18 septembre, 2009

L’ « éducation à la sexualité » selon l’UNESCO : l’aveu

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) vient de publier un projet de rapport présentant les Lignes directrices internationales sur l’éducation de la sexualité qui sera, selon toute vraisemblance, adopté par les Nations unies à New York en octobre prochain. C’est un véritable programme totalitaire qui s’intéresse aux moindres détails, y compris sémantiques, de ce que les jeunes de 5 (oui, cinq !) à 18 ans, devront savoir sur le sexe sans jamais avoir même pensé à le demander. L’affaire fait grand bruit aux Etats-Unis depuis la fin août ; en France, on en a vaguement parlé sur France-Info pour ricaner à propos de la pruderie américaine ; le Salon beige a indiqué l’existence du scandale dès le 1er septembre.

Scandale, oui : derrière un paravent de bonnes intentions affichées tout au long de ce document-projet de 98 pages, officiellement visé par l’UNESCO et l’engageant donc totalement, il s’agit bel et bien de promouvoir l’amoralité absolue, l’indifférentisme culturel, l’idéologie du genre et le libre accès à l’avortement présenté comme un « droit des femmes ».

C’est ce point qu’il faut relever tout d’abord : on sait qu’une guerre sémantique est livrée sans scrupules par des groupes de pression au sein des institutions onusiennes pour faire accepter l’idée que l’avortement est un « droit », et même un « droit de l’homme » au sens des droits protégés par les instruments internationaux. Opposables aux Etats. Opposables aux objecteurs de conscience. Aune à laquelle on jugera le caractère « démocratique » d’un pays. Tous n’étant pas d’accord là-dessus, ces « droits » sont depuis quelques décennies revendiqués de manière indirecte sous la demande de protection et de promotion des « droits reproductifs » ou de la « santé génésique », de manière discrètement avouée par les partisans de l’avortement légal et sous le feu nourri des Etats qui demeurent attachés au respect de la vie qui font tout pour que le « droit à l’avortement » n’acquière pas un statut en droit international

Le document de l’UNESCO, lui, ne prend pas la peine de se cacher. Un rapport régional de l’instance, publié en Thaïlande, avait affirmé dans une certaine clandestinité, en 2003, que l’avortement devait devenir universellement accessible dans des conditions de légalité, de sécurité, d’accessibilité totales. Le rapport achevé fin juin à Paris, où siège l’UNESCO, a au contraire fait l’objet de présentations publiques ; et il ne laisse aucune place ni au doute, ni à la moindre négociation : l’avortement est régulièrement présenté comme faisant partie du chapitre des « droits reproductifs ». Parmi les « objectifs d’apprentissage » à atteindre dans le groupe des 15-18 ans, figure l’argumentaire pour « promouvoir le droit et la possibilité d’accès à l’avortement sûr » (sous-entendu : légal). Les 12-15 ans doivent pour leur part réfléchir sur « la définition de l’avortement, les raisons le justifiant et sa légalité ».

On peut continuer avec le matraquage sur le caractère sûr et sans conséquences néfastes de l’avortement médicalisé ; les 12-15 ans étant invités à apprendre tout sur l’accès à l’avortement sûr et aux soins post-abortifs dans le cadre de l’étude des moyens efficaces pour éviter une grossesse.

Comme cela, au moins, les choses sont claires. Elles démentent l’objectif affiché qui consiste à dire qu’il vaut mieux que les jeunes soient correctement informés, et dans un total respect des valeurs culturelles différentes, à propos de la sexualité et des situations auxquelles ils risquent d’être confrontés, plutôt que d’entendre n’importe quoi de la part de leurs camarades. (Mais on balaie explicitement l’objection des parents qui revendiquent le droit de transmettre eux-mêmes l’information sur l’acte procréateur – c’est la procréation qui est taboue !)

Tout est à lire pour saisir comment les organismes comme l’UNESCO, avec le plein appui du Fonds des Nations unies pour la population et demain, probablement, de l’ONU elle-même, entendent détricoter peu à peu les « réticences » des pays encore attachés à des valeurs traditionnelles et pour court-circuiter le rôle des parents. Pour faire avaler la pilule, le document répète volontiers que chaque pays y puisera ce qu’il voudra, compte tenu notamment de ces divergences culturelles.

Oui, mais… Le luxe de recommandations et de détails contenus dans les 98 pages du projet permet de conclure au caractère totalitaire de l’œuvre. Les auteurs ne demandent-ils pas aux pouvoirs publics de se jeter totalement dans la balance pour imposer un programme d’éducation sexuelle afin que les parents soient bien conscients qu’il est « institutionnel » ? Ne demandent-ils pas de progresser lentement avant d’aborder les sujets les plus « sensibles » (pour ne pas dire scabreux) ? Ne soulignent-ils pas l’importance du jeu de rôle et de la dynamique de groupe dans l’enseignement à dispenser – une technique dont les psychologues connaissent la redoutable efficacité ?

Le message est toujours le même : tout est permis du moment que l’on y trouve personnellement une satisfaction et que l’on soit armé pour éviter la plus terrible conséquence de l’acte amoureux : la naissance d’un enfant, l’apparition d’un petit Cupidon qui scelle le lien entre les deux amants. Tout est permis au nom des « droits » humains, voulus comme fil rouge de leur rapport par les auteurs.
Bien sûr, le lecteur critique achoppera d’abord sur le programme d’« éducation » proposé aux enfants de 5 à 8 ans. On part des valeurs familiales (la « famille » multiple, puisqu’il est explicitement fait mention des couples du même sexe), du devoir de respecter chacun – et spécialement les séropositifs HIV… – du droit de choisir son époux ou son épouse, pour aboutir assez rapidement aux « stéréotypes de genre » (dans le chapitre « La construction sociale du genre »), à la masturbation, aux comportements amoureux des adultes et à leur description physiologique, aux enfants qui doivent être « voulus »…

Après un tel catalogue, on se doute que le curriculum proposé aux autres groupes (les 9-12 ans, les 12-15 ans et les 15-18 ans) sont pareils mais simplement un peu plus explicites à chaque fois, plus outranciers et plus axés sur le droit absolu des jeunes d’être « informés » et d’être médicalement suivis à l’insu de leurs parents.
Il y a d’ailleurs une bien triste progression dans chacun des parcours : on part de la famille et de son importance pour aboutir aux besoins des séropositifs de trouver un véritable soutien, un affectueux secours au sein de leur famille… lorsque leur « bulle » sexuelle aura éclaté, serait-on tenté de dire.

En même temps, par le biais d’un dénigrement plus ou moins ouvertement affirmé, le projet de « directive » de l’UNESCO dénonce l’inefficacité des programmes d’éducation à l’abstinence : puisque l’objectif est de « sauver des vies » et de « sauver des jeunes » des dangers des maladies sexuellement transmissibles et du « risque » de donner le jour à un nouvel être humain, arrivera le jour où ces enseignements fondés sur une loi de la nature humaine pourront bien être interdits

Tout cela vous a-t-il indigné ? Eh bien, dans une mesure certaine, quoique succincte, ces « lignes directrices » sont déjà bien respectées en France, en tout cas dès le niveau des programmes du collège. Mais on peut toujours dégringoler plus bas…

Source : Présent

Une ahurissante interview de Tony Blair

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

“L’Osservatore romano” en « service commandé » ?

Deux pleines pages d’un journal qui n’est pas petit : c’est la place accordée par le quotidien quasi officiel du Vatican à un entretien avec l’ancien Premier ministre anglais Tony Blair, dans son édition du 15 septembre. L’entretien, mené par la journaliste Giulia Galeotti, est si dégoulinant de complaisance qu’un bloggueur catholique anglais, curé de la paroisse Notre-Dame du Rosaire à Londres – où l’on trouve une messe « extraordinaire » –, a suggéré de le renommer : L’Ossequioso Romano.

Après le http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2009/09/tony-blair-simpose-rimini.html ovationné de Tony Blair à Rimini fin août, c’est un nouveau pas vers l’installation de ce partisan de l’avortement et des autres aberrations de la culture de mort dans le rôle de porte-parole de l’Eglise catholique dans le concert des nations. Même l’agence Zenit, plutôt conservatrice, a donné un écho totalement positif à cette interview : voilà un bon demi-million d’abonnés à son service quotidien qui garderont l’impression d’un Tony Blair, homme politique à suivre dans tous les sens du terme.

Visiblement sous le charme, Giulia Galeotti annonce que ce « probable protagoniste sur la scène internationale des années à venir » est un « gentleman » : « Bien élevé, souriant, courtois comme peu savent encore l’être désormais », il est celui que le Guardian de Londres présente comme le « probable futur président de l’Union européenne ». C’est dire que l’enjeu d’une telle publication est de taille.

Le scandale… est précisément que la journaliste n’en fait aucun. Il n’y a pas de question gênante. Pas de rappels de ses votes personnels ni des décisions prises sous sa responsabilité, alors que Tony Blair présente un palmarès systématiquement pro-mort. Richard Marsden, journaliste catholique anglais, en rappelle un bref catalogue dont nous retiendrons quelques exemples : légalisation de l’euthanasie par omission, légalisation de l’adoption homosexuelle qui a abouti au sabordage d’agences catholiques d’adoption sous peine d’être poursuivies pour « discrimination », légalisation des unions homosexuelles, accès à la pilule du lendemain pour les jeunes filles dès 11 ans, légalisation de l’expérimentation sur l’embryon humain… Tony Blair a personnellement voté contre la réduction des délais de l’avortement légal de 28 à 18 semaines ; pour l’expérimentation sur l’embryon jusqu’à 14 semaines, etc.

Dans son interview comme à Rimini, le président de la Tony Blair Faith Foundation, après avoir encensé la Chine contemporaine, se recommande chaleureusement de Caritas in veritate. L’Osservatore Romano a laissé passer, sans la moindre réaction sur le fait que cette encyclique place au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise le respect de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, et qu’il est difficile d’être plus éloigné de cette exigence que Tony Blair…

Soyons précis. Il y a bien une question, en passant, sur l’avortement. La journaliste demande si dans les « démocraties modernes, un homme politique a le droit de parler au nom de sa foi – en se déclarant par exemple contre l’avortement parce que celui-ci viole le cinquième commandement – ou s’il a au contraire le devoir de se taire à propos de son credo personnel ».

Réponse de Tony Blair : « J’ai toujours soutenu que les gens ont le droit de parler. J’ai beaucoup insisté là-dessus en Grande-Bretagne. Surtout parce qu’il s’agit de thèmes à propos desquels les gens ont des sentiments forts, qui sont importants pour eux. Les gens ont des avis très différents sur ces questions, et si une personne croit quelque chose qui pour elle, est absolument centrale, elle a le droit de parler. »

A lire cela, on pourrait bien le croire un défenseur de la vie. Le problème, c’est qu’il a toujours parlé pour l’avortement. Et que L’Osservatore Romano tait cela.

John Smeaton, président de la SPUC (Association britannique pour la protection des enfants à naître) en est venu à demander, en commentant l’affaire pour LifeSiteNews.com : « Y a-t-il des éléments subversifs au travail au Vatican qui veulent une politique de conciliation avec Barack Obama et Tony Blair, et leurs politiques anti-vie ? »

L’Osservatore Romano est contrôlé par la Secrétairerie d’Etat qui a multiplié les signes en ce sens depuis l’élection de Barack Obama. C’est pourquoi un Mgr Michel Schooyans, de l’Académie pontificale pour la Vie, a multiplié les mises en garde depuis plusieurs mois, parlant de « service commandé » à propos du quotidien, soulignant avant la lettre les manœuvres entreprises pour propulser Tony Blair sur le devant de la scène de l’Union européenne, du dialogue interreligieux et du Vatican. On peut dire que les affaires du « catholique » Blair progressent…

P.S. Il va de soi qu’il ne m’appartient pas de juger de la sincérité de la conversion de Tony Blair. Mais il faut souligner qu’il est un « catholique » qui n’accepte pas les enseignements de l’Eglise et du Pape. Sans commentaire.

Tony Blair s'impose à Rimini

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un converti étrange et influent

L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, aura été la vedette de la 30e rencontre de « Communion et Libération » à Rimini, fin août. Le récent converti anglais a cette plate-forme pour promouvoir sa variété hétérodoxe d’un catholicisme détourné aux fins du mondialisme et de l’« Initiative des religions unies » qui inspire sa Tony Blair Faith Foundation (Fondation Tony Blair pour la Foi).

