10 novembre, 2009

« Qualité de la vie » : « RB », 13 mois, sera débranché avec l'accord de ses deux parents

L’affaire du bébé « RB » a connu un tragique retournement de situation au septième jour du procès autour de sa « qualité de vie ». Cet après-midi, le jeune père de l’enfant atteint de myasthénie, après s’être battu devant les cours royales de Londres pour le maintien du respirateur de son fils, a demandé, en larmes, que l’audience se poursuive à huis-clos. Deux heures plus tard, la presse était réadmise dans la salle pour apprendre que le père et la mère s’étaient mis d’accord pour demander l’arrêt de tout traitement à leur fils, conformément aux autorités hospitalières qui avaient porté cette demande en faveur d’une « mort digne » pour le petit patient. Le juge chargé de l’affaire, Justice McFarlane, visiblement soulagé selon la journaliste de BBC News de ne pas avoir à imposer une décision lui-même, a entériné le choix des parents en autorisant le débranchement de « RB », accompagné de « soins palliatifs » pour compenser la souffrance entraînée par cela. On estime qu’il mourra tôt après. Le jour et l’heure seront déterminés par les parents et les médecins qui s’occupent du petit garçon.

A son ordre officiel le juge a choisi d’ajouter quelques mots, comme cela est possible dans la procédure anglo-saxonne, pour rendre hommage au « dévouement » et à « l’amour » dont les parents de « RB » avaient fait preuve à l’égard de leur fils depuis sa naissance :

« Ils ont mis leurs propres vies d’adultes entre parenthèses. Ils ont subi un stress immense, qui a signé la fin de leur propre relation, mais ils parviennent toujours à travailler ensemble et ils font ce qu’ils peuvent pour soutenir leur fils. Lorsqu’ils ont dû faire face aux affres de la situation où ils se sont trouvés, ces jeunes gens ont été totalement à la hauteur et ont fait face à la responsabilité que la vie leur avait imposée en faisant preuve, chacun, d’un engagement à 100 % qui ne peut que commander un profond respect et autant d’admiration. »

Il semble que le père de « RB » ait été ébranlé par les témoignages de médecins et d’infirmières à propos des souffrances de son garçon, l’argument principal étant que celui-ci n’était pas en mesure de montrer sa douleur par l’expression de son visage ou par des mouvements musculaires. L’un d’entre eux, un professeur qui a ausculté l’enfant ces derniers jours, a recommandé le débranchement parce que, dans le cas d’une trachéotomie réussie, il continuerait d’être malade tout en connaissant un développement neurologique et cérébral normal, et connaîtrait « une frustration croissante » du fait de ne pas pouvoir communiquer. Maintenir « RB » en vie ne serait donc pas dans l’intérêt de l’enfant dans la mesure où celui-ci ne pourrait espérer une quelconque « qualité de vie ». C’est précisément le fait que « RB » avait un développement normal et réagissait à la vue de ses parents qui avait poussé son père à se battre pour sa vie.

La Société britannique pour la protection des enfants naître (SPUC) avait déclaré, au début du procès : « Chaque fois qu’il y a un doute à propos d’un traitement médical indispensable à la survie, tous devraient agir en fonction d’une présomption en faveur de la vie. »

De fait ici un choix thérapeutique moins lourd a été écarté pour des motifs directement puisés dans l’argumentaire des partisans de l’euthanasie.

Sources : ici, ici, ici...

Conseil de l'Europe : du principe de non discrimination au principe de non distinction

Les droits des « LGBT »

Le Comité des ministres des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe (COE) devra se pencher, prochainement, sur un projet de recommandation pour l’ensemble de cet espace européen qui vient d’être approuvé dans sa mouture finale par un comité d’experts sur la discrimination « à raison » de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Mandatés par le 1 048e Comité des ministres en février, les experts ont adopté une mouture finale de leur rapport qui sera soumis, le 25 novembre, au Comité directeur pour les droits de l’homme en vue d’une adoption au niveau du COE. Dernier en date d’un flot de textes et de décisions jurisprudentielles par la Cour européenne des droits de l’homme, c’est sans doute le plus extrémiste, ou le plus extrêmement relativiste que l’on ait vu paraître à ce jour sur la scène des instances internationales qui formatent les droits nationaux. Et au nom desquelles de multiples législations évoluent en effet.

Pour mériter la qualité d’Etat démocratique, proclament donc les différents textes qui ont abouti au projet final sur la protection des droits « LGBT » (lesbiennes-bi-gay-trans), on ne saurait tolérer la moindre « discrimination » à l’égard de ces personnes qui vivent leur sexualité comme elles la ressentent ou la choisissent, indépendamment du sexe qui a pu leur être « assigné » à la naissance.

Un document totalitaire ? Lisez, plutôt, c’est l’article 7 de l’exposé des motifs :

« Ayant à l’esprit le principe selon lequel aucune valeur culturelle, traditionnelle ou religieuse, ni aucun précepte découlant d’une “culture dominante”, ne saurait être invoqué pour justifier les discours de haine ou toutes autres formes de discrimination, y compris celles fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre… »

La mise en œuvre d’un tel principe interdit à l’évidence tout jugement de valeur sur le comportement homosexuel. Tout enseignement moral. Toute exigence morale aussi – d’où les insistances répétées sur la nécessité de donner aux enfants des écoles l’accès à une « information juste » sur « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre ».

Dans l’ensemble de ces documents, cette idéologie est en effet donnée pour acquise. La notion d’identité de genre qui fait disparaître la distinction fondamentale entre hommes et femmes au motif qu’elle serait simplement le fruit d’attitudes culturelles, et qui met au premier plan le choix subjectif de la personne concernée – dont le rapport préalable signé André Gross (Suisse, socialiste) souligne qu’il est souvent fixé dès avant la puberté. C’est un premier nihilisme. A tel point de déni de réalité que la recommandation aux Etats du Conseil de l’Europe fait pression pour que le changement de « genre », avec toutes les démarches administratives, d’état civil, de changement d’acte de naissance, puisse être fait avec la plus grande facilité et sans qu’il soit nécessaire d’entreprendre une démarche physique (opération, traitement hormonal) de changement de sexe. On peut certes se réjouir de ce que les personnes dans ce cas ne soient pas acculées à subir des interventions qui, forcément, les mutileraient. Mais cela en dit long sur le degré de décomposition intellectuelle auquel nous sommes en train de parvenir.

Dans le même temps, ces choix subjectifs multiples sont en quelque sorte « objectivés » pour les besoins de la cause par l’assimilation de ces groupes – éventuellement mouvants – à des minorités identifiables. Et qui de ce fait vont devoir bénéficier d’un principe de non-discrimination absolue, sauf dans le cas, louable, où ils pourraient bénéficier d’une discrimination positive.

Le projet de recommandation, que Présent s’est procuré, comporte en l’article 27 de ses annexes cette phrase révélatrice :

« Lorsque la législation nationale permet à des personnes célibataires d’adopter des enfants, les Etats membres devraient garantir son application sans distinction fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre du demandeur. »

« Sans distinction » : c’est un pas de plus que le refus de la discrimination, c’est la négation claire du principe d’identité, c’est vouloir pour tous, dans quelque domaine que ce soit, l’égalité absolue, non seulement dans le traitement mais dans la manière d’être considéré par autrui. C’est alors la différence qui devient taboue – et l’on rejoint ainsi la revendication la plus récente des « lesbiennes-bi-gays-trans » qui réclament le « droit à l’indifférence ».

Curieusement, le texte anglais fait référence en ses exposés des motifs à l’engagement du COE « à garantir l’égale dignité ainsi que la jouissance des droits et libertés de chaque individu, sans aucune discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation… », tirant de ce principe de non-discrimination générale le devoir de ne pas « discriminer » entre adeptes de pratiques sexuelles qu’il est désormais inconvenant de qualifier de « perverses ». La traduction officielle française a mis à la place du mot « discrimination » celui de « distinction » qui ferait définitivement disparaître la notion d’un traitement injuste sous-jacente, quand même, dans la compréhension populaire actuelle de la notion de « discrimination ».

Telle est la logique de tout le document. A côté d’une dénonciation d’actes cruels, de mauvais traitements, de délits et de crimes envers les personnes « LGBT » – non pas, notez, parce que ce sont des personnes, mais parce que ces délits doivent être sanctionnés selon le régime de la circonstance aggravante – se trouve en effet une multitude de recommandations « positives » invitant à leur ouvrir l’accès à tous les droits sociaux, culturels, civils, à tous les emplois, sans que jamais la référence à leur choix de vie puisse autoriser une différence de traitement.

Tout cela n’est évidemment pas contenu dans la Convention européenne des droits de l’homme et ne fait que très lentement son apparition dans la jurisprudence de la CEDH, par une perversion de la lettre du texte et des notions juridiques invoquées. Parmi les associations qui se battent pied à pied contre de telles aberrations, on peut citer et soutenir le « European Centre for Law and Justice » (eclj.org) basé à Strasbourg, et C-Fam (c-fam.org) organisme de veille catholique auprès de l’ONU et d’autres institutions internationales.

Parce que ce sont nos libertés qui sont directement menacées.

Source : Présent du 11 novembre 2009.

09 novembre, 2009

Avortement tardif : l'aveu

Fin octobre, un nouveau centre d'avortements tardifs a ouvert ses portes à Dallas, Texas, s'ajoutant aux quatre avortoirs actifs dans cette ville des Etats-Unis avec un total de 11 000 interventions par an. Le « Southwestern Women's Surgery Center » se spécialise dans les « IVG » jusq'à 24 semaines, pratiquées sur place par son propriétaire, le seul médecin du Nord-Texas qui accepte (ou pour reprendre ses paroles, qui « possède le savoir-faire ») de supprimer des enfants à naître à ce stade de la grossesse. Dr Curtis Boyd avait été le premier a ouvrir un avortoir au Texas en 1973, après avoir pratiqué des milliers d'avortements illégaux au cours des 1960. Il a été en pointe du mouvement « pro-choix », a lui-même développé des méthodes d'avortement tardif et a contribué à fixer les « bonnes pratiques » pour l'avortement chirurgical. Il venait de fermer sa clinique il y a quelque temps, sans doute en vue d'ouvrir ce « centre chirurgical », structure exigée pour les avortements à 16 semaines et au-delà. Et il sait ce qu'il fait...

« Suis-je en train de tuer ? Oui, c'est ce que je fais. J'en suis conscient. »

C'est ce que le Dr Curtis Boyd vient de répondre à la chaîne WFAA TV qui a diffusé des extraits de son entretien lors d'un journal télévisé en fin de semaine dernière (voir ici). C'est clair et net. Sans états d'âme. Il draine des patientes depuis les Etats d'Oklahoma, Arkansas, Louisiana et de l'ensemble du Texas. Et même de très jeunes patientes : Curtis Boyd affirme avoir reçu dans sa clinique des petites jeunes filles de 9 ou 10 ans. (Question : prévient-il alors la justice du viol qui a nécessairement eu lieu ?)

Dans le cadre de ses cliniques légales, il estime que 300 000 avortements ont été pratiqués depuis 1973.

Curtis Boyd était un très proche ami de George Tiller, le spécialiste d'avortements tardifs récemment assassiné au Kansas. Plus bizarrement, il a été « ordonné » ministre baptiste, avant de changer de secte protestante pour devenir unitarien. Il disposait dès le début de son activité d'avorteur d'un réseau de ministres protestants et juifs qui offraient leurs conseils spirituels à des jeunes femmes enceintes sans l'avoir désiré, avant de leur indiquer son adresse, rendez-vous à la clef..

