17 juin, 2009

Folie de la fécondation in vitro : un cas d’école

Où, au passage, on confirme que la pilule du lendemain tue

« Paul » et « Deborah », couple marié du Pays de Galles, ont fait la une de la presse britannique ces derniers jours. Alors qu’ils viennent de se voir attribuer d’importants dommages et intérêts qui incomberont à la clinique de fécondation in vitro de l’hôpital universitaire de Cardiff, leur histoire a été révélée. En décembre 2007, ils s’étaient rendus à la clinique pour que l’épouse, 40 ans, déjà victime de plusieurs grossesses ectopiques, et qui s’était pour cette raison tournée vers la « fivete » homologue, se fasse implanter le dernier embryon congelé du couple. Le personnel de la clinique était embarrassé. Il lui avait fallu annoncer que l’embryon avait été « détruit ». Quelques jours plus tard, Deborah devait apprendre qu’il avait été implanté par erreur dans une autre femme qui, avertie de l’erreur, avait préféré mettre un terme à sa grossesse. Cela s’était passé le matin même du jour où Deborah était venue pour l’implantation.

Deborah, 40 ans aujourd’hui, s’était effondrée. « Ils ont tué notre enfant ! » La phrase lui revient encore aujourd’hui, comme une macabre ritournelle.

C’est l’histoire du roi Salomon à l’envers : il semble que la femme qui avait reçu l’embryon de l’autre couple, après avoir été avertie dans l'heure de la substitution accidentelle, avait été mise en garde à propos du fait qu’un procès aurait certainement lieu pour déterminer à qui appartiendrait l’enfant : à ses géniteurs biologiques ou à sa mère porteuse. Celle-ci, telle la fausse mère dans le récit biblique, a préféré choisir la mort.

Certainement enceinte depuis le matin même, elle a reçu non une pilule abortive, mais la pilule du lendemain, ainsi qu’en attestent WalesOnline et la BBC. Oui, contrairement à ce que prétend une certaine littérature, la pilule du lendemain tue donc bien en empêchant la nidation de l’embryon. Qui osera encore le nier ?

L’embryon, lui, était donc au rebut. De la part de ses vrais parents, on comprend les manifestations de choc (encore qu’ils aient confié qu’ils étaient au départ moins en colère qu'en apprenant la mise à mort volontaire de leur enfant, puisqu’ils pensaient que l’embryon avait été détruit en tombant d’une table…).

Mais cette affaire soulève très grand nombre de questions dont décidément personne ne sort très grandi.

1. Contrairement à ce qu’affirment les cliniques de fertilité, l’erreur (oserons-nous dire « sur la personne » ?) n’est jamais totalement à exclure. Dans ce cas, on parle d’un embryologiste stagiaire surmené qui a mélangé deux embryons posés par négligence sur une même étagère, à la faveur d’un mauvais éclairage et du bruit des travaux dans l’environnement de la clinique.

2. Paul et Deborah, sachant celle-ci sujette aux grossesses extra-utérines, avaient décidé plusieurs années auparavant de recourir à une fertilisation in vitro. Au total, neuf embryons avaient alors été « produits ». Un premier enfant, Jamie, 6 ans aujourd’hui, est né lors d’une première implantation. Mais plusieurs autres tentatives devaient… avorter.

3. Sur les neuf embryons, il n’en restait en 2007 que deux en congélation, dont l’un « impropre à l’utilisation ». Au rebut, lui aussi ! Le couple avait été appelé à cette époque par la clinique qui lui signalait que le dernier survivant était apte pour un essai. Déclaré conforme, sans doute.

4. Etant entrés dans la logique de la fabrication d’un enfant « dû » et non de l’accueil d’un enfant « don », l’attitude de la « marâtre » furieuse de porter un enfant qui n’était pas le sien était inévitable. La colère de ceux qui se sentent volés aussi : leur souci était entre autres la cherté de la procédure et l’âge de la mère, puisqu’ils avaient peur de ne pas pouvoir recommencer une procédure de « fivete » avec stimulation ovarienne et la création d’une nouvelle série d’embryons.

En fait, la clinique de fertilité de l’hôpital de Cardiff, qui a multiplié les plus plates excuses, a proposé au couple un nouveau traitement sans aucun frais ; échaudés, Paul et Deborah ont promis qu’ils n’y mettraient plus les pieds mais envisagent aujourd’hui d’utiliser leurs dommages et intérêts pour procéder à un nouvel essai, ailleurs.

Tout ira pour le mieux, tant qu’ils pourront eux-mêmes prendre la responsabilité de la « production » et le risque de la destruction massive de leurs tout-petits.

Après tout, pour les renvois au fabricant, il n'est plus question de papa et maman, mais des techniciens « procréateurs ».

12 juin, 2009

Limiter la population pour sauver le climat

Le vrai projet de la Deep ecology prend davantage place au sein de l'ONU

Le rythme de la croissance mondiale est insoutenable pour la planète et le climat, estime une ONG australienne qui demande que le futur accord de Copenhague lie « explicitement » la réduction de la population et celle des émissions de gaz à effet de serre. « Le Protocole de Copenhague doit explicitement établir la relation entre le fait de réduire “humainement” le nombre d‘êtres humains et l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre », indique Sustainable Population Australia, une organisation non gouvernementale, dans une communication aux Nations unies.

Pour l’AFP, l’ONG va lever un « tabou », ce qui montre à quel point l’on ignore ou feint d’ignorer ce discours de plus en plus fréquent et de plus en plus ouvertement soutenus par les grands « philanthropes » comme Bill Gates (Microsoft), Ted Turner (AOL), la fondation Rockefeller et bien d’autres.

Le texte est consultable en ligne sur le site de la Convention de l’ONU contre les changements climatiques (CCNUCC). Il a été présenté jeudi soir à Bonn, en marge des négociations du futur accord climatique qui doit être adopté en décembre à Copenhague.

Partisane de la décroissance, l’ONG identifie comme facteurs d’abus des ressources énergétiques de la planète et d’émissions de gaz à effet de serre la population, la richesse par tête et les choix technologiques. La population apparaît alors comme une variable d’ajustement. La population mondiale approche actuellement les 6,7 milliards et augmente chaque année d’environ 77 millions d’individus, rappelle-t-elle. Et même si les émissions par tête n’ont guère évolué, les émissions mondiales totales n’ont cessé d’augmenter, en raison d’un usage accru des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon. « L’ONU prévoit une augmentation de 50 % de la population mondiale en 2050 ; même si les émissions par tête étaient réduites de 30 %, leur volume global resterait inchangé », affirme l’ONG, d’autant que selon elle la production de nourriture, la multiplication des voyages et les migrations vers des pays riches accélèrent le mouvement.

L’organisation australienne, qui avance que « 41% des naissances dans le monde sont non désirées », demande (exige ?) que celles-ci soient réduites : « S’assurer que chaque enfant qui naît est un enfant attendu est le moyen le plus rapide et le plus efficace de réduire l’impact humain sur l’environnement, y compris sur les émissions de gaz à effet de serre. »

En clair : « les chefs d’Etat doivent soutenir » les programmes de planning familial qui doivent être financés par des contributions internationales accrues (Obama s’y emploie…) ; « le maillage des lieux d’offre de planification familiale doit être dense » ; « les contraceptifs doivent être délivrés sans ordonnance » (tiens, en France, le gouvernement Sarkozy s’y emploie…) ; « l’avortement doit être légalisé ».

Le tout s’accompagnant d’un matraquage de l’opinion, notamment dans les écoles (les manuels scolaires français répondent déjà à cette exigence).

Tout en reconnaissant que « des objections culturelles et religieuses sont parfois soulevées » quand il s’agit de limiter le nombre d‘êtres humains, l’ONG estime que « tout examen dépassionné du niveau actuel de l’impasse environnementale humaine présente montre que le taux et la croissance de la population ne sont pas “soutenables” et ne peuvent être ignorés. Sans réaction, les pires scénarios seront presque certainement inévitables ».

Ce n’est pas un tabou qui est levé, mais au moins le discours devient plus audible. Et il a déjà produit des effets.

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 juin 2009.)

11 juin, 2009

Affaire de Recife : Mgr Michel Schooyans prend position

Le site pro-vie LifeSiteNews vient de publier la réaction très pointue de Mgr Michel Schooyans, spécialiste des questions démographiques et du droit de la vie, à l'affaire de la petite fille de Recife. Professeur émérite de philosophie politique à l'université de Louvain, le prélat a jugé que l'« Affaire de Recife » est d'une « extrême gravité » pour l'Eglise, dans la mesure où la note publiée par Mgr Fisichella dans L'Osservatore Romano introduit une « morale de situation » et même un « relativisme total » à travers le respect de la liberté de choix dans des situations concrètes, relève LifeSite.

Il va jusqu'à écrire dans le résumé de ses commentaires : « Qu'il soit simplement établi que Rino Fisichella justifie ici l'avortement direct. »

Mgr Schooyans est membre de l'Académie pontificale des sciences sociales.

Pour les anglophones, voici le texte complet de son commentaire, toujours sur LifeSite.

En français, voici un résumé de l'article avec quelques-uns de ses « temps forts » dont je vous propose ma traduction.

A propos de l'article de Mgr Fisichella, dont il note le caractère « quelque peu démagogique » et les erreurs de fait, il écrit :

« Le titre de l'article en lui-même fournit une indication claire quant à la position de Mgr Fisichella dans cette affaire : il s'est focalisé sur les intérêts de “Carmen” (ndlr : nom donné pour l'occasion à la fillette). Le caractère unilatéral de ce choix va si loin qu'on ne trouve pratiquement aucun mot de compassion pour les jumeaux victimes d'un double avortement. »

Mgr Schooyans lui reproche d'avoir accepté sans vérification l'affirmation selon laquelle la fillette aurait été en danger de mort : « S'est-il laissé tromper par les journalistes ? A-t-il écrit sous la pression ou la contrainte ? (...) Ce qui aurait dû être prouvé, à savoir que l'avortement était le seul moyen de sauver la mère, dont on considérait la vie en danger, est présenté comme un fait établi."

Mgr Schooyans note alors que le dossier médical de la fillette établit le contraire : « On ne pouvait d'aucune façon invoquer un quelconque état de nécessité. »

« “Carmen portait une vie innocente”, poursuit Mgr Fisichella, ajoutant : “Dans son cas, la vie et la mort se sont trouvées face à face.” Des affirmations théâtrales, mais inexactes. Carmen portait deux vies innocentes, et ces deux vies - aurait-il dû écrire noir sur blanc - ont été détruites. La mort a été infligée intentionnellement et inéluctablement, sans aucune justification, sur deux bébés absolument innocents. En raison du propos délibéré de réaliser l'avortement, la vie n'a eu à aucun moment une quelconque chance de prévaloir. »

Mgr Schooyans souligne l'absurdité du propos de Mgr Fisichella sur le fait qu'on ne prend pas aisément une décision d'avorter en de tels cas, puisque ni la vie de la fillette, ni celle de ses enfants n'étaient en danger, si ce n'est de la part des « médecins qui ont choisi de pratiquer le double avortement, et des idéologues du droit de choisir ».

