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30 juillet, 2012

Suède : Examen raté pour un élève qui a qualifié l'homosexualité d'“anormale”

Un élève d'école secondaire suédoise vient de rater son examen de biologie pour avoir exprimé l'opinion selon laquelle l'homosexualité est « anormale », selon LifeSite qui site la source d'informations suédoise svt.se.

L'élève en question, voyant sa mauvaise note, a demandé une explication. Son professeur lui aurait répondu que c'était en raison de ses opinions, étant donné que le but du programme de son école était de voir les élèves montrer du respect pour les différentes orientations sexuelles, et que la prise de position de l'élève n'était pas conforme à ce but.

La direction de l'école, saisie par les parents de l'élève, a conclu que cet élève aurait dû être davantage « soutenu » et que ses parents auraient dû être avertis par l'enseignant du risque d'échec de leur enfant en biologie – étant entendu, bien sûr, qu'il est supposé évident que le « respect pour les différentes orientations sexuelles » est nécessairement partagé par tous.

Un peu comme le fait de ne pas adhérer au communisme en ex-Union soviétique justifiait que l'on vous envoie à l'asile vite fait…

L'avenir scolaire de l'élève n'a pas été compromis, vu qu'il a obtenu son diplôme de sortie de cycle, la direction ne donnera donc pas suite à la plainte des parents. C'est peut-être mieux ainsi…


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09 mai, 2012

Un médecin suédois poursuivi pour avoir refusé un avortement à la demande du père de l'enfant

Les services publics de la santé en Suède ont émis un blâme à l'égard d'une gynécologue qui, en 2010, a refusé de pratiquer un avortement sur une femme dont le mari avait demandé qu'elle trouve une « alternative » à l'intervention. Elle est accusée d'avoir dépassé le cadre de son mandat, d'avoir méconnu les droits de sa patiente et d'avoir indûment brisé le secret médical.

Dans un premier temps, la femme enceinte s'était présentée au cabinet du médecin en expliquant qu'elle ne voulait pas mener sa grossesse à terme, ajoutant que celle-ci n'était pas désirée et qu'elle se sentait mal. La gynécologue avait fixé une date pour l'avortement mais à la veille de l'intervention, le mari de la patiente était venu voir le médecin pour savoir s'il n'y avait pas d'autre solution. La gynécologue avait accepté d'en rediscuter avec elle.

La patiente avait alors répété sa volonté d'avorter, selon le rapport publié par le Comité national de la santé et du bien-être suédois. La gynécologue, cette fois, allait résister : elle annula le rendez-vous au motif que la patiente « ne semblait pas jouir de son équilibre mental ni être en mesure de prendre des décisions bien pesées », comme elle l'a expliqué au Comité pour se défendre. Elle la renvoya au contraire chez un conseiller où la patiente assura que son état dépressif était dû précisément à sa grossesse.

Par la suite, la patiente a dénoncé son gynécologue aux autorités en l'accusant d'avoir eu un comportement « insultant », parce qu'il l'avait dépouillée de son droit de choisir, qui selon la loi suédoise appartient à la femme seule.

Et le médecin ? Rien à dire. Le Comité de la santé et du bien-être a souligné que le médecin n'a pas à se poser de questions sur le « bien-fondé » de la décision de la femme mais simplement à exécuter ses désirs.

Et le mari et père de l'enfant ? Il n'a pas davantage de droits, assure le Comité. La gynécologue a reçu un blâme supplémentaire pour avoir violé la confidentialité de sa patiente en évoquant son cas avec le mari de cette dernière.

Et l'enfant à naître ? Il n'est personne…


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09 juin, 2011

Le « modèle social » suédois est néfaste pour les familles !

C'est devenu un lieu commun de dire que la Suède est un « modèle » en matière d'accueil des jeunes enfants ; je me rappelle le temps où, jeune journaliste, je faisais des articles vantant le très long congé de maternité, rémunéré quasiment à taux plein (2 ans, ramené ensuite à 16 mois) qui permettait aux femmes suédoises de rester à la maison avec leurs tout-petits. Ce long congé avait permis une remontée de la fécondité suédoise alors qu'elle s'effondrait un peu partout en Europe.

Mais nous n'avions alors qu'une vue parcellaire de la situation.