Ladite fondation pour le dialogue interreligieux a été créée en mai 2008, en présence de Bill Clinton, dans un esprit qui convient parfaitement aux principes gouvernant les grandes organisations supranationales comme l’ONU ou l’UNESCO : minimiser les différences entre les cultures, notamment religieuses, afin de promouvoir la paix mondiale. C’est l’esprit du syncrétisme religieux et du New Age, dont on ne parle plus tellement mais qui n’en est pas moins présent, notamment dans les programmes officiels d’enseignement.

Tony Blair s’est donc vu offrir par « Communion et Libération » la possibilité de s’exprimer au cours d’une conférence plénière et de se positionner, ainsi, comme chef de file des intervenants « catholiques » dans notre monde qui évolue, un rôle d’autant mieux accepté dans celui-ci qu’il adhère sans ambages aux nouveaux dogmes écologistes.

Se posant en admirateur ébloui de la Chine, Tony Blair a expliqué aux participants que ce pays est en train d’élaborer des réponses originales et efficaces aux problèmes de pauvreté, de l’installation d’une nouvelle forme d’Etat-providence, d’une réduction vertueuse des émissions carbone. A rapprocher de l’information des autorités chinoises sur la « réussite » de leur politique coercitive de contrôle de la population qui a permis d’éviter 400 000 millions de naissances depuis 1979… Le joli modèle, en effet : où l’avortement forcé est fréquent, le manque de petites filles catastrophique et les problèmes de prise en charge des personnes âgées chargés de conséquences potentiellement abominables.

Il importe de souligner cette introduction pour éclairer le reste du discours, où Tony Blair, se disant inspiré par Caritas in veritate, a appelé le monde qui se mondialise à accueillir l’aide et le conseil l’Eglise catholique, elle-même « modèle d’institution globale », parce que les hommes politiques laissés à eux-mêmes ne peuvent assurer la paix, la justice, la solidarité, la juste répartition des « rares ressources » de la planète. Et, tout en affirmant sa « différence » comme catholique, Tony Blair a mis en avant les divers programmes de coopération interreligieuse qui permettent – avec la Banque mondiale, indiquait-il en passant – de bien répondre aux besoins du monde et au soulagement de la misère.

Emouvant, l’habitué du discours politique a conclu :

« La Foi et la Raison sont des alliées, non des adversaires. Elles se soutiennent mutuellement ; elles s’embrassent ; elles se fortifient l’une l’autre. Elles ne sont pas en compétition pour la suprématie. C’est ensemble qu’elles l’atteignent. C’est pourquoi la voix de l’Eglise doit être entendue. »


On imagine que de telles paroles ont été bien reçues par le public catholique de Communion et Libération à Rimini. Il y avait beaucoup de discrets renvois aux écrits pontificaux. Un souffle soutenu par l’appel à l’« amour de Dieu » et à sa « grâce ». De quoi lancer une véritable OPA sur la présence catholique dans le monde : dans le cadre de sa Fondation pour la Foi, Tony Blair y est clairement candidat, et il n’hésite pas à revendiquer le soutien de Benoît XVI pour ses initiatives.

L’ennui, c’est que Benoît XVI est pour lui une excellente carte de visite… et rien de plus. Car Tony Blair, avec sa femme Cherie qui a été l’instrument de sa conversion au catholicisme, comme il l’affirme volontiers, est pour l’avortement. Pour la contraception. Pour le préservatif comme arme de choix contre le sida. Pour la reconnaissance des unions homosexuelles. Pour le contrôle de la démographie humaine, s’il faut en croire l’association britannique Optimum Population Trust qui le cite dans son rapport intitulé « Une stratégie climatique basée sur la population ». En tant que Premier ministre, il a participé à la mise en place de multiples mesures contre la vie humaine. Il n’était assurément pas un invité acceptable, et encore moins un porte-parole adéquat au sein d’un mouvement catholique.

Pour l’anecdote, sa femme Cherie qui se présente comme une catholique de conviction vient de s’exprimer durement contre l’Eglise à l’occasion du Festival international du livre à Edimbourg, le premier mercredi de septembre. Elle y assurait la promotion de ses Mémoires en accusant l’Eglise d’empêcher certaines femmes de poursuivre une belle carrière en s’opposant à la contraception. Les progrès de la femme sont directement liés à leur capacité de contrôler leur fertilité, a-t-elle déclaré, souhaitant que l’Eglise puisse considérer celle-ce de manière « plus positive ». Et d’avouer avec une élégance qu’on appréciera que son fils Leo est né du fait qu’elle avait oublié son « matériel contraceptif » lors d’une visite officielle à Balmoral. Réponse immédiate d’un porte-parole de l’Eglise catholique en Ecosse : « Lorsque l’Eglise catholique a réaffirmé son opposition à la contraception, elle a mis en garde contre les quatre problèmes majeurs qui seraient directement liées à sa mise en place : une baisse généralisée de la moralité à travers l’ensemble de la société, davantage d’infidélité, un amoindrissement du respect de la femme par l’homme, et le recours coercitif aux technologies de la reproduction par les gouvernement. Les quatre dernières décennies on témoigné de la sagesse de cette analyse. »

Voilà donc le couple Blair : comment ne pas considérer Tony Blair comme un expert en « entrisme » ?

De son côté, Mgr Michel Schooyans, professeur émérite de l’université de Louvain, spécialiste des questions de population, l’un des quarante membres pléniers de l’Académie pontificale pour la vie et membre de l’Académie pontificale pour les sciences sociales, a tenu devant cette dernière un discours de mise en garde où il accusait Blair, dans le sillage de Barack Obama, de détourner le message catholique au profit de l’idéologie du genre, des « droits reproductifs » et autres lectures « politiquement correctes » qui sabotent les « fondements naturels du droit ».

Tout serait à citer. Retenons déjà ces fortes paroles, où il annonce un véritable « terrorisme politico-juridique » :

« Ce que révèle l’analyse des décisions de Barack Obama et du projet de Tony Blair, c’est que se profile une Alliance de deux volontés convergentes, visant, l’une, à subjuguer le droit, l’autre, à subjuguer la religion. Telle est la nouvelle version de l’aigle à deux têtes. Droit et religion sont instrumentalisés pour “légitimer” n’importe quoi.

« Cette double instrumentalisation est mortelle pour la communauté humaine. C’est ce qui ressort de diverses expériences réalisées dans le cadre de l‘État-Providence. Celui-ci, à force de vouloir plaire aux individus, a multiplié les “droits” subjectifs de complaisance, par exemple en matière de divorce, de sexualité, de familles, de population, etc. Mais ce faisant, cet État-Providence a créé d’innombrables problèmes qu’il est incapable de résoudre. Avec l’extension de ces “droits” de complaisance à l‘échelle mondiale, les problèmes de précarisation/marginalisation vont se multiplier à tel point qu’aucune gouvernance mondiale ne pourra les résoudre.

« De même pour la religion. Depuis qu’est acquise la séparation de l‘Église et de l‘État, il est inadmissible que l‘État se serve de la religion pour renforcer son emprise sur les cœurs, les corps et les consciences. (…) « Par ces canaux, et avec l’appui du couple Blair, le juriste-président Obama est en train de lancer un nouveau messianisme nord-américain, totalement sécularisé. Il bénéficie en cela de l’appui de son fidèle partenaire, candidat présumé à la présidence de l’Union européenne. La volonté suprême du Président des USA validera le droit des nations et le droit des relations entre les nations. Dans la foulée, les “Trente-Neuf Articles” de la nouvelle religion devront être promulgués par son collègue britannique. »


Est-ce tolérable ?

Source : "Présent"

11 septembre, 2009

Un militant pro-vie tué par balles aux Etats-Unis

Le sur Le blog de Jeanne Smits

Vers 7 h 30 heure locale, ce matin du 11 septembre, un militant pro-vie habitué des longues stations devant des avortoirs ou dans des lieux fréquentés, au Michigan, a été tué par balles. James Pouillon, 63 ans, se tenait devant l'école secondaire d'Owosso et tenait une grande affiche montrant un bébé et barré du mot "Life" : vie. Plusieurs coups de feu ont été tirés depuis un véhicule dont le conducteur a été appréhendé chez lui trois quarts d'heure après le drame, des témoins ayant relevé le numéro d'immatriculation.

Le motif du crime n'est pas connu pour l'heure ; à l'heure du crime, on découvrait d'ailleurs l'assassinat d'un autre homme responsable d'une carrière de gravier dans le bureau de son entreprise. La police du Michigan soupçonne le même homme d'être l'auteur des deux fusillades. Il a en tout cas avoué dans les deux cas, selon la presse locale.

Quoi qu'il en soit Jim Pouillon, un homme malade portant des prothèses aux jambes et constamment dépendant d'un respirateur, a été abattu alors même qu'il défendait la vie, comme il le faisait depuis de longues années.

De nombreux responsables de mouvements pro-vie ont réagi avec tristesse, condamnant l'assassinat d'un homme décrit comme doux et bienveillant, “complètement non-violent”. Troy Newman, président d'“Operation Rescue”, a dit avoir pleuré en apprenant la mort tragique de son “collègue et ami”.

Lors de ses veilles pour la vie, portant souvent des images de fœtus avorté, il avait été fréquemment la cible d'insultes, de jets de projectiles et de crachats, et en une occasion un automobiliste avait dévié volontairement sa route pour monter sur le trottoir et rouler droit vers lui.

Le Père Franck Pavone, de “Priests for life” (Prêtres pour la vie) a déclaré qu'il espérait voir “autant de fortes manifestations d'indignation de la part de la communauté pro-avortement qu'il y avait eu une forte d'expression d'indignation de la communauté pro-vie au moment de l'assassinat du Dr Tiller”, spécialiste d'avortements tardifs.

L'American Life League, par la voix de Shuan Kenney, son directeur exécutif, a commenté :

« L'American Life League a le cœur brisé par la perte d'un véritable héros pro-vie, abattu par balles le jour même où des Américains de tout le pays commémorent la mort violente de 3 017 personnes. Quelle terrible ironie que cette mort, en ce jour d'infamie, rappelle la mort de 50 millions d'innocents, victimes de l'avortement. Nos pensées et nos prières vont vers sa famille, ses amis et sa communauté à l'heure de cette tragédie, et nous renouvelons notre appel à la paix et à la prière comme seuls remèdes à la culture de la violence.

« Puisqu'aucun motif n'est clairement avancé, toute spéculation est inutile, sinon dommageable. Nous félicitons le département du shérif du comté de Shiawassee d'avoir si rapidement arrêté le suspect, et nous prions pour que Dieu fasse justice, et miséricorde. »


La nouvelle de cet assassinat n'a pas encore fait les gros titres de la presse nationale américaine.

Diverses sources, dont celle-ci.

04 septembre, 2009

Pilule du surlendemain

Le sur Le blog de Jeanne Smits

Pierre-Olivier Arduin, sur le site de Liberté Politique, commente et dénonce l'arrivée sur le marché européen d'une nouvelle soi-disant "contraception d'urgence", la "pilule du surlendemain", Ellaone, à prendre jusqu'à cinq jours après un "rapport à risques", comme ils disent. Les fabricants ne se cachent plus : il s'agit d'une pilule dont l'un des principaux effets recherchés est non l'empêchement de la fécondation, mais l'empêchement de la progression normale d'une fécondation par l'implantation, la nidation de l'embryon sur la paroi utérine. Cette action est clairement et évidemment abortive.

Mais n'oublions pas que toutes les pilules, sans exception, comportent ce moyen d'action. N'oublions pas non plus la manipulation sémantique par laquelle les avorteurs précoces ont réussi à imposer l'idée selon laquelle la grossesse ne commence pas à la conception mais à la nidation de l'embryon, ce qui leur permet de vendre comme "contraceptifs" des abortifs précoces.

L'exclusivité de la commercialisation de la pilule du surlendemain – joli pactole – a été accordée par le ministère de la Santé aux laboratoires HRA-Pharma. Lors des dix ans d'activité de cette entreprise "engagée", j'en avais parlé dans Présent. Ci-dessous cet article, paru le 29 mai dernier.


Macabre anniversaire
Les 10 ans de la « pilule du lendemain »


Le laboratoire HRA Pharma a publié un communiqué pour saluer les dix ans de la mise en vente libre de « sa » pilule du lendemain, le NorLevo. En mai 1999, la France fut le premier pays à en faire un comprimé d’automédication ; peu à peu, son usage s’est répandu pour toucher (derniers chiffres connus) 13,7 % des femmes qui déclaraient en 2005 y avoir eu recours au moins une fois dans leur vie. Accessible aux mineures sans ordonnance et sans contrôle parental, la pilule du lendemain est présente dans les infirmeries scolaires par la décision de Ségolène Royal. Mais tout cela ne suffit pas : HRA Pharma s’émeut de ce que ce moyen de « contraception » demeure « sous-utilisé ».