Et de noter que cette « flatterie » des médecins, demandant pour eux le respect, constitue une justification indirecte de l'euthanasie pour ceux qui la pratiquent dans des cas extrêmes. « Par ses paroles, Rino Fisichella a semé une grande confusion dans les consciences des médecins du monde entier à propos du respect de la vie, à ses débuts et à sa fin. »

« Rino Fisichella nous fournit une nouvelle surprise lorsqu'il se hasarde à donner des arguments relatifs à la morale fondamentale », poursuit le prélat belge. En affirmant que chaque situation est unique, « Rino Fisichella révèle son adhésion à la morale opportuniste, la morale de l'option fondamentale, la morale proportionnaliste, toutes catégoriquement condamnées par Jean-Paul II dans Veritatis splendor.

Pourtant, Mgr Fischella a bien rappelé dans sa note la condamnation de l'avortement par l'Eglise. Mgr Schooyans relève donc la contradiction interne dans cette note publiée par le président de l'Académie pontificale pour la vie (PAV) : « Pour lui, il faut adhérer aux principes tant que la liberté de choix, avant tout, en face de situations concrètes, est respectée. Voilà ce qui détruit la morale, tant naturelle que chrétienne... »

Mgr Schooyans dénonce encore plus vigoureusement la présentation du droit canon par Mgr Fisichella : « Il y a quelque chose d'inadmissible dans la tentative d'émouvoir le lecteur en l'invitant à “regarder au-delà du cadre juridique” dont la raison d'être ici est de protéger les innocents. Il est, pourrait-on dire, blasphématoire de tordre les paroles du Seigneur de la Vie pour excuser les avorteurs, en même temps - et cela ne fait qu'aggraver l'affaire - que d'exploiter l'infortune de la mère, blessée et privée à jamais de ses deux enfants. »

Il a été reproché à Mgr Cardoso Sobrinho d'avoir fait du tort à la crédibilité de l'Eglise. « Mais l'Eglise et ses pasteurs ne méritent pas d'être crédibles s'ils ne proclament pas la vérité », affirme Schooyans. Et de rappeler que le Pape lui-même, à Luanda, le 20 mars, regrettait que l'avortement puisse être présenté comme une affaire de santé maternelle, déclaration que le P. Federico Lombardi « s'est cru autorisé à édulcorer le lendemain », non sans suggérer que l'avortement pratiqué sur la fillette de Recife était un « avortement indirect », c'est-à-dire non voulu directement.

« Est-il normal qu'un journaliste, même de haute volée, s'érige en interprète autorisé de ce que le Pape vient de dire, spécialement si son interprétation a pour effet d'arrondir les angles des déclarations du Saint-Père ? Il serait sans doute nécessaire de clarifier les niveaux d'expertise et d'autorité. Les paroles du Pape seraient-elles donc si obscures qu'elles nécessitent un déchiffrage de la part d'un magistère médiatique non officiel ? »

Mgr Schooyans souligne ensuite le trouble semé dans l'Académie pontificale pour la vie et l'atteinte à son autorité.

La gravité des prises de position de Mgr Fisichella est alors détaillée. Elles font le jeu des organismes internationaux qui se servent justement des cas extrêmes pour demander la légalisation universelle de l'avortement afin de sauver des vies maternelles. Il porte atteinte aux arguments pro-vie alors même que la bataille fait rage au Brésil et ailleurs, donnant une « légitimité » à tout ce que les mouvements anti-vie ont proclamé depuis des années. D'ailleurs les mouvements pour l'avortement ne s'y sont pas trompés, qui ont accueilli la note avec enthousiasme.

« Les positions prises par Rino Fisichella sont très voisines de celles que l'on rencontre dans les publications du Planning familial, de l'OMS, du Fonds des Nations unies pour la population et des “Catholiques pour le libre choix”. Il est permis de se demander si cette proximité est le fruit du hasard, ou si d'autres explications méritent une investigation. Les lecteurs de l'article ont l'impression qu'une main cachée a joué un rôle. Ce qui nous permet d'envisager cette hypothèse est la différence significative, quant au style et quant à la doctrine, entre l'article publié par Fisichella dans L'Osservatore Romano (...) et une interview (...) publiée par Il Corriere della Sera du 24 janvier 2009. »

En espérant que des secteurs de la Curie romaine ne soient pas imprégnés par l'influence du président Lula, qui avait pareillement attaqué Mgr Cardoso Sobrinho, Mgr Schooyans rappelle qu'une campagne pro-avortement mondiale est menée aujourd'hui par Barack Obama, intensifiée par le couple catholique Tony et Cherie Blair. Ce qui laisse prévoir que « l'Amérique latine sera bientôt sous pression afin d'adopter les “nouveaux droits humains”, y compris le “droit” à l'avortement ».

Pour Schooyans, il est urgent de se demander si la préséance de la Congrégation pour la doctrine de la Foi ne doit pas être établie à l'intérieur de la Curie. Il demande si l'article de Fisichella a été publié en accord avec d'autres autorités vaticanes : « Lesquelles ? Qui a financé, organisé et couvert cet arrangement ? Dans une lettre datée du 14 mai (PAV, ref. 4235/09), Fisichella a écrit : “Cet article a été écrit sur demande.” A la demande de qui ? Il en est qui veulent insinuer qu'une pétition a été adressée à Fisichella, voire une sommation, au niveau du bureau de la Secrétairie d'Etat... C'est une question cruciale sur laquelle la lumière doit être faite. »

Mgr Schooyans n'hésite pas à se demander, vu le nombre de désinformations qui ont conduit à cette affaire, s'il n'y a pas des taupes au Vatican, des menées pour discréditer L'Osservatore Romano, il accuse directement Fisichella de compromettre les efforts immenses déployés par l'Eglise en faveur de la famille et de la vie.

« Il serait désastreux que cette affaire soit couverte par le silence ou qu'elle se poursuive indéfiniment, vu que le trouble est grand parmi les fidèles et que des mouvements “laïques” sont à l'évidence à l'affût pour exploiter la moindre nouvelle faille dans l'unité de l'Eglise. Un silence anormalement prolongé impliquerait que le Saint-Siège confirme la répudiation de l'archevêque Cardoso, prononcée implicitement par Fisichella. »

Il faut faire cesser les multiples erreurs, ajoute Mgr Schooyans, qui utilise le mot « scandale » et parle d'urgence, d'autant que l'affaire ouvre la voie à d'autres « dissidences ».

« L'affaire de Recife souligne que l'unité de l'Eglise ne peut se résumer à une affaire d'opportunité politique. L'Eglise, ou à tout le moins certains de ses membres, est victime d'une stratégie de la tranche de salami. En rejetant Humanae vitae, certains parmi ses pasteurs ont avalé la première tranche : la contraception. L'affaire de Recife révèle que certains de ses pasteurs sont en train d'avaler la deuxième tranche, l'avortement. D'autres tranches sont en attente d'être avalées : l'euthanasie, le “mariage” de personnes de même sexe, diverses forme d'ingéniérie génétique, etc. (...) On se contente d'une vérité qui s'enracine dans l'ambiguïté. Mais cette ambiguïté conduit inévitablement à un relativisme doctrinal généralisé. Cette tendance doit-elle être encouragée ? »

Pour Schooyans, la seule solution se trouve dans une mise au point du Pape lui-même, puisque l'article de Fisichella a créé un doute à propos de la légitimité de l'avortement. « Mais il n'est pas sûr qu'à Rome, la gravité de la situation soit suffisamment perçue », regrette-t-il.

02 juin, 2009

En anglais... Exclusive interview : Prof Josef Seifert, of the Pontifical Academy for Life, speaks about the Recife affair

The following interview with Pr Josef Seifert, of the Pontifical academy for life, by Jeanne Smits, was published in in French in Présent dated May 26th 2009. It followed the remarks published by Pr Seifert following Mgr Fisichella's note in the Osservatore Romano.
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– Why did you choose to write to Mgr Fischella ?

– It was not really a letter to Mgr Fisichella, even if several internet sites which published my remarks presented it as such. We – that is, several members of the Acadamy – wrote privately to our president. The text to which you refer was not a letter but a series of remarks : I was asked to express my opinion because, worldwide, there was confusion about whether there was a change to the teaching of the Church on abortion.

– But you found these observations and remarks necessary and you do maintain them.

– Yes, I found them necessary because I think one can see how all through the pro-abortion circles, in countless articles, Mrs Frances Kissling, who called Fisichella’s article “an amazing shift in the Vatican’s strategy of no dissent from its position that direct abortion is never permitted”, and many others interpreted it as a complete change in the teaching of the Church which they welcome, by believing that now so-called “therapeutic abortion” is okay in the eyes of the Church. In my opinion this is not a wrong construal of the article of Mgr Fisichella (even though he indicates at the beginning of his article that the Church’s doctrine on abortion does not change). I certainly hope that Mgr Fisichella does not really maintain this position but his article certainly creates this impression both with the opponents and the adherents to abortion and therefore I thought it was very urgently necessary to speak on this, also in public. And I hope that the Church, with authority, will speak out.

You write that several people of the Pontifical Academy for Life have been speaking about this privately. Is the discussion going on, as far as you know?

– I feel it is not up to me to speak about the internal operations in the PAV, or of the members of the Academy, but I can say a number of members hoped that Mgr Fisichella would express himself, and that some of them wrote to him jointly, and others personally. Despite this there has been no public correction or change to this opinion he published. That much I can say, for the rest I wouldn’t like to give information to the press about the names or numbers of those who reacted.

– This whole affair was about communication. Was Mgr Cardoso Sobrinho right to speak about excommunication ? I think there are two points here : the point that in Western circles, it was assumed that the little girl was on the point of dying, which was not true. But if she had been, do you think it would be possible to say that excommunication would not intervene because of the fear of death on the part of the mother of the little girl?

– First of all, the archbishop of Recife made corrections, which I added to the text of my observations published on internet. He did not excommunicate this girl, the nine year-old who had an abortion. And he did not actually excommunicate the responsible people: he told them that they were excommunicated automatically. Mgr Fisichella mentions as much at the beginning of his article. It was not a direct excommunication of the people concerned but a public declaration of the archbishop, that all those involved in the abortion were excommunicated latae sententiae. This is what the Codex Juris canonici says, and I think also Evangelium Vitae. It was not a new excommunication or the excommunication of a nine year-old girl.