Ce qui passait et passe toujours inaperçu, c'est que dès leurs 18 mois, 92 % des enfants suédois passent leurs journées en crèche ou dans d'autres structures d'accueil de jour tandis que leurs mamans travaillent, jusqu'à leur entrée à l'école qui se fait à 5 ans. L'école à la maison est en pratique interdite. Les parents qui restent à la maison pour élever leurs enfants sont socialement marginalisés, mal vus. Le « modèle social » suédois a des buts bien précis : assurer « l'égalité de genre », mieux répartir les rôles homme-femme, afficher un taux d'emploi féminin très élevé, améliorer les performances des enfants à l'école en « professionnalisant » la formation pendant les jeunes années. Le taux de fécondité reste en deçà du minimum pour remplacer les générations.

C'est pourtant ce modèle qui est mis en avant au niveau européen pour venir à bout de l'hiver démographique qui s'installe. Il fait réclamer des congés « mieux répartis » entre pères et mères ; il repose sur un retour au travail précoce et la marginalisation des longs congés de maternité.

Toutes choses favorisées par des choix politiques : quasiment toute l'aide publique à la petite enfance au-delà de 16 mois va à l'accueil de jour (15.000 euros par an et par enfant !), le système fiscal totalement individualisé ne tient pas compte de la composition de la famille, le principe étant que les deux parents travaillent. La généralisation des structures d'accueil de la petite enfance date de 1975.

Je dois ces faits et chiffres à un sociologue, chercheur et coach suédois, Jonas Himmelstrand, qui travaille sur ce « modèle » depuis de longues années : très exactement depuis que, au début des années 1990, il constata que la Suède était championne d'Europe des congés maladie des femmes, souvent liés au stress, et que tout n'allait pas si bien dans le royaume. Au fil de ses recherches il a constaté que le niveau scolaire suédois s'est effondré, le niveau d'indiscipline dans les écoles est parmi les plus élevés d'Europe, les jeunes adolescents y connaissent d'importants taux de déprime, de mal-être et de problèmes psychologiques. 20 à 30 % des adolescentes suédoises – trois fois plus qu'il y a 20 ans – se plaignent d'être soucieux, anxieux ou d'éprouver des douleurs physiques. Les parents s'y trouvent de plus en plus démunis devant les tâches éducatives, même parmi les classes moyennes.

En fait, constate-t-il, c'est le lien social, le lien relationnel à l'intérieur de la famille qui est largement rompu. Les petits enfants ne sont généralement pas chez eux pendant la journée : et en grandissant, les h-jeunes se heurtent à la même absence parentale.

Et comme par ailleurs la Suède peut se vanter d'être une société riche, avec un système de sécurité sociale et de soins excellent, une longévité modèle, peu de pauvreté, peu d'enfants matériellement laissés pour compte, une scolarisation généralisée, il faut bien que les mauvais résultats de toute cette politique aient une cause.

Au fil de ses travaux, Jonas Himmelstrand a rencontré beaucoup de femmes. Elles sont nombreuses à se révolter contre la quasi obligation qui leur est faite de laisser leur enfant à d'autres avant qu'il ait 18 mois. Et plus elles sont jeunes, plus elles aspirent à ne pas être obligées de quitter le foyer en laissant leurs jeunes enfants à d'autres. En fait, les parents aspirent à ce que l'un d'entre eux, généralement la mère, puisse être à la maison jusqu'aux 5 ans de leurs enfants, et qu'elle puisse reprendre un travail ou une activité à temps partiel jusqu'à ce qu'ils quittent l'école secondaire.

C'est si vrai que la coalition de centre droit élue en 2006 avait promis de mettre en place des allocations pour les mères au foyer, afin qu'elles aient réellement le choix de ne pas mettre leurs enfants dans des centres d'accueil. En pratique, l'allocation consentie – de 300 euros par mois, insuffisante pour remplacer un salaire dans une société où tout est calculé sur le modèle des deux parents au travail – a bien été mise en place mais le choix de l'attribuer ou non a été laissé aux instances régionales et en pratique seul un tiers de la population suédoise peut y prétendre.