Curtis Boyd affirme dans son interview sur WFAA « prier souvent ». « Je demande par exemple que l'esprit de cette grossesse retourne à Dieu avec de l'amour et de la compréhension », explique-t-il.

Dans un entretien publié par un site « pro-choix » le médecin pro-mort expliquait que les femmes qui font le choix d'avorter agissent de manière spécialement responsable et posent une décision morale. « Même aujourd'hui, elles entrent dans mon cabinet en pensant que ce qu'elles font est mal et qu'elles sont mauvaises parce qu'elles le font. Et ça, c'est vraiment triste parce que ce qu'elles font témoigne souvent d'un développement moral plus élevé que celui de la plupart des autres gens. »

Pourquoi Curtis Boyd continue-t-il d'avorter alors que, de son propre aveu, c'est tuer ? Parce que c'est « important », parce qu'il est seul à savoir faire des avortements tardifs dans la région, parce qu'il se dit davantage « troublé par les tourments » vécus par ses patientes.

En attendant, cela rapporte...

Source : ici et autres.

08 novembre, 2009

« Qualité de la vie » : faut-il « débrancher » RB, 13 mois ?

C’est la question actuellement pendante devant les Cours royales de justice de Londres qui a été saisie d’une demande contradictoire de la part d’un couple séparé « à l’amiable ». Le père du petit garçon connu dans la presse anglaise sous les initiales « RB » veut tout entreprendre pour que son fils, qui souffre d’une maladie rare et grave, un syndrome de myasthénie congénitale, puisse vivre le plus longtemps possible. Sa mère, au contraire, estime que la mort vaudrait mieux pour son enfant.

(Lu sur Le Blog de Jeanne Smits)

La maladie dont souffre le bébé l’empêche de respirer normalement et il peut à peine soulever ses membres. Un ventilateur posé une heure après sa naissance, il y a treize mois, le maintient en vie. Mais ce sera, à en croire les médecins du service de santé national (NHS) britannique, une « vie misérable, triste et pitoyable ». Est-ce une raison suffisante pour lui retirer son ventilateur et attendre que mort s’ensuive ?

Cette affaire qui a abouti devant les tribunaux par le truchement de la NHS dont les représentants plaident depuis plusieurs jours, avec le soutien de la maman de « RB », le débranchement du petit garçon. Mais son père, fort du témoignage de médecins persuadés qu’il pourrait survivre, et peut-être même recevoir des soins efficaces d’ici à quelques années grâce aux progrès de la médecine, réclame de son côté qu’une trachéotomie soit pratiquée qui permettrait à son enfant de respirer de manière autonome et même d’être soigné à la maison, une tâche que le père est prêt à assumer.

Il n’y a pas de doute que les deux parents jeunes parents, qui actuellement passent tous les jours quelque 10 heures au chevet de leur fils, ont les meilleures motivations subjectives. La mère estime que son enfant subit des souffrances intolérables : si c’est le cas, le fait de le débrancher d’un respirateur et le laisser mourir ne peut-il être considéré comme l’arrêt d’un soin disproportionné ?

Le père au contraire a observé la vitalité de son garçon. Et la cour a reçu des témoignages émouvants : « RB » sait mettre sa main sur celle de sa mère, il tire ses cheveux, il a un regard espiègle » – une pédiatre qui s’est rendue à son chevet a raconté tout cela, concluant : « Je ne peux approuver en conscience le fait de couper court à une vie seulement parce que j’ai vraiment, vraiment peut qu’il se peut qu’il souffre et que les choses pourraient empirer à l’avenir ».

Qui a raison ? C’est un jugement de Salomon qui est attendu, en principe jeudi prochain ; où il semblerait raisonnable de suggérer que l’on entreprenne la trachéotomie qui permettrait de facto d’arrêter le ventilateur de « RB ». Ce qui du même coup lèverait toute discussion sur le caractère disproportionné ou non des soins qui lui sont prodigués.

Mais voilà, on en vient à se demander – dans la logique euthanasique qui se développe de plus en plus au Royaume-Uni – si la NHS ne veut pas justement éviter cette heureuse issue dans la mesure où « RB » aurait encore besoin de soins (« futiles » ? coûteux ?) pendant de longues années à venir.

Le Daily Mail du 4 novembre publiait une lettre ouverte d’une mère de famille qui s’est manifestée pour conter l’histoire de son fils, Felix, affecté à 9 mois (après la mort de son jumeau, deux mois plus tôt) par une maladie aux mêmes effets que celle de la myasthénie (comme chez « RB », les capacités cérébrales ne sont pas atteintes). C’était il y a dix ans ; les médecins avaient prédit pour lui un avenir atroce. Mais ses parents ne purent faire autre chose que de choisir la poursuite de son traitement.

Aujourd’hui Felix a dix ans. Les complications annoncées par les médecins se sont produites, avec d’autres encore. Le garçon a toujours son ventilateur portable à portée de mains sur son fauteuil roulant électrique.

Mais il fréquente une école normale :

« Il joue avec ses amis, il irrite et amuse sa sœur aînée (qui l’aime vraiment), il fait pression pour avoir plus d’argent de poche, des heures de coucher plus tardives et moins de bains et se comporte comme n’importe quel garçon de dix ans. Il est totalement charmant, très populaire et, par dessus tout, heureux. Passez dix minutes avec Felix et vous ne poserez plus jamais de questions à propos de la “qualité de la vie”. Il m’a appris que la perfection présente bien des formes, et qu’il est parfait dans sa manière d’être Felix. (…) La trachéotomie peut sembler trop rude, mais elle a transformé sa vie et sa santé. Tout d’un coup il n’a plus eu besoin de se battre pour chaque respiration ; il a commencé à grandir ; et quand nous l’avons ramené à la maison, il a fleuri. (…) C’est l’enfant le plus heureux que je connaisse et il a apporté plus de joie dans ma famille que je ne pourrai le dire avec de simples mots. Il aime et il est aimé au-delà de toute mesure ; sa vie vaut la peine d’être vécue. »


C'est cette valeur insondable de la vie, de la vie qu'il faut respecter, qui est en réalité dans la balance devant les Cours royales de Londres. Ce respect n'exige pas la démesure, mais il suppose de vraiment mettre les chances et les efforts du côté de la vie. Et - ne pas s'y tromper - ce sont des affaires comme celles-ci qui sont utilisées pour promouvoir, juridiquement et médiatiquement, le droit de vie et de mort sur les plus vulnérables des êtres humains.

Source : BioEdge et autres.

14 octobre, 2009

Une pétition pour la vie à l'ONU : signez tout de suite !

L'organisme catholique de veille auprès de l'ONU, C-FAM a lancé une pétition internationale pour la claire affirmation du respect de la vie humaine, des droits de la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, et de la liberté de l'éducation, droit fondamental des parents. Plus d'un demi million de personnes l'ont déjà signée. Lors de sa clôture, elle sera solennellement présentée à l'ONU. Ci-dessous, le texte de la pétition en langue française. On peut la signer dans cette langue ici. Elle est disponible en 18 langues. Les explications (en anglais), sont ici. Faites suivre à vos contacts !


Appel international pour les droits et la dignité
de la personne humaine et de la famille

Nous, citoyens des États membres des Nations unies, en cette année du 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, adoptée et proclamée par la résolution 217 A (III) du 10 décembre 1948 de l’Assemblée générale des Nations unies,


Rappelant que :

la Déclaration universelle des droits de l'homme est l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations,


Considérant que :

les droits de l’homme, la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité et la justice constituent le patrimoine spirituel et moral sur lequel est fondée l’union des Nations,


Insistons pour que :

soient pris dûment en considération :


1. Le droit à la vie de tout être humain, de la conception à la mort naturelle, chaque enfant ayant le droit d’être conçu, de naître et d’être élevé dans une famille, fondée sur le mariage entre une femme et un homme, la famille étant l’unité de base naturelle et fondamentale de la société.

2. Le droit pour chaque enfant d’être élevé par ses parents qui ont, par priorité, le droit fondamental de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

En conséquence, nous demandons :


à tous les gouvernements d’interpréter convenablement la Déclaration universelle des droits de l’homme de sorte que :


Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne (Article 3).

A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille.
(Article 16).

La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État (Article 16).

La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales
(Article 25).

Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants (Article 26).

18 septembre, 2009

L’ « éducation à la sexualité » selon l’UNESCO : l’aveu

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) vient de publier un projet de rapport présentant les Lignes directrices internationales sur l’éducation de la sexualité qui sera, selon toute vraisemblance, adopté par les Nations unies à New York en octobre prochain. C’est un véritable programme totalitaire qui s’intéresse aux moindres détails, y compris sémantiques, de ce que les jeunes de 5 (oui, cinq !) à 18 ans, devront savoir sur le sexe sans jamais avoir même pensé à le demander. L’affaire fait grand bruit aux Etats-Unis depuis la fin août ; en France, on en a vaguement parlé sur France-Info pour ricaner à propos de la pruderie américaine ; le Salon beige a indiqué l’existence du scandale dès le 1er septembre.

Scandale, oui : derrière un paravent de bonnes intentions affichées tout au long de ce document-projet de 98 pages, officiellement visé par l’UNESCO et l’engageant donc totalement, il s’agit bel et bien de promouvoir l’amoralité absolue, l’indifférentisme culturel, l’idéologie du genre et le libre accès à l’avortement présenté comme un « droit des femmes ».

C’est ce point qu’il faut relever tout d’abord : on sait qu’une guerre sémantique est livrée sans scrupules par des groupes de pression au sein des institutions onusiennes pour faire accepter l’idée que l’avortement est un « droit », et même un « droit de l’homme » au sens des droits protégés par les instruments internationaux. Opposables aux Etats. Opposables aux objecteurs de conscience. Aune à laquelle on jugera le caractère « démocratique » d’un pays. Tous n’étant pas d’accord là-dessus, ces « droits » sont depuis quelques décennies revendiqués de manière indirecte sous la demande de protection et de promotion des « droits reproductifs » ou de la « santé génésique », de manière discrètement avouée par les partisans de l’avortement légal et sous le feu nourri des Etats qui demeurent attachés au respect de la vie qui font tout pour que le « droit à l’avortement » n’acquière pas un statut en droit international

Le document de l’UNESCO, lui, ne prend pas la peine de se cacher. Un rapport régional de l’instance, publié en Thaïlande, avait affirmé dans une certaine clandestinité, en 2003, que l’avortement devait devenir universellement accessible dans des conditions de légalité, de sécurité, d’accessibilité totales. Le rapport achevé fin juin à Paris, où siège l’UNESCO, a au contraire fait l’objet de présentations publiques ; et il ne laisse aucune place ni au doute, ni à la moindre négociation : l’avortement est régulièrement présenté comme faisant partie du chapitre des « droits reproductifs ». Parmi les « objectifs d’apprentissage » à atteindre dans le groupe des 15-18 ans, figure l’argumentaire pour « promouvoir le droit et la possibilité d’accès à l’avortement sûr » (sous-entendu : légal). Les 12-15 ans doivent pour leur part réfléchir sur « la définition de l’avortement, les raisons le justifiant et sa légalité ».