This girl was not actually in danger of dying, the abortion was not a life-saving act as it appeared in the article. It was simply an abortion on a nine year-old girl, who was abused sexually by her stepfather. It was very sad, no doubt, and from that point of view Mgr Fisichella was right to say that it was an extremely tragic case; but the archbishop of Recife was completely aware of that. Moreover, in point of fact he was not communicating poorly, but he was being a pastor and he was trying to do everything that could be imagined to show love and charity to this girl and also to her mother and father. Mgr Fisichella’s article creates the false impression that Mgr Cardoso Sobrinho neglected his pastoral duties in this case and instead of showing charity had only cruelly waved an excommunication flag against a nine year old.

If the little girl really had been in danger of dying those responsible persons who collaborated with it, would still incur excommunication; abortion, in the eyes of the Church, even to save some life, is not permitted. That would still fall under this sanction of excommunication. But apart from that, it wasn’t the case.

– No, it was not the case. I think it’s more a question of sensitivity of Western people who are not Catholic anymore, who do not understand what excommunication means. Would you agree with that?

– Yes, no doubt. I think there was a sort of hysteria about this excommunication, but the archbishop José Cardoso Sobrinho declared his conviction that in this particular situation, with the public discussion accompanying it, it seemed pastorally and out of charity necessary to state publicly that those who performed or collaborated in the abortions incurred excommunication. As we can see from what happened after the article of Mgr Fisichella, many people who are Catholics or who are seen as Catholics, seem to be claiming therapeutic abortions can be carried out; Mrs. Kissling even was President of an organization that is a contradiction in terms: “Catholics for choice” (pro freedom for abortion). In Canada, people, including an archbishop, came out quite openly on this, drawing the same conclusion from the Fisichella article. There was confusion and I think the archbishop Cardoso Sobrinho was correct to say that if one does not speak about that at all, the impression remains that it is not a heinous crime to kill unborn innocent children, because this idea has disappeared so widely from society. There are so many countries in which abortion is legal that I think he made a good point.

In my opinion that is the reason why the reaction to the archbishop’s declarations was nearly hysterical, as if he had done nothing to take care pastorally of the girl, and of the babies, as if he had spoken coldly and without further ado excommunicated all those involucrated in the abortion. I think the declaration of the diocese puts this in a very good perspective that is quite contrary to the wrong impression drawn from the Fisichella article.

– You used the word “charity”, which is very interesting. You said the archbishop of Recife had the charity to say the truth about this. I’d like you to go a bit further on this point: actually you’re saying the Church is charitable when it shows people that something is very wrong.

– If it is the truth that to kill the unborn is a great crime, if it is a serious thing and puts in peril the soul of all those who do abortions or who participate in abortion, then I think it is an act of charity to make people aware of this fact, and it is a lack of charity to be silent about the real nature of this crime. But the archbishop, together with a pastor, showed his charity not only in mentioning the excommunication but also in many, many efforts to save the lives of the children, and the health and spiritual well-being of the girl, in offering pastoral services to her and to the mother. His charity was not restricted to his declarations on the excommunication of the mother or the other persons involved.

But I do indeed think that he was also charitable in telling them that in the eyes of the Church, who teaches the truth opportune-importune, there are actions which separate those who commit them from the community of the Church and which also constitute enormously great dangers for their souls. Therefore I think it is certainly not charitable not to warn people of such a danger and to lull them in a feeling that they have done well or have just been saving a young girl’s life. This applies to any dangers. Telling someone that if he comes close to some danger he will die is an act of charity, not to tell him is a lack of charity: why should it not be charity to tell someone that through what he does he might lose his eternal life? Christ, who is God and hence Love (Charity) Itself, warns us a tremendous number of times of the danger of hell. I think the words of archbishop Sobrinho must be seen in that light.

Now of course in a society in which people have reached a more or less general consensus that there is no danger of peril to any soul, that there is no sin, or at least no mortal or grave sin, it must appear extremely old-fashioned, rude, and uncharitable to say such a thing, which it would be if sin and the threat of damnation are fairy-tales. But if these exist, there exists a “charitable excommunication” and to see any form of excommunication, even if preceded by ardent charity and spiritual pastoral care, as uncharitable would be a profound misconception.

– Are you afraid, in the light of what is happening, that the doctrine of the Church is really changing, or rather that it is not being proclaimed as it should be ?

– I am not afraid that the Church’s teaching on the absolute and unconditional wrongness of abortion and killing human embryos in any other form (by abortion pills, embryonic stem cell research, etc.) is changing, because as a Catholic I believe that the Church is guided by the Holy Spirit who will prevent that it ever declares false things on very important issues of morality or doctrine. Purely humanly speaking I would be extremely afraid because of this long silence from the Vatican on such an important and urgent issue, a silence which I find quite wrong, wherefore I hope it will end soon. But Gamaliel in the Acts of the Apostles gives an argument for the truth of the Church and the divine foundation of the Church, which I consider extremely strong and would like to call the “rascal proof of the Catholic Church”, which appears in cynical undertones also in one of Bocaccio’s stories in the Decamerone: Gamaliel says the Jews should not abuse or kill the apostles because if their work is purely human it will disappear in a generation, while if it is divine they would be fighting God in killing the apostles.

And indeed the teaching of the Church has not changed for two thousand years in spite of some horrible Popes, and with our present Pope and Pope John Paul II we have been blessed with wonderful Popes! In the past, some Popes were really terrible, but in spite of them and many corrupt and heretical bishops and cardinals during two thousand years of history and sometimes of exorbitant corruption, worldliness and heretical views in the Vatican, Church doctrine has not changed on any single essential point, and that is, I think, a miracle. Even the greatest philosophers, such as Plato, had their noblest cognitions denied in their own school within decades. How much more would a mere man-guided religion that teaches such immense mysteries fall apart and splinter into thousands of sects without the divine gift of infallibility and guidance through God? I believe in that miracle of the Catholic Church of which the Jew Gamaliel spoke, and I therefore – and solely of it being God’s work - do not think the Church will ever change its doctrine.

But it’s another thing for a bishop, who can easily err, or even for a Congregation for the Faith or a Pope, to declare sufficiently strongly a teaching of the Church. Pope John Paul II, the Great, did so magnificently in Evangelium Vitae regarding human life and abortion, and I hope that this will happen again, especially after this confusing article which makes a quick and unambiguous and public reiteration of this doctrine necessary. But of course there is no guarantee that at all times all bishops, or responsible cardinals, or even the Pope himself (let alone the Osservatore Romano, who lately not only published the Fisichella article in several languages after its errors about archbishop Sobrinho were already clearly known, but a series of other scandalous articles on life issues, for example some of at least implicitly critiquing of the 80 US bishops, who decried Notre Dame’s decision to give Obama, the most pro-abortion US President of all times, an honorary doctorate of law), will proclaim the teachings of the Church strongly enough. Saint Catherine of Sienna condemned this great evil of uncharitable silence in the Church of her time. My fear is that we ourselves, and the authorities of the Church, never proclaim the truth and a true Church teaching strongly enough, but I do think very strongly that one must do everything to express the desire and the hope that it will be done, and to pray for that intention.

– I’d like to put to you the point made by a French catholic journalist who was very angry about the gesture of Mons. Cardoso: he said all the people who were applauding the archbishop are part of a “vitalist” heresy which has an excessive respect for human biological life. How do you react to this sort of reasoning ?

– I think a “vitalist heresy” in the sense of overestimating or idolizing the value of earthly human life is an extremely low danger in the Church today. I think the real danger is rather the exact opposite: what Pope John Paul called the “culture of death” heresy. I don’t know exactly what this journalist means but if it is that he calls the insistence on the sublime dignity and morally binding character of the dignity of every human life from conception to death a heresy, that is a complete abuse of the term “heresy”. Especially given the fact that the Encyclical Evangelium vitae declares – dogmatically, because the Pope invokes the authority of Peter and his successors – very clearly, that human life from conception to death deserves full respect, with no exception, and that any direct killing of an innocent life is clearly a crime. So from that respect, I think any statement that relativizes this, like saying therapeutic abortion is acceptable, or that it is very unclear whether it is permitted or not, is actually a “culture of death” heresy in the light of that dogmatic declaration of Evangelium vitae.

You could of course speak of vitalist heresy in the case of environmentalists who argue that every form of life, even bacterial life, should not be killed. If we are speaking about an absolute right for every living organism, animals or plants, and we must all be vegetarians or only eat fruits, that could indeed be called a “vitalist heresy” – like making an uproar, with Brigitte Bardot, when sheep are slaughtered in Morocco for the muslims greatest religious feast.
But I think it would be a very shocking misuse of the word to call the full and unconditional respect for each human being’s life “heresy”. That no innocent human life must ever be taken is not only a natural ethical point of view or an objective ethical insight that Socrates could state even apart from the context of Revelation (when he refuses to kill the innocent Leon, even at the risk of his own life, being asked by the government to do so), but it is the clearly declared Church teaching, particularly in Evangelium vitae.

01 juin, 2009

Pour l'honneur d'un cardinal

Une polémique fait la une de la presse espagnole à propos du Cardinal Cañizares, nommé en décembre préfet de la Congrégation pour le culte divin. Celui-ci a commenté sur la chaîne espagnole Antena 3 le scandale des abus de multiples natures, sexuels et autres, subis avant 1980 par plusieurs milliers de garçons et de filles irlandais de la part de religieux dans des institutions caholiques, en ajoutant que l’Eglise demandait « pardon » pour ces horreurs, mais en ajoutant aussi qu’il n’y avait pas de commune mesure avec les millions de victimes de l’avortement.

Patrice de Plunkett y a trouvé une nouvelle cause de scandale. Sur son blog, il écrit ceci :


Commentaire - La douloureuse et courageuse attitude des évêques irlandais rend stupéfiante l'intervention du cardinal espagnol Cañizares citée par La Croix du 29 mai :
« Commentant ce scandale, Mgr Cañizares, nommé en décembre par le Vatican préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, a déclaré jeudi : “Ce qui a pu se passer dans un certain nombre de collèges n'est pas comparable avec les millions de vies détruites par l'avortement.”. »


L'avortement est une atrocité. Mais les sévices sur enfants (par des gens du clergé) sont une monstruosité, dont on sait les ravages quand on connaît un peu les Irlandais.... Prétendre estomper ceci en invoquant cela est un procédé honteux. Et si ce n'est pas un procédé, alors c'est d'une bêtise qui défie l'évaluation. De quoi se mêle le cardinal espagnol ? Depuis quand les abus sexuels relèvent-ils de sa congrégation ? Ne voit-il pas quel mauvais service il rend à la défense de la vie, en pratiquant un amalgame aussi intolérable ? Un concours de pataquès (dantesques) s'ouvre-t-il entre le
cardinal Cañizares et le cardinal Re, qui se rendit coupable d'une intrusion du
même genre dans l'affaire de Recife ?

