiste, c’est dommage… », répliqua-t-il. S’il y a une occultation de ces questions, m’a répondu le cardinal, c’est aux électeurs de les replacer dans le débat, mais : « Il ne faut pas se tromper de débat, il est politique. » Pas d’affirmation tranchante : « Nous ne sommes pas dans un débat à la Congrégation pour la Doctrine de la foi. » Nous ne pouvons pas avancer l’autorité de l’Eglise, poursuivit-il : « Nous n’avons pas d’autre capacité que celle de convaincre ; nous pouvons être convaincus qu’il y a des points non négociables, mais c’est aux électeurs d’arbitrer. »

Derrière le côté un peu méprisant de la réponse – à vrai dire je m’y attendais – on notera tout de même le fait que le cardinal n’a pas dit qu’il n’existe pas de points non négociables même si – et c’est une contradiction – tout son discours suggérait que l’on puisse passer outre, à l’heure du vote, puisqu’il faut bien faire un choix.

A ce stade on se pose d’ailleurs forcément la question du côté « négociable », à l’heure de voter, d’autres principes donnés par Nos Seigneurs les évêques. Serait-il envisageable, par exemple, de passer outre à ce que leur message – qui m’a semblé à la fois plus bavard, plus adepte des généralités mais aussi plus convenu dans sa volonté de faire avec la transformation de la société – dit de l’accueil de ceux qui sont d’origine culturelle différente ?

Le cardinal Vingt-Trois, dans sa présentation, s’est défendu de vouloir promouvoir quiconque en déclarant à propos des candidats : « Je ne suis pas un de leurs partenaires. Et je ne souhaite pas devenir un élément de leur affiche électorale. »

Mais en même temps, comme ligne de force de cette réflexion qu’il a voulu soumettre aux électeurs – les catholiques et ceux qu’intéresse le message de l’Eglise – il a malgré tout souligné « les grandes orientations que nous estimons utiles et nécessaires » pour choisir « entre une société fermée, protectionniste, attachée à la défense, bec et ongles, de ses avantages par rapport au reste du monde » et une « société ouverte » : « Ce serait gravement irresponsable que chaque pays se replace dans son pré carré en feignant d’ignorer le monde qui l’entoure. » Même si cela est susceptible de plusieurs interprétations il est difficile de ne pas y voir un rejet, par allusion, du Front national. Et de lui seul. Ce n’est pas négociable, ça ?

Un peu plus tôt, d’ailleurs, le cardinal Vingt-Trois avait évoqué le « sentiment des “vieux Français” qui se trouvent bousculés dans leur conception du monde » par l’arrivée de personnes qui sont d’une autre croyance, d’une autre culture, alors que notre « République une et indivisible doit apprendre à le devenir avec les apports culturels des autres ».

Retenons pour finir que le cardinal s’est référé à la doctrine sociale telle que l’Eglise la dégage depuis 150 ans mais en rappelant qu’elle « remonte à bien plus loin si l’on tient compte de toute la tradition théologique de l’Eglise ». Voilà qui pourrait donner d’autres éclairages sur les rapports entre l’Eglise et la chose publique…

Article paru dans Présent daté du 4 octobre 2011.

04 octobre, 2011

Au Royaume-Uni, papa et maman disparaissent du formulaire de demande de passeport…

On remplira des cases intitulées « parent 1 » et « parent 2 », tout cela pour éviter d'offenser les enfants de couples de même sexe. Ces nouveaux modèles de formulaires devraient être disponibles d'ici à la fin de l'année.

Le fameux Home Office a ainsi cédé aux pressions du lobby gay, au nom du politiquement correct : les anciens formulaires qui demandaient des détails sur « le père » et « la mère » étaient évidemment discriminatoires…

Le mois dernier les Britanniques ont découvert qu'on allait aussi désormais pouvoir effacer les précisions concernant le sexe du porteur d'un passeport pour éviter des désagréments aux « transgenre ».

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Les nouvelles de la vie dans les médias francophones ce mardi 4 octobre 2011

• Les écoles genevoises rechignent à faire passer le message anti-« homophobe » : c'est sur 360ch.

• Le rectorat de Poitou-Charentes plie devant Ségolène Royal : le « Pass contraception » arrive dans les lycées : poitou-charentes.france3.