A noter que cette aspiration n'a rien à voir avec des convictions religieuses ou une volonté de revenir aux « traditions » suédoises : Himmelstrand estime qu'elles ont à peu près disparu…

Car le « modèle » social suédoise reste à l'œuvre. Pour Jonas Himmelstrand, il est urgent de revenir au bon sens : jamais l'Etat ou des agents payés ne seront prêts aux mêmes engagements, aux mêmes sacrifices que les parents pour faire ce qu'il y a de mieux pour leur enfant ; rien ne remplacera jamais le lien familial et ses relations étroites et rassurantes, facteurs de stabilité et d'équilibre pour les jeunes qui grandissent et mûrissent mieux près de leurs parents que mis en groupes avec des enfants de leur âge.

Himmelstrand constate aussi que le lien familial a tendance à se distendre dès lors que « la société » prend la responsabilité de l'éducation des enfants et que les professionnels désignés par l'Etat sont perçus comme ayant seuls « l'expertise » pour s'en occuper.

Le « modèle » suédois se révèle plutôt comme une dangereuse utopie, l'expression d'une idéologie de destruction de la famille.

Sources (entre autres) : ici, ici (avec une vidéo), et ici pour accéder au site de l'institut pro-famille de Jonas Himmelstrand.

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29 mai, 2011

Vivre loin de son travail : un facteur de divorce

Erika Sandow
Photo : Umea University
Un trajet de plus de 45 minutes entre domicile de travail fait augmenter le risque de divorce de 40 % : c'est le résultat d'une étude suédoise de l'université de Umea qui a passé au crible les statistiques de 2 millions de foyers entre 1995 et 2000 dans ce pays nordique supposé champion des politiques familiales.

Les chercheurs ont une explication : le partenaire – dans 70 % des cas, l'époux – qui passe 45 minutes et davantage en déplacement pour se rendre au travail, puis pour un revenir, arrive au foyer fatigué et stressé, et peu enclin à rendre service pour les tâches domestiques et le soin des enfants. L'autre – la plupart du temps, l'épouse – finit par avoir le sentiment que son travail est considéré comme allant de soi. Et voilà une source de conflit et même de séparation, surtout si le mariage en est à ses débuts, et que les jeunes mariés sont en train de se réveiller du rêve de l'amour parfait. C'est pendant les premières années passée à plus de 30 km du travail que le taux d'échec des mariages est le plus important, tant que le couple n'a pas trouvé une stratégie permettant d'équilibrer l'apport de chacun pour réduire la fatigue et le stress pour l'ensemble.

C'est à ce moment-là que les temps de parcours élevés enter foyer et travail, pour le mari, apparaissent comme un facteur puissamment aggravant, d'autant que la femme recherche le plus souvent un travail plus proche et moins rémunéré pour avoir le temps de s'occuper de la maison et des enfants.

Mais celle qui a mené l'équipe de chercheurs, Erika Sandow, voit là un motif de désolation qui m'avait échappé et qui vous échappe sans doute aussi : « L'un des risques les plus importants sur le long terme des longs parcours domicile-travail est de confirmer les stéréotypes dans les relations hommes-femmes. »

Or il y a une autre chose qui est considérée comme allant de soi : le fait que les femmes veulent absolument travailler alors qu'elles ont des enfants, même en Suède. Je vous annonce, dans un prochain message, les résultats d'une autre étude de fond révélant que le « stéréotype » de la maman qui a le temps de s'occuper des siens n'est pas si mal vu en Suède par les mamans elles-mêmes, et que le soi-disant modèle suédois n'en est pas nécessairement un…

Derrière cette inquiétude égalitariste des universitaires suédois se trouve tout de même une prise en compte des difficultés individuelles des couples qui se trouvent confrontées à des obstacles. En Suède comme en France, d'ailleurs, le discours politique officiel est de promouvoir une plus grande souplesse des salariés qui doivent être prêts à parcourir de plus grandes distances pour rejoindre leur emploi, pour le bien de la « croissance » et la lutte contre le chômage. Erika Sandow observe qu'on n'a pas pris en compte le « coût social » de cette situation – les séparations et les tensions sont vérifiables, mais il serait temps aussi, dit-elle, d'évaluer les conséquences sur les enfants des distances qui augmentent entre foyer et travail pour au moins un des deux membres du couple.