J’avoue ne pas comprendre. Une fois de plus, c’est sur une citation incomplète et hors contexte que s’exprime l’indignation. Si l’on devait s’en tenir simplement à ce que La Croix rapporte, une transposition simple permettrait de comprendre que le propos n’est pas scandaleux. Imaginez en effet que le cardinal ait dit : « Ce qui a pu se passer dans un certain nombre de collèges n’est pas comparable avec les millions de vies détruites par la Shoah. » Je pense que personne ne pourrait contester cela, ce qui n’empêche évidemment pas de condamner la « monstruosité » des sévices sur enfants, surtout lorsque des religieux s’en sont rendus coupables.

Mais il faut aussi comprendre que l’Espagne est au sein d’une bataille terrible contre la libéralisation de l’avortement, une bataille dans laquelle l’épiscopat s’est lancée avec vigueur et courage, avec le soutien d’un prince de l’Eglise que d’aucuns ont appelé « le petit Ratzinger ». Que c’est une bataille d’aujourd’hui, et non un scandale du passé. Qu’aujourd’hui, l’avortement fait 42 millions de victimes dans le monde chaque année (chiffres du Guttmacher Institute, pro-avortement légal).

Le cardinal de Tolède, à la veille de quitter sa ville pour rejoindre la Ville éternelle, a maintenu son propos et l’a ré-expliqué au cours de l’émission En la Tarde con Cristina sur Cope.

« Simplement : je réprouve tous les abus commis sur les mineurs. Comment pourrais-je ne pas réprouver ce qui est intrinsèquement mauvais ? Comment ne pas réprouver le fait qu’il y ait des actes qui, en effet, constituent un abus de la dignité des petits avec toutes les conséquences que cela comporte ? Mais il faut aussi réprouver de façon absolument absolue cette chose intrinsèquement perverse qu’est l’avortement. Ce sont 40 millions d’êtres sans défense, faibles, fragiles qui sont légalement assassinés chaque année dans le monde. Cela est très grave (…). Oter la vie à quelqu’un, c’est plus grave que de lui causer des traumatismes. Cela ne justifie en rien, et je ne veux en rien justifier, tout ce qui relève des délits sur les mineurs. Ce sont des délits très graves, énormément graves. Mais le commandement “Tu ne tueras pas” est d’une absolue gravité et il faut le considérer comme tel.

« En ce moment où nous sommes en train de revendiquer une société nouvelle, une société en paix, une société libre, une société qui respecte les droits humains, si l’on ne respecte pas le droit à la vie, que respectons-nous ? Si nous ne respectons pas la dignité d’un être humain – je dis bien un être humain, pas un être vivant – qui grandit dans le sein de sa mère, et qu’on ne laisse pas naître, où est la plus grande violence ? (…)

« On souligne que ces petits qui ont été aussi brutalement traités, l’ont été contre leur volonté. Mais a-t-on tenu compte de l’avis de ces petits êtres humains qui sont dans le sein de leur mère, pour savoir s’ils décident de naître ou non ? Là, il n’y a que la décision de la mère ou la décision de ceux qui conduisent la mère à accepter cette réalité terrible qui est celle de l’avortement. »

Les propos du cardinal ( « pataquès dantesque », vraiment?) ont été condamnés d’abord et surtout par la gauche espagnole au pouvoir. Le ministre de la Santé et de la Politique sociale Trinidad Jiménez - elle préside notamment à la promotion du projet d’avortement qui « est un droit et qui sera gratuit pour pouvoir être exercé » (ici) - a qualifié les paroles du Cardinal d’« inappropriées et irresponsables » parce que les abus sexuels « commis normalement sur des mineurs contre leur volonté » les « affectent de manière terrible pour le restant de leurs jours ».

Reste que les législations occidentales prévoient des peines plus lourdes pour ceux qui ôtent la vie que pour ceux qui violent, même lorsque leurs victimes sont mineures. (En France, 20 ans de réclusion pour un viol sur mineur de 15 ans, contre 30 ans pour le meurtre.)

On peut écouter le cardinal Cañizares ici : .

31 mai, 2009

Un avorteur assassiné aux Etats-Unis

On apprend ici que George Tiller, un médecin pratiquant des avortements très tardifs aux etats-Unis, proche de Kathleen Sebelius, nouveau ministre de la Santé de Barack Obama, a été assassiné par balles ce dimanche alors qu'il entrait dans une église luthérienne de Wichita, Kansas.


Lors d'un crime similaire il y a quinze ans le cardinal de New York, John O'Connor, avait réagi, puis répété sa condamantion un an plus tard dans les mêmes termes :


« Je crois que c'est pure folie. Lorsque cela s'est produit l'an dernier, j'ai déclaré que si quiconque ressent une pulsion de meurtre à l'égard du personnel d'un avortoir, il devrait me tuer, moi. Je le pense toujours. C'est de la folie. Cela discrédite le mouvement pro-vie. Un meurtre est un meurtre. C'est de la folie. On ne peut empêcher que l'on tue en tuant. »


Source : BigBlueWave.


L'apologiste catholique américain Mark Shea commente ici :


« Que Dieu ait pitié aussi bien de la victime que du meurtrier.

« George Tiller a été tué par balles ce matin. C'était un monstre qui justifiait ses actions par les justes fins en vue desquelles il déclarait agir.

« En cela, il avait un communauté d'esprit avec la personne qui l'a assassiné.

« Dans notre climat culturel actuel, il se peut bien que l'homme qui vient de faire cela a assassiné le mouvement pro-vie. Il n'en faudra pas beaucoup plus pour que César décide que tous les terroristes ne sont pas islamiques et qu'il commence à dépouiller les pro-vie des protections de la loi pour la “sécurité de tous”. Il aurait tort, bien sûr, de le faire. Mais les imbéciles qui auraient envie d'applaudir (ou, plus souvent, de chercher à excuser) cet acte pervers devraient garder à l'esprit que le fait que César ait tort n'a pas grande importance quand c'est lui qui détient les armes, la police et les prisons.

« J'ai parfois peur que l'une des seules consolations de mes vieux jours sera de me trouver dans une cellule de prison comme “présumé extrémiste pro-vie théocratique” en compagnie d'autres chrétiens innocents partisans du conséquentialisme et de leur dire : “J'vous l'avais bien dit.” »

30 mai, 2009

Mgr Cardoso Sobrinho, archbishop of Recife : exclusive interview in “Présent” (English translation).

The following interview was published on Thursday in the French catholic daily newspaper, Présent. Excerpts in English appeared on LifeSite from a translation published on BigBlueWave whom I would like to thank for having given this publicity to a text which seems to me important. I decided to correct and complete that translation, also in the light of the original interview which I conducted in Spanish with Mgr Cardoso who was so good as to take time to answer my questions. Here then, is the full translation. – Jeanne Smits

– In the wake of the Recife affair, the Osservatore Romano publicly rejected your declarations on the automatic excommunication of those who chose abortion for the little girl and those who carried it out. Since then a tendency has appeared in the media suggesting that Church teaching has changed as to determining whether abortion when the mother’s life is in danger or in other particular circumstances is wrong, whether it is sinful. On the other hand, media lies on important points in the case have been plentiful, even though many people have expressed admiration for your attitude. Could your Excellency tell us what really happened?

– First of all I want to express my very profound gratitude to all those who expressed support. I received hundreds of messages of solidarity from the world over: priests, bishops, lay people, approving my decision to speak out clearly on the law of the Church. I received the “Human Life International” cardinal Von Galen prize, and very recently the Pro Vida association of São Paolo also attributed its prize to me. Thanks be to God, many people approve of what I did.

There are some people, however, in France, in Canada… including bishops, who wrote articles or public letters to state their disapproval. In a spirit of dialogue, I would like to sat that is wrong to say that we – that is to say myself and the parish priest of the pregnant little girl – did not give her the special attention she needed. We gave her every attention and every care. What has unfortunately been published is simply not true: we did everything that was in our power to help.

Some, when they speak about the publicity surrounding this affair, affirm that it was not “timely” to speak of excommunication. I do not agree with that point of view. They were practically telling me that we should have forgotten what Canon Law says concerning excommunication. My opinion is different. I say that this law exists for the good of the Church. And that it was not I who excommunicated anyone, as I have repeated countless times. Those who accuse me say that it is I who “excommunicated”, and that’s totally false; I simply drew attention to a law that exists in the Church, canon 1398. And I ask: is it appropriate to remain silent, as many claim? Would it have been better that I not speak at all about excommunication? Well, I answer that I do not agree. It is a law of the Church for the good of the Church. It has existed for many centuries. The new Code of Canon Law, promulgated in 1983 be the Servant of God Pope John Paul II, reiterates this law. In the same way the Catechism of the Catholic Church, published by the same pope in 1992, repeats and comments on this law. Would it have been better to keep silent? Well, in my opinion, it is of the highest importance to draw everyone’s attention, especially that of the Catholic faithful, to the gravity of the crime of abortion. That is the reason why the law exists.

We, in our diocese, have received so many messages from so many people who have told me “Now, I better understand the gravity of abortion, and I will change my conscience.” In my opinion, the act of the drawing attention to the existence of this excommunication produces a spiritual benefit among the Catholic faithful. But it also benefits others, who apparently perform abortions with their minds at rest and who will from now on, I trust, weigh in their conscience the gravity of what they are doing. That is the final goal of this law of the Church, of this penalty of excommunication: it is medicinal. It is a remedy in view of the conversion of all. For the person who incurs it, it is a means to make him understand that he will have to answer for his act before God. With the Church, we desire that every single person, even those who follow the path of error, may come to live according to the law of God. We do not want the eternal condemnation of anyone. In my opinion, silence – not speaking of excommunication – would cause grave damage to the Church.

But there is something more serious, I have the impression that among those who spoke against me, some are practically insinuating that it would be better to abrogate the canon on excommunication. But the Church does not believe this. The Church maintains this law, because it is necessary for the common good of the Church, when it comes to very grave offences, that there is a clear law, and that this law be applied. These are principles of great importance. For me, silence would be equivalent to complicity. We know – all the international media say so – that there are up to 50 million abortions each year, wordwide. Here in Brazil, the number quoted is about one million each year. In conscience, I feel certain that it is necessary to speak, to waken people’s conscience, because silence can be construed as approval.