• Dossier très intéressant sur « l'imposture du gender » dans La Nef, avec des articles de Pierre-Olivier Arduin, Mgr Tony Anatrella, Elisabeth Monfort, Grégor Puppinck. Pour s'abonner – et le lire – c'est ici.

• Via Le Salon beige : l'UNESCO fait la promotion de l'enseignement du « gender ».

• Ouverture du procès du trafic d'organes au Kosovo : Romandie.com.

• La mère d'un enfant mort-né au mois de janvier a déposé plainte contre l'hôpital d'Arles, dénonçant un mauvais suivi de fin de grossesse. Mais quelle que soit la responsabilité de l'hôpital, la jurisprudence française ne considère pas l'enfant à naître comme un sujet de droit et on ne peut donc le considérer comme une victime… Ici.

LCI-TF1 appellent cela une possible « avancée » : on apprend qu'un couple de Français a obtenu le droit de ramener en France deux fillettes, des jumelles nées pour leur compte de mère porteuse en Ukraine, pays où la pratique est légale. Nées apatrides, les bébés ont finalement obtenu la nationalité ukrainienne ce qui a permis de les emmener vers un pays de l'espace Schengen où elles ont obtenu un visa qui est automatiquement valable pour la France. Elles sont arrivées le 19 août. Selon l'avocat ukrainien de la famille elles ne devraient pas être expulsées à l'expiration de leur visa, les parents ayant entamé une démarche de naturalisation.

Généthique cite une dépêche de l'AFP rapportant que l'Eglise de Pologne a pris position par rapport aux élections législatives du 9 octobre : « Mgr Stanislaw Napierala, évêque de Kalisz (centre), soutenu par un collège d’évêques, appelle les polonais à élire quelqu’un qui respecte la “dignité de l’homme et de la vie dès sa conception jusqu’à la mort naturelle”. » Position plus nette qu'en France…


 Ouverture à Lausanne du procès en correctionnelle d'un Turc accusé d'avoir contraint sa femme d'aller avorter à quinze semaines – sous menace de mort – à Istanbul. Tribune de Genève.

La pilule associée à un risque plus élevé d'infection par le VIH du sida

La pilule, et plus largement les moyens contraceptifs hormonaux seraient associés à un risque plus important d'infection par le virus du sida, aussi bien chez les femmes que chez les hommes, au terme d'une analyse par observation d'un échantillon randomisé de couples dont l'un des partenaires était infecté par le virus de l'immunodéficience humaine et l'autre non, en Afrique subsaharienne.

L'étude, publiée en ligne par The Lancet Infectious Diseases, estime que le risque d'infection est près deux fois plus élevé pour une femme séronégative d'être infectée par son partenaire lorsqu'elle utilise un contraceptif hormonal que pour les femmes ayant recours à une autre méthode contraceptive ou n'en utilisant aucune, selon Jared Beaten et autre de l'Université de Washington à Seattle. Cette étude souligne aussi pour la première fois qu'un homme séronégatif dont la partenaire est infectée encourt un risque accru d'infection si la femme en question utilise un contraceptif hormonal – en l'occurrence, un contraceptif de longue durée, une injection de medroxyprogesterone acetate, plus utilisée dans les 7 pays africains que les contraceptifs oraux, où un total de 3.790 couples séro-discordants ont été suivis au cours de deux études longitudinales distinctes portant sur environ une ou deux années.

L'infection des femmes séronégatives au début de l'étude a atteint 6,61 pour 100 personnes/an chez les utilisatrices de contraceptifs hormonaux contre 3,78 pour 100 personnes/an chez celles qui n'en utilisaient pas (étude sur 1.314 couples).

Chez les hommes séronégatifs au début de l'étude les taux d'infections se sont établis respectivement à 2,61 sur 100 personnes/an et 1,51 sur 100 personnes/an selon que la femme avait recours ou non à un contraceptif hormonal (étude sur 2.476 couples).

Dans les deux cas, le risque associé aux contraceptifs oraux (pilule) n'a pas été considéré comme significatif, quoique augmenté.

Les auteurs de l'étude relativisent ces observations en notant que relativement peu de personnes dans la zone étudiée sont sous contraceptifs hormonaux et que relativement peu de personnes ont été infectées ; ils ajoutent que d'autres facteurs ont pu jouer.