On peut continuer avec le matraquage sur le caractère sûr et sans conséquences néfastes de l’avortement médicalisé ; les 12-15 ans étant invités à apprendre tout sur l’accès à l’avortement sûr et aux soins post-abortifs dans le cadre de l’étude des moyens efficaces pour éviter une grossesse.

Comme cela, au moins, les choses sont claires. Elles démentent l’objectif affiché qui consiste à dire qu’il vaut mieux que les jeunes soient correctement informés, et dans un total respect des valeurs culturelles différentes, à propos de la sexualité et des situations auxquelles ils risquent d’être confrontés, plutôt que d’entendre n’importe quoi de la part de leurs camarades. (Mais on balaie explicitement l’objection des parents qui revendiquent le droit de transmettre eux-mêmes l’information sur l’acte procréateur – c’est la procréation qui est taboue !)

Tout est à lire pour saisir comment les organismes comme l’UNESCO, avec le plein appui du Fonds des Nations unies pour la population et demain, probablement, de l’ONU elle-même, entendent détricoter peu à peu les « réticences » des pays encore attachés à des valeurs traditionnelles et pour court-circuiter le rôle des parents. Pour faire avaler la pilule, le document répète volontiers que chaque pays y puisera ce qu’il voudra, compte tenu notamment de ces divergences culturelles.

Oui, mais… Le luxe de recommandations et de détails contenus dans les 98 pages du projet permet de conclure au caractère totalitaire de l’œuvre. Les auteurs ne demandent-ils pas aux pouvoirs publics de se jeter totalement dans la balance pour imposer un programme d’éducation sexuelle afin que les parents soient bien conscients qu’il est « institutionnel » ? Ne demandent-ils pas de progresser lentement avant d’aborder les sujets les plus « sensibles » (pour ne pas dire scabreux) ? Ne soulignent-ils pas l’importance du jeu de rôle et de la dynamique de groupe dans l’enseignement à dispenser – une technique dont les psychologues connaissent la redoutable efficacité ?

Le message est toujours le même : tout est permis du moment que l’on y trouve personnellement une satisfaction et que l’on soit armé pour éviter la plus terrible conséquence de l’acte amoureux : la naissance d’un enfant, l’apparition d’un petit Cupidon qui scelle le lien entre les deux amants. Tout est permis au nom des « droits » humains, voulus comme fil rouge de leur rapport par les auteurs.
Bien sûr, le lecteur critique achoppera d’abord sur le programme d’« éducation » proposé aux enfants de 5 à 8 ans. On part des valeurs familiales (la « famille » multiple, puisqu’il est explicitement fait mention des couples du même sexe), du devoir de respecter chacun – et spécialement les séropositifs HIV… – du droit de choisir son époux ou son épouse, pour aboutir assez rapidement aux « stéréotypes de genre » (dans le chapitre « La construction sociale du genre »), à la masturbation, aux comportements amoureux des adultes et à leur description physiologique, aux enfants qui doivent être « voulus »…

Après un tel catalogue, on se doute que le curriculum proposé aux autres groupes (les 9-12 ans, les 12-15 ans et les 15-18 ans) sont pareils mais simplement un peu plus explicites à chaque fois, plus outranciers et plus axés sur le droit absolu des jeunes d’être « informés » et d’être médicalement suivis à l’insu de leurs parents.
Il y a d’ailleurs une bien triste progression dans chacun des parcours : on part de la famille et de son importance pour aboutir aux besoins des séropositifs de trouver un véritable soutien, un affectueux secours au sein de leur famille… lorsque leur « bulle » sexuelle aura éclaté, serait-on tenté de dire.

En même temps, par le biais d’un dénigrement plus ou moins ouvertement affirmé, le projet de « directive » de l’UNESCO dénonce l’inefficacité des programmes d’éducation à l’abstinence : puisque l’objectif est de « sauver des vies » et de « sauver des jeunes » des dangers des maladies sexuellement transmissibles et du « risque » de donner le jour à un nouvel être humain, arrivera le jour où ces enseignements fondés sur une loi de la nature humaine pourront bien être interdits

Tout cela vous a-t-il indigné ? Eh bien, dans une mesure certaine, quoique succincte, ces « lignes directrices » sont déjà bien respectées en France, en tout cas dès le niveau des programmes du collège. Mais on peut toujours dégringoler plus bas…

Source : Présent

Une ahurissante interview de Tony Blair

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

“L’Osservatore romano” en « service commandé » ?

Deux pleines pages d’un journal qui n’est pas petit : c’est la place accordée par le quotidien quasi officiel du Vatican à un entretien avec l’ancien Premier ministre anglais Tony Blair, dans son édition du 15 septembre. L’entretien, mené par la journaliste Giulia Galeotti, est si dégoulinant de complaisance qu’un bloggueur catholique anglais, curé de la paroisse Notre-Dame du Rosaire à Londres – où l’on trouve une messe « extraordinaire » –, a suggéré de le renommer : L’Ossequioso Romano.

Après le http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2009/09/tony-blair-simpose-rimini.html ovationné de Tony Blair à Rimini fin août, c’est un nouveau pas vers l’installation de ce partisan de l’avortement et des autres aberrations de la culture de mort dans le rôle de porte-parole de l’Eglise catholique dans le concert des nations. Même l’agence Zenit, plutôt conservatrice, a donné un écho totalement positif à cette interview : voilà un bon demi-million d’abonnés à son service quotidien qui garderont l’impression d’un Tony Blair, homme politique à suivre dans tous les sens du terme.

Visiblement sous le charme, Giulia Galeotti annonce que ce « probable protagoniste sur la scène internationale des années à venir » est un « gentleman » : « Bien élevé, souriant, courtois comme peu savent encore l’être désormais », il est celui que le Guardian de Londres présente comme le « probable futur président de l’Union européenne ». C’est dire que l’enjeu d’une telle publication est de taille.

Le scandale… est précisément que la journaliste n’en fait aucun. Il n’y a pas de question gênante. Pas de rappels de ses votes personnels ni des décisions prises sous sa responsabilité, alors que Tony Blair présente un palmarès systématiquement pro-mort. Richard Marsden, journaliste catholique anglais, en rappelle un bref catalogue dont nous retiendrons quelques exemples : légalisation de l’euthanasie par omission, légalisation de l’adoption homosexuelle qui a abouti au sabordage d’agences catholiques d’adoption sous peine d’être poursuivies pour « discrimination », légalisation des unions homosexuelles, accès à la pilule du lendemain pour les jeunes filles dès 11 ans, légalisation de l’expérimentation sur l’embryon humain… Tony Blair a personnellement voté contre la réduction des délais de l’avortement légal de 28 à 18 semaines ; pour l’expérimentation sur l’embryon jusqu’à 14 semaines, etc.

Dans son interview comme à Rimini, le président de la Tony Blair Faith Foundation, après avoir encensé la Chine contemporaine, se recommande chaleureusement de Caritas in veritate. L’Osservatore Romano a laissé passer, sans la moindre réaction sur le fait que cette encyclique place au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise le respect de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, et qu’il est difficile d’être plus éloigné de cette exigence que Tony Blair…

Soyons précis. Il y a bien une question, en passant, sur l’avortement. La journaliste demande si dans les « démocraties modernes, un homme politique a le droit de parler au nom de sa foi – en se déclarant par exemple contre l’avortement parce que celui-ci viole le cinquième commandement – ou s’il a au contraire le devoir de se taire à propos de son credo personnel ».

Réponse de Tony Blair : « J’ai toujours soutenu que les gens ont le droit de parler. J’ai beaucoup insisté là-dessus en Grande-Bretagne. Surtout parce qu’il s’agit de thèmes à propos desquels les gens ont des sentiments forts, qui sont importants pour eux. Les gens ont des avis très différents sur ces questions, et si une personne croit quelque chose qui pour elle, est absolument centrale, elle a le droit de parler. »

A lire cela, on pourrait bien le croire un défenseur de la vie. Le problème, c’est qu’il a toujours parlé pour l’avortement. Et que L’Osservatore Romano tait cela.

John Smeaton, président de la SPUC (Association britannique pour la protection des enfants à naître) en est venu à demander, en commentant l’affaire pour LifeSiteNews.com : « Y a-t-il des éléments subversifs au travail au Vatican qui veulent une politique de conciliation avec Barack Obama et Tony Blair, et leurs politiques anti-vie ? »

L’Osservatore Romano est contrôlé par la Secrétairerie d’Etat qui a multiplié les signes en ce sens depuis l’élection de Barack Obama. C’est pourquoi un Mgr Michel Schooyans, de l’Académie pontificale pour la Vie, a multiplié les mises en garde depuis plusieurs mois, parlant de « service commandé » à propos du quotidien, soulignant avant la lettre les manœuvres entreprises pour propulser Tony Blair sur le devant de la scène de l’Union européenne, du dialogue interreligieux et du Vatican. On peut dire que les affaires du « catholique » Blair progressent…

P.S. Il va de soi qu’il ne m’appartient pas de juger de la sincérité de la conversion de Tony Blair. Mais il faut souligner qu’il est un « catholique » qui n’accepte pas les enseignements de l’Eglise et du Pape. Sans commentaire.

Tony Blair s'impose à Rimini

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un converti étrange et influent

L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, aura été la vedette de la 30e rencontre de « Communion et Libération » à Rimini, fin août. Le récent converti anglais a cette plate-forme pour promouvoir sa variété hétérodoxe d’un catholicisme détourné aux fins du mondialisme et de l’« Initiative des religions unies » qui inspire sa Tony Blair Faith Foundation (Fondation Tony Blair pour la Foi).

Ladite fondation pour le dialogue interreligieux a été créée en mai 2008, en présence de Bill Clinton, dans un esprit qui convient parfaitement aux principes gouvernant les grandes organisations supranationales comme l’ONU ou l’UNESCO : minimiser les différences entre les cultures, notamment religieuses, afin de promouvoir la paix mondiale. C’est l’esprit du syncrétisme religieux et du New Age, dont on ne parle plus tellement mais qui n’en est pas moins présent, notamment dans les programmes officiels d’enseignement.

Tony Blair s’est donc vu offrir par « Communion et Libération » la possibilité de s’exprimer au cours d’une conférence plénière et de se positionner, ainsi, comme chef de file des intervenants « catholiques » dans notre monde qui évolue, un rôle d’autant mieux accepté dans celui-ci qu’il adhère sans ambages aux nouveaux dogmes écologistes.

Se posant en admirateur ébloui de la Chine, Tony Blair a expliqué aux participants que ce pays est en train d’élaborer des réponses originales et efficaces aux problèmes de pauvreté, de l’installation d’une nouvelle forme d’Etat-providence, d’une réduction vertueuse des émissions carbone. A rapprocher de l’information des autorités chinoises sur la « réussite » de leur politique coercitive de contrôle de la population qui a permis d’éviter 400 000 millions de naissances depuis 1979… Le joli modèle, en effet : où l’avortement forcé est fréquent, le manque de petites filles catastrophique et les problèmes de prise en charge des personnes âgées chargés de conséquences potentiellement abominables.