– I recently interviewed Prof. Josef Seifert who took your defence in the media. He described excommunication as an act of charity toward the persons who incur it, as it makes them realize the damage done to their spiritual life. Would you use that expression?

– It is a spiritual remedy. The Church is invested with a mission, which is to bring all men to eternal salvation, and to make them live in the grace of God. It is a fact that there are people who perform abortions with their minds at rest and who say just as calmly that they will continue. We, as Catholics, and above all as pastors of the Church, cannot remain silent, as if this were all well and good. This is why I repeat that not speaking up, not drawing attention to the gravity, to the seriousness of the problem, and above all to the fact that the Church, for the common good, applies this penalty, would be complicity. It would practically amount to accepting this grave situation.

Here in Brazil, we are in the process of preparing a law to legalize abortion. We Catholics must speak out first on moral responsibility. Evidently, there are Catholics in our Parliament who defend the law of God, but there are others who defend this bill, beginning with the president of the Republic. We cannot remain silent!

– When you spoke of the automatic excommunication of the mother of the pregnant child and of the doctors who took part in the abortion, did you do so before or after it had been committed?

– I talked about that before and after the abortion, as the note of the archdiocese of Recife to Mgr Fisichella clearly stated: on March 3rd, the day before the abortion, I told journalists about the “medicinal penalty” of canon 1398. Unfortunately the article of mgr Fisichella states that the first time I talked to the press about this affair I talked only about excommunication. That is absolutely false. I expressed myself several times because this affair of a nine year-old pregnant girl attracted widespread media attention. Above all, we did all that depended on us to save three lives: not only the life of the little girl, but the three lives. When the abortion finally did take place, I simply recalled once more the law of the Church. Any person who – in full conscience, of course – commits an abortion is excommunicated. That was the meaning of my declaration.

– Is it true that the little girl was rachitic or that she was suffering from malnutrition?

– No, not at all! The pregnant little girl, even when she was taken to hospital, was living with other children with whom she played like a normal child.

– Did she know that she was pregnant, and that she was expecting two children?

– Yes, of course! Not only dis she know it, but she had even said that one of the babies would be for a member of her family, and the other for her so that they could play together. We were to learn later that there were two little girls…

– It has been said that the legitimate father of the little girl, who was opposed to the abortion, was en evangelical Christian. Is this true?

– Yes, that is true, he is not a Catholic. However he was with us totally. I had him at my house for a whole day; he did not accept the abortion.

– There must have been very much emotion…

– Yes. He came from his little town of Alagoinha which is 230 km distant from here. He stayed with us: with me, with Father Edson Rodriguez who is his parish priest, with my lawyer, with the president of the law courts here to see whether it was possible to stop the abortion by legal means. But as you know the abortion was performed after the child was taken without our knowledge to a “health center” which habitually performs abortions.

– Were there any street demonstrations against the abortion outside the clinic where the little girl was originally placed?

– None at all. But in the newspapers and on television there was a lot of pressure in favour of the abortion, and as you know several “feminist” organizations intervened to obtain the abortion.

– Was the little girl ever at risk of dying?

– No, never. The doctors stated this to me most explicitly.

– But if she had been in danger of dying, would the abortion have been justified?

– That possibility was very clearly anticipated by the doctors. They hoped that when six months of pregnancy would be reached, it would be possible to make a C-section. But as the “feminist” groups wanted an abortion, they came to the IMIP (Mother and child institute of Pernambuco) where the child was hospitalized in order to take her to the other “health center” where the abortion was performed within hours of her arrival. They took her in the evening and all was over next day by 10 AM. It is well known here that this “health center” is habitually dedicated to performing abortions. It is very important to me to recall that the doctors who committed the abortion declared that they had been performing abortions for a long time, and with “pride” at that. And they affirm that they will continue. We cannot remain silent in the face of that. And there is so much less reason to say there was “doubt” in this case, as Msr Fisichella unfortunately writes. He said that nobody knows whether the doctor, in the moment of action, didn’t have “doubts” on what he should or should not do. We know the opposite is true: these doctors declared publicly that they practise abortion as part of their lives and have no “doubts” at all on the matter. They want to go on.

Of course there are other Catholic doctors here who say, on the contrary, that they perform no abortions because they believe in God and respect His law.

– Would your Excellency have reacted differently if the little girl had really been in danger of dying?

– No, not at all. We know that even when there is danger of death abortion is never permitted. That is God’s law, as the Church proclaims it. Even in face of this danger, the natural evolution of the situation should have been waited for, trying all the while to save the three lives. This is a fundamental principle of God’s law and also of natural law: the end does not justify the means. My objective can be very excellent : to save the life of the pregnant girl. But the means to reach this end can never be to suppress two innocent lives. That is a natural principle which human reason can understand.

To give an example which is easy to understand here in Brazil: if I want to find food for the poor – and we have so many here – that does not allow me to hold up a bank, to take other people’s money to do a work of charity. And as my team of councillors said – the general vicar, my catholic lawyer and the other signatories of the text I was talking of earlier – it is not up to us to change God’s law, even if public opinion is following another path. Our mission, our so-important mission is to proclaim it for the benefit of all, even in cases like this when it is not easy.

It must be understood: since the very first centuries of the church, there have been laws on excommunication in the Church. They seek to protect the common good of the ecclesial society: it is for this reason that we need a canon law; the juridical aspect of the Church as a human society is indispensable. We cannot simply hope that each person follows his conscience. Evidently, the Church must first of all take care of the spiritual life of each person, but the common good, in the technical sense, is also very important: it consists in an adequate environment in which each may live peaceably. The penalties foreseen by the Code in canon law also have this goal.

– Have you heard what is being said about Mgr Fisichella: that he wrote his note while being “deluded” and “forced” to do so?

– This information reached me indirectly. Certain persons in Brazil, including bishops, called Mgr Fisichella, and they tell me that that was his response: that he followed the indications of hierarchic superiors.

– The fact is that today the international press has come to the point where it is saying that the Church agrees with “therapeutic” abortions. This seems to me a very grave situation: how can one fight against this?

– It is our mission always to proclaim the law of God. You know that in Africa, Pope Benedict spoke out clearly on moral issues and that the press, particularly in France, did not accept it. But that is and remains the mission of the Church: we cannot remain silent for reasons of social acceptability. Within democratic liberty, which is a good thing, trying to legitimize, even within the limits of the law, customs or actions which go against the law of God would be abusive. Our mission, the Church’s mission, is to proclaim the law of God and the Gospel of Jesus-Christ, even if it isn’t easy.

– Are your relations with your fellow-bishops in Brazil good?

– Very good. Two weeks ago we were all at the National assembly of bishops in São Paolo; all the bishops with whom I talked approve my position, not one is against me. On the other hand, I read the texts of several French bishops. It seems to me they were not aware of all the circumstances. They read Mgr Fisichella’s article and believed that to be the truth.

– Perhaps they are now in a position to realize that they reacted to false information. But how does one mend?

– It seems to me important that L’Osservatore Romano should publish my response. This is what we are trying to obtain, as we have been from the start. We sent the archdiocese’s response to Mgr Fisichella’s article to Rome. It’s a natural right to be allowed to respond if someone has been publishing false information, for who knows which motive: the readers of the Osservatore should also be in a position to know the other point of view.

As for myself, my conscience is at peace. I did not expect nor did I wish for these repercussions which have taken on an international dimension. I repeat that the common good of the Church requires these latae sententiae laws, which serve as permanent warnings and which she will never abrogate. She has always condemned abortion and she always explained why: it does not only hurt the person, it damages society. Today, I repeat that there are 1 million abortions every year in Brazil, 50 million the world over: our silence would be equivalent to consent.

Thank you for letting me set out these points which seem to me important for the spiritual good of souls. Please tell the readers of Présent that I willingly send them my blessing.

28 mai, 2009

Les 10 ans de la « pilule du lendemain »

Macabre anniversaire

Le laboratoire HRA Pharma a publié un communiqué pour saluer les dix ans de la mise en vente libre de « sa » pilule du lendemain, le NorLevo. En mai 1999, la France fut le premier pays à en faire un comprimé d’automédication ; peu à peu, son usage s’est répandu pour toucher (derniers chiffres connus) 13,7 % des femmes qui déclaraient en 2005 y avoir eu recours au moins une fois dans leur vie. Accessible aux mineures sans ordonnance et sans contrôle parental, la pilule du lendemain est présente dans les infirmeries scolaires par la décision de Ségolène Royal. Mais tout cela ne suffit pas : HRA Pharma s’émeut de ce que ce moyen de « contraception » demeure « sous-utilisé ».

Chaleureusement recommandé par les pouvoirs publics et autres groupes institutionnellement hostiles à la vie, le NorLevo est indiqué en cas de « rapport non protégé » ou de raté de la contraception au nombre desquels l’on compte par exemple un retard de 12, voire de 3 heures dans la prise de certaines pilules contraceptives « ordinaires ». Surdosée en progestatifs, elle présente une efficacité décroissante pendant les 72 heures suivant le rapport. Aux dires d’HRA Pharma, 24 millions de rapports par an sont considérés « à risques » à la suite d’une mauvaise utilisation de la pilule ou du préservatif, alors que seules 1 210 000 unités de NorLevo ont été vendues en 2008, et que la France, l’un des pays où la contraception systématique est la plus répandue, ne voit pas son taux d’avortements diminuer. Ce qui est dans la parfaite logique de la culture de mort.

C’est donc un joli marché qui reste à conquérir pour le fabriquant… Qui bénéficie d’une présentation complaisante de la part des médias. Le magazine Parents assure tranquillement : « Rappelons donc qu’il ne s’agit pas d’une pilule abortive, qu’il n’y a pas de contre-indications ni d’effets secondaires, que son utilisation ne rend pas stérile. » ( Mais ça sert à quoi, un contraceptif, si ce n’est pas à rendre stérile — fût-ce provisoirement ?)