Il n'empêche qu'au chapitre de l'interprétation des données les auteurs recommandent que les femmes soient mises en garde par rapport au risque accru de transmission du sida, prônant la « double protection » du préservatif et le choix de méthodes non-hormonale ou à faible dosage hormonal pour les femmes infectées ou exposées au VIH.

L'étude a été financée par le National Institute of Health américain et par la Fondation Bill & Melinda Gates.

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Ingérence : l'ambassadeur de France au secours de la dépénalisation de l'avortement au Nicaragua

Antoine Joly, au nom de la France
Il est en poste depuis le mois de septembre seulement. Mais déjà Antoine Joly, ambassadeur de France au Nicaragua, s'est mobilisé pour la culture de mort. A la suite d'une réunion avec une association locale, le Mouvement autonome des femmes (Movimiento Autonomo de Mujeres), il a publié une déclaration écrite (dont je trouve des extraits en espagnol ici) pour manifester son soutien aux demandes de dépénalisation de l'avortement dit « thérapeutique », dénonçant la loi du Nicaragua qui a repénalisé toutes les formes d'avortement volontaire en 2006.

« Avec tout le respect qui s'impose pour les convictions religieuses et philosophiques, je considère que la question de l'avortement relève aussi bien de la sphère privée que la sphère publique », affirme-t-il. Rappelant qu'en France le sujet de l'avortement avait fait l'objet d'âpres discussions en son temps, qui avaient abouti à la légalisation décidée par un gouvernement de droite soutenu par la gauche, l'ambassadeur a osé affirmer que le nombre d'avortements est plus important dans les pays qui l'interdisent, ajoutant que les avortements illégaux sont très dangereux pour la vie des femmes qui y ont recours. « Chaque année plus de 50.000 femmes meurent dans le monde à la suite d'un avortement illégal », a-t-il expliqué.

« L'avortement est toujours un échec, il doit être le dernier recours et il ne peut remplacer une politique de contraception, mais c'est parfois une question de santé, et de défense des droits humains des femmes, mais la santé reste le plus important. »


Et d'affirmer sa « solidarité » avec les associations de femmes du Nicaragua qui « combattent l'interdiction totale de l'avortement », à l'heure où un recours introduit par elles devant la Cour suprême du pays pour invalider l'interdiction de 2006 reste pendant.

A la surface, l'intervention de l'ambassadeur vise à dénoncer l'interdiction totale de l'avortement – à la suite d'une campagne menée conjointement par l'Eglise catholique et les chrétiens évangéliques – qui empêcherait toute intervention en cas de danger immédiat pour la vie de la mère, alors que ce qui est interdit est l'avortement direct. Outre la confusion entretenue à ce propos, il faut souligner que le soutien offert au Movimiento autonomo de mujeres par un représentant officiel de la France, ès-qualités,vient à l'appui d'un groupe qui revendique la légalisation pure et simple de l'avortement, comme le suggèrent d'ailleurs les déclarations d'Antoine Joly.

Avec une dose phénoménale de mauvaise foi, puisque l'on sait au contraire que la légalisation de l'avortement, partout dans le monde, est toujours allée de pair avec une augmentation des « IVG », et que la France fournit l'exemple-type d'une « couverture contraceptive » de plus en plus importants qui n'a strictement aucun effet sur le nombre des avortements, qui reste important et qui est même plutôt en augmentation.

Le plus gros des paradoxes est, curieusement, souligné par l'ambassadeur lui-même. Il félicite dans sa déclaration le Nicaragua pour ses efforts en faveur de la santé des femmes et rappelle que le ministère de la Santé de ce pays a reçu le « Prix Amérique 2011) de l'ONU en reconnaissance de la sa « stratégie des Maisons maternelles » qui a fait chuter le taux de mortalité maternelle de quelque 35 % au cours des 5 dernières années…

Très exactement sur la période d'interdiction totale de l'avortement !

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03 octobre, 2011

Les nouvelles de la vie dans les médias francophones ce lundi 3 octobre 2011

• Le rapporteur du Parlement européen pour la Serbie, Jelko Kacin, a « regretté profondément » l'interdiction de la « Gay Pride » par les autorités serbes (info AFP via google).