Il importe de souligner cette introduction pour éclairer le reste du discours, où Tony Blair, se disant inspiré par Caritas in veritate, a appelé le monde qui se mondialise à accueillir l’aide et le conseil l’Eglise catholique, elle-même « modèle d’institution globale », parce que les hommes politiques laissés à eux-mêmes ne peuvent assurer la paix, la justice, la solidarité, la juste répartition des « rares ressources » de la planète. Et, tout en affirmant sa « différence » comme catholique, Tony Blair a mis en avant les divers programmes de coopération interreligieuse qui permettent – avec la Banque mondiale, indiquait-il en passant – de bien répondre aux besoins du monde et au soulagement de la misère.

Emouvant, l’habitué du discours politique a conclu :

« La Foi et la Raison sont des alliées, non des adversaires. Elles se soutiennent mutuellement ; elles s’embrassent ; elles se fortifient l’une l’autre. Elles ne sont pas en compétition pour la suprématie. C’est ensemble qu’elles l’atteignent. C’est pourquoi la voix de l’Eglise doit être entendue. »


On imagine que de telles paroles ont été bien reçues par le public catholique de Communion et Libération à Rimini. Il y avait beaucoup de discrets renvois aux écrits pontificaux. Un souffle soutenu par l’appel à l’« amour de Dieu » et à sa « grâce ». De quoi lancer une véritable OPA sur la présence catholique dans le monde : dans le cadre de sa Fondation pour la Foi, Tony Blair y est clairement candidat, et il n’hésite pas à revendiquer le soutien de Benoît XVI pour ses initiatives.

L’ennui, c’est que Benoît XVI est pour lui une excellente carte de visite… et rien de plus. Car Tony Blair, avec sa femme Cherie qui a été l’instrument de sa conversion au catholicisme, comme il l’affirme volontiers, est pour l’avortement. Pour la contraception. Pour le préservatif comme arme de choix contre le sida. Pour la reconnaissance des unions homosexuelles. Pour le contrôle de la démographie humaine, s’il faut en croire l’association britannique Optimum Population Trust qui le cite dans son rapport intitulé « Une stratégie climatique basée sur la population ». En tant que Premier ministre, il a participé à la mise en place de multiples mesures contre la vie humaine. Il n’était assurément pas un invité acceptable, et encore moins un porte-parole adéquat au sein d’un mouvement catholique.

Pour l’anecdote, sa femme Cherie qui se présente comme une catholique de conviction vient de s’exprimer durement contre l’Eglise à l’occasion du Festival international du livre à Edimbourg, le premier mercredi de septembre. Elle y assurait la promotion de ses Mémoires en accusant l’Eglise d’empêcher certaines femmes de poursuivre une belle carrière en s’opposant à la contraception. Les progrès de la femme sont directement liés à leur capacité de contrôler leur fertilité, a-t-elle déclaré, souhaitant que l’Eglise puisse considérer celle-ce de manière « plus positive ». Et d’avouer avec une élégance qu’on appréciera que son fils Leo est né du fait qu’elle avait oublié son « matériel contraceptif » lors d’une visite officielle à Balmoral. Réponse immédiate d’un porte-parole de l’Eglise catholique en Ecosse : « Lorsque l’Eglise catholique a réaffirmé son opposition à la contraception, elle a mis en garde contre les quatre problèmes majeurs qui seraient directement liées à sa mise en place : une baisse généralisée de la moralité à travers l’ensemble de la société, davantage d’infidélité, un amoindrissement du respect de la femme par l’homme, et le recours coercitif aux technologies de la reproduction par les gouvernement. Les quatre dernières décennies on témoigné de la sagesse de cette analyse. »

Voilà donc le couple Blair : comment ne pas considérer Tony Blair comme un expert en « entrisme » ?

De son côté, Mgr Michel Schooyans, professeur émérite de l’université de Louvain, spécialiste des questions de population, l’un des quarante membres pléniers de l’Académie pontificale pour la vie et membre de l’Académie pontificale pour les sciences sociales, a tenu devant cette dernière un discours de mise en garde où il accusait Blair, dans le sillage de Barack Obama, de détourner le message catholique au profit de l’idéologie du genre, des « droits reproductifs » et autres lectures « politiquement correctes » qui sabotent les « fondements naturels du droit ».

Tout serait à citer. Retenons déjà ces fortes paroles, où il annonce un véritable « terrorisme politico-juridique » :

« Ce que révèle l’analyse des décisions de Barack Obama et du projet de Tony Blair, c’est que se profile une Alliance de deux volontés convergentes, visant, l’une, à subjuguer le droit, l’autre, à subjuguer la religion. Telle est la nouvelle version de l’aigle à deux têtes. Droit et religion sont instrumentalisés pour “légitimer” n’importe quoi.

« Cette double instrumentalisation est mortelle pour la communauté humaine. C’est ce qui ressort de diverses expériences réalisées dans le cadre de l‘État-Providence. Celui-ci, à force de vouloir plaire aux individus, a multiplié les “droits” subjectifs de complaisance, par exemple en matière de divorce, de sexualité, de familles, de population, etc. Mais ce faisant, cet État-Providence a créé d’innombrables problèmes qu’il est incapable de résoudre. Avec l’extension de ces “droits” de complaisance à l‘échelle mondiale, les problèmes de précarisation/marginalisation vont se multiplier à tel point qu’aucune gouvernance mondiale ne pourra les résoudre.

« De même pour la religion. Depuis qu’est acquise la séparation de l‘Église et de l‘État, il est inadmissible que l‘État se serve de la religion pour renforcer son emprise sur les cœurs, les corps et les consciences. (…) « Par ces canaux, et avec l’appui du couple Blair, le juriste-président Obama est en train de lancer un nouveau messianisme nord-américain, totalement sécularisé. Il bénéficie en cela de l’appui de son fidèle partenaire, candidat présumé à la présidence de l’Union européenne. La volonté suprême du Président des USA validera le droit des nations et le droit des relations entre les nations. Dans la foulée, les “Trente-Neuf Articles” de la nouvelle religion devront être promulgués par son collègue britannique. »


Est-ce tolérable ?

Source : "Présent"

11 septembre, 2009

Un militant pro-vie tué par balles aux Etats-Unis

Le sur Le blog de Jeanne Smits

Vers 7 h 30 heure locale, ce matin du 11 septembre, un militant pro-vie habitué des longues stations devant des avortoirs ou dans des lieux fréquentés, au Michigan, a été tué par balles. James Pouillon, 63 ans, se tenait devant l'école secondaire d'Owosso et tenait une grande affiche montrant un bébé et barré du mot "Life" : vie. Plusieurs coups de feu ont été tirés depuis un véhicule dont le conducteur a été appréhendé chez lui trois quarts d'heure après le drame, des témoins ayant relevé le numéro d'immatriculation.

Le motif du crime n'est pas connu pour l'heure ; à l'heure du crime, on découvrait d'ailleurs l'assassinat d'un autre homme responsable d'une carrière de gravier dans le bureau de son entreprise. La police du Michigan soupçonne le même homme d'être l'auteur des deux fusillades. Il a en tout cas avoué dans les deux cas, selon la presse locale.

Quoi qu'il en soit Jim Pouillon, un homme malade portant des prothèses aux jambes et constamment dépendant d'un respirateur, a été abattu alors même qu'il défendait la vie, comme il le faisait depuis de longues années.

De nombreux responsables de mouvements pro-vie ont réagi avec tristesse, condamnant l'assassinat d'un homme décrit comme doux et bienveillant, “complètement non-violent”. Troy Newman, président d'“Operation Rescue”, a dit avoir pleuré en apprenant la mort tragique de son “collègue et ami”.

Lors de ses veilles pour la vie, portant souvent des images de fœtus avorté, il avait été fréquemment la cible d'insultes, de jets de projectiles et de crachats, et en une occasion un automobiliste avait dévié volontairement sa route pour monter sur le trottoir et rouler droit vers lui.

Le Père Franck Pavone, de “Priests for life” (Prêtres pour la vie) a déclaré qu'il espérait voir “autant de fortes manifestations d'indignation de la part de la communauté pro-avortement qu'il y avait eu une forte d'expression d'indignation de la communauté pro-vie au moment de l'assassinat du Dr Tiller”, spécialiste d'avortements tardifs.

L'American Life League, par la voix de Shuan Kenney, son directeur exécutif, a commenté :

« L'American Life League a le cœur brisé par la perte d'un véritable héros pro-vie, abattu par balles le jour même où des Américains de tout le pays commémorent la mort violente de 3 017 personnes. Quelle terrible ironie que cette mort, en ce jour d'infamie, rappelle la mort de 50 millions d'innocents, victimes de l'avortement. Nos pensées et nos prières vont vers sa famille, ses amis et sa communauté à l'heure de cette tragédie, et nous renouvelons notre appel à la paix et à la prière comme seuls remèdes à la culture de la violence.

« Puisqu'aucun motif n'est clairement avancé, toute spéculation est inutile, sinon dommageable. Nous félicitons le département du shérif du comté de Shiawassee d'avoir si rapidement arrêté le suspect, et nous prions pour que Dieu fasse justice, et miséricorde. »


La nouvelle de cet assassinat n'a pas encore fait les gros titres de la presse nationale américaine.

Diverses sources, dont celle-ci.

04 septembre, 2009

Pilule du surlendemain

Le sur Le blog de Jeanne Smits

Pierre-Olivier Arduin, sur le site de Liberté Politique, commente et dénonce l'arrivée sur le marché européen d'une nouvelle soi-disant "contraception d'urgence", la "pilule du surlendemain", Ellaone, à prendre jusqu'à cinq jours après un "rapport à risques", comme ils disent. Les fabricants ne se cachent plus : il s'agit d'une pilule dont l'un des principaux effets recherchés est non l'empêchement de la fécondation, mais l'empêchement de la progression normale d'une fécondation par l'implantation, la nidation de l'embryon sur la paroi utérine. Cette action est clairement et évidemment abortive.

Mais n'oublions pas que toutes les pilules, sans exception, comportent ce moyen d'action. N'oublions pas non plus la manipulation sémantique par laquelle les avorteurs précoces ont réussi à imposer l'idée selon laquelle la grossesse ne commence pas à la conception mais à la nidation de l'embryon, ce qui leur permet de vendre comme "contraceptifs" des abortifs précoces.

L'exclusivité de la commercialisation de la pilule du surlendemain – joli pactole – a été accordée par le ministère de la Santé aux laboratoires HRA-Pharma. Lors des dix ans d'activité de cette entreprise "engagée", j'en avais parlé dans Présent. Ci-dessous cet article, paru le 29 mai dernier.


Macabre anniversaire
Les 10 ans de la « pilule du lendemain »


Le laboratoire HRA Pharma a publié un communiqué pour saluer les dix ans de la mise en vente libre de « sa » pilule du lendemain, le NorLevo. En mai 1999, la France fut le premier pays à en faire un comprimé d’automédication ; peu à peu, son usage s’est répandu pour toucher (derniers chiffres connus) 13,7 % des femmes qui déclaraient en 2005 y avoir eu recours au moins une fois dans leur vie. Accessible aux mineures sans ordonnance et sans contrôle parental, la pilule du lendemain est présente dans les infirmeries scolaires par la décision de Ségolène Royal. Mais tout cela ne suffit pas : HRA Pharma s’émeut de ce que ce moyen de « contraception » demeure « sous-utilisé ».