Oubliés, donc, les céphalées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, vertiges, saignements et autres « dérèglements hormonaux » que peut provoquer le NorLevo, d’ailleurs formellement déconseillé par le fabricant chez les femmes risquant des grossesses extra-utérines…

Quant à l’effet abortif, il est, officiellement, « discuté ». On n’a pas de certitude absolue que ce « traitement » (comme ils disent) empêche la nidation d’un ovule fécondé. Cependant la définition officielle du début de la grossesse ayant été repoussé au stade de la nidation (7 jours après la fécondation), on lit avec intérêt le descriptif officiel du « Vidal grand public » : « Il n’est actif que pendant la période qui précède la fixation de l’ovule fécondé sur l’utérus. »

Une petite visite sur le site de HRA Pharma est aussi très instructive. Ce laboratoire, créé en 1997 pour « développer et commercialiser des médicaments ou dispositifs médicaux répondant à de réels besoins en matière de santé mais ne soulevant pas l’intérêt des groups pharmaceutiques », a aussi une dimension humanitaire, comme l’explique son fondateur, André Ulmann. Pour « rendre disponible (sic) ses produits aux plus pauvres de notre planète », HRA Pharma collabore avec l’Organisation mondiale de la santé et des ONG qui font de l’éducation à la contraception et distribuent ses produits gratuitement ou à très bas prix. Ainsi – exemples parmi d’autres –14 400 unités furent offertes pour venir en aide aux victimes du tsunami, le NorLevo figure dans les « kits d’urgence » de l’Organisation mondiale de la santé, il est gratuitement fourni à « Women on Waves » (fournisseur d’avortements gratuits dans les eaux internationales jouxtant les pays « rétrogrades »).

Le laboratoire, avec « Equilibre et populations », a mis en place le programme « Mona Lisa » qui assure la promotion politique de la contraception en Afrique. En fournissant non plus principalement du NorLevo, mais des stérilets dont HRA Pharma est également producteur.

Son aplomb pour affirmer que ces « dispositifs intra-utérins » sont des contraceptifs, alors que leur action est purement « contragestive » et donc provoque des avortements très précoces, jette une ombre sérieuse sur sa présentation de la pilule du lendemain. La commercialisation des stérilets de marque HRA Pharma en France permet de financer ce programme, ce qui permet de tuer là-bas avec le bénéfice réalisé grâce aux vies supprimées ici.

Joyeux anniversaire !

Article publié dans Présent date du vendredi 29 mai 2009

27 mai, 2009

Ecosse : plus d'avortements, le primat d'Ecosse réagit

Le gouvernement écossais se dit « déçu » par le nombre croissant d'avortements pratqiués dans ce pays, notamment dans le cadre de grossesses adolescentes. soit un total de 13.817 en 2008, dont 3.500 sur des mineures et 343 sur des jeunes filles de moins de 16 ans.

Le ministre de la Santé, Shona Robison estime qu'il faut encore accentuer « l'éducation sexuelle » déjà fortement développée dans les écoles du pays (voir cette note du 23 novembre 2006, par exemple.

Le cardinal Keith O'Brien, primat catholique d'Ecosse qui avait déjà parlé vigoureusement de cette tragédie en 2007, a commenté ces nouveaux chiffres.

« Les statistiques de l'avortement en 2008 confirment l'échec abject de la prétendue “stratégie pour la santé sexuelle” de ces dernières années. En 2007 j'ai affirmé que nous tuons l'équivalent d'une classe pleine d'enfants chaque jour et beaucoup ont dénoncé la véhémence de mon propos.
« De manière grotesque, nous avons constaté depuis que la taille des classes diminue en Ecosse tandis que le nombre d'avortements augmente. »

Et de souligner qu'à raison de plus de 50 avortements par jour en Ecosse, on en est à l'équivalent de deux classes pleines d'enfants.

« Si ce carnage se produisant parmi des enfants qui auraient eu assez de chance pour voir le jour, notre colère serait sans bornes. »

26 mai, 2009

Des multimillionnaires pour la « dépopulation »

C’est une information rendue publique par Irish Central et précisée dimanche par le très sérieux Sunday Times : quelques-uns des hommes les plus riches des Etats-Unis se sont secrètement réunis, le 5 mai dernier, pour voir comment mettre leur fortune au service du règlement de la crise… notamment par le biais du ralentissement de la croissance de la population mondiale. Le journaliste John Harlow les qualifie de « philanthropes » (sans ironie semble-t-il) parce que le but qu’ils poursuivent est l’amélioration mondiale de la santé et de l’éducation.

Le but de la réunion informelle, qui s’est tenue selon diverses sources au domicile new-yorkais de Sir Paul Nurse, biochimiste britannique, prix Nobel et aujourd’hui président de l’université privée Rockefeller, était de trouver les meilleurs moyens pour ces « richissimes » de « donner de leur vivant », et de mettre en commun les efforts pour venir à bout des obstacles politiques, mais aussi religieux, à la limitation de population qu’ils veulent imposer.

Qui sont les membres du « Good Club » (le Club des Bons…), sobriquet qu’ils se sont donné ?

Inévitablement, Bill Gates, co-fondateur de Microsoft. Mais aussi George Soros, Michael Bloomberg, maire de New York et plus riche résident de cette ville, Oprah Winfrey du célèbre « talk-show », promotrice de gourous modernes, Warren Buffett, Eli et Edythe Broad, John Morgridge, ancien directeur de Cisco, David Rockefeller Jr., David Rockefeller Sr., Ted Turner de CNN…

Chacun a pu, dit-on, exprimer son point de vue pendant 15 minutes ; c’est Bill Gates qui a remis au centre (pour lui, c’est une ritournelle) la question du ralentissement de la croissance démographique mondiale, puisque ces messieurs cherchaient une « cause » capable de fédérer leurs efforts.

Selon le Sunday Times, l’un des invités a fait savoir qu’il « n’y avait pas eu quelque chose d’aussi peu raffiné qu’un vote », mais qu’un « consensus » a été dégagé autour de cette question du soutien conjugué d’une stratégie où l’accroissement de la population serait considéré et combattu comme une menace « environnementale, sociale et industrielle » potentiellement catastrophique.

De nouveaux millions vont donc financer les services de « santé reproductive ». On sait comment procéder pour limiter les naissances : contraception, avortement légalisé, programmes coercitifs de limitation du nombre d’enfants, programmes de stérilisation…

Avortement au Portugal : toujours plus !

Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'avortement au Portugal, le 15 juillet 2007, 32.121 tout-petits sont morts à ce jour par l'assassinat légal des enfants dans le ventre de leur mère (voir chiffre actuel ici) C'est moins qu'escompté par les partisans du « oui » à la légalisation habitués il est vrai du gonflement des statistiques. Moins mais toujours affreux.

Au lieu de se réjouir de ce que le nombre des « IVG » soit moins important qu'annoncé, des associations pro-avortement s'en inquiètent au contraire et en tirent argument pour dire que la population féminine n'est pas suffisamment informée de ses nouveaux droits.

Du 13 au 31 mai, l'association portugaise pour le Planning familial a donc lancé une campagne d'information d'envergure nationale pour pallier ce manque. (Association dont les projets sont co-financés, faut-il le préciser, par
l'Union européenne ?)

« Nous avons l'impression, malgré la médiatisation qui a entouré ce thème, à l'occasion du référendum puis de l'entrée en vigueur de la nouvelle législation, qu'il existe encore beaucoup de femmes qui ne savent pas quoi faire lorsqu'elles sont confrontées à la possibilité de cette situation », explique Elizabete Souto, psychologue qui a mis en place un numéro d'urgence dans le cadre du Planning (80 appels par mois...)

D'où une campagne de tracts, messages et cartes postales destinée à persuader les femmes qu'elles ont le choix lorsqu'elles sont enceintes, un choix financé par le système national de santé. Tous les centres de santé sont visés, mais aussi les mairies et les ONG trvaillant avec des femmes, afin que l'information arrive à toutes. Investissement : 12.000 euros. Evaluation des résultats : en juillet. C'est alors qu'on comptera, sans doute, les éventuels avortements supplémentaires réalisés grâce à cette mobilisation...

Source : ici.

25 mai, 2009

Interview exclusive du Pr Josef Seifert, de l'Académie pontificale pour la vie, sur l'affaire de Recife

C'est dans Présent daté de demain (déjà accessible aux abonnés en ligne), on y lira d'intéressantes réflexions sur l'excommunication, la charité, la doctrine de l'Eglise à propos du respect de la vie.

Voir un précédent post sur le Pr Seifert ici.

L'exclusivité de l'interview est pour l'heure réservée aux abonnés du journal. Par ici !

20 mai, 2009

Affaire de Recife : nouvelle initiative contre la confusion à propos de la doctrine de l'Eglise

L’Eglise catholique accepte-t-elle désormais l’avortement « thérapeutique » pratiqué pour sauver la vie de la mère ? C’est l’opinion qui s’installe de manière de plus en plus insistance au sein du lobby de l’avortement, depuis que Mgr Rino Fisichella, a publié une note dans L’Osservatore Romano où il « prenait le parti » de la « petite fille brésilienne », enceinte de jumeaux et avortée.

J'en rappelle en fin de note les termes principaux.

Bien des voix se sont élevées dans les milieux pro-vie pour demander que Mgr Fisichella rectifie ses propos (dont je tiens de plusiers sources personnelles qu’il a déclaré à différentes reprises les avoir écrits « trompé et forcé »).

La dernière demande (publique) en date émane de Mme Judie Brown, présidente et co-fondatrice de l’American Life League et membre de l’Académie pontificale pour la vie. Dans un « Commentaire » publié par le site LifeSitenews.com, elle affirme avoir écrit d’emblée à Mgr Fisichella pour lui faire part de sa « grave préoccupation », mais aucune déclaration publique n’y a répondu.

Voici le texte de la lettre de Judie Brown, qu’elle rend désormais publique sur LifeSite :

Excellence,

Nous venons de vivre une campagne d’agitation médiatique à propos du cas du Brésil, d’une petite fille enceinte de jumeaux, de sa mère et des évêques de ce pays. Ce fut très déstabilisant d’assister au badinage entre deux « officiels » du Vatican et à la décision subséquente de la Conférence des évêques du Brésil de se « rétracter » après la décision initiale d’excommunier de ceux qui avaient participé à l’acte de mise à mort de deux enfants à naître. Nous comprenons la nature du problème, et nous connaissons bien la doctrine catholique à propos de menaces supposées visant la vie de la mère. Comme Pie XII l’a exprimé si clairement :

« Tout être humain, même l’enfant dans le sein de sa mère, a le droit à la vie reçue immédiatement de Dieu, et non des parents ou de quelque société ou autorité humaine. D’où il n’y a aucun homme, aucune autorité humaine, aucune science, aucune “indication” médicale, eugénique, sociale, économique, morale qui puisse exhiber ou donner un titre juridique valable pour disposer directement et délibérément d’une innocente vie humaine, c’est-à-dire pour en disposer en vue de sa destruction envisagée soit comme but, soit comme moyen d’obtenir un but qui peut-être en soi n’est pas du tout illégitime. Ainsi, par exemple, sauver la vie d’une mère est une très noble fin ; mais la suppression directe de l’enfant comme moyen d’obtenir cette fin, n’est pas permise. » (Discours aux sages-femmes, 29 octobre 1951.)