Elle observe aussi que les femmes qui travaillent loin de leur foyer, si elles y gagnent en possibilités de carrière et en termes de rémunération, mais que des études précédentes avaient montré qu'elles souffrent davantage de stress et de la pression du temps que les hommes parcourant les mêmes distances.

Conclusion (la mienne, pas celle d'Erika Sandow) : une vraie politique familiale comprendrait la nécessité de promouvoir la possibilité – financière et en termes de surface de logement et de sécurité de l'environnement – de vivre près de son emploi. Ne pas réserver les centres des villes soit aux très riches, soit aux regroupements ethniques par exemple… En même temps, c'est écolo et évite les dépenses sociales qui naissent de la multiplication des foyers « monoparentaux ».

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09 décembre, 2010

Suède : prison pour un parent faisant l'école à la maison

Christer Johansson est en prison. Ce Suédois partisan de l'école à la maison, qui s'est déjà vu priver de son fils Dominic pour avoir refusé de le scolariser dans une école d'Etat, a mérité d'être enfermé pour avoir emmené son fils passer la nuit chez ses grands-parents alors qu'il avait seulement droit à une visite sous surveillance des services sociaux. Aussitôt arrivé à la maison, Johansson avait appelé la police pour dire où il était avec son fils. La nuit-même, on vint l'arrêter et il fut placé en détention provisoire en attendant d'être jugé, courant décembre.

Dominic n'a le droit de voir sa famille qu'une heure toutes les cinq semaines.

Plusieurs délits ont été signifiés au père de famille qui pourrait être jugé pour « détention illégale » ou « voies de fait sur un enfant » (punis de 1 à 10 ans de prison), tandis que la soustraction d'un mineur de 15 ans aux services sociaux est considérée comme un délit contre la liberté (sic) puni d'amende et d'un an de prison.

Mais avant d'être jugé, signale la Ligue de Défense de l'école à la maison (HSDLA), citée par LifeSite, Christer Johanssen, comme tous les parents suédois qui s'opposent à l'immixtion de l'Etat dans leurs rapports avec leurs enfants, devra subir des tests psychiatriques, dont les résultats peuvent ensuite être utilisés pour « justifier » le placement de l'enfant sous le contrôle de l'Etat.

L'affaire est en cours de présentation devant la Cour européenne des droits de l'homme mais en attendant les traumatismes pleuvent sur la famille Johanssen. Forcés de scolariser leur enfant, ils avaient attiré la colère des services sociaux parce que Dominic avait quelques caries non traitées, n'avait pas reçu tous les vaccins prescrits par les services de santé et qu'il présentait un comportement « déviant » : il riait à l'école, embrassait d'autres enfants sur la joue. « Il gère mal ses rapports relationnels avec des enfants de son âge », fut le verdict, d'autant que Dominic appréciait de jouer avec des enfants plus jeunes que lui.

Du coup, Christer et sa femme, d'origine indienne, avaient décidé de retourner vivre en Inde où ils entendaient scolariser le garçon. C'était le 25 juin 2009 : à l'aéroport, des officiels de la municipalité de Gotland avaient – sans mandat – saisi Dominic pour le remettre à des policiers armés qui à leur tour le remirent aux services sociaux pour qu'il soit confié à une famille d'accueil. Une cour suédoise a jugé en octobre, sans qu'aucune charge soit retenue contre ses parents, que l'enfant devait y rester.

Le petit Dominic a aujourd'hui dix ans…

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17 mai, 2010

Suède : distinguer entre euthanasie et arrêt des soins

L'affaire de la Suédoise paraplégique qui a obtenu le débranchement de son respirateur au titre de son droit de refuser des soins a provoqué quelques commentaires contradictoires.  Le Salon beige a parlé d'« assassinat légal » ce qui ne me paraît pas justifié. Je reçois du Docteur Jean-Pierre Dickès, président de l'ACIM (Association catholique des infirmières, médecins et professionnels de santé) la mise au point suivante :