• Les évêques américains constituent un comité pour la liberté religieuse en raison des agressions commises par l'Administration Obama, notamment en matière de respect de la vie et de la famille : à lire sur Americatho.

Ahurissant. Vous avez jusqu'au 15 octobre pour aller sur le site officiel du Parlement européen afin de choisir la micro-vidéo qui selon vous rend le mieux compte de l'unité dans la diversité dans l'Union européenne. Il n'y a évidemment que des films « pour ». Ce concours permettra aux heureux réalisateurs de la « vidéo virale gagnante » de gagner un voyage, un IPad (fabriqué en Chine ?) ou un appareil photo Leica. Je n'en ai regardé qu'une, la première : « L'Europe des saveurs. » Et là, gag : alors que plusieurs produits nationaux sont présentés avec en fond l'hymne national de chaque pays concerné, c'est l'hymne… turc qui accompagne les olives grecques, surmontées du drapeau hellène. Et personne à Bruxelles ou à Strasbourg n'a été capable de s'en apercevoir ??

L'un des « pères » de la pilule contraceptive préconise la fécondation “in vitro”

Et, somme toute, c'est logique. L'Autrichien Carl Djerassi, qui a fait l'objet récemment d'un long portrait laudateur dans les colonnes du Monde, a fortement contribué à séparer acte sexuel et procréation par son rôle dans le développement de la pilule contraceptive, jouant un rôle important dans la recherche qui a abouti à la première molécule mise sur le marché grâce à Gregory Pincus. (A voir ici).

Cet humaniste – amateur des lettres et des arts – était l'invité d'une émission de débat de la BBC où il a expliqué favoriser la procréation artificielle par rapport à la fécondation naturelle qui conduit à 50 % de grossesses non planifiées et à 25 % supplémentaires de grossesses non désirées, une situation impossible selon le chercheur.

D'où son rêve de voir achevée la rupture entre procréation et relations charnelles – penser que les conceptions naturelles sont meilleures est une vision purement romantique, dit-il – au profit d'une technique raisonnée par laquelle les jeunes hommes et jeunes femmes congèleraient leurs gamètes avant d'avoir pris trop d'années, lorsque les cellules reproductrices sont de meilleure qualité. Pour pouvoir les utiliser plus tard, et même quelques années après l'arrêt de l'horloge biologique de la femme…

Toute grossesse serait alors forcément voulue et donc facteur de stabilité et de bonheur.

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La taille des foyers ne cesse de diminuer en Espagne

Une étude de l'Institut de politique familiale (Instituto de politica familiar) vient de révéler que la taille moyenne des foyers a fortement baissé en Espagne pour atteindre péniblement, en moyenne, 2,3 personnes, avec comme corollaire l'explosion du nombre de foyers ; on passe de 11,5 millions de foyers en 1991 à 17,1 millions en 2010, une augmentation de près de 50 %.

Aucune région autonome n'atteint d'ailleurs les 3 individus par foyer et seules quelques-unes dépassent les 2,5.

Rappelons qu'une famille nucléaire compte déjà 3 personnes ; un père, une mère, et un enfant. Mais il est vrai que ce concept-là de la famille est largement dépassé en Espagne où l'adoption homosexuelle est autorisée et où le divorce facile provoque une forte proportion de séparations au sein des ménages.

C'est une tendance lourde qui est mise en évidence par l'IPF dont l'étude prévoit que les foyers espagnols compteront à peine 2 membres en moyenne à l'horizon 2025…

L'IPF cite comme cause de cette situation la baisse de la natalité espagnole, le prix de plus en plus élevé des terrains et la construction de maisons plus petites, « un problème pour les familles qui veulent plusieurs enfants », et note l'augmentation des foyers d'une personne dont le nombre a progressé de deux millions.

Il faudrait sans doute y ajouter le vieillissement de la population et donc le veuvage qui doit aussi peser sur cette dernière statistique.

Et c'est bon pour la planète, ça ? On pourrait au moins au nom de l'écologie combattre cette démultiplication de foyers et favoriser la stabilité familiale, les petits foyers étant bien plus gourmands en énergie que les grands où plusieurs personnes cohabitent…

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