Chaleureusement recommandé par les pouvoirs publics et autres groupes institutionnellement hostiles à la vie, le NorLevo est indiqué en cas de « rapport non protégé » ou de raté de la contraception au nombre desquels l’on compte par exemple un retard de 12, voire de 3 heures dans la prise de certaines pilules contraceptives « ordinaires ». Surdosée en progestatifs, elle présente une efficacité décroissante pendant les 72 heures suivant le rapport. Aux dires d’HRA Pharma, 24 millions de rapports par an sont considérés « à risques » à la suite d’une mauvaise utilisation de la pilule ou du préservatif, alors que seules 1 210 000 unités de NorLevo ont été vendues en 2008, et que la France, l’un des pays où la contraception systématique est la plus répandue, ne voit pas son taux d’avortements diminuer. Ce qui est dans la parfaite logique de la culture de mort.

C’est donc un joli marché qui reste à conquérir pour le fabriquant… Qui bénéficie d’une présentation complaisante de la part des médias. Le magazine Parents assure tranquillement : « Rappelons donc qu’il ne s’agit pas d’une pilule abortive, qu’il n’y a pas de contre-indications ni d’effets secondaires, que son utilisation ne rend pas stérile. » ( Mais ça sert à quoi, un contraceptif, si ce n’est pas à rendre stérile — fût-ce provisoirement ?)

Oubliés, donc, les céphalées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, vertige, saignements et autres « dérèglements hormonaux » que peut provoquer le NorLevo, d’ailleurs formellement déconseillé par le fabricant chez les femmes risquant des grossesses extra-utérines…

Quant à l’effet abortif, il est, officiellement, « discuté ». On n’a pas de certitude absolue que ce « traitement » (comme ils disent) empêche la nidation d’un ovule fécondé. Cependant la définition officielle du début de la grossesse ayant été repoussé au stade de la nidation (7 jours après la fécondation), on lit avec intérêt le descriptif officiel du « Vidal grand public » : « Il n’est actif que pendant la période qui précède la fixation de l’ovule fécondé sur l’utérus. »
Une petite visite sur le site de HRA Pharma est aussi très instructive. Ce laboratoire, créé en 1997 pour « développer et commercialiser des médicaments ou dispositifs médicaux répondant à de réels besoins en matière de santé mais ne soulevant pas l’intérêt des groups pharmaceutiques », a aussi une dimension humanitaire, comme l’explique son fondateur, André Ulmann. Pour « rendre disponible (sic) ses produits aux plus pauvres de notre planète » HRA Pharma collabore avec l’Organisation mondiale de la santé et des ONG qui font de l’éducation à la contraception et distribuent ses produits gratuitement ou à très bas prix. Ainsi – exemples parmi d’autres –14 400 unités furent offertes pour venir en aide aux victimes du tsunami, le NorLevo figure dans les « kits d’urgence » de l’Organisation mondiale de la santé, il est gratuitement fourni à « Women on Waves » (fournisseur d’avortements gratuits dans les eaux internationales jouxtant les pays « rétrogrades »).

Le laboratoire, avec « Equilibre et populations », a mis en place le programme « Mona Lisa » qui assure la promotion politique de la contraception en Afrique. En fournissant non plus principalement du NorLevo, mais des stérilets dont HRA Pharma est également producteur.

Son aplomb pour affirmer que ces « dispositifs intra-utérins » sont des contraceptifs, alors que leur action est purement « contragestive » et donc provoque des avortements très précoces, jette une ombre sérieuse sur sa présentation de la pilule du lendemain. La commercialisation des stérilets de marque HRA Pharma en France permet de financer ce programme, ce qui permet de tuer là-bas avec le bénéfice réalisé grâce aux vies supprimées ici.

Joyeux anniversaire !

Jeanne Smits

28 août, 2009

Les députés uruguayens votent pour l'adoption homosexuelle

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Par 40 voix sur 53, la chambre des députés l’Uruguay – 3,4 millions d’habitants – a adopté jeudi un projet de loi autorisant l’adoption par les couples homosexuels. L’entrée en vigueur définitive de la loi est prévisible puisque le sénat uruguayen, qui avait déjà approuvé le projet sous une forme légèrement différente, ne devrait pas se dédire. Il devrait voter le projet d’ici au 15 septembre. L’Uruguay devient ainsi le premier pays d’Amérique latine à entériner une révolution aussi fondamentale de sa société, rejoignant les « pionniers » européens : les Pays-Bas en 2001, puis la Suède, l'Angleterre, le pays de Galles, l'Espagne, l'Islande, la Belgique, la Norvège et le Danemark. Aux Etats-Unis, 14 Etats autorisent désormais la procédure approuvée pour la première fois par voie judiciaire en Californie en 1986, la plupart des provinces Canadiennes ont pris le même chemin, ainsi que deux Etats australiens er l’Afrique du Sud.

Le mouvement semble planétaire. Sa progression est spectaculaire : ce qui fut impensable pendant des millénaire a gagné en moins d’une décennie quelques-uns des pays les plus riches, sinon les plus admirables. Ironie du sort : Adolfo Garcé, professeur en sciences sociales à l’Université de la République de Montevideo, observe que la forte immigration d'Européens au XXe siècle, notamment des Espagnols ayant fui la guerre civile, a doté le pays d'une « culture politique progressiste et laïque ». Comme quoi l’homme blanc apporte aussi du bon sur les terres colonisées, du point de vue de la gauche !

L’évolution législative a été facilitée par l’approbation ouverte du premier président de gauche de ce pays à majorité socialiste : Tabaré Vazquez, catholique, rompt là avec les exigences de sa foi alors qu’il s’est très courageusement opposé à la légalisation de l’avortement, malgré le vote pour du Parlement. Médecin, il avait invoqué des « principes éthiques ».

La loi sur l’adoption s’ajoute à d’autres réclamées avec succès par la « communauté » gay, comme le droit de changer de sexe dès l’âge de 12 ans voté par le sénat en décembre, ou la signature par le Président d’un décret autorisant les homosexuels à intégrer les Forces armées.

Par le fait de la nouvelle loi, c’est, curieusement, tout le droit de l’adoption qui sera bouleversé en Uruguay : seules seront possibles désormais les adoptions plénières et seuls pourront y accéder les couples mariés ou en état de concubinage légalement reconnu. L’agence officielle d’adoption uruguayenne se voit en outre reconnaître un droit d’exclusivité quant au choix du couple adoptant – et lui donne le droit d’imposer un couple homosexuel.

L’Eglise catholique avait vivement combattu le projet, publiant les avis de son comité de bioéthique et multipliant les mises en garde. Ainsi Mgr Nicolas Cotugno, archevêque de Montevideo, avait déclaré que son opposition ne reposait pas sur des exigences religieuses ou philosophiques mais sur les réalités de la nature humaine et sur les « droits de l’enfant » : « Les enfants ont besoin d’un père et d’une mère comme référents naturels, c’est un droit qu’on ne peut leur ôter. »

Source : Présent daté du 29 août 2009

Ecole à la maison interdite à une Canadienne

Dictature du relativisme

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un tribunal du New Hampshire (Canada) vient d’ordonner à une mère divorcée qui a choisi d’instruire sa fille de 10 ans à la maison depuis le CP d’envoyer celle-ci dans une école publique, afin de « remédier » au « manque d’exposition » de l’enfant à une “variété de points de vue” en matière de foi. La fillette ne présente aucun problème psychologique, a de nombreux amis, se révèle douée intellectuellement et plus avancée que les enfants scolarisés de son âge ; elle suit certains cours à l’école publique et pratique des activités extra-scolaires. La seule raison avancée pour le placement d’office en école publique est bien « l’impact de sa foi religieuse (chrétienne) sur son interaction avec autrui » (sic). Son gardien officiellement nommé à la suite du divorce de ses parents a soutenu que, la fillette ayant « vigoureusement défendu sa foi » alors qu’il l’interrogeait « suggère fortement qu’elle n’a pas eu sérieusement l’occasion de considérer un autre point de vue » : ce raisonnement a été approuvé par le juge.

Source : Présent daté du 29 août 2009

19 août, 2009

En Espagne, résister à l’avortement pourrait devenir de la « désobéissance civile »

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Le ministre espagnol de la Justice, Francisco Caamaño, s’est exprimé il y a quelques jours devant les caméras de télévision pour faire savoir qu’à défaut d’une disposition explicite de la loi, les médecins ne pourront pas invoquer une quelconque « objection de conscience » pour refuser de pratiquer un avortement. Refuser de se soumettre aux lois civiles, a martelé le ministre, équivaudrait à de la « désobéissance civile ».

L’avortement est en voie de libéralisation extrême, venant à être considéré (comme en France) et tant que « droit » de la femme et pouvant être pratiqué sur les mineures sans restriction en sans autorisation des parents. C’est tout le sens d’une révision de la loi qui doit encore être votée, mais dont les retombées se font déjà sentir de manière tyrannique.

De nombreux médecins et autres personnels soignants se sont insurgés contre les propos ministériels qu’ils conçoivent comme une menace directe. A ce point que le ministère de la Santé, selon certains commentateurs espagnols, se refuse à donner les chiffres de l’opposition à l’avortement parmi les professions médicales… C’est bien leur hostilité qu’il s’agit de briser pour pouvoir implanter la culture de mort non seulement dans les textes, mais dans les actes, dans les mœurs, dans les cœurs.

L’Organisation collégiale médicale espagnole a vivement riposté en rappelant que la Constitution de l’Espagne et la loi qui réglemente les activités sanitaires défendent l’objection de conscience en tant que droit de tous les citoyens. « Si nous sommes tous égaux devant la loi, il est impensable qu’on puisse parler de désobéissance civile dans le domaine sanitaire et non sans le domaine judiciaire alors que, par exemple, certains magistrats ont pu se réclamer de l’objection de conscience devant la réalisation de solutions matrimoniales pour les personnes du même sexe », affirme l’OMC. Elle réclame l’affirmation explicite dans la nouvelle loi du droit d’objection de conscience – ce qui n’est pas beaucoup demander, finalement, devant l’horreur de ce qui se trame.

Le président de cette organisation a également refusé que soit exigée la tenue d’un registre des médecins objecteurs de conscience, rappelant que ce droit de ne pas participer à l’avortement ne pourrait être soumis à une quelconque obligation administrative. Le Dr Luis Rodriguez Padial a exprimé l’avis de ses confrères en rappelant que « l’objection de conscience est un bien juridique fondamental, qui n’existe pas parce qu’il aurait été reconnu par la loi, mais que la loi reconnaît parce qu’il signifie et manifeste le respect civil dû à l’identité morale des personnes ». C’est la jurisprudence constante du Tribunal constitutionnel depuis 25 ans, a souligné le médecin.

Mais il ne s’agit pas ici, pour l’équipe socialiste au pouvoir, de droit mais d’idéologie.

Si bien que le parti socialiste espagnol a rouvert le feu. Le quotidien ABC rapporte une nouvelle offensive du député PSOE Elena Valenciano visant à restreindre encore davantage le droit à l’objection de conscience. Elle veut voir celui-ci « régulé » dans tous les domaines, avec davantage de « transparence », puisque, selon l’élue, il existe des médecins qui refusent d’avorter dans les services publics au nom de leur conscience mais pratiquent l’intervention dans le privé. Prétexte pour restreindre les droits de tous les autres !

Le drame de toute cette affaire, c’est qu’on y argumente en termes purement positivistes : les médecins « objecteurs » s’appuient eux aussi sur les lois écrites et la jurisprudence établie pour réclamer leur droit. Assurément c’est une manière – éventuellement efficace – de se soustraire au « totalitarisme démocratique » en se servant des moyens que celui-ci laisse chichement à ses opposants. Mais l’important serait de dire et de réclamer le respect des lois non écrites. Sans quoi le nombre et la barbarie des avortements en Espagne augmentera encore, avec ou sans les « désobéissants civils » qui ne participeront pas à cette macabre mission de service public…

Source : www.present.fr.

15 août, 2009

5e Congrès mondial des familles, World Congress of Families V

L’enjeu de la rencontre d’Amsterdam, et ses deux faces

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Mercredi soir, au centre de congrès d’Amsterdam – le « RAI » – c’était le brouhaha des derniers « au revoir », les promesses d’agir chez soi, ailleurs, partout pour la promotion de la familles, les échanges de dernière minute de cartes et d’adresses courrielles. Si Internet s’est révélé au fil des ans comme le vecteur d’innombrables horreurs et obscénités, il a apporté aussi la preuve de son incroyable capacité à catalyser les bonnes volontés appuyées sur un accès sans précédent à l’information. Aussi avons-nous quitté le 5e Congrès mondial des familles, le cœur enhardi, pour une dernière et unique « récréation » de quelques petites heures de promenade parmi les canaux d’Amsterdam, avec la pensée que ces trois jours de travaux intenses auraient forcément des retombées. Que désormais, davantage de bonnes volontés sont « en réseau », et plus fortes, plus assurées par conséquent.