La grande presse a mis en exergue le cas d’une Suédoise qui avait reçu l’autorisation dans son pays d’une « euthanasie passive ». Elle était dépendante d’un appareil respiratoire branché sur la trachée artère, un entraînement systolique du cœur, une alimentation par perfusions, sondes, extraction manuelle des selles. Elle demande à être débranché ce qui lui a été accordé par les instances médicales supérieures de son pays. Jeanne Smits estime que cette personne se trouvait dans un cas d’acharnement thérapeutique (soins disproportionnés) et que sa demande était tout à fait légitime (Présent du 7 mai). Nous ajoutons que l’ACIM rejette formellement le terme d’euthanasie passive diffusé par la grande presse.
Tout médecin sait qu’un jour il ne pourra plus lutter pour soigner son malade. Il doit rendre les armes, se contentant tout simplement d’humaniser la mort et la rendre aussi supportable que possible. Il n’y a nullement d’euthanasie. Nous rappelons d’ailleurs la position de Pie XII sur la question. Nul n’est tenu à recevoir (pour le patient) et à donner des soins extraordinaires (pour les médecins), dont l’issue péjorative est fatale et imminente à court ou moyen terme. Ce ne saurait être de l’euthanasie.
Alors in fine Jeanne Smits de poser la question de savoir et de dire le pourquoi du terme d’euthanasie passive. Tout simplement pour faire croire aux médecins qu’ils pratiquent déjà l’euthanasie et que les patients sont déjà habitués à cette notion. Le stade suivante étant bien sûr l’euthanasie active, c'est-à-dire l’assassinat des patients par la seringue de l’infirmière ou du médecin comme dans l’affaire Humbert et Sébire. Il s’agit simplement de glisser d’un mot vers l’autre.
Merci au Dr Dickès pour ces précisions.

Je rappelle que sont toujours dus, sauf dans la mesure où ils causeraient un inconfort inacceptable ou n'apporteraient plus aucun bien au patient en raison de l'imminence du décès, les « soins ordinaires » disponibles : nourriture, hydratation, soins de confort – abri, chaleur, etc… On parle correctement d'euthanasie par omission lorsque l'arrêt de l'alimentation est décidé en vue de provoquer le décès qui ne surviendrait pas autrement. Arrêter un soin « extraordinaire » consiste à arrêter le soin qui empêche le malade de mourir de sa maladie.

06 mai, 2010

Suède : l’« euthanasie passive » ? Ou autre chose…


La femme de 32 ans totalement paralysée, dont je parlais ici il y a quelques jours, est morte mercredi à Stockholm après le débranchement de son appareil respiratoire qui la maintenait en vie, a annoncé son hôpital. Pour la presse en général, il s’agit d’un cas d‘« euthanasie passive », le premier en Suède depuis un assouplissement décidé le mois dernier à la suite de la demande de cette patiente à laquelle s’ajoutaient, semble-t-il, d’autres demandes similaires qui, tout en recevant une même réponse quant à l’arrêt des soins, n’ont pas été transmises à la presse.

Pour beaucoup, c’est donc une nouvelle avancée de l’euthanasie tout court et la porte ouverte aux abus, demain, et à sa légalisation, après-demain. Mais s’il est vrai que la présentation médiatique de ce cas contribue à la banalisation de l’euthanasie – la mise à mort volontaire d’un malade ou d’une personne jugée par elle-même ou autrui indigne de vivre – il n’est pas question de cela ici. Et ce cas mérite précisément qu’on y réfléchisse. Ce qui me conduit d'ailleurs à tempérer partiellement mon propos de l'autre jour.

La jeune femme en question ne vivait qu’avec l’aide d’un respirateur depuis l’âge de 6 ans. Elle était atteinte d’une maladie dégénérative neurologique qui l’a progressivement laissée totalement paralysée. Le mois dernier, elle a, avec l’aide de son infirmière, écrit à la Direction nationale de la santé pour réclamer le débranchement de son respirateur, ce qui a donné lieu à une réponse censée trancher entre le droit de mettre fin à un traitement médical à la demande du patient, consacré par le droit suédois, et l’interdiction du suicide assisté. L’accord des autorités tend à laisser croire que celle-ci est moins nette qu’auparavant.

Là encore c’est ce que dit la presse. Mais peut-on davantage parler ici de « suicide assisté » que d’euthanasie passive ?

Comme l’observe Alex Schadenberg sur le plus sûr et le plus complet des sites pro-vie, LifeSiteNews, ce n’est pas dans l’affaire suédoise l’arrêt du respirateur qui est cause de la mort : cet arrêt ne fait que permettre à une condition médicale existante de produire son effet naturel, en l’occurrence la mort. Alex Schadenberg est spécialiste de la fin de vie et directeur de la Coalition canadienne pour la prévention de l’euthanasie.