La situation au Brésil est horrifiante, Excellence. Il n’y a aucun doute là-dessus. Mais le fait est que deux bébés innocents ont été assassinés par l’avortement. Et comme le déclare Pie XII, la mise à mort « directe » de l’enfant comme moyen en vue d’une fin n’est pas licite. Comment expliquer alors à nos frères catholiques pourquoi dans ce cas, l’Eglise s’est rétractée et a fourni des arguments contre l’excommunication de ceux qui étaient directement impliqués dans la mort de ces deux enfants ? N’était-il pas urgent de sauver les trois vies innocentes ? Les deux enfants à naître ne devaient-ils pas bénéficier de tous les moyens possibles de protection de leur vie, tout comme la petite fille de neuf ans ? Pourquoi ceux qui exécutent des enfants à naître innocents ne devraient-ils point être punis pour leurs abominables crimes contre l’humanité ?

Nous vous posons ces questions avec l’entier respect que nous devons à votre Excellence, mais avec une égale préoccupation à propos de l’apparente contradiction qui s’est manifestée dans cette affaire. Nous cherchons simplement à comprendre, parce que de nombreux catholiques américains sont gravement troublés à son propos.
Nous sollicitons votre conseil à propos de cette grave question, ainsi que vos commentaires supplémentaires. Merci pour votre attention ! Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. »


Judie Brown ajoute aujourd’hui un commentaire qui fait état du « plaisir » du lobby pro-avortement à la lecture de la note de Mgr Fisichella, provoquant « confusion et consternation ». Ainsi de la réaction de Frances Kissling, ancienne présidente de « Catholics for a free choice » (catholiques pour le libre choix) et fondatrice de la Fédération nationale de l’avortement aux Etats-Unis qui écrivit :

« A travers un prodigieux glissement par rapport à la stratégie du Vatican fondée sur l’exclusion de toute contestation de sa position selon laquelle l’avortement n’est jamais licite, même pour sauver la vie d’une femme, le plus important « officiel » du Vatican sur la bioéthique, l’archevêque Rino Fisichella a livré son opinion selon laquelle les médecins brésiliens qui ont pratiqué un avortement sur une fillette de neuf ans enceinte à 15 semaines de jumeaux ne méritaient pas l’excommunication… Cette modeste déviation de la part de l’archevêque à la tête del’Académie pontificale pour la vie ouvre, pour les catholiques qui suivent l’enseignement de l’Eglise sur la reproduction, la porte à la discussion sur la possibilité qu’en certains cas, officiellement reconnus, des personnes peuvent choisir l’avortement et avoir la conscience en paix. »

L’analyse est adroite, sinon roublarde, commente Mme Brown, qui cite d’autres articles de presse présentant Fisichella comme venu au secours d’un avortement.
Elle vient d’écrire au cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, afin qu’il fasse apporter des clarifications. Et elle invite ses lecteurs à faire de même, courtoisement et filialement, en écrivant à son Eminence au Secrétariat d’Etat de Sa Sainteté, Palais Apostolique, 00120 Città del Vaticano.

Rappel des termes de la note de Mgr Fisichella :

Cette « note », avec tout le poids d’une telle publication dans le journal du Vatican, comportait de multiples erreurs sur les faits. Elle assurait que la petite fille d’Alagoinha n’était au centre de l’intérêt médiatique qu’en raison de la déclaration de l’archevêque – or cela faisait deux semaines que l’ensemble de la presse brésilienne se passionnait pour l’affaire et réclamait l’avortement à cors et à cris. Elle assurait que personne n’avait chercher à « sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Église, devrions être experts et maîtres dans l'annonce », alors que le curé d’Alagoinha et l’archevêque de Recife avaient entouré la petite fille et sa famille d’une active et constante sollicitude.

Mgr Fisichella écrivait : « C'est vrai, Carmen portait en elle d'autres vies innocentes comme la sienne, même si elles étaient le fruit de la violence, et qui ont été supprimées ; mais cela ne suffit pas pour porter un jugement qui tombe comme un couperet. » Mais il affirmait aussi que « sa vie était sérieusement mise en danger par sa grossesse en cours », ce qui n’était pas du tout le cas au moment de l’avortement.

A l’évidence mal informé, Mgr Fisichella parlait d’une « décision difficile » pour les médecins qui ont avorté la fillette enceinte de près de quatre mois ; et d’ajouter que « le respect dû au professionnalisme du médecin est une règle qui doit impliquer chacun, et ne peut permettre de parvenir à un jugement négatif sans avoir auparavant considéré le conflit qui s'est créé au fond de lui. » Mais il s’agissait ici de médecins qui pratiquent habituellement l’avortement et revendiquent cela comme une gloire et comme un honneur !

Certes Mgr Fisichella a rappelé clairement que « l'avortement provoqué a été toujours condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement demeure inchangé aujourd’hui », puni d’excommunication automatique, mais il ajoute, pour condamner les déclarations de Mgr Cardoso Sobrinho : « Il n'y avait nul besoin de tant d'urgence et de publicité pour déclarer un fait qui se réalise de manière automatique. » Et c’est la conclusion de son article qui jette le trouble : affirmant – à juste titre – le besoin de charité et de miséricorde, il parle de la nécessité du « signe d'un témoignage de proximité avec ceux qui souffrent, un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, est capable de regarder au delà de la sphère juridique pour rejoindre ce que le droit lui-même prévoit comme finalité de l'existence : le bien et le salut de ceux qui croient en l'amour du Père »… « Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, pas ceux qui t'ont permis de vivre et t'aideront à retrouver l'espoir et la confiance. »

Indiscutablement, cette conclusion laisse entendre que la recherche d’une fin bonne – la santé et le bien-être d’une petite fille qui a de fait subi d’atroces atteintes à son innocence – justifie les moyens : l’avortement direct de deux êtres innocents. Les avorteurs sont présentés comme des sauveurs. Les « méchants » étant le violeur bien sûr (et qui le contesterait ?), mais aussi ceux qui se sont montrés durs, intransigeants, claquemurés dans leurs principes.

Ainsi, malgré l’affirmation du principe, un grave désordre s’est installé, dont la manifestation ne s’est pas fait attendre dans la presse internationale puisque bien des médias, bien des partisans « catholiques » de l’avortement en ont tiré argument pour affirmer que l’Eglise ne condamne plus comme autrefois l’avortement dans les cas de viol ou de grande jeunesse de la mère.

09 mai, 2009

“Euthanasie légale” en Belgique : l'inquiétante réalité

Très répandue, souvent « involontaire » et souvent illégale : telle est la pratique de l'euthanasie aujourd'hui en Belgique, aux termes d'une étude de l'universitaire israélien Raphaël Cohen-Almagor commentée par le site de veille bioéthique australien BioEdge.

Dans un long article publié dans Issues in Law & Medicine,le chercheur basé à l'université de Hull, au Royaume-Uni, pointe les insuffisances du suivi de l'euthanasie légale en Belgique, dont les critères, rappelés ici sur le site Généthique, sont loin d'être mis en œuvre. C'est l'analyse, il faut le noter, d'un universitaire qui n'est pas par principe opposé à l'euthanasie.

Preuve, s'il en fallait, que l'« encadrement » de la transgression euthanasique n'est pas une garantie que la transgression ne se pratiquera que dans ce cadre...

L'euthanasie est devenue légale en Belgique en 2001, entre autres pour faire suivre le fait par le droit - une étude datant de 1998 affirmait en effet que près de 1.3 % des décès dans le pays était attribuables à l'euthanasie volontaire ou au suicide médicalement assisté. Mais près de deux fois plus de décès (3,3 % des morts totales) étaient consécutifs à l'administration de substances létales sans consentement du patient. L'auteur qualifie cette procédure d'« euthanasie involontaire ».

La situation est aujourd'hui confuse, indique l'étude de Raphael Cohen-Almagor. Peu de choses semblent avoir changé depuis l'entrée en vigueur, si ce n'est que les médecins ne craignent plus d'être poursuivis s'ils accèdent aux demandes euthanasiques de leurs patients. Mais d'emblée les conditions posées par la loi furent bafouées puisqu'un médecin devait se fonder sur ses dispositions pour pratiquer une euthanasie dans les 8 jours de la demande, alors qu'un délai d'un mois est prévu entre la demande et l'exécution (dans tous les sens du terme).

L'aspect le plus intéressant de l'étude concerne sans aucun doute la pratique de la « sédation terminale » ou palliative, que j'ai évoquée ici et ici à propos des Pays-Bas. Elle consiste à maintenir le patient dans un état d'inconscience jusqu'à sa mort, dans une procédure qui ne requiert pas le consentement du patient. En Belgique et aux Pays-Bas, la pratique est définie dans le langage commun comme une « euthanasie lente » mais légalement elle n'est pas considérée comme une euthanasie et n'est donc soumise à aucun des critères de prudence fixés par les lois.

Selon l'un des médecins interrogés par le chercheur, la moitié des morts en unités de soins intensifs sont consécutives à des « sédations terminales », conçues comme la voie médiane entre l'euthanasie et l'arrêt de soins. Soit 8 % des morts totales en Belgique.

La loi ne s'exprime pas du tout sur cette pratique alors que des questions morales se posent (qui ne sont pas abordées dans l'article). Arrêter un acharnement thérapeutique et rendre inconscient un patient véritablement mourant en proie à de terribles souffrances n'est pas condamnable ; mais arrêter tous les soins, y compris les soins ordinaires, pour rendre inconscient et ainsi « programmer » la mort peut l'être. La question de l'information du patient se pose également : a-t-on le droit d'« endormir » un patient sans le prévenir et sans qu'il puisse exprimer ses dernières volontés, revoir ses proches... demander le Sacrement des malades ?

L'étude indépendante de Raphael Cohen-Almagor pose beaucoup d'autres questions, comme celle de l'attitude que doit adopter un médecin face à un patient en fin de vie. A-t-il le droit d'engager avec lui une conversation sur l'euthanasie ? La loi reste muette sur ce point, or dans la pratique il apparaît que bien des médecins sont favorables à ce que l'initiative de cette conversation soit prise par l'homme de l'art, et que nombre d'entre eux l'ont déjà fait. Or ce fait peut agir de manière incitative, en donnant au malade l'impression qu'il n'y a plus rien à faire, qu'il n'y a plus moyen de le soulager, et que la mort est l'issue la plus souhaitable.

Enfin, l'étude souligne que la tendance générale en Belgique est à l'extension de l'euthanasie légale aux inconscients, aux déments, aux mineurs, aux personnes présentant un « état végétatif persistant ». Il faudra y revenir.

06 mai, 2009

Portugal : ne pas interdire les corridas sans mettre fin à l'avortement légal...