Chaleureusement recommandé par les pouvoirs publics et autres groupes institutionnellement hostiles à la vie, le NorLevo est indiqué en cas de « rapport non protégé » ou de raté de la contraception au nombre desquels l’on compte par exemple un retard de 12, voire de 3 heures dans la prise de certaines pilules contraceptives « ordinaires ». Surdosée en progestatifs, elle présente une efficacité décroissante pendant les 72 heures suivant le rapport. Aux dires d’HRA Pharma, 24 millions de rapports par an sont considérés « à risques » à la suite d’une mauvaise utilisation de la pilule ou du préservatif, alors que seules 1 210 000 unités de NorLevo ont été vendues en 2008, et que la France, l’un des pays où la contraception systématique est la plus répandue, ne voit pas son taux d’avortements diminuer. Ce qui est dans la parfaite logique de la culture de mort.

C’est donc un joli marché qui reste à conquérir pour le fabriquant… Qui bénéficie d’une présentation complaisante de la part des médias. Le magazine Parents assure tranquillement : « Rappelons donc qu’il ne s’agit pas d’une pilule abortive, qu’il n’y a pas de contre-indications ni d’effets secondaires, que son utilisation ne rend pas stérile. » ( Mais ça sert à quoi, un contraceptif, si ce n’est pas à rendre stérile — fût-ce provisoirement ?)

Oubliés, donc, les céphalées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, vertige, saignements et autres « dérèglements hormonaux » que peut provoquer le NorLevo, d’ailleurs formellement déconseillé par le fabricant chez les femmes risquant des grossesses extra-utérines…

Quant à l’effet abortif, il est, officiellement, « discuté ». On n’a pas de certitude absolue que ce « traitement » (comme ils disent) empêche la nidation d’un ovule fécondé. Cependant la définition officielle du début de la grossesse ayant été repoussé au stade de la nidation (7 jours après la fécondation), on lit avec intérêt le descriptif officiel du « Vidal grand public » : « Il n’est actif que pendant la période qui précède la fixation de l’ovule fécondé sur l’utérus. »
Une petite visite sur le site de HRA Pharma est aussi très instructive. Ce laboratoire, créé en 1997 pour « développer et commercialiser des médicaments ou dispositifs médicaux répondant à de réels besoins en matière de santé mais ne soulevant pas l’intérêt des groups pharmaceutiques », a aussi une dimension humanitaire, comme l’explique son fondateur, André Ulmann. Pour « rendre disponible (sic) ses produits aux plus pauvres de notre planète » HRA Pharma collabore avec l’Organisation mondiale de la santé et des ONG qui font de l’éducation à la contraception et distribuent ses produits gratuitement ou à très bas prix. Ainsi – exemples parmi d’autres –14 400 unités furent offertes pour venir en aide aux victimes du tsunami, le NorLevo figure dans les « kits d’urgence » de l’Organisation mondiale de la santé, il est gratuitement fourni à « Women on Waves » (fournisseur d’avortements gratuits dans les eaux internationales jouxtant les pays « rétrogrades »).

Le laboratoire, avec « Equilibre et populations », a mis en place le programme « Mona Lisa » qui assure la promotion politique de la contraception en Afrique. En fournissant non plus principalement du NorLevo, mais des stérilets dont HRA Pharma est également producteur.

Son aplomb pour affirmer que ces « dispositifs intra-utérins » sont des contraceptifs, alors que leur action est purement « contragestive » et donc provoque des avortements très précoces, jette une ombre sérieuse sur sa présentation de la pilule du lendemain. La commercialisation des stérilets de marque HRA Pharma en France permet de financer ce programme, ce qui permet de tuer là-bas avec le bénéfice réalisé grâce aux vies supprimées ici.

Joyeux anniversaire !

Jeanne Smits

28 août, 2009

Les députés uruguayens votent pour l'adoption homosexuelle

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Par 40 voix sur 53, la chambre des députés l’Uruguay – 3,4 millions d’habitants – a adopté jeudi un projet de loi autorisant l’adoption par les couples homosexuels. L’entrée en vigueur définitive de la loi est prévisible puisque le sénat uruguayen, qui avait déjà approuvé le projet sous une forme légèrement différente, ne devrait pas se dédire. Il devrait voter le projet d’ici au 15 septembre. L’Uruguay devient ainsi le premier pays d’Amérique latine à entériner une révolution aussi fondamentale de sa société, rejoignant les « pionniers » européens : les Pays-Bas en 2001, puis la Suède, l'Angleterre, le pays de Galles, l'Espagne, l'Islande, la Belgique, la Norvège et le Danemark. Aux Etats-Unis, 14 Etats autorisent désormais la procédure approuvée pour la première fois par voie judiciaire en Californie en 1986, la plupart des provinces Canadiennes ont pris le même chemin, ainsi que deux Etats australiens er l’Afrique du Sud.

Le mouvement semble planétaire. Sa progression est spectaculaire : ce qui fut impensable pendant des millénaire a gagné en moins d’une décennie quelques-uns des pays les plus riches, sinon les plus admirables. Ironie du sort : Adolfo Garcé, professeur en sciences sociales à l’Université de la République de Montevideo, observe que la forte immigration d'Européens au XXe siècle, notamment des Espagnols ayant fui la guerre civile, a doté le pays d'une « culture politique progressiste et laïque ». Comme quoi l’homme blanc apporte aussi du bon sur les terres colonisées, du point de vue de la gauche !

L’évolution législative a été facilitée par l’approbation ouverte du premier président de gauche de ce pays à majorité socialiste : Tabaré Vazquez, catholique, rompt là avec les exigences de sa foi alors qu’il s’est très courageusement opposé à la légalisation de l’avortement, malgré le vote pour du Parlement. Médecin, il avait invoqué des « principes éthiques ».

La loi sur l’adoption s’ajoute à d’autres réclamées avec succès par la « communauté » gay, comme le droit de changer de sexe dès l’âge de 12 ans voté par le sénat en décembre, ou la signature par le Président d’un décret autorisant les homosexuels à intégrer les Forces armées.

Par le fait de la nouvelle loi, c’est, curieusement, tout le droit de l’adoption qui sera bouleversé en Uruguay : seules seront possibles désormais les adoptions plénières et seuls pourront y accéder les couples mariés ou en état de concubinage légalement reconnu. L’agence officielle d’adoption uruguayenne se voit en outre reconnaître un droit d’exclusivité quant au choix du couple adoptant – et lui donne le droit d’imposer un couple homosexuel.

L’Eglise catholique avait vivement combattu le projet, publiant les avis de son comité de bioéthique et multipliant les mises en garde. Ainsi Mgr Nicolas Cotugno, archevêque de Montevideo, avait déclaré que son opposition ne reposait pas sur des exigences religieuses ou philosophiques mais sur les réalités de la nature humaine et sur les « droits de l’enfant » : « Les enfants ont besoin d’un père et d’une mère comme référents naturels, c’est un droit qu’on ne peut leur ôter. »

Source : Présent daté du 29 août 2009

Ecole à la maison interdite à une Canadienne

Dictature du relativisme

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un tribunal du New Hampshire (Canada) vient d’ordonner à une mère divorcée qui a choisi d’instruire sa fille de 10 ans à la maison depuis le CP d’envoyer celle-ci dans une école publique, afin de « remédier » au « manque d’exposition » de l’enfant à une “variété de points de vue” en matière de foi. La fillette ne présente aucun problème psychologique, a de nombreux amis, se révèle douée intellectuellement et plus avancée que les enfants scolarisés de son âge ; elle suit certains cours à l’école publique et pratique des activités extra-scolaires. La seule raison avancée pour le placement d’office en école publique est bien « l’impact de sa foi religieuse (chrétienne) sur son interaction avec autrui » (sic). Son gardien officiellement nommé à la suite du divorce de ses parents a soutenu que, la fillette ayant « vigoureusement défendu sa foi » alors qu’il l’interrogeait « suggère fortement qu’elle n’a pas eu sérieusement l’occasion de considérer un autre point de vue » : ce raisonnement a été approuvé par le juge.

Source : Présent daté du 29 août 2009

19 août, 2009

En Espagne, résister à l’avortement pourrait devenir de la « désobéissance civile »

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Le ministre espagnol de la Justice, Francisco Caamaño, s’est exprimé il y a quelques jours devant les caméras de télévision pour faire savoir qu’à défaut d’une disposition explicite de la loi, les médecins ne pourront pas invoquer une quelconque « objection de conscience » pour refuser de pratiquer un avortement. Refuser de se soumettre aux lois civiles, a martelé le ministre, équivaudrait à de la « désobéissance civile ».

L’avortement est en voie de libéralisation extrême, venant à être considéré (comme en France) et tant que « droit » de la femme et pouvant être pratiqué sur les mineures sans restriction en sans autorisation des parents. C’est tout le sens d’une révision de la loi qui doit encore être votée, mais dont les retombées se font déjà sentir de manière tyrannique.

De nombreux médecins et autres personnels soignants se sont insurgés contre les propos ministériels qu’ils conçoivent comme une menace directe. A ce point que le ministère de la Santé, selon certains commentateurs espagnols, se refuse à donner les chiffres de l’opposition à l’avortement parmi les professions médicales… C’est bien leur hostilité qu’il s’agit de briser pour pouvoir implanter la culture de mort non seulement dans les textes, mais dans les actes, dans les mœurs, dans les cœurs.

L’Organisation collégiale médicale espagnole a vivement riposté en rappelant que la Constitution de l’Espagne et la loi qui réglemente les activités sanitaires défendent l’objection de conscience en tant que droit de tous les citoyens. « Si nous sommes tous égaux devant la loi, il est impensable qu’on puisse parler de désobéissance civile dans le domaine sanitaire et non sans le domaine judiciaire alors que, par exemple, certains magistrats ont pu se réclamer de l’objection de conscience devant la réalisation de solutions matrimoniales pour les personnes du même sexe », affirme l’OMC. Elle réclame l’affirmation explicite dans la nouvelle loi du droit d’objection de conscience – ce qui n’est pas beaucoup demander, finalement, devant l’horreur de ce qui se trame.

Le président de cette organisation a également refusé que soit exigée la tenue d’un registre des médecins objecteurs de conscience, rappelant que ce droit de ne pas participer à l’avortement ne pourrait être soumis à une quelconque obligation administrative. Le Dr Luis Rodriguez Padial a exprimé l’avis de ses confrères en rappelant que « l’objection de conscience est un bien juridique fondamental, qui n’existe pas parce qu’il aurait été reconnu par la loi, mais que la loi reconnaît parce qu’il signifie et manifeste le respect civil dû à l’identité morale des personnes ». C’est la jurisprudence constante du Tribunal constitutionnel depuis 25 ans, a souligné le médecin.

Mais il ne s’agit pas ici, pour l’équipe socialiste au pouvoir, de droit mais d’idéologie.

Si bien que le parti socialiste espagnol a rouvert le feu. Le quotidien ABC rapporte une nouvelle offensive du député PSOE Elena Valenciano visant à restreindre encore davantage le droit à l’objection de conscience. Elle veut voir celui-ci « régulé » dans tous les domaines, avec davantage de « transparence », puisque, selon l’élue, il existe des médecins qui refusent d’avorter dans les services publics au nom de leur conscience mais pratiquent l’intervention dans le privé. Prétexte pour restreindre les droits de tous les autres !