Paradoxe ! Dans ce pays éclairé comme nul autre par une douce et transparente lumière nordique – elle a modelé ses peintres et caresse toujours ses paisibles perspectives – c’est la plus vulgaire et la plus criarde immoralité qui risque partout d’agresser le visiteur. Ici un « coffee-shop » avec ses effluves de cannabis ; là une vitrine où l’on vante d’excellents champignons hallucinogènes ; accoudées à un des ponts qui rythment les « grachten », un couple d’évidentes lesbiennes ; à l’entrée du café branché, deux gays au pouvoir d’achat florissant ; dans les plans de ville distribués par l’office de tourisme, l’annonce de l’attraction annuelle de la gay pride (une des plus pittoresques du monde, promet le guide) et les photos ad hoc des « escort girls » et même de leurs homo… logues masculins. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans une quelconque « zone rouge » pour croiser des maisons ornées de néons de même couleur où le contenu de la vitrine, triste chair vivante, ne laisse aucun doute quant au négoce qui s’y exerce.

Et c’est donc là que s’est tenu le Ve Congrès mondial des familles ? Eh bien oui, et il n’y a pas de doute que c’est là qu’il le fallait, malgré les difficultés, malgré un public moins facile à mobiliser qu’à Mexico ou à Varsovie, malgré une opposition parfois vociférante : d’abord parce que beaucoup de Néerlandais aiment la famille, et aussi parce que le fait même de cette opposition est la preuve que le combat est juste, et qu’il dérange ses adversaires.

La déclaration finale, adoptée par l’ensemble des participants qui ont pris soin de faire remarquer que des différences de vue pouvaient subsister sur tel ou tel point, s’est révélée être une pierre dans le jardin des responsables politiques du pays d’accueil. Oui, nous en sommes là : cette définition de la « famille naturelle » reconnue au sein du Congrès mondial des familles incommode, gêne, oblige à des mises au point politiquement correctes :

« Nous définissons la famille naturelle comme se fondant sur le mariage pour la vie d’un homme et d’une femme, ayant pour objectifs l’accueil, le soin et l’éducation de la vie humaine nouvelle, en apportant amour, compagnie et soutien mutuels, en construisant un foyer riche dans ses fonctions, et en renforçant les liens entre les générations.

« Nous nous définissons comme pro-enfant. Nous voulons les structures sociales, culturelles et légales qui soutiennent le meilleur avenir pour chaque enfant en ce qui concerne la santé, l’instruction et l’engagement de demain dans la vie civique. Nous soutenons une organisation du travail qui permet aux parents de passer davantage de temps avec leurs enfants. Nous avons compris que les sciences biologiques et sociales laissent prévoir que les enfants auront les meilleurs résultats dans la mesure où ils auront été élevés par leur parents naturels dans un foyer fondé sur un couple marié.

« Nous affirmons que l’avenir des nations repose sur les familles qui ont un soubassement spirituel. Les organisations religieuses doivent pouvoir librement affirmer leur enseignement moral sur le mariage et la famille dans la sphère publique.

« Nous affirmons que la famille naturelle est antérieure à l’Etat. Les politiques des Etats doivent respecter cette autonomie de la famille. »

Ces premiers propos d’une déclaration qui aborde un grand nombre des droits et des besoins de la famille ont heurté les deux parlementaires néerlandais de la majorité – chrétiens démocrates ! – invités pour la dernière session plénière du congrès. Mirjam Sterk, diplômée de théologie, s’empressa de dire qu’en Hollande, le « mariage » entre personnes du même sexe apporte aussi de l’amour aux petits qui sont adoptés dans leur cadre : « Nous appelons cela une famille ! » Le silence dans le grand auditorium fut alors pesant.

Mais, politiquement correct oblige, nul ne peut aux Pays-Bas se risquer à tenir un langage « radical » sur les droits des homosexuels, l’euthanasie ou les problèmes sans nom suscités par la « famille » monoparentale, le divorce, la cohabitation juvénile sans être aussitôt dénoncé comme « extrémiste ». Si bien que les parlementaires invités, tout comme le jeune ministre de la Famille, André Rouvoet, qui ouvrit officiellement le Congrès par un vidéo-message, ne purent se dispenser d’une petite distanciation bien calculée pour faire taire des médias violemment hostiles à leur rapprochement avec ce congrès.

Et l’on soulignera l’ironie de cette « tolérance » tyrannique dans le message discrètement glissé à l’Américain Preston Noell, chargé de présenter les conférenciers à l’atelier sur l’importance, pour la famille, de la liberté de religion et de la liberté d’expression par les co-organisateurs néerlandais : il ne devait pas utiliser le mot « homosexualité » ! Précisons qu’il le fit tout de même, avec panache, ce qui vaut bien ce coup de chapeau.

Parce que la famille naturelle est ainsi sous une menace et des attaques déjà consommées absolument sans précédent, on comprend d’ailleurs que la plus tonitruante ovation debout de tout le Congrès, qui n’en connut que trois, fut réservée à Austin Ruse, président et animateur de la très documentée organisation catholique de veille des activités anti-vie de l’ONU, c-fam.org, qui rappela le rôle irremplaçable de la famille, de l’Eglise et des pays pour défendre et ancrer la loi naturelle dans nos cœurs :

« Rendons grâces pour les temps où nous vivons, nous y avons été placés parce que nous y avons quelque chose à faire, que nous devons y faire. Nous sommes appelés par Dieu à défendre sa création. Nous devons nous battre devant tribunaux, nous devons nous battre dans les parlements ; nous devons nous battre dans les universités, et nous devons nous battre dans la sphère publique… Et nous ne devons jamais, jamais, jamais laisser tomber. »

L’enjeu, voyez-vous, est encore plus grand et plus grave qu’au temps de Churchill, qu’il paraphrasait : il s’agit d’empêcher le suicide de l’humanité.

Cet article a paru dans Present du 15 aout 2009.

13 août, 2009

Congrès mondial des familles à Amsterdam : j'ai vu des hommes de bonne volonté

Lu sur Le blog de Jeanne Smits (lien permanent).

Pendant trois jours, à Amsterdam, des dizaines de responsables d’associations familiales, de réseaux, d’organismes de recherche ou de veille sur les législations nationales et internationales se sont succédé aux diverses tribunes du Congrès mondial des familles pour informer, réfléchir, partager des « bonnes pratiques ». La 5e édition du « World Congress of Families » répond avant tout à ce besoin nouveau dans un monde mondialisé : les attaques contre la famille traditionnelle se font à tous les niveaux, mais le plus efficacement peut-être à celui des instances supranationales, c’est donc une riposte concertée et cohérente qu’il faut organiser en rassemblant toutes les forces favorables à la famille. Sans oublier les familles particulières, « pierres d’angles » de la société, qu’il faut appuyer, informer et former, afin qu’elles sachent résister chacune au mauvais vent qui souffle…

Soixante-et-un pays représentés, avec une coloration à dominante chrétienne, où l’on note une importante présence catholique ; des conférences d’une grande densité et des dizaines d’ateliers sur des thèmes choisis selon les intérêts spécifiques des participants autour du sujet central, « la famille, davantage que la somme de ses éléments » : voilà pour les chiffres. Je vous promets, pour les jours et semaines à venir, de multiples retours sur le fond de ce qui a été dit à Amsterdam car il y a eu ici beaucoup d’idées à découvrir, de faits à constater, de courages à saluer et à prendre en exemple.

Pour l’heure, quelques premières impressions. Qu’attendre en effet d’un Congrès qui réunit les continents mais qui a trouvé sa source aux Etats-Unis, dans une mobilisation partie d’un chercheur chrétien sur les réalités familiales devenu défenseur des valeurs familiales, Allan Carson et son « Howard Center pour la famille, la religion et la société » ?

La première session plénière, lundi matin, devait apporter plusieurs réponses qui sont sans doute à méditer par nos mouvements familiaux français – sévèrement tenus en laisse, il est vrai, par leur représentation obligatoire au niveau officiel dans le sein de l’Union nationale des associations familiales qui est leur seul porte-parole agréé.

Première leçon : on peut rassembler des personnes très diverses, y compris dans leurs options religieuses, pour faire progresser une concertation et une action communes, ni monopolistiques ni monolithiques, sur des questions de loi naturelle. Celles-ci peuvent mobiliser non seulement les catholiques, mais tous les hommes de bonne volonté. Eh bien, à Amsterdam, j’ai vu ainsi beaucoup de gens de bonne volonté.

Si bien que la cérémonie d’ouverture, marquée par un hommage rendu à un des promoteurs les plus actifs du Congrès – c’est lui qui donna l’impulsion à la formidable troisième édition à Mexico en 2004 –, mort à 53 ans il y a trois mois après un cancer douloureux, fut l’occasion d’un bouleversant témoignage de vie d’époux et de père catholique applaudi avec émotion, et debout, aussi bien par les catholiques présents que par les protestants et les juifs… Quelle leçon de « vrai dialogue » ! Ce fut Martha, la veuve d’Enrique Gomez Serrano, qui accepta l’hommage, et rendit le sien à son époux qui laisse 9 enfants et l’héritage d’un engagement sans faille pour la vie. Elle choisit de lire à tous la lettre que son mari avait écrite à ses enfants dans la perspective de sa mort prochaine : un tendre et grave testament spirituel où l’amour de Dieu, le sens de la souffrance acceptée et offerte, la fidélité à l’Eglise catholique apparaissent vrais et désirables à travers la réalité de la vie vécue et offerte par ce « héros moderne ». Enrique Gomez Serrano mourut le 30 avril, jour de l’enfant au Mexique, deux ans et quelques jours après la légalisation de l’avortement à Mexico…

Deuxième leçon : de tels événements permettent de promouvoir l’information juste, contre le mensonge des gros médias, et ce faisant, l’exemple, l’inspiration, l’amitié, l’esprit de coopération. N’oublions pas que le mariage et la famille sont des institutions naturelles, bénies par Dieu dès le début et à qui cette bénédiction n’a pas été retirée par la faute originelle : leur défense est ainsi l’affaire de tous, puisque le mariage « naturel » est menacé comme il ne l’a jamais été. Les premières heures du congrès allaient déjà révéler la quantité des sujets abordés ; depuis la défense de la vie et la lutte contre « l’hiver démographique » jusqu’à la pression sur les médias pour contrer leur message systématiquement anti-familial ; depuis les graves inconvénients de la séparation des jeunes enfants de leurs mères jusqu’à la tragédie du divorce…

Oui, mais cela sert-il vraiment ? Ce fut ma première question lors de la conférence de presse d’ouverture. La réponse fut un exemple – celui d’Enrique Gomez Serrano une fois encore : la découverte des tout premiers congrès mondiaux pour la famille, avec quatre ou cinq amis mexicains, le poussa à créer un réseau des familles dans son pays où rien ou presque n’existait. En quelques années, 9 millions de parents mexicains y adhérèrent à travers de très nombreuses associations nouvelles. Cela fait un poids, y compris électoral, qu’il est difficile de négliger. Et aujourd’hui plusieurs Etats du Mexique ont déjà amendé leurs lois ou constitutions pour y faire figurer explicitement le respect de la vie depuis la conception.

Voilà qui incite puissamment à prendre au sérieux cette initiative des familles !

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 août 2009)

04 août, 2009

Ne plus se battre contre les lois de mort ? Rocco Buttiglione rectifie le tir

Rocco Buttiglione, cet homme politique italien connu comme catholique et rejeté en tant que tel de la Commission de Bruxelles, vient de s’expliquer sur ses récentes et troublantes déclarations au Corriere della Sera à propos de la loi 194 italienne autorisant l’avortement. Il y apparaissait comme jugeant s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi ; il fallait désormais se battre d’abord pour qu’il y ait moins d’avortements dans le monde. Aux côtés d’Obama ! (Présent du 24 juillet). « Nous ne voulons pas voir changer la loi. Moins que jamais ! » L’émotion qu’il suscita fut grande et l’organisation de défense de la famille et de la vie C-Fam dépêcha un journaliste auprès de Buttiglione. Vivement questionné par Piero Tozzi, Buttiglione s’est livré à une longue explication où il apparaît que les propos de l’homme politique n’ont pas été rapportés avec toute l’honnêteté voulue dans le quotidien italien.