Si les villes portugaises de Viana do Castelo, Braga, Cascais et Sintra ont décidé d'interdire les corridas sur le territoire de leurs conseils municipaux, pourquoi permettent-elles l'avortement? C'est la question pertinente posée par l'association pro-vie "Juntos pela Vida" (Ensemble pour la vie) qui a adressé des lettres ouvertes aux maires concernés pour qu'ils prennent publiquement position.

Le maire socialiste de Viana, l'un des initiateurs des projets d'interdiction de la « tourada » portugaise - à cheval et sans mise à mort du taureau dans l'arène - a répondu avant même d'avoir reçu la missive. « Les deux choses ne sont pas comparables », a-t-il dit, assurant que les pro-vie devraient se dédier à la « prévention et à l'éducation sexuelle » (on appelle cela un oxymoron). Et de se dire à la fois contre l'avortement et pour le droit de la femme de choisir : Defensor Moura a des problèmes de logique.

Le président de l'association de défense des animaux « Animal » a quant à lui récusé l'appel de « Juntos pela Vida » de s'associer à leur démarche, en assurant que les municipalités n'ont pas le pouvoir légal d'interdire l'avortemeht. « Si l'on veut être sérieux » dans un pays où les droits des animaux sont en général mal défendus, a-t-il ajouté, « on ne peut pas traiter de questions aussi délicates d'une façon aussi légère ».

Réponse de Pedro Monteiro, de « Juntos pela Vida » : l'avortement est une torture horrible et sanglante, « il n'est pas possible que devant les données scientifiques prouvant que le bébé souffre nous restions sans réagir, comme si nous étions sourds. » « Comment a-t-il été possible que nous en arrivions au point où pour défendre le droit des jeunes filles et de leurs mères de ne pas subir des traitements inhumains et cruels il soit nécessaire d'invoquer un réglement municipal pris pour le bien des animaux ? »

02 mai, 2009

Du nouveau dans l'affaire de Recife : Mgr Fisichella et le P. Lombardi publiquement interpellés

La lettre de Mgr Fisichella à propos de la petite fille de Recife, et les propos subséquents du porte-parole du Vatican, le P. Lombardi, ont provoqué la protestation de représentants du mouvement pro-vie, on en connaît en provenance de 16 pays à ce jour. La lettre et les commentaires ont abouti notamment à ces titres de la part de l'Associated Press : « Un prélat du Vatican justifie l'avortement sur une fillette de 9 ans » et du Washington Post : « Un officiel du Vatican justifie l'avortement subi par une enfant ». L'article de Fisichella, qui comme tous les articles dans L'Osservatore Romano sont soumis à la Secrétairie d'Etat, et ce spécialement en une matière aussi sensible, a reçu l'approbation explicite de France Kissling, ancienne présidente du mouvement pro-avortement “Catholics for a Free Choice” qui y voyait « une déviation surprenante de la stratégie du Vatican qui ne souffait aucune dissension par rapport à sa position selon laquelle l'avortement n'est jamais permis ». (Citée ici.)

Le Pr Josef Seifert, fondateur et recteur de l'Académie internationale pour la Philosophie, enseigant au Vatican, autorité reconnue sur les affaires de doctrine, de morale et de philosophie relatives au respect de la vie, vient de réagir officiellement dans une Lettre ouverte citée par Lifesitenews.

Je vous en propose ici ma traduction intégrale (merci d'y renvoyer par un lien et de ne pas la reproduire afin que l'intégralité de son texte et l'origine non officielle de la traduction puissent être connues). Je rappelle par ailleurs que de source romaine, Mgr Fisichella se plaindrait d'avoir été « trompé » et « forcé » à publier la lettre litigieuse. Si cela est vrai, c'est une raison supplémentaire pour qu'il s'exprime enfin avec clarté.

La publication récente d’un article par le président de l’Académie pontificale pour la vie (APV), Mgr Fisichella, dans L’Osservatore Romano, ainsi que sa diffusion mondiale et son utilisation par les pro-avortement, ainsi qu’une communication de presse par le Père Lombardi, ont provoqué une crise profonde au sein de l’Académie pontificale pour la vie et, de manière encore plus importante, dans la perception publique de l’enseignement de l’Eglise sur l’avortement. D’innombrables personnes et médias à travers le monde attribuent désormais à l’APV (en raison de la haute autorité que l’on croit devoir attribuer à son président quant à l’interprétation de l’enseignement de l’Eglise à propos de la vie), et au Pape lui-même (en raison de la tournure utilisée pour défendre l’article de Fisichella par le Père Lombardi) la propagation d’une nouvelle doctrine morale diamétralement opposée aux enseignements de l’Eglise et particulièrement à ceux de l’encyclique Evangelium Vitae, qui est également la Magna Carta de l’Académie pontificale pour la vie et qui contient sa raison d’être. Malgré son insistance initiale sur l’enseignement de l’Eglise selon lequel tout acte d’avortement entraîne avec lui l’excommunication automatique (latae sententiae) de tous ceux qui pratiquent ou assistent activement à l’avortement, Mgr Fisichella écrit :

« Comment agir en de tels cas ? C’est une décision difficile pour le médecin et du point de vue du code moral lui-même. (…) le choix de devoir sauver une vie en sachant que cela fera courir un risque sérieux à une deuxième vie ne se fait jamais facilement. (…) Cependant, en faire une généralisation serait incorrect aussi bien qu’injuste. »
« Le cas de Carmen a posé l’un des problèmes moraux les plus délicats ; en traiter de façon sommaire ne ferait justice ni à la fragilité de sa personne ni à ceux qui ont été impliqués dans l’incident de diverses façons. Ainsi, cela se produit pour chaque cas d’espèce individuel, celui-ci doit être analysé dans le détail, sans généraliser. »
« D’autres méritent l’excommunication et notre pardon, pas ceux qui vous ont donné la possibilité de vivre… » (C’est moi qui souligne.)

Peu de temps après la publication de l’article de Mgr Fisichella le porte-parole officiel du Vatican, le Père Lombardi a été cité en ces termes :
« A propos des considérations de Mgr Rino Fisichella, qui dans L’Osservatore Romano a déploré l’excommunication annoncée avec trop de précipitation par l’archevêque de Recife. Aucun cas limite ne doit obscurcir le véritable sens du discours du Saint Père, qui se référait à une chose extrêmement différente. (…) Le pape n’a pas du tout parlé de l’avortement thérapeutique et il n’a pas dit qu’il doit toujours être refusé. » (http://chiesa.espresso.repubblica.it/, 23.3.2009 Mine vaganti. In Africa il preservativo, in Brasile l'aborto).

Malgré un déluge de louanges, de la part des pro-avortement, adressé à Mgr Fisichella, et l’attribution qui lui a été faite de toutes parts dans le monde d’une prise de position favorable à l’avortement thérapeutique, et nonobstant les lettres de membres distingués de l’APV et d’autres personnalités à l’archevêque, ni Mgr Fisichella ni le Père Lombardi n’ont changé ou corrigé d’aucune façon leurs déclarations à la presse, bien que celles-ci, du moins dans la manière dont leur textes sont rédigés, adoptent une position qui est directement et explicitement contraire à la grande tradition éthique depuis Hippocrate et Socrate, et contraire toute la tradition de l’enseignement de l’Eglise sur cette matière importante, et plus particulièrement contraire à la déclaration dogmatique sur l’avortement volontaire dans Evangelium vitae. Laissez-moi citer les paroles, inoubliablement belles, de l’encyclique :

« Par conséquent, avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses Successeurs, en communion avec tous les évêques de l'Eglise catholique, je confirme que tuer directement et volontairement un être humain innocent est toujours gravement immoral. Cette doctrine, fondée sur la loi non écrite que tout homme découvre dans son cœur à la lumière de la raison (cf. Rm 2, 14-15), est réaffirmée par la Sainte Ecriture, transmise par la Tradition de l'Église et enseignée par le Magistère ordinaire et universel.

« La décision délibérée de priver un être humain innocent de sa vie est toujours mauvaise du point de vue moral et ne peut jamais être licite, ni comme fin, ni comme moyen en vue d'une fin bonne. En effet, c'est une grave désobéissance à la loi morale, plus encore à Dieu lui-même, qui en est l'auteur et le garant; cela contredit les vertus fondamentales de la justice et de la charité. « Rien ni personne ne peut autoriser que l'on donne la mort à un être humain innocent, fœtus ou embryon, enfant ou adulte, vieillard, malade incurable ou agonisant. Personne ne peut demander ce geste homicide pour soi ou pour un autre confié à sa responsabilité, ni même y consentir, explicitement ou non. Aucune autorité ne peut légitimement l'imposer, ni même l'autoriser. »

Il existe une contradiction claire de ce texte dans les propos de Mgr Fisichella et du Père Lombardi affirmant que l’avortement thérapeutique pour sauver la vie de la mère (ce qui n’était PAS le cas dans l’affaire de la fillette brésilienne) n’est pas intrinsèquement et toujours mauvais.

Puisque un tort énorme a été causé à beaucoup de personnes, et qu’il est possible que beaucoup de bébés sont morts en conséquence de ces propos provenant de telles sources, et puisque la demande fraternelle adressée à Mgr Fisichella afin qu’il les corrige n’a donné aucun résultat, j’estime de mon devoir d’exprimer mon espoir ardent que les plus hautes autorités enseignantes de l’Eglise puissent rapidement et clairement exprimer l’enseignement authentique de l’Eglise sur la caractère intrinsèquement mauvais de n’importe quel avortement, et qu’elles corrigent publiquement et sans ambiguïté les déclarations évoquées, qui ont conduit beaucoup d’hôpitaux et de médecins catholiques à prendre la défense de l’abominable mal et de l’abominable meurtre que l’on désigne fallacieusement sous le nom d’« avortement thérapeutique », en appelant au secours de cette position qui est fausse même du point de vue philosophique et éthique, qui contredit la « loi morale naturelle », l’autorité d’un « nouvel enseignement de l’Eglise ».

Bien qu’Evangelium vitae et la position de l’Eglise en la matière sont d’une totale clarté, il serait à mon avis quand même nécessaire, afin de réduire le mal qui a été fait, que les plus hauts représentants du Magistère réaffirment l’enseignement d’Evangelium vitae cité plus haut et l’appliquent explicitement à l’avortement pratiqué sur des mineurs et à n’importe quel autre avortement prétendument thérapeutique.

Puisque l’article de Mgr Fisichella constitue également une grave injustice à l’égard de l’archevêque d’Olinda et Recife, dans la manière où il décrit le cas concret de la pauvre fillette de neuf ans, je veux ajouter à cette lettre les corrections officielles et très convaincantes de l’archidiocèse.

Josef Seifert

 
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