Le drame de toute cette affaire, c’est qu’on y argumente en termes purement positivistes : les médecins « objecteurs » s’appuient eux aussi sur les lois écrites et la jurisprudence établie pour réclamer leur droit. Assurément c’est une manière – éventuellement efficace – de se soustraire au « totalitarisme démocratique » en se servant des moyens que celui-ci laisse chichement à ses opposants. Mais l’important serait de dire et de réclamer le respect des lois non écrites. Sans quoi le nombre et la barbarie des avortements en Espagne augmentera encore, avec ou sans les « désobéissants civils » qui ne participeront pas à cette macabre mission de service public…

Source : www.present.fr.

15 août, 2009

5e Congrès mondial des familles, World Congress of Families V

L’enjeu de la rencontre d’Amsterdam, et ses deux faces

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Mercredi soir, au centre de congrès d’Amsterdam – le « RAI » – c’était le brouhaha des derniers « au revoir », les promesses d’agir chez soi, ailleurs, partout pour la promotion de la familles, les échanges de dernière minute de cartes et d’adresses courrielles. Si Internet s’est révélé au fil des ans comme le vecteur d’innombrables horreurs et obscénités, il a apporté aussi la preuve de son incroyable capacité à catalyser les bonnes volontés appuyées sur un accès sans précédent à l’information. Aussi avons-nous quitté le 5e Congrès mondial des familles, le cœur enhardi, pour une dernière et unique « récréation » de quelques petites heures de promenade parmi les canaux d’Amsterdam, avec la pensée que ces trois jours de travaux intenses auraient forcément des retombées. Que désormais, davantage de bonnes volontés sont « en réseau », et plus fortes, plus assurées par conséquent.

Paradoxe ! Dans ce pays éclairé comme nul autre par une douce et transparente lumière nordique – elle a modelé ses peintres et caresse toujours ses paisibles perspectives – c’est la plus vulgaire et la plus criarde immoralité qui risque partout d’agresser le visiteur. Ici un « coffee-shop » avec ses effluves de cannabis ; là une vitrine où l’on vante d’excellents champignons hallucinogènes ; accoudées à un des ponts qui rythment les « grachten », un couple d’évidentes lesbiennes ; à l’entrée du café branché, deux gays au pouvoir d’achat florissant ; dans les plans de ville distribués par l’office de tourisme, l’annonce de l’attraction annuelle de la gay pride (une des plus pittoresques du monde, promet le guide) et les photos ad hoc des « escort girls » et même de leurs homo… logues masculins. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans une quelconque « zone rouge » pour croiser des maisons ornées de néons de même couleur où le contenu de la vitrine, triste chair vivante, ne laisse aucun doute quant au négoce qui s’y exerce.

Et c’est donc là que s’est tenu le Ve Congrès mondial des familles ? Eh bien oui, et il n’y a pas de doute que c’est là qu’il le fallait, malgré les difficultés, malgré un public moins facile à mobiliser qu’à Mexico ou à Varsovie, malgré une opposition parfois vociférante : d’abord parce que beaucoup de Néerlandais aiment la famille, et aussi parce que le fait même de cette opposition est la preuve que le combat est juste, et qu’il dérange ses adversaires.

La déclaration finale, adoptée par l’ensemble des participants qui ont pris soin de faire remarquer que des différences de vue pouvaient subsister sur tel ou tel point, s’est révélée être une pierre dans le jardin des responsables politiques du pays d’accueil. Oui, nous en sommes là : cette définition de la « famille naturelle » reconnue au sein du Congrès mondial des familles incommode, gêne, oblige à des mises au point politiquement correctes :

« Nous définissons la famille naturelle comme se fondant sur le mariage pour la vie d’un homme et d’une femme, ayant pour objectifs l’accueil, le soin et l’éducation de la vie humaine nouvelle, en apportant amour, compagnie et soutien mutuels, en construisant un foyer riche dans ses fonctions, et en renforçant les liens entre les générations.

« Nous nous définissons comme pro-enfant. Nous voulons les structures sociales, culturelles et légales qui soutiennent le meilleur avenir pour chaque enfant en ce qui concerne la santé, l’instruction et l’engagement de demain dans la vie civique. Nous soutenons une organisation du travail qui permet aux parents de passer davantage de temps avec leurs enfants. Nous avons compris que les sciences biologiques et sociales laissent prévoir que les enfants auront les meilleurs résultats dans la mesure où ils auront été élevés par leur parents naturels dans un foyer fondé sur un couple marié.

« Nous affirmons que l’avenir des nations repose sur les familles qui ont un soubassement spirituel. Les organisations religieuses doivent pouvoir librement affirmer leur enseignement moral sur le mariage et la famille dans la sphère publique.

« Nous affirmons que la famille naturelle est antérieure à l’Etat. Les politiques des Etats doivent respecter cette autonomie de la famille. »

Ces premiers propos d’une déclaration qui aborde un grand nombre des droits et des besoins de la famille ont heurté les deux parlementaires néerlandais de la majorité – chrétiens démocrates ! – invités pour la dernière session plénière du congrès. Mirjam Sterk, diplômée de théologie, s’empressa de dire qu’en Hollande, le « mariage » entre personnes du même sexe apporte aussi de l’amour aux petits qui sont adoptés dans leur cadre : « Nous appelons cela une famille ! » Le silence dans le grand auditorium fut alors pesant.

Mais, politiquement correct oblige, nul ne peut aux Pays-Bas se risquer à tenir un langage « radical » sur les droits des homosexuels, l’euthanasie ou les problèmes sans nom suscités par la « famille » monoparentale, le divorce, la cohabitation juvénile sans être aussitôt dénoncé comme « extrémiste ». Si bien que les parlementaires invités, tout comme le jeune ministre de la Famille, André Rouvoet, qui ouvrit officiellement le Congrès par un vidéo-message, ne purent se dispenser d’une petite distanciation bien calculée pour faire taire des médias violemment hostiles à leur rapprochement avec ce congrès.

Et l’on soulignera l’ironie de cette « tolérance » tyrannique dans le message discrètement glissé à l’Américain Preston Noell, chargé de présenter les conférenciers à l’atelier sur l’importance, pour la famille, de la liberté de religion et de la liberté d’expression par les co-organisateurs néerlandais : il ne devait pas utiliser le mot « homosexualité » ! Précisons qu’il le fit tout de même, avec panache, ce qui vaut bien ce coup de chapeau.

Parce que la famille naturelle est ainsi sous une menace et des attaques déjà consommées absolument sans précédent, on comprend d’ailleurs que la plus tonitruante ovation debout de tout le Congrès, qui n’en connut que trois, fut réservée à Austin Ruse, président et animateur de la très documentée organisation catholique de veille des activités anti-vie de l’ONU, c-fam.org, qui rappela le rôle irremplaçable de la famille, de l’Eglise et des pays pour défendre et ancrer la loi naturelle dans nos cœurs :

« Rendons grâces pour les temps où nous vivons, nous y avons été placés parce que nous y avons quelque chose à faire, que nous devons y faire. Nous sommes appelés par Dieu à défendre sa création. Nous devons nous battre devant tribunaux, nous devons nous battre dans les parlements ; nous devons nous battre dans les universités, et nous devons nous battre dans la sphère publique… Et nous ne devons jamais, jamais, jamais laisser tomber. »

L’enjeu, voyez-vous, est encore plus grand et plus grave qu’au temps de Churchill, qu’il paraphrasait : il s’agit d’empêcher le suicide de l’humanité.

Cet article a paru dans Present du 15 aout 2009.

13 août, 2009

Congrès mondial des familles à Amsterdam : j'ai vu des hommes de bonne volonté

Lu sur Le blog de Jeanne Smits (lien permanent).

Pendant trois jours, à Amsterdam, des dizaines de responsables d’associations familiales, de réseaux, d’organismes de recherche ou de veille sur les législations nationales et internationales se sont succédé aux diverses tribunes du Congrès mondial des familles pour informer, réfléchir, partager des « bonnes pratiques ». La 5e édition du « World Congress of Families » répond avant tout à ce besoin nouveau dans un monde mondialisé : les attaques contre la famille traditionnelle se font à tous les niveaux, mais le plus efficacement peut-être à celui des instances supranationales, c’est donc une riposte concertée et cohérente qu’il faut organiser en rassemblant toutes les forces favorables à la famille. Sans oublier les familles particulières, « pierres d’angles » de la société, qu’il faut appuyer, informer et former, afin qu’elles sachent résister chacune au mauvais vent qui souffle…

Soixante-et-un pays représentés, avec une coloration à dominante chrétienne, où l’on note une importante présence catholique ; des conférences d’une grande densité et des dizaines d’ateliers sur des thèmes choisis selon les intérêts spécifiques des participants autour du sujet central, « la famille, davantage que la somme de ses éléments » : voilà pour les chiffres. Je vous promets, pour les jours et semaines à venir, de multiples retours sur le fond de ce qui a été dit à Amsterdam car il y a eu ici beaucoup d’idées à découvrir, de faits à constater, de courages à saluer et à prendre en exemple.

Pour l’heure, quelques premières impressions. Qu’attendre en effet d’un Congrès qui réunit les continents mais qui a trouvé sa source aux Etats-Unis, dans une mobilisation partie d’un chercheur chrétien sur les réalités familiales devenu défenseur des valeurs familiales, Allan Carson et son « Howard Center pour la famille, la religion et la société » ?

La première session plénière, lundi matin, devait apporter plusieurs réponses qui sont sans doute à méditer par nos mouvements familiaux français – sévèrement tenus en laisse, il est vrai, par leur représentation obligatoire au niveau officiel dans le sein de l’Union nationale des associations familiales qui est leur seul porte-parole agréé.

Première leçon : on peut rassembler des personnes très diverses, y compris dans leurs options religieuses, pour faire progresser une concertation et une action communes, ni monopolistiques ni monolithiques, sur des questions de loi naturelle. Celles-ci peuvent mobiliser non seulement les catholiques, mais tous les hommes de bonne volonté. Eh bien, à Amsterdam, j’ai vu ainsi beaucoup de gens de bonne volonté.

Si bien que la cérémonie d’ouverture, marquée par un hommage rendu à un des promoteurs les plus actifs du Congrès – c’est lui qui donna l’impulsion à la formidable troisième édition à Mexico en 2004 –, mort à 53 ans il y a trois mois après un cancer douloureux, fut l’occasion d’un bouleversant témoignage de vie d’époux et de père catholique applaudi avec émotion, et debout, aussi bien par les catholiques présents que par les protestants et les juifs… Quelle leçon de « vrai dialogue » ! Ce fut Martha, la veuve d’Enrique Gomez Serrano, qui accepta l’hommage, et rendit le sien à son époux qui laisse 9 enfants et l’héritage d’un engagement sans faille pour la vie. Elle choisit de lire à tous la lettre que son mari avait écrite à ses enfants dans la perspective de sa mort prochaine : un tendre et grave testament spirituel où l’amour de Dieu, le sens de la souffrance acceptée et offerte, la fidélité à l’Eglise catholique apparaissent vrais et désirables à travers la réalité de la vie vécue et offerte par ce « héros moderne ». Enrique Gomez Serrano mourut le 30 avril, jour de l’enfant au Mexique, deux ans et quelques jours après la légalisation de l’avortement à Mexico…

Deuxième leçon : de tels événements permettent de promouvoir l’information juste, contre le mensonge des gros médias, et ce faisant, l’exemple, l’inspiration, l’amitié, l’esprit de coopération. N’oublions pas que le mariage et la famille sont des institutions naturelles, bénies par Dieu dès le début et à qui cette bénédiction n’a pas été retirée par la faute originelle : leur défense est ainsi l’affaire de tous, puisque le mariage « naturel » est menacé comme il ne l’a jamais été. Les premières heures du congrès allaient déjà révéler la quantité des sujets abordés ; depuis la défense de la vie et la lutte contre « l’hiver démographique » jusqu’à la pression sur les médias pour contrer leur message systématiquement anti-familial ; depuis les graves inconvénients de la séparation des jeunes enfants de leurs mères jusqu’à la tragédie du divorce…

Oui, mais cela sert-il vraiment ? Ce fut ma première question lors de la conférence de presse d’ouverture. La réponse fut un exemple – celui d’Enrique Gomez Serrano une fois encore : la découverte des tout premiers congrès mondiaux pour la famille, avec quatre ou cinq amis mexicains, le poussa à créer un réseau des familles dans son pays où rien ou presque n’existait. En quelques années, 9 millions de parents mexicains y adhérèrent à travers de très nombreuses associations nouvelles. Cela fait un poids, y compris électoral, qu’il est difficile de négliger. Et aujourd’hui plusieurs Etats du Mexique ont déjà amendé leurs lois ou constitutions pour y faire figurer explicitement le respect de la vie depuis la conception.