Il faut donc rectifier au plus vite. D’autant que les précisions de Rocco Buttiglione sont sans concessions aucune vis-à-vis des programmes malthusiens promus par l’ONU. Il dérange assez pour qu’un gros journal se permette de tordre son propos. Voilà ce qu’il en dit à C-Fam :

« Il y a un point sur lequel j’ai été inexactement cité, ou plutôt cité hors contexte, ce qui a donné une fausse impression. J’ai dit qu’il est juste de défendre la vie de l’enfant, même contre la mère. Cela est juste mais très difficile, peut-être même impossible. Nous devons défendre les droits de l’enfant, mais aussi renforcer la liberté de la mère, en donnant une alternative aux femmes, en ayant confiance dans le fait que plus la femme est libre, moins il est probable qu’elle accepte la mort de son enfant. »

Etait-ce donc une « erreur » de s’opposer à la dépénalisation de l’avortement, demande le journaliste.

« Ma déclaration a été simplifiée. Je n’ai pas dit qu’il était erroné de chercher à défendre les droits de l’enfant par le recours au code pénal. Je n’ai pas dit cela. La vie de l’enfant doit être défendue par tous les moyens possibles. Avec la loi pénale ? Oui, certainement, avec la loi pénale, là où c’est possible. Mais cela n’est pas possible aujourd’hui en Italie, alors nous devons nous appuyer sur d’autres moyens. Nous devons être conscients du fait que nous n’avons pas un consensus pour la mise hors la loi de l’avortement. »

Et de préciser qu’il ne suffit pas de faire une loi pénale, mais qu’il faut aussi aider les femmes : à ce propos, Buttiglione pourrait sans doute approuver la « Loi pour la Vie » proposée par le Centre Charlier, c’est exactement son propos, à telle enseigne qu’elle n’envisage pas de punir la mère, mais seulement les instigateurs et les acteurs de l’avortement…

Voilà donc qui est moins choquant. Ce n’est pas du pragmatisme pur. Ce n’est pas une acceptation résignée, voire complice, d’un statu quo, où l’on s’interdit même de chuchoter qu’il vaudrait quand même mieux que l’avortement ne soit pas légal, comme le font certains mouvements pro-vie qui ajoutent à leur juste préoccupation pour la deuxième victime de l’avortement – la mère ! – une volonté d’édulcorer leur langage sur la vérité de l’avortement.

Au cours de son entretien avec C-Fam, Buttiglione rappelle la situation spécifique de l’Italie où l’avortement légal résulte d’un référendum : malgré les efforts de l’Eglise, souligne-t-il, efforts fructueux puisqu’un récent référendum bioéthique n’est pas allé dans le sens de la culture de mort, l’opinion demeure majoritairement favorable à l’avortement. Mais en même temps, ajoute-t-il, une majorité estime désormais que « l’avortement est trop fréquent en Italie » : il s’agirait donc de tenter d’abord de modifier la loi afin d’en restreindre la portée (le délai de 20 semaines, par exemple), puis de faire appliquer en fait les dispositions de cette loi qui visent à éviter le recours à l’avortement.

Les déclarations si inexactement rapportées par Il Corriere della Sera avaient été sollicitées à la suite d’une initiative menée par Buttiglione, Magdi Cristiano Allam et d’autres : une motion parlementaire adoptée le 15 juillet dernier en vue d’obtenir, au Conseil de l’Europe, au Parlement européen, et même à l’ONU « avec au moins la neutralité bienveillante des Etats-Unis » un moratoire mondial sur les avortements forcés. Une sorte de défi lancé à ceux qui se disent « pro-choix », explique Buttiglione : comment tolérer l’avortement forcé au nom de la liberté de choix, alors qu’il est à la fois « contre le choix et contre l’enfant » ?

« Dans certaines parties du monde, en Chine en particulier, l’avortement est obligatoire et il faut un permis pour avoir un deuxième enfant. Mais dans d’autres parties d’Asie, aussi, en Afrique, et même en Amérique latine, nous voyons un chantage sur les femmes. Des programmes qui affirment : “Nous vous donnerons du pain, mais seulement si vous acceptez d’avorter.” C’est le fait d’agences de l’ONU, qui financent ce genre de programmes. »

Ce succès a été obtenu en Italie grâce à l’absence d’opposition frontale des « pro-choix », qui ne pouvaient pas décemment voter contre.

Interrogé plus précisément à propos de la politique d’Obama, dont les pro-vie américains connaissent l’extrémisme en matière de culture de mort, Buttiglione a précisé :

« Je sais qu’il existe une lutte importante à propos de la vie aux Etats-Unis, et je ne veux rien faire qui puisse faire du tort aux pro-vie dans cette lutte. Je veux aussi leur parler et gagner leur soutien. Je veux aussi les rassurer sur le fait que nous ne laissons pas tomber, ne serait-ce que la vie d’un seul enfant. Nous ne faisons pas un échange, en acceptant la mise à mort d’un certain nombre d’enfants à naître, pour en échange obtenir la vie de certains autres. (…) Il n’existe qu’un contexte limité où nous autres, pro-vie, et eux, pro-choix, peuvent s’unir dans une bataille – c’est là où la liberté de choix de la femme est écrasée aussi bien que la vie de l’enfant. Je ne pense pas que nous ayons à donner quelque gage que ce soit aux pro-choix pour les convaincre de nous rejoindre sur ce terrain. S’il est exact, comme ils le disent, qu’ils ne sont pas pour l’avortement mais pour la liberté de choix, voilà une occasion pour eux de nous rejoindre afin d’en apporter la preuve. S’ils ne le font pas, alors ils ne sont pas véritablement pro-choix, mais pro-avortement. Ils aiment l’avortement. Ils ne pensent pas que la vie humaine doit être soutenue, mais qu’il faut réduire la population du monde par n’importe quel moyen nécessaire. »

Pas question, donc, de rejoindre les « pro-choix » en renonçant à dire que l’avortement est mauvais, ni de le prétendre « acceptable » comme ils le disent…

Soulignant que les stratégies pour la vie sont forcément différentes selon les pays et les moments, et qu’elles peuvent parfaitement coopérer tout en conservant leur originalité, Rocco Buttiglione a répondu à une question sur ses discussions avec Jean-Paul II quant à la tension entre le pragmatisme et les principes dans la construction d’une culture de vie.

« On ne peut jamais soutenir une position intrinsèquement mauvaise. On ne peut voter une loi qui sacrifie la vie d’un seul enfant. On peut soutenir une loi qui protège la vie de certains enfants, même si cette protection n’est pas donnée à tous. On sauve ceux que l’on peut sauver et l’on n’approuve pas la mort de ceux que l’on ne peut pas sauver. Certains pro-choix étaient prêts à voter notre résolution si nous avions dit que nous voulions voir l’ONU condamner les avortements forcés et soutenir les avortements non forcés. Nous avons répondu : nous ne le pouvons pas. »

Quant à la promesse faite par Obama à Benoît XVI de travailler à réduire le nombre d’avortements, Piero Tozzi a supposé que Buttiglione ne serait pas prêt à dire s’il y croyait. Réponse de ce dernier :

« Je peux répondre ainsi : je ne puis que l’espérer. »

• Texte complet de l’interview sur www.c-fam.org.

Source : “Présent” n° 6894 du samedi 1er août 2009

24 juillet, 2009

Refuser la communion aux promoteurs de l’avortement : le cardinal Cañizares y voit une “charité”

Interrogé par le site d’informations pro-vie LifeSiteNews, le nouveau préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Antonio Cañizares Llovera, a déclaré que le fait de refuser la communion aux hommes politiques catholiques pro-avortement se justifie par le principe de « la charité dans la vérité » – caritas in veritate.

Celui qu’on surnommait, alors qu’il accédait au siège épiscopal de Tolède, le « petit Ratzinger », a rappelé que quiconque s’approche de la Sainte Table en état de péché grave est en grave danger spirituel et que le refus de la communion résulte alors du souci pour son salut éternel.

« Je pense qu’on trouve les paroles les plus fortes dans saint Paul : celui qui reçoit l’Eucharistie sans être convenablement préparé, bien préparé , “mange sa propre condamnation”. C’est la chose la plus forte que nous puissions dire et c’est aussi la plus vraie », a déclaré le Cardinal à la journaliste de LifeSite, Hilary White.

C’est un devoir d’éducation, en somme, auquel répond l’initiative, notamment de la part de certains évêques américains, de refuser publiquement la communion aux personnalités politiques connues pour leur soutien et leurs votes en faveur de l’avortement, de l’euthanasie ou d’autres lois de mort :

« Les hommes politiques doivent se rendre compte de ce qu’ils font, on doit les aider à prendre conscience de la gravité de leurs actes. »

A eux d’abord d’aligner leur conduite sur le principe de la « charité dans la vérité » : c’est ensuite aux évêques de se conformer à cette règle par rapport à l’accès à la communion, a souligné le prélat.

Le cardinal Cañizares a souligné que le fait d’être activement engagé dans la procuration d’un avortement est une offense des plus graves qui encourt la punition la plus sévère de l’Eglise catholique, l’excommunication, comprise comme une peine « médicinale » visant à éloigner du mal celui qui la subit. « Dans le cas des pécheurs publics, nous ne savons pas ce qui se passe dans la conscience de ces personnes politiques. Et je suis bien conscient de la prudence qui doit guider notre conduite. Mais j’estime aussi qu’il est de notre devoir d’éclairer leur conscience. D’aider la personne à agir en conformité avec une conscience juste et droite. » C’est là l’une des fonctions propres de l’évêque, a rappelé le Cardinal : « Aider à la formation de la conscience droite. Former les consciences de telle façon que les gens agissent conformément à la vérité. »

Il est difficile de ne pas voir dans ces déclarations fortes une prise de position dans la guerre discrète qui s’est déclarée entre partisans de l’affirmation claire de la vérité à propos des lois de mort qui défigurent tant de législations à travers le monde et ceux qui, au nom d’ententes politiques ou d’arrangement pragmatique de la question, opposent charité et vérité. Ce fut le cas dans l’affaire de la petite fille de Recife, ce l’est encore sans doute dans l’étrange prise de position de Rocco Buttiglione (Présent d’hier).

Le cardinal Cañizares a précisé qu’on pouvait se référer à deux textes : l’encyclique Evangelium vitæ et le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi – alors présidée par le cardinal Ratzinger – affirmant que la communion « devait » être refusée aux hommes politiques pro-avortement.

Il a déclaré « ne pas savoir » si un document sur le thème des hommes politiques et l'avortement est en préparation au Vatican.

23 juillet, 2009

L’étrange proposition de Rocco Buttiglione

Ne plus se battre contre les lois de mort ?

L’interview a fait grand bruit en Italie et dans les milieux pro-vie américains : le chrétien-démocrate Rocco Buttiglione, naguère persona non grata à la Commission européenne pour cause de positions trop traditionnelles à propos de la famille, de l’homosexualité et de l’avortement, vient de déclarer qu’il ne fallait plus se battre pour renverser la « loi 194 » qui, en Italie, légalise l’« interruption volontaire de grossesse ». S’exprimant dans Il Corriere della Sera, ce proche ami de Jean-Paul II a estimé s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi 194. Il faut, a-t-il assuré, se mobiliser plutôt pour qu’il y ait moins d’avortements en aidant les femmes. Comme Obama l’a promis au Pape le 10 juillet !

Cette prise de position vient décidément trop à point, après l’affreux désordre créé par l’affaire de la petite fille de Recife, pour ne pas relever d’une même – osons le dire – manipulation politique dont l’effet visible est une édulcoration de l’enseignement de l’Eglise sur le respect de la vie.

On se souviendra de la note publiée par Mgr Rino Fisichella dans L’Osservatore Romano (à son corps défendant semble-t-il) pour dénoncer les propos de Mgr Cardoso Sobrinho, alors archevêque de Recife, sur l’excommunication automatique des responsables d’un double avortement sur une fillette de neuf ans violée et enceinte à 15 semaines. On ne veut plus entendre parler, notamment aux Etats-Unis où les hommes politiques pro-avortement savent combien il leur en coûte devant une opinion qui demeure largement conservatrice de se voir refuser la communion dans certains diocèses, du lien entre avortement provoqué et excommunication. Il a fallu une large mobilisation pour qu’une mise au point intervienne. Elle fut forte, et elle vint de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Une nouvelle offensive se dessine à travers les déclarations très médiatisées de Rocco Buttiglione, connu et respecté comme catholique. Il se défendra sûrement d’avoir opéré, désormais, un revirement. Mais ce qu’il a dit est énorme.