Pour lui, il s’agit clairement d’un cas d’entente entre le médecin et son patient sur l’arrêt de soins non obligatoires. Que des questions puissent se poser à ce propos quant aux soins ordinaires et au soutien psychologique dont a bénéficié, ou non, cette patiente qui voulait mourir pendant qu’elle était encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, et qui a dit trouver la « paix de l’âme » dans la possibilité qui lui était donnée de mourir de sa maladie, c’est une autre histoire. Mais ce n’est pas de l’euthanasie passive, terme parapluie qui met sur le même plan l’abstention thérapeutique, qui ne vise pas à tuer, et l’omission euthanasique, qui est un refus de soins en vue de tuer.

Ainsi l’arrêt de l’alimentation et (ou) de l’hydratation, lorsqu’il vise délibérément à faire mourir un patient qui par ailleurs pourrait continuer de vivre malgré et avec sa maladie, constitue-t-il véritablement une euthanasie, et donc un homicide. Ce sont des soins ordinaires qui, dans des conditions normales, sont toujours dus.

Le respirateur est un appareil qui prolonge la vie par un artifice. Et ce, dans certains cas – qui sont à déterminer de manière individuelle et dans l’entier respect de la personne – abusivement.

Je ne doute pas que l’exploitation médiatique de l’affaire suédoise ne soit une manière de promouvoir l’euthanasie, mais plutôt en semant la confusion qu’en transgressant une limite. Il faut aussi avoir à l’esprit – envers de la médaille – que dans la Finlande voisine, ce sont les pneumologues qui déterminent qui a « droit » à un respirateur, et qui non, ce qui leur donne effectivement un droit de vie et de mort sur des patients. La presse en parle déjà beaucoup moins.

Source : www.present.fr

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27 avril, 2010

Suède : entre euthanasie et suicide assisté… la dérive

La Commission nationale suédoise de la santé et du bien-être vient de donner son feu vert à une femme de 32 ans complètement paralysée pour le « débranchement » de son ventilateur artificiel dont elle dépend pour vivre depuis l'âge de 6 ans. Frappée depuis la naissance par une maladie neurologique évolutive, elle réclamait depuis quelque temps l'arrêt de tout traitement médical pour en finir alors qu'elle est encore en pleine possession de sa conscience et de ses moyens.

Peut-on parler d'euthanasie en ce cas ? La respiration artificielle est-elle due au patient au même titre que les soins « ordinaires » que sont la nourriture et l'hydratation qui, dans nos sociétés bien médicalisées et hors circonstances exceptionnelles ne doivent pas être arrêtées sous peine d'euthanasie par omission ?

La question se pose sans doute mais dans le cas présent la réponse positive des autorités sanitaires semble au moins ouvrir la porte à l'euthanasie sournoise, sur demande personnelle du patient.

Dans le cas de cette femme, qui a accueilli la nouvelle en disant : « Je suis très heureuse et mon âme est à l'aise », la procédure ordonnée par les autorités prévoit de l'endormir avant d'ôter son respirateur, et de lui administrer des médicaments pour l'anxiété et la douleur afin d'éviter toute souffrance liée à l'étouffement. Mais ne faut-il pas alors parler de mise à mort consciente et organisée ?

Deuxièmement, si cette lettre est la seule à avoir été rendue publique, il semble qu'elle fasse partie d'une sorte d'envoi en nombre à l'adresse d'autres patients ayant présenté des demandes similaires. C'est la Société suédoise de médecine qui avait demandé cette « clarification » au regard de la loi qui à la fois proclame la liberté du patient face aux traitements et interdit le suicide assisté.

Troisièmement, la procédure, telle qu'elle est prévue, doit pouvoir s'appliquer à des personnes qui ne sont pas en phase terminale puisqu'elle pose, en interprétant la loi suédoise sur les droits des patients, qu'il appartient systématiquement au patient d'accepter ou non la mise en place ou la poursuite d'un traitement nécessaire à la survie. Seule condition : les médecins responsables devront avoir établi un diagnostic définitif assorti d'une prévision d'évolution de la maladie et expliquant les traitements disponibles.

Sources : ici, ici, et ici.

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