Voilà qui incite puissamment à prendre au sérieux cette initiative des familles !

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 août 2009)

04 août, 2009

Ne plus se battre contre les lois de mort ? Rocco Buttiglione rectifie le tir

Rocco Buttiglione, cet homme politique italien connu comme catholique et rejeté en tant que tel de la Commission de Bruxelles, vient de s’expliquer sur ses récentes et troublantes déclarations au Corriere della Sera à propos de la loi 194 italienne autorisant l’avortement. Il y apparaissait comme jugeant s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi ; il fallait désormais se battre d’abord pour qu’il y ait moins d’avortements dans le monde. Aux côtés d’Obama ! (Présent du 24 juillet). « Nous ne voulons pas voir changer la loi. Moins que jamais ! » L’émotion qu’il suscita fut grande et l’organisation de défense de la famille et de la vie C-Fam dépêcha un journaliste auprès de Buttiglione. Vivement questionné par Piero Tozzi, Buttiglione s’est livré à une longue explication où il apparaît que les propos de l’homme politique n’ont pas été rapportés avec toute l’honnêteté voulue dans le quotidien italien.

Il faut donc rectifier au plus vite. D’autant que les précisions de Rocco Buttiglione sont sans concessions aucune vis-à-vis des programmes malthusiens promus par l’ONU. Il dérange assez pour qu’un gros journal se permette de tordre son propos. Voilà ce qu’il en dit à C-Fam :

« Il y a un point sur lequel j’ai été inexactement cité, ou plutôt cité hors contexte, ce qui a donné une fausse impression. J’ai dit qu’il est juste de défendre la vie de l’enfant, même contre la mère. Cela est juste mais très difficile, peut-être même impossible. Nous devons défendre les droits de l’enfant, mais aussi renforcer la liberté de la mère, en donnant une alternative aux femmes, en ayant confiance dans le fait que plus la femme est libre, moins il est probable qu’elle accepte la mort de son enfant. »

Etait-ce donc une « erreur » de s’opposer à la dépénalisation de l’avortement, demande le journaliste.

« Ma déclaration a été simplifiée. Je n’ai pas dit qu’il était erroné de chercher à défendre les droits de l’enfant par le recours au code pénal. Je n’ai pas dit cela. La vie de l’enfant doit être défendue par tous les moyens possibles. Avec la loi pénale ? Oui, certainement, avec la loi pénale, là où c’est possible. Mais cela n’est pas possible aujourd’hui en Italie, alors nous devons nous appuyer sur d’autres moyens. Nous devons être conscients du fait que nous n’avons pas un consensus pour la mise hors la loi de l’avortement. »

Et de préciser qu’il ne suffit pas de faire une loi pénale, mais qu’il faut aussi aider les femmes : à ce propos, Buttiglione pourrait sans doute approuver la « Loi pour la Vie » proposée par le Centre Charlier, c’est exactement son propos, à telle enseigne qu’elle n’envisage pas de punir la mère, mais seulement les instigateurs et les acteurs de l’avortement…

Voilà donc qui est moins choquant. Ce n’est pas du pragmatisme pur. Ce n’est pas une acceptation résignée, voire complice, d’un statu quo, où l’on s’interdit même de chuchoter qu’il vaudrait quand même mieux que l’avortement ne soit pas légal, comme le font certains mouvements pro-vie qui ajoutent à leur juste préoccupation pour la deuxième victime de l’avortement – la mère ! – une volonté d’édulcorer leur langage sur la vérité de l’avortement.

Au cours de son entretien avec C-Fam, Buttiglione rappelle la situation spécifique de l’Italie où l’avortement légal résulte d’un référendum : malgré les efforts de l’Eglise, souligne-t-il, efforts fructueux puisqu’un récent référendum bioéthique n’est pas allé dans le sens de la culture de mort, l’opinion demeure majoritairement favorable à l’avortement. Mais en même temps, ajoute-t-il, une majorité estime désormais que « l’avortement est trop fréquent en Italie » : il s’agirait donc de tenter d’abord de modifier la loi afin d’en restreindre la portée (le délai de 20 semaines, par exemple), puis de faire appliquer en fait les dispositions de cette loi qui visent à éviter le recours à l’avortement.

Les déclarations si inexactement rapportées par Il Corriere della Sera avaient été sollicitées à la suite d’une initiative menée par Buttiglione, Magdi Cristiano Allam et d’autres : une motion parlementaire adoptée le 15 juillet dernier en vue d’obtenir, au Conseil de l’Europe, au Parlement européen, et même à l’ONU « avec au moins la neutralité bienveillante des Etats-Unis » un moratoire mondial sur les avortements forcés. Une sorte de défi lancé à ceux qui se disent « pro-choix », explique Buttiglione : comment tolérer l’avortement forcé au nom de la liberté de choix, alors qu’il est à la fois « contre le choix et contre l’enfant » ?

« Dans certaines parties du monde, en Chine en particulier, l’avortement est obligatoire et il faut un permis pour avoir un deuxième enfant. Mais dans d’autres parties d’Asie, aussi, en Afrique, et même en Amérique latine, nous voyons un chantage sur les femmes. Des programmes qui affirment : “Nous vous donnerons du pain, mais seulement si vous acceptez d’avorter.” C’est le fait d’agences de l’ONU, qui financent ce genre de programmes. »

Ce succès a été obtenu en Italie grâce à l’absence d’opposition frontale des « pro-choix », qui ne pouvaient pas décemment voter contre.

Interrogé plus précisément à propos de la politique d’Obama, dont les pro-vie américains connaissent l’extrémisme en matière de culture de mort, Buttiglione a précisé :

« Je sais qu’il existe une lutte importante à propos de la vie aux Etats-Unis, et je ne veux rien faire qui puisse faire du tort aux pro-vie dans cette lutte. Je veux aussi leur parler et gagner leur soutien. Je veux aussi les rassurer sur le fait que nous ne laissons pas tomber, ne serait-ce que la vie d’un seul enfant. Nous ne faisons pas un échange, en acceptant la mise à mort d’un certain nombre d’enfants à naître, pour en échange obtenir la vie de certains autres. (…) Il n’existe qu’un contexte limité où nous autres, pro-vie, et eux, pro-choix, peuvent s’unir dans une bataille – c’est là où la liberté de choix de la femme est écrasée aussi bien que la vie de l’enfant. Je ne pense pas que nous ayons à donner quelque gage que ce soit aux pro-choix pour les convaincre de nous rejoindre sur ce terrain. S’il est exact, comme ils le disent, qu’ils ne sont pas pour l’avortement mais pour la liberté de choix, voilà une occasion pour eux de nous rejoindre afin d’en apporter la preuve. S’ils ne le font pas, alors ils ne sont pas véritablement pro-choix, mais pro-avortement. Ils aiment l’avortement. Ils ne pensent pas que la vie humaine doit être soutenue, mais qu’il faut réduire la population du monde par n’importe quel moyen nécessaire. »

Pas question, donc, de rejoindre les « pro-choix » en renonçant à dire que l’avortement est mauvais, ni de le prétendre « acceptable » comme ils le disent…

Soulignant que les stratégies pour la vie sont forcément différentes selon les pays et les moments, et qu’elles peuvent parfaitement coopérer tout en conservant leur originalité, Rocco Buttiglione a répondu à une question sur ses discussions avec Jean-Paul II quant à la tension entre le pragmatisme et les principes dans la construction d’une culture de vie.

« On ne peut jamais soutenir une position intrinsèquement mauvaise. On ne peut voter une loi qui sacrifie la vie d’un seul enfant. On peut soutenir une loi qui protège la vie de certains enfants, même si cette protection n’est pas donnée à tous. On sauve ceux que l’on peut sauver et l’on n’approuve pas la mort de ceux que l’on ne peut pas sauver. Certains pro-choix étaient prêts à voter notre résolution si nous avions dit que nous voulions voir l’ONU condamner les avortements forcés et soutenir les avortements non forcés. Nous avons répondu : nous ne le pouvons pas. »

Quant à la promesse faite par Obama à Benoît XVI de travailler à réduire le nombre d’avortements, Piero Tozzi a supposé que Buttiglione ne serait pas prêt à dire s’il y croyait. Réponse de ce dernier :

« Je peux répondre ainsi : je ne puis que l’espérer. »

• Texte complet de l’interview sur www.c-fam.org.

Source : “Présent” n° 6894 du samedi 1er août 2009

24 juillet, 2009

Refuser la communion aux promoteurs de l’avortement : le cardinal Cañizares y voit une “charité”

Interrogé par le site d’informations pro-vie LifeSiteNews, le nouveau préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Antonio Cañizares Llovera, a déclaré que le fait de refuser la communion aux hommes politiques catholiques pro-avortement se justifie par le principe de « la charité dans la vérité » – caritas in veritate.

Celui qu’on surnommait, alors qu’il accédait au siège épiscopal de Tolède, le « petit Ratzinger », a rappelé que quiconque s’approche de la Sainte Table en état de péché grave est en grave danger spirituel et que le refus de la communion résulte alors du souci pour son salut éternel.

« Je pense qu’on trouve les paroles les plus fortes dans saint Paul : celui qui reçoit l’Eucharistie sans être convenablement préparé, bien préparé , “mange sa propre condamnation”. C’est la chose la plus forte que nous puissions dire et c’est aussi la plus vraie », a déclaré le Cardinal à la journaliste de LifeSite, Hilary White.

C’est un devoir d’éducation, en somme, auquel répond l’initiative, notamment de la part de certains évêques américains, de refuser publiquement la communion aux personnalités politiques connues pour leur soutien et leurs votes en faveur de l’avortement, de l’euthanasie ou d’autres lois de mort :

« Les hommes politiques doivent se rendre compte de ce qu’ils font, on doit les aider à prendre conscience de la gravité de leurs actes. »

A eux d’abord d’aligner leur conduite sur le principe de la « charité dans la vérité » : c’est ensuite aux évêques de se conformer à cette règle par rapport à l’accès à la communion, a souligné le prélat.