« Nous, nous ne voulons pas changer la loi. Moins que jamais. Et surtout pas l’article 1, selon lequel l’avortement n’est pas un instrument de contrôle des naissances. C’est Livia Turco qui l’a dit : l’avortement n’est pas un droit, mais une épouvantable nécessité. Nous avons tous changé. Celui qui soutient la loi 194 reconnaît, simplement grâce aux découvertes scientifiques sur l’embryon et sur l’ADN, que le fœtus n’est pas un amas de sang dans le corps de la femme ; le fœtus est une vie. Et celui qui, comme moi, s’est battu contre la loi 194, s’est trompé sur un point. Le bigot que je suis peux le dire de manière théologique : Dieu confie l’enfant à la mère d’une façon si particulière, que défendre l’enfant contre sa mère est juste, mais impossible. Nous devons soutenir la mère, la rendre libre ; plus elle sera libre, plus il lui sera difficile de renoncer à l’enfant. »


Livia Turco, soit dit en passant, est une ancienne figure du parti communiste italien, devenue en 2006 à l’issue d’une itinérance gauchiste, ministre de la Santé de Romano Prodi, et qui à cette place n’a pas ménagé ses critiques contre les combats pro-vie de l’Eglise catholique en Italie.

Rocco Buttiglione affirme que « l’avortement est une blessure dans la conscience nationale, qui nous a déchirés et divisés ». « Mais aujourd’hui il est possible d’unir spirituellement toute la nation italienne ; qu’il s’agisse de ceux qui ont soutenu la loi 194, ou de ceux qui l’ont combattue, tous ont en partie changé d’avis. Et l’Italie peut conduire une grande campagne internationale, pour atteindre l’objectif que se sont donné le Pape et Obama : moins d’avortements. » Et qu’en pensera le Pape ? « Le Pape lui-même, je l’espère, sera content. »

Rien n’est moins sûr. Il y a d’ailleurs une bizarrerie dans la supposition que Benoît XVI approuverait cet abandon pragmatique d’une position jugée trop raide, cette volonté de « comprendre et respecter » les divisions entre les « pro-choice et pro-life » (en anglais dans le texte). De même qu’il y avait eu une curieuse présomption à affirmer que le Pape avait « personnellement » approuvé les termes de la lettre de Mgr Fisichella sur la petite fille de Recife…

Réduire le nombre d’avortements par l’aide aux femmes, tout en choisissant de ne pas se battre contre le fait que l’« IVG » soit autorisée, voire subventionnée par les pouvoirs publics, tel est le choix de mouvements pro-vie qui hésitent à employer des mots trop durs (« l’avortement tue ») ou à montrer la réalité de ce « crime abominable ». Nous en avons un échantillon en France ; nous savons où cela mène : à plusieurs centaines de milliers d’assassinats de tout-petits par an.

Bien sûr, il faut aider le plus possible les femmes enceintes et créer un environnement favorable à la vie – qui oserait le contester ? Mais l’absence de clarté est déjà une forme de complicité ; l’organisation du crime par l’Etat est un désordre innommable ; et l’approbation des boniments d’Obama est un scandale.

On pourra, pour contredire ce que j’écris, avancer le cas de la Croatie. Voilà un pays où la loi sur l’avortement n’a pas été modifiée et où le nombre d’avortements a chuté de manière vertigineuse. Mais ce n’est pas d’abord en aidant les femmes à être plus « libres », vieille revendication pro-choix. Sa justification « théologique » par Buttiglione ne s’inscrit ni de près ni de loin dans la tradition doctrinale, mais plutôt dans une exaltation toute rousseauiste de la conscience. Le remarquable résultat obtenu dans ce pays ex-communiste résulte d’une claire information pro-vie, soutenue et promue par l’Eglise, à la fois auprès des jeunes dans les écoles et dans les structures de santé.

Prétendre que Barack Obama s’inscrit dans cette perspective est aberrant. Pour Buttiglione, l’initiative italienne de proposer un moratoire mondial sur l’avortement, qu’il a contribué à lancer et soutenir et qui est, de fait, une excellente chose, permettra précisément de trouver ce « terrain commun » où le nouveau Président américain souhaite voir dialoguer les pro et les anti-avortement. La réalité est autre : par le jeu des nominations aux postes clefs de la Santé publique et de la Cour suprême, Obama met en place un dispositif qui menace même à terme de priver les catholiques de leur droit d’objection de conscience à l’avortement, et qui fera droit pas à pas à toutes les revendications de la Freedom of Choice Act qui veut faire de l’avortement un droit absolu. Et ce alors qu’une majorité de l’opinion américaine est désormais hostile à la légalité de ce crime, et que de nombreux Etats ont renforcé au cours des dernières années leurs lois contre l’avortement.

Il n’est pas anodin qu’au retour de leur Président de Rome, les Etats-Unis soient justement en train de mettre en place le financement public de l’« IVG », notamment pour les femmes les plus pauvres ; Mgr William F. Murphy, au nom de la Conférence épiscopale, a vertement dénoncé cette atteinte « au caractère sacré de la vie ». Tandis que Mgr Rino Fisichella dénonçait mercredi « la nouvelle augmentation des fonds publics pour l’avortement » qui se décide aux Etats-Unis.

10 juillet, 2009

Affaire de Recife : la mise au point de la Congrégation pour la doctrine de la Foi

Après les demandes d'éclaircissements présentées par l'archevêque de Recife, Mgr Cardoso Sobrinho, plusieurs membres de l'Académie pontificale pour la vie, et de la manière la plus pressante, par Mgr Schooyans (voir la note publiée ici le 11 juin dernier) la Congrégation pour la doctrine de la Foi viet de publier une mise au point qui ne laisse la place à aucune ambiguïté. Non, l'avortement n'est jamais permis, même dans des circonstances dramatiques comme celui de la fillette de neuf ans enceinte de jumeaux à la suite de viols répétés : aucune atteinte directe à la vie humaine innocente ne peut être justifiée.

Ainsi Mgr Cardoso Sobrinho, victime d'une levée de boucliers pour avoir osé avertir ceux qui allaient faire avorter la fillette, au mois de mars, de la gravité de cet acte en rappelant l'excommunication automatique qui y est attachée, obtient-il justice dans un article publié ce 10 juillet par L'Osservatore Romano, là-même où il avait été gravement mis en cause par Mgr Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, dont l'article était invoqué depuis lors par les partisans du « droit » à l'avortement pour annoncer un changement dans la doctrine de l'Eglise sur le sujet.

Au temps, donc, pour tous ceux qui ont vu dans la récente acceptation par Benoît XVI de la démission de Mgr Cardoso Sobrinho, atteint par la limite d'âge, un désaveu de ses actes dans cette affaire.

Il faut préciser que cette mise au point doctrinale des plus complètes n'est pas synonyme d'inhumanité. Il s'agit au contraire de dire la dignité de chaque vie humaine innocente. De même que le rappel de l'excommunication automatique est une façon d'appeler ceux qui l'encourent de recourir à l'océan de la miséricorde divine.

Zenit.org a mis en ligne dès aujourd'hui la traduction intégrale de la note dont voici les premières lignes en lien :

« Diverses lettres sont récemment parvenues au Saint-Siège, notamment de la part de hautes personnalités de la vie politique et ecclésiale, qui nous ont informé de la confusion créée dans plusieurs pays, surtout en Amérique Latine, suite à la manipulation et à l'instrumentalisation d'un article de Mgr Rino Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, sur les tristes événements concernant la « petite fille brésilienne ». Cet article, publié dans L'Osservatore Romano le 15 mars 2009, proposait la doctrine de l'Eglise, tout en tenant compte de la situation dramatique de cette enfant qui - comme cela a été révélé par la suite - a été accompagnée avec beaucoup de délicatesse pastorale... »

Articles précédents sur ce blog : ici.

17 juin, 2009

Folie de la fécondation in vitro : un cas d’école

Où, au passage, on confirme que la pilule du lendemain tue

« Paul » et « Deborah », couple marié du Pays de Galles, ont fait la une de la presse britannique ces derniers jours. Alors qu’ils viennent de se voir attribuer d’importants dommages et intérêts qui incomberont à la clinique de fécondation in vitro de l’hôpital universitaire de Cardiff, leur histoire a été révélée. En décembre 2007, ils s’étaient rendus à la clinique pour que l’épouse, 40 ans, déjà victime de plusieurs grossesses ectopiques, et qui s’était pour cette raison tournée vers la « fivete » homologue, se fasse implanter le dernier embryon congelé du couple. Le personnel de la clinique était embarrassé. Il lui avait fallu annoncer que l’embryon avait été « détruit ». Quelques jours plus tard, Deborah devait apprendre qu’il avait été implanté par erreur dans une autre femme qui, avertie de l’erreur, avait préféré mettre un terme à sa grossesse. Cela s’était passé le matin même du jour où Deborah était venue pour l’implantation.

Deborah, 40 ans aujourd’hui, s’était effondrée. « Ils ont tué notre enfant ! » La phrase lui revient encore aujourd’hui, comme une macabre ritournelle.

C’est l’histoire du roi Salomon à l’envers : il semble que la femme qui avait reçu l’embryon de l’autre couple, après avoir été avertie dans l'heure de la substitution accidentelle, avait été mise en garde à propos du fait qu’un procès aurait certainement lieu pour déterminer à qui appartiendrait l’enfant : à ses géniteurs biologiques ou à sa mère porteuse. Celle-ci, telle la fausse mère dans le récit biblique, a préféré choisir la mort.

Certainement enceinte depuis le matin même, elle a reçu non une pilule abortive, mais la pilule du lendemain, ainsi qu’en attestent WalesOnline et la BBC. Oui, contrairement à ce que prétend une certaine littérature, la pilule du lendemain tue donc bien en empêchant la nidation de l’embryon. Qui osera encore le nier ?

L’embryon, lui, était donc au rebut. De la part de ses vrais parents, on comprend les manifestations de choc (encore qu’ils aient confié qu’ils étaient au départ moins en colère qu'en apprenant la mise à mort volontaire de leur enfant, puisqu’ils pensaient que l’embryon avait été détruit en tombant d’une table…).

Mais cette affaire soulève très grand nombre de questions dont décidément personne ne sort très grandi.

1. Contrairement à ce qu’affirment les cliniques de fertilité, l’erreur (oserons-nous dire « sur la personne » ?) n’est jamais totalement à exclure. Dans ce cas, on parle d’un embryologiste stagiaire surmené qui a mélangé deux embryons posés par négligence sur une même étagère, à la faveur d’un mauvais éclairage et du bruit des travaux dans l’environnement de la clinique.

2. Paul et Deborah, sachant celle-ci sujette aux grossesses extra-utérines, avaient décidé plusieurs années auparavant de recourir à une fertilisation in vitro. Au total, neuf embryons avaient alors été « produits ». Un premier enfant, Jamie, 6 ans aujourd’hui, est né lors d’une première implantation. Mais plusieurs autres tentatives devaient… avorter.

3. Sur les neuf embryons, il n’en restait en 2007 que deux en congélation, dont l’un « impropre à l’utilisation ». Au rebut, lui aussi ! Le couple avait été appelé à cette époque par la clinique qui lui signalait que le dernier survivant était apte pour un essai. Déclaré conforme, sans doute.

4. Etant entrés dans la logique de la fabrication d’un enfant « dû » et non de l’accueil d’un enfant « don », l’attitude de la « marâtre » furieuse de porter un enfant qui n’était pas le sien était inévitable. La colère de ceux qui se sentent volés aussi : leur souci était entre autres la cherté de la procédure et l’âge de la mère, puisqu’ils avaient peur de ne pas pouvoir recommencer une procédure de « fivete » avec stimulation ovarienne et la création d’une nouvelle série d’embryons.

En fait, la clinique de fertilité de l’hôpital de Cardiff, qui a multiplié les plus plates excuses, a proposé au couple un nouveau traitement sans aucun frais ; échaudés, Paul et Deborah ont promis qu’ils n’y mettraient plus les pieds mais envisagent aujourd’hui d’utiliser leurs dommages et intérêts pour procéder à un nouvel essai, ailleurs.

Tout ira pour le mieux, tant qu’ils pourront eux-mêmes prendre la responsabilité de la « production » et le risque de la destruction massive de leurs tout-petits.

Après tout, pour les renvois au fabricant, il n'est plus question de papa et maman, mais des techniciens « procréateurs ».

12 juin, 2009

Limiter la population pour sauver le climat

Le vrai projet de la Deep ecology prend davantage place au sein de l'ONU

Le rythme de la croissance mondiale est insoutenable pour la planète et le climat, estime une ONG australienne qui demande que le futur accord de Copenhague lie « explicitement » la réduction de la population et celle des émissions de gaz à effet de serre. « Le Protocole de Copenhague doit explicitement établir la relation entre le fait de réduire “humainement” le nombre d‘êtres humains et l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre », indique Sustainable Population Australia, une organisation non gouvernementale, dans une communication aux Nations unies.

Pour l’AFP, l’ONG va lever un « tabou », ce qui montre à quel point l’on ignore ou feint d’ignorer ce discours de plus en plus fréquent et de plus en plus ouvertement soutenus par les grands « philanthropes » comme Bill Gates (Microsoft), Ted Turner (AOL), la fondation Rockefeller et bien d’autres.

Le texte est consultable en ligne sur le site de la Convention de l’ONU contre les changements climatiques (CCNUCC). Il a été présenté jeudi soir à Bonn, en marge des négociations du futur accord climatique qui doit être adopté en décembre à Copenhague.

Partisane de la décroissance, l’ONG identifie comme facteurs d’abus des ressources énergétiques de la planète et d’émissions de gaz à effet de serre la population, la richesse par tête et les choix technologiques. La population apparaît alors comme une variable d’ajustement. La population mondiale approche actuellement les 6,7 milliards et augmente chaque année d’environ 77 millions d’individus, rappelle-t-elle. Et même si les émissions par tête n’ont guère évolué, les émissions mondiales totales n’ont cessé d’augmenter, en raison d’un usage accru des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon. « L’ONU prévoit une augmentation de 50 % de la population mondiale en 2050 ; même si les émissions par tête étaient réduites de 30 %, leur volume global resterait inchangé », affirme l’ONG, d’autant que selon elle la production de nourriture, la multiplication des voyages et les migrations vers des pays riches accélèrent le mouvement.

L’organisation australienne, qui avance que « 41% des naissances dans le monde sont non désirées », demande (exige ?) que celles-ci soient réduites : « S’assurer que chaque enfant qui naît est un enfant attendu est le moyen le plus rapide et le plus efficace de réduire l’impact humain sur l’environnement, y compris sur les émissions de gaz à effet de serre. »

En clair : « les chefs d’Etat doivent soutenir » les programmes de planning familial qui doivent être financés par des contributions internationales accrues (Obama s’y emploie…) ; « le maillage des lieux d’offre de planification familiale doit être dense » ; « les contraceptifs doivent être délivrés sans ordonnance » (tiens, en France, le gouvernement Sarkozy s’y emploie…) ; « l’avortement doit être légalisé ».

Le tout s’accompagnant d’un matraquage de l’opinion, notamment dans les écoles (les manuels scolaires français répondent déjà à cette exigence).

Tout en reconnaissant que « des objections culturelles et religieuses sont parfois soulevées » quand il s’agit de limiter le nombre d‘êtres humains, l’ONG estime que « tout examen dépassionné du niveau actuel de l’impasse environnementale humaine présente montre que le taux et la croissance de la population ne sont pas “soutenables” et ne peuvent être ignorés. Sans réaction, les pires scénarios seront presque certainement inévitables ».

Ce n’est pas un tabou qui est levé, mais au moins le discours devient plus audible. Et il a déjà produit des effets.

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 juin 2009.)

11 juin, 2009

Affaire de Recife : Mgr Michel Schooyans prend position

Le site pro-vie LifeSiteNews vient de publier la réaction très pointue de Mgr Michel Schooyans, spécialiste des questions démographiques et du droit de la vie, à l'affaire de la petite fille de Recife. Professeur émérite de philosophie politique à l'université de Louvain, le prélat a jugé que l'« Affaire de Recife » est d'une « extrême gravité » pour l'Eglise, dans la mesure où la note publiée par Mgr Fisichella dans L'Osservatore Romano introduit une « morale de situation » et même un « relativisme total » à travers le respect de la liberté de choix dans des situations concrètes, relève LifeSite.

Il va jusqu'à écrire dans le résumé de ses commentaires : « Qu'il soit simplement établi que Rino Fisichella justifie ici l'avortement direct. »

Mgr Schooyans est membre de l'Académie pontificale des sciences sociales.

Pour les anglophones, voici le texte complet de son commentaire, toujours sur LifeSite.

En français, voici un résumé de l'article avec quelques-uns de ses « temps forts » dont je vous propose ma traduction.

A propos de l'article de Mgr Fisichella, dont il note le caractère « quelque peu démagogique » et les erreurs de fait, il écrit :

« Le titre de l'article en lui-même fournit une indication claire quant à la position de Mgr Fisichella dans cette affaire : il s'est focalisé sur les intérêts de “Carmen” (ndlr : nom donné pour l'occasion à la fillette). Le caractère unilatéral de ce choix va si loin qu'on ne trouve pratiquement aucun mot de compassion pour les jumeaux victimes d'un double avortement. »

Mgr Schooyans lui reproche d'avoir accepté sans vérification l'affirmation selon laquelle la fillette aurait été en danger de mort : « S'est-il laissé tromper par les journalistes ? A-t-il écrit sous la pression ou la contrainte ? (...) Ce qui aurait dû être prouvé, à savoir que l'avortement était le seul moyen de sauver la mère, dont on considérait la vie en danger, est présenté comme un fait établi."

Mgr Schooyans note alors que le dossier médical de la fillette établit le contraire : « On ne pouvait d'aucune façon invoquer un quelconque état de nécessité. »

« “Carmen portait une vie innocente”, poursuit Mgr Fisichella, ajoutant : “Dans son cas, la vie et la mort se sont trouvées face à face.” Des affirmations théâtrales, mais inexactes. Carmen portait deux vies innocentes, et ces deux vies - aurait-il dû écrire noir sur blanc - ont été détruites. La mort a été infligée intentionnellement et inéluctablement, sans aucune justification, sur deux bébés absolument innocents. En raison du propos délibéré de réaliser l'avortement, la vie n'a eu à aucun moment une quelconque chance de prévaloir. »

Mgr Schooyans souligne l'absurdité du propos de Mgr Fisichella sur le fait qu'on ne prend pas aisément une décision d'avorter en de tels cas, puisque ni la vie de la fillette, ni celle de ses enfants n'étaient en danger, si ce n'est de la part des « médecins qui ont choisi de pratiquer le double avortement, et des idéologues du droit de choisir ».

Et de noter que cette « flatterie » des médecins, demandant pour eux le respect, constitue une justification indirecte de l'euthanasie pour ceux qui la pratiquent dans des cas extrêmes. « Par ses paroles, Rino Fisichella a semé une grande confusion dans les consciences des médecins du monde entier à propos du respect de la vie, à ses débuts et à sa fin. »

« Rino Fisichella nous fournit une nouvelle surprise lorsqu'il se hasarde à donner des arguments relatifs à la morale fondamentale », poursuit le prélat belge. En affirmant que chaque situation est unique, « Rino Fisichella révèle son adhésion à la morale opportuniste, la morale de l'option fondamentale, la morale proportionnaliste, toutes catégoriquement condamnées par Jean-Paul II dans Veritatis splendor.

Pourtant, Mgr Fischella a bien rappelé dans sa note la condamnation de l'avortement par l'Eglise. Mgr Schooyans relève donc la contradiction interne dans cette note publiée par le président de l'Académie pontificale pour la vie (PAV) : « Pour lui, il faut adhérer aux principes tant que la liberté de choix, avant tout, en face de situations concrètes, est respectée. Voilà ce qui détruit la morale, tant naturelle que chrétienne... »

Mgr Schooyans dénonce encore plus vigoureusement la présentation du droit canon par Mgr Fisichella : « Il y a quelque chose d'inadmissible dans la tentative d'émouvoir le lecteur en l'invitant à “regarder au-delà du cadre juridique” dont la raison d'être ici est de protéger les innocents. Il est, pourrait-on dire, blasphématoire de tordre les paroles du Seigneur de la Vie pour excuser les avorteurs, en même temps - et cela ne fait qu'aggraver l'affaire - que d'exploiter l'infortune de la mère, blessée et privée à jamais de ses deux enfants. »

Il a été reproché à Mgr Cardoso Sobrinho d'avoir fait du tort à la crédibilité de l'Eglise. « Mais l'Eglise et ses pasteurs ne méritent pas d'être crédibles s'ils ne proclament pas la vérité », affirme Schooyans. Et de rappeler que le Pape lui-même, à Luanda, le 20 mars, regrettait que l'avortement puisse être présenté comme une affaire de santé maternelle, déclaration que le P. Federico Lombardi « s'est cru autorisé à édulcorer le lendemain », non sans suggérer que l'avortement pratiqué sur la fillette de Recife était un « avortement indirect », c'est-à-dire non voulu directement.

« Est-il normal qu'un journaliste, même de haute volée, s'érige en interprète autorisé de ce que le Pape vient de dire, spécialement si son interprétation a pour effet d'arrondir les angles des déclarations du Saint-Père ? Il serait sans doute nécessaire de clarifier les niveaux d'expertise et d'autorité. Les paroles du Pape seraient-elles donc si obscures qu'elles nécessitent un déchiffrage de la part d'un magistère médiatique non officiel ? »

Mgr Schooyans souligne ensuite le trouble semé dans l'Académie pontificale pour la vie et l'atteinte à son autorité.

La gravité des prises de position de Mgr Fisichella est alors détaillée. Elles font le jeu des organismes internationaux qui se servent justement des cas extrêmes pour demander la légalisation universelle de l'avortement afin de sauver des vies maternelles. Il porte atteinte aux arguments pro-vie alors même que la bataille fait rage au Brésil et ailleurs, donnant une « légitimité » à tout ce que les mouvements anti-vie ont proclamé depuis des années. D'ailleurs les mouvements pour l'avortement ne s'y sont pas trompés, qui ont accueilli la note avec enthousiasme.

« Les positions prises par Rino Fisichella sont très voisines de celles que l'on rencontre dans les publications du Planning familial, de l'OMS, du Fonds des Nations unies pour la population et des “Catholiques pour le libre choix”. Il est permis de se demander si cette proximité est le fruit du hasard, ou si d'autres explications méritent une investigation. Les lecteurs de l'article ont l'impression qu'une main cachée a joué un rôle. Ce qui nous permet d'envisager cette hypothèse est la différence significative, quant au style et quant à la doctrine, entre l'article publié par Fisichella dans L'Osservatore Romano (...) et une interview (...) publiée par Il Corriere della Sera du 24 janvier 2009. »

En espérant que des secteurs de la Curie romaine ne soient pas imprégnés par l'influence du président Lula, qui avait pareillement attaqué Mgr Cardoso Sobrinho, Mgr Schooyans rappelle qu'une campagne pro-avortement mondiale est menée aujourd'hui par Barack Obama, intensifiée par le couple catholique Tony et Cherie Blair. Ce qui laisse prévoir que « l'Amérique latine sera bientôt sous pression afin d'adopter les “nouveaux droits humains”, y compris le “droit” à l'avortement ».

Pour Schooyans, il est urgent de se demander si la préséance de la Congrégation pour la doctrine de la Foi ne doit pas être établie à l'intérieur de la Curie. Il demande si l'article de Fisichella a été publié en accord avec d'autres autorités vaticanes : « Lesquelles ? Qui a financé, organisé et couvert cet arrangement ? Dans une lettre datée du 14 mai (PAV, ref. 4235/09), Fisichella a écrit : “Cet article a été écrit sur demande.” A la demande de qui ? Il en est qui veulent insinuer qu'une pétition a été adressée à Fisichella, voire une sommation, au niveau du bureau de la Secrétairie d'Etat... C'est une question cruciale sur laquelle la lumière doit être faite. »

Mgr Schooyans n'hésite pas à se demander, vu le nombre de désinformations qui ont conduit à cette affaire, s'il n'y a pas des taupes au Vatican, des menées pour discréditer L'Osservatore Romano, il accuse directement Fisichella de compromettre les efforts immenses déployés par l'Eglise en faveur de la famille et de la vie.

« Il serait désastreux que cette affaire soit couverte par le silence ou qu'elle se poursuive indéfiniment, vu que le trouble est grand parmi les fidèles et que des mouvements “laïques” sont à l'évidence à l'affût pour exploiter la moindre nouvelle faille dans l'unité de l'Eglise. Un silence anormalement prolongé impliquerait que le Saint-Siège confirme la répudiation de l'archevêque Cardoso, prononcée implicitement par Fisichella. »

Il faut faire cesser les multiples erreurs, ajoute Mgr Schooyans, qui utilise le mot « scandale » et parle d'urgence, d'autant que l'affaire ouvre la voie à d'autres « dissidences ».