Le cardinal Cañizares a souligné que le fait d’être activement engagé dans la procuration d’un avortement est une offense des plus graves qui encourt la punition la plus sévère de l’Eglise catholique, l’excommunication, comprise comme une peine « médicinale » visant à éloigner du mal celui qui la subit. « Dans le cas des pécheurs publics, nous ne savons pas ce qui se passe dans la conscience de ces personnes politiques. Et je suis bien conscient de la prudence qui doit guider notre conduite. Mais j’estime aussi qu’il est de notre devoir d’éclairer leur conscience. D’aider la personne à agir en conformité avec une conscience juste et droite. » C’est là l’une des fonctions propres de l’évêque, a rappelé le Cardinal : « Aider à la formation de la conscience droite. Former les consciences de telle façon que les gens agissent conformément à la vérité. »

Il est difficile de ne pas voir dans ces déclarations fortes une prise de position dans la guerre discrète qui s’est déclarée entre partisans de l’affirmation claire de la vérité à propos des lois de mort qui défigurent tant de législations à travers le monde et ceux qui, au nom d’ententes politiques ou d’arrangement pragmatique de la question, opposent charité et vérité. Ce fut le cas dans l’affaire de la petite fille de Recife, ce l’est encore sans doute dans l’étrange prise de position de Rocco Buttiglione (Présent d’hier).

Le cardinal Cañizares a précisé qu’on pouvait se référer à deux textes : l’encyclique Evangelium vitæ et le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi – alors présidée par le cardinal Ratzinger – affirmant que la communion « devait » être refusée aux hommes politiques pro-avortement.

Il a déclaré « ne pas savoir » si un document sur le thème des hommes politiques et l'avortement est en préparation au Vatican.

23 juillet, 2009

L’étrange proposition de Rocco Buttiglione

Ne plus se battre contre les lois de mort ?

L’interview a fait grand bruit en Italie et dans les milieux pro-vie américains : le chrétien-démocrate Rocco Buttiglione, naguère persona non grata à la Commission européenne pour cause de positions trop traditionnelles à propos de la famille, de l’homosexualité et de l’avortement, vient de déclarer qu’il ne fallait plus se battre pour renverser la « loi 194 » qui, en Italie, légalise l’« interruption volontaire de grossesse ». S’exprimant dans Il Corriere della Sera, ce proche ami de Jean-Paul II a estimé s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi 194. Il faut, a-t-il assuré, se mobiliser plutôt pour qu’il y ait moins d’avortements en aidant les femmes. Comme Obama l’a promis au Pape le 10 juillet !

Cette prise de position vient décidément trop à point, après l’affreux désordre créé par l’affaire de la petite fille de Recife, pour ne pas relever d’une même – osons le dire – manipulation politique dont l’effet visible est une édulcoration de l’enseignement de l’Eglise sur le respect de la vie.

On se souviendra de la note publiée par Mgr Rino Fisichella dans L’Osservatore Romano (à son corps défendant semble-t-il) pour dénoncer les propos de Mgr Cardoso Sobrinho, alors archevêque de Recife, sur l’excommunication automatique des responsables d’un double avortement sur une fillette de neuf ans violée et enceinte à 15 semaines. On ne veut plus entendre parler, notamment aux Etats-Unis où les hommes politiques pro-avortement savent combien il leur en coûte devant une opinion qui demeure largement conservatrice de se voir refuser la communion dans certains diocèses, du lien entre avortement provoqué et excommunication. Il a fallu une large mobilisation pour qu’une mise au point intervienne. Elle fut forte, et elle vint de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Une nouvelle offensive se dessine à travers les déclarations très médiatisées de Rocco Buttiglione, connu et respecté comme catholique. Il se défendra sûrement d’avoir opéré, désormais, un revirement. Mais ce qu’il a dit est énorme.

« Nous, nous ne voulons pas changer la loi. Moins que jamais. Et surtout pas l’article 1, selon lequel l’avortement n’est pas un instrument de contrôle des naissances. C’est Livia Turco qui l’a dit : l’avortement n’est pas un droit, mais une épouvantable nécessité. Nous avons tous changé. Celui qui soutient la loi 194 reconnaît, simplement grâce aux découvertes scientifiques sur l’embryon et sur l’ADN, que le fœtus n’est pas un amas de sang dans le corps de la femme ; le fœtus est une vie. Et celui qui, comme moi, s’est battu contre la loi 194, s’est trompé sur un point. Le bigot que je suis peux le dire de manière théologique : Dieu confie l’enfant à la mère d’une façon si particulière, que défendre l’enfant contre sa mère est juste, mais impossible. Nous devons soutenir la mère, la rendre libre ; plus elle sera libre, plus il lui sera difficile de renoncer à l’enfant. »


Livia Turco, soit dit en passant, est une ancienne figure du parti communiste italien, devenue en 2006 à l’issue d’une itinérance gauchiste, ministre de la Santé de Romano Prodi, et qui à cette place n’a pas ménagé ses critiques contre les combats pro-vie de l’Eglise catholique en Italie.

Rocco Buttiglione affirme que « l’avortement est une blessure dans la conscience nationale, qui nous a déchirés et divisés ». « Mais aujourd’hui il est possible d’unir spirituellement toute la nation italienne ; qu’il s’agisse de ceux qui ont soutenu la loi 194, ou de ceux qui l’ont combattue, tous ont en partie changé d’avis. Et l’Italie peut conduire une grande campagne internationale, pour atteindre l’objectif que se sont donné le Pape et Obama : moins d’avortements. » Et qu’en pensera le Pape ? « Le Pape lui-même, je l’espère, sera content. »

Rien n’est moins sûr. Il y a d’ailleurs une bizarrerie dans la supposition que Benoît XVI approuverait cet abandon pragmatique d’une position jugée trop raide, cette volonté de « comprendre et respecter » les divisions entre les « pro-choice et pro-life » (en anglais dans le texte). De même qu’il y avait eu une curieuse présomption à affirmer que le Pape avait « personnellement » approuvé les termes de la lettre de Mgr Fisichella sur la petite fille de Recife…

Réduire le nombre d’avortements par l’aide aux femmes, tout en choisissant de ne pas se battre contre le fait que l’« IVG » soit autorisée, voire subventionnée par les pouvoirs publics, tel est le choix de mouvements pro-vie qui hésitent à employer des mots trop durs (« l’avortement tue ») ou à montrer la réalité de ce « crime abominable ». Nous en avons un échantillon en France ; nous savons où cela mène : à plusieurs centaines de milliers d’assassinats de tout-petits par an.

Bien sûr, il faut aider le plus possible les femmes enceintes et créer un environnement favorable à la vie – qui oserait le contester ? Mais l’absence de clarté est déjà une forme de complicité ; l’organisation du crime par l’Etat est un désordre innommable ; et l’approbation des boniments d’Obama est un scandale.

On pourra, pour contredire ce que j’écris, avancer le cas de la Croatie. Voilà un pays où la loi sur l’avortement n’a pas été modifiée et où le nombre d’avortements a chuté de manière vertigineuse. Mais ce n’est pas d’abord en aidant les femmes à être plus « libres », vieille revendication pro-choix. Sa justification « théologique » par Buttiglione ne s’inscrit ni de près ni de loin dans la tradition doctrinale, mais plutôt dans une exaltation toute rousseauiste de la conscience. Le remarquable résultat obtenu dans ce pays ex-communiste résulte d’une claire information pro-vie, soutenue et promue par l’Eglise, à la fois auprès des jeunes dans les écoles et dans les structures de santé.

Prétendre que Barack Obama s’inscrit dans cette perspective est aberrant. Pour Buttiglione, l’initiative italienne de proposer un moratoire mondial sur l’avortement, qu’il a contribué à lancer et soutenir et qui est, de fait, une excellente chose, permettra précisément de trouver ce « terrain commun » où le nouveau Président américain souhaite voir dialoguer les pro et les anti-avortement. La réalité est autre : par le jeu des nominations aux postes clefs de la Santé publique et de la Cour suprême, Obama met en place un dispositif qui menace même à terme de priver les catholiques de leur droit d’objection de conscience à l’avortement, et qui fera droit pas à pas à toutes les revendications de la Freedom of Choice Act qui veut faire de l’avortement un droit absolu. Et ce alors qu’une majorité de l’opinion américaine est désormais hostile à la légalité de ce crime, et que de nombreux Etats ont renforcé au cours des dernières années leurs lois contre l’avortement.

Il n’est pas anodin qu’au retour de leur Président de Rome, les Etats-Unis soient justement en train de mettre en place le financement public de l’« IVG », notamment pour les femmes les plus pauvres ; Mgr William F. Murphy, au nom de la Conférence épiscopale, a vertement dénoncé cette atteinte « au caractère sacré de la vie ». Tandis que Mgr Rino Fisichella dénonçait mercredi « la nouvelle augmentation des fonds publics pour l’avortement » qui se décide aux Etats-Unis.

10 juillet, 2009

Affaire de Recife : la mise au point de la Congrégation pour la doctrine de la Foi

Après les demandes d'éclaircissements présentées par l'archevêque de Recife, Mgr Cardoso Sobrinho, plusieurs membres de l'Académie pontificale pour la vie, et de la manière la plus pressante, par Mgr Schooyans (voir la note publiée ici le 11 juin dernier) la Congrégation pour la doctrine de la Foi viet de publier une mise au point qui ne laisse la place à aucune ambiguïté. Non, l'avortement n'est jamais permis, même dans des circonstances dramatiques comme celui de la fillette de neuf ans enceinte de jumeaux à la suite de viols répétés : aucune atteinte directe à la vie humaine innocente ne peut être justifiée.

Ainsi Mgr Cardoso Sobrinho, victime d'une levée de boucliers pour avoir osé avertir ceux qui allaient faire avorter la fillette, au mois de mars, de la gravité de cet acte en rappelant l'excommunication automatique qui y est attachée, obtient-il justice dans un article publié ce 10 juillet par L'Osservatore Romano, là-même où il avait été gravement mis en cause par Mgr Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, dont l'article était invoqué depuis lors par les partisans du « droit » à l'avortement pour annoncer un changement dans la doctrine de l'Eglise sur le sujet.

Au temps, donc, pour tous ceux qui ont vu dans la récente acceptation par Benoît XVI de la démission de Mgr Cardoso Sobrinho, atteint par la limite d'âge, un désaveu de ses actes dans cette affaire.

Il faut préciser que cette mise au point doctrinale des plus complètes n'est pas synonyme d'inhumanité. Il s'agit au contraire de dire la dignité de chaque vie humaine innocente. De même que le rappel de l'excommunication automatique est une façon d'appeler ceux qui l'encourent de recourir à l'océan de la miséricorde divine.

Zenit.org a mis en ligne dès aujourd'hui la traduction intégrale de la note dont voici les premières lignes en lien :

« Diverses lettres sont récemment parvenues au Saint-Siège, notamment de la part de hautes personnalités de la vie politique et ecclésiale, qui nous ont informé de la confusion créée dans plusieurs pays, surtout en Amérique Latine, suite à la manipulation et à l'instrumentalisation d'un article de Mgr Rino Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, sur les tristes événements concernant la « petite fille brésilienne ». Cet article, publié dans L'Osservatore Romano le 15 mars 2009, proposait la doctrine de l'Eglise, tout en tenant compte de la situation dramatique de cette enfant qui - comme cela a été révélé par la suite - a été accompagnée avec beaucoup de délicatesse pastorale... »

Articles précédents sur ce blog : ici.

 
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