« L'affaire de Recife souligne que l'unité de l'Eglise ne peut se résumer à une affaire d'opportunité politique. L'Eglise, ou à tout le moins certains de ses membres, est victime d'une stratégie de la tranche de salami. En rejetant Humanae vitae, certains parmi ses pasteurs ont avalé la première tranche : la contraception. L'affaire de Recife révèle que certains de ses pasteurs sont en train d'avaler la deuxième tranche, l'avortement. D'autres tranches sont en attente d'être avalées : l'euthanasie, le “mariage” de personnes de même sexe, diverses forme d'ingéniérie génétique, etc. (...) On se contente d'une vérité qui s'enracine dans l'ambiguïté. Mais cette ambiguïté conduit inévitablement à un relativisme doctrinal généralisé. Cette tendance doit-elle être encouragée ? »

Pour Schooyans, la seule solution se trouve dans une mise au point du Pape lui-même, puisque l'article de Fisichella a créé un doute à propos de la légitimité de l'avortement. « Mais il n'est pas sûr qu'à Rome, la gravité de la situation soit suffisamment perçue », regrette-t-il.

02 juin, 2009

En anglais... Exclusive interview : Prof Josef Seifert, of the Pontifical Academy for Life, speaks about the Recife affair

The following interview with Pr Josef Seifert, of the Pontifical academy for life, by Jeanne Smits, was published in in French in Présent dated May 26th 2009. It followed the remarks published by Pr Seifert following Mgr Fisichella's note in the Osservatore Romano.
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– Why did you choose to write to Mgr Fischella ?

– It was not really a letter to Mgr Fisichella, even if several internet sites which published my remarks presented it as such. We – that is, several members of the Acadamy – wrote privately to our president. The text to which you refer was not a letter but a series of remarks : I was asked to express my opinion because, worldwide, there was confusion about whether there was a change to the teaching of the Church on abortion.

– But you found these observations and remarks necessary and you do maintain them.

– Yes, I found them necessary because I think one can see how all through the pro-abortion circles, in countless articles, Mrs Frances Kissling, who called Fisichella’s article “an amazing shift in the Vatican’s strategy of no dissent from its position that direct abortion is never permitted”, and many others interpreted it as a complete change in the teaching of the Church which they welcome, by believing that now so-called “therapeutic abortion” is okay in the eyes of the Church. In my opinion this is not a wrong construal of the article of Mgr Fisichella (even though he indicates at the beginning of his article that the Church’s doctrine on abortion does not change). I certainly hope that Mgr Fisichella does not really maintain this position but his article certainly creates this impression both with the opponents and the adherents to abortion and therefore I thought it was very urgently necessary to speak on this, also in public. And I hope that the Church, with authority, will speak out.

You write that several people of the Pontifical Academy for Life have been speaking about this privately. Is the discussion going on, as far as you know?

– I feel it is not up to me to speak about the internal operations in the PAV, or of the members of the Academy, but I can say a number of members hoped that Mgr Fisichella would express himself, and that some of them wrote to him jointly, and others personally. Despite this there has been no public correction or change to this opinion he published. That much I can say, for the rest I wouldn’t like to give information to the press about the names or numbers of those who reacted.

– This whole affair was about communication. Was Mgr Cardoso Sobrinho right to speak about excommunication ? I think there are two points here : the point that in Western circles, it was assumed that the little girl was on the point of dying, which was not true. But if she had been, do you think it would be possible to say that excommunication would not intervene because of the fear of death on the part of the mother of the little girl?

– First of all, the archbishop of Recife made corrections, which I added to the text of my observations published on internet. He did not excommunicate this girl, the nine year-old who had an abortion. And he did not actually excommunicate the responsible people: he told them that they were excommunicated automatically. Mgr Fisichella mentions as much at the beginning of his article. It was not a direct excommunication of the people concerned but a public declaration of the archbishop, that all those involved in the abortion were excommunicated latae sententiae. This is what the Codex Juris canonici says, and I think also Evangelium Vitae. It was not a new excommunication or the excommunication of a nine year-old girl.

This girl was not actually in danger of dying, the abortion was not a life-saving act as it appeared in the article. It was simply an abortion on a nine year-old girl, who was abused sexually by her stepfather. It was very sad, no doubt, and from that point of view Mgr Fisichella was right to say that it was an extremely tragic case; but the archbishop of Recife was completely aware of that. Moreover, in point of fact he was not communicating poorly, but he was being a pastor and he was trying to do everything that could be imagined to show love and charity to this girl and also to her mother and father. Mgr Fisichella’s article creates the false impression that Mgr Cardoso Sobrinho neglected his pastoral duties in this case and instead of showing charity had only cruelly waved an excommunication flag against a nine year old.

If the little girl really had been in danger of dying those responsible persons who collaborated with it, would still incur excommunication; abortion, in the eyes of the Church, even to save some life, is not permitted. That would still fall under this sanction of excommunication. But apart from that, it wasn’t the case.

– No, it was not the case. I think it’s more a question of sensitivity of Western people who are not Catholic anymore, who do not understand what excommunication means. Would you agree with that?

– Yes, no doubt. I think there was a sort of hysteria about this excommunication, but the archbishop José Cardoso Sobrinho declared his conviction that in this particular situation, with the public discussion accompanying it, it seemed pastorally and out of charity necessary to state publicly that those who performed or collaborated in the abortions incurred excommunication. As we can see from what happened after the article of Mgr Fisichella, many people who are Catholics or who are seen as Catholics, seem to be claiming therapeutic abortions can be carried out; Mrs. Kissling even was President of an organization that is a contradiction in terms: “Catholics for choice” (pro freedom for abortion). In Canada, people, including an archbishop, came out quite openly on this, drawing the same conclusion from the Fisichella article. There was confusion and I think the archbishop Cardoso Sobrinho was correct to say that if one does not speak about that at all, the impression remains that it is not a heinous crime to kill unborn innocent children, because this idea has disappeared so widely from society. There are so many countries in which abortion is legal that I think he made a good point.

In my opinion that is the reason why the reaction to the archbishop’s declarations was nearly hysterical, as if he had done nothing to take care pastorally of the girl, and of the babies, as if he had spoken coldly and without further ado excommunicated all those involucrated in the abortion. I think the declaration of the diocese puts this in a very good perspective that is quite contrary to the wrong impression drawn from the Fisichella article.

– You used the word “charity”, which is very interesting. You said the archbishop of Recife had the charity to say the truth about this. I’d like you to go a bit further on this point: actually you’re saying the Church is charitable when it shows people that something is very wrong.

– If it is the truth that to kill the unborn is a great crime, if it is a serious thing and puts in peril the soul of all those who do abortions or who participate in abortion, then I think it is an act of charity to make people aware of this fact, and it is a lack of charity to be silent about the real nature of this crime. But the archbishop, together with a pastor, showed his charity not only in mentioning the excommunication but also in many, many efforts to save the lives of the children, and the health and spiritual well-being of the girl, in offering pastoral services to her and to the mother. His charity was not restricted to his declarations on the excommunication of the mother or the other persons involved.

But I do indeed think that he was also charitable in telling them that in the eyes of the Church, who teaches the truth opportune-importune, there are actions which separate those who commit them from the community of the Church and which also constitute enormously great dangers for their souls. Therefore I think it is certainly not charitable not to warn people of such a danger and to lull them in a feeling that they have done well or have just been saving a young girl’s life. This applies to any dangers. Telling someone that if he comes close to some danger he will die is an act of charity, not to tell him is a lack of charity: why should it not be charity to tell someone that through what he does he might lose his eternal life? Christ, who is God and hence Love (Charity) Itself, warns us a tremendous number of times of the danger of hell. I think the words of archbishop Sobrinho must be seen in that light.

Now of course in a society in which people have reached a more or less general consensus that there is no danger of peril to any soul, that there is no sin, or at least no mortal or grave sin, it must appear extremely old-fashioned, rude, and uncharitable to say such a thing, which it would be if sin and the threat of damnation are fairy-tales. But if these exist, there exists a “charitable excommunication” and to see any form of excommunication, even if preceded by ardent charity and spiritual pastoral care, as uncharitable would be a profound misconception.

– Are you afraid, in the light of what is happening, that the doctrine of the Church is really changing, or rather that it is not being proclaimed as it should be ?

– I am not afraid that the Church’s teaching on the absolute and unconditional wrongness of abortion and killing human embryos in any other form (by abortion pills, embryonic stem cell research, etc.) is changing, because as a Catholic I believe that the Church is guided by the Holy Spirit who will prevent that it ever declares false things on very important issues of morality or doctrine. Purely humanly speaking I would be extremely afraid because of this long silence from the Vatican on such an important and urgent issue, a silence which I find quite wrong, wherefore I hope it will end soon. But Gamaliel in the Acts of the Apostles gives an argument for the truth of the Church and the divine foundation of the Church, which I consider extremely strong and would like to call the “rascal proof of the Catholic Church”, which appears in cynical undertones also in one of Bocaccio’s stories in the Decamerone: Gamaliel says the Jews should not abuse or kill the apostles because if their work is purely human it will disappear in a generation, while if it is divine they would be fighting God in killing the apostles.

And indeed the teaching of the Church has not changed for two thousand years in spite of some horrible Popes, and with our present Pope and Pope John Paul II we have been blessed with wonderful Popes! In the past, some Popes were really terrible, but in spite of them and many corrupt and heretical bishops and cardinals during two thousand years of history and sometimes of exorbitant corruption, worldliness and heretical views in the Vatican, Church doctrine has not changed on any single essential point, and that is, I think, a miracle. Even the greatest philosophers, such as Plato, had their noblest cognitions denied in their own school within decades. How much more would a mere man-guided religion that teaches such immense mysteries fall apart and splinter into thousands of sects without the divine gift of infallibility and guidance through God? I believe in that miracle of the Catholic Church of which the Jew Gamaliel spoke, and I therefore – and solely of it being God’s work - do not think the Church will ever change its doctrine.

But it’s another thing for a bishop, who can easily err, or even for a Congregation for the Faith or a Pope, to declare sufficiently strongly a teaching of the Church. Pope John Paul II, the Great, did so magnificently in Evangelium Vitae regarding human life and abortion, and I hope that this will happen again, especially after this confusing article which makes a quick and unambiguous and public reiteration of this doctrine necessary. But of course there is no guarantee that at all times all bishops, or responsible cardinals, or even the Pope himself (let alone the Osservatore Romano, who lately not only published the Fisichella article in several languages after its errors about archbishop Sobrinho were already clearly known, but a series of other scandalous articles on life issues, for example some of at least implicitly critiquing of the 80 US bishops, who decried Notre Dame’s decision to give Obama, the most pro-abortion US President of all times, an honorary doctorate of law), will proclaim the teachings of the Church strongly enough. Saint Catherine of Sienna condemned this great evil of uncharitable silence in the Church of her time. My fear is that we ourselves, and the authorities of the Church, never proclaim the truth and a true Church teaching strongly enough, but I do think very strongly that one must do everything to express the desire and the hope that it will be done, and to pray for that intention.

– I’d like to put to you the point made by a French catholic journalist who was very angry about the gesture of Mons. Cardoso: he said all the people who were applauding the archbishop are part of a “vitalist” heresy which has an excessive respect for human biological life. How do you react to this sort of reasoning ?

– I think a “vitalist heresy” in the sense of overestimating or idolizing the value of earthly human life is an extremely low danger in the Church today. I think the real danger is rather the exact opposite: what Pope John Paul called the “culture of death” heresy. I don’t know exactly what this journalist means but if it is that he calls the insistence on the sublime dignity and morally binding character of the dignity of every human life from conception to death a heresy, that is a complete abuse of the term “heresy”. Especially given the fact that the Encyclical Evangelium vitae declares – dogmatically, because the Pope invokes the authority of Peter and his successors – very clearly, that human life from conception to death deserves full respect, with no exception, and that any direct killing of an innocent life is clearly a crime. So from that respect, I think any statement that relativizes this, like saying therapeutic abortion is acceptable, or that it is very unclear whether it is permitted or not, is actually a “culture of death” heresy in the light of that dogmatic declaration of Evangelium vitae.

You could of course speak of vitalist heresy in the case of environmentalists who argue that every form of life, even bacterial life, should not be killed. If we are speaking about an absolute right for every living organism, animals or plants, and we must all be vegetarians or only eat fruits, that could indeed be called a “vitalist heresy” – like making an uproar, with Brigitte Bardot, when sheep are slaughtered in Morocco for the muslims greatest religious feast.
But I think it would be a very shocking misuse of the word to call the full and unconditional respect for each human being’s life “heresy”. That no innocent human life must ever be taken is not only a natural ethical point of view or an objective ethical insight that Socrates could state even apart from the context of Revelation (when he refuses to kill the innocent Leon, even at the risk of his own life, being asked by the government to do so), but it is the clearly declared Church teaching, particularly in Evangelium vitae.

 
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