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25 juin, 2019

Synode pan-amazonien : réunion discrète de cardinaux et évêques pour promouvoir leurs idées progressistes

Je vous propose ici une traduction rapide de l'article publié aujourd'hui par Maike Hickson sur LifeSiteNews à propos des manœuvres en cours dans certains cercles romains pour faire accepter leurs projets progressistes. Entre autres : la fin du célibat sacerdotal, un régime indigéniste pour les prêtres d'Amazonie, l'ordination des femmes… Ci-contre, une photo de Mgr Erwin Kräutler, cité en fin d'article. – J.S.

Un groupe de cardinaux et d'évêques qui participent à la préparation du synode sur l'Amazonie et qui sont favorables à la suppression du célibat sacerdotal, et qui affichent d'autres positions progressistes contraires à l'enseignement catholique pérenne, se réunissent en toute tranquillité près de Rome en vue de préparer le prochain synode, a révélé aujourd'hui à LifeSiteNews une source bien informée.

Les principaux participants à cette rencontre sont les cardinaux Lorenzo Baldisseri, Claudio Hummes, Walter Kasper, Christoph Schönborn, ainsi que les évêques Franz-Josef Overbeck et Erwin Kräutler. Le professeur Wolf (Münster) et Josef Sayer, ami et conseiller du cardinal Oscar Maradiaga, sont également présents. Mme Doris Wagner-Reisinger - cette ancienne religieuse dont les accusations à l'encontre d'un fonctionnaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont récemment été rejetées par un tribunal du Vatican – est également présente.

Le vaticaniste Marco Tosatti vient de publier son propre article sur cette rencontre secrète, confirmant ainsi notre propre source indépendante. Edward Pentin, correspondant à Rome pour le National Catholic Register a également confirmé les informations concernant cette rencontre.

« Une réunion secrète pour discuter de la stratégie en vue du prochain synode amazonien et impliquant principalement des prélats et des intellectuels de langue allemande a eu lieu aujourd'hui dans un monastère à Rome. Cardinaux Hummes, Baldisseri, Kasper, Schoenborn, Schoenborn y ont participé, +Krautler, +Overbeck de Essen. D'autres infos bientôt », a-t-il tweeté aujourd'hui.

Les participants à la rencontre préparatoire sont en favorables à un plan progressiste au sein de l'Église.

• Le cardinal Baldisseri a joué un rôle clef dans la préparation des deux synodes sur la famille qui ont abouti à l'exhortation apostolique Amoris laetitia du Pape François qui a soulevé l'idée de donner accès aux sacrements à certains couples « remariés ». Baldisseri avait parlé au Dr Frédéric Martel des méthodes du synode : « Notre ligne était essentiellement celle de Kasper. »

• Le cardinal Claudio Hummes est en faveur des prêtres mariés pour la région amazonienne, et souhaite qu'ils soient indigènes. Il a déclaré en 2016 : « Il ne devrait y avoir que du clergé, des prêtres et des évêques indigènes, y compris certains sans formation académique. »

• Le cardinal Walter Kasper est l'homme qui avait promu l'idée de donner la Sainte Communion à certains divorcés « remariés » sans qu'ils aient à changer leur mode de vie.

• Le cardinal Schönborn a dit un jour qu'il pouvait imaginer des prêtres et des évêques de sexe féminin, et il y a quelques jours seulement, il a affirmé que la cause de la crise des abus sexuels n'était pas la révolution culturelle des années 1960 (comme le pape Benoît XVI l'a récemment affirmé), mais « la fixation excessive de l'Eglise sur le sixième commandement » ainsi que les « systèmes clos ».

• Le professeur Hubert Wolf a récemment affirmé que « le célibat sacerdotal est un facteur de risque en ce qui concerne les abus[sexuels] ». Face à la crise des abus, ce théologien appelle à des « changements fondamentaux », y compris en ce qui concerne « l'accès au sacerdoce »
.
• Mgr Franz-Josef Overbeck a récemment déclaré qu'après le Synode sur l'Amazonie, « rien ne sera plus pareil » dans l'Eglise. Il espère une remise en question de l'enseignement de l'Église sur la sexualité et l'accès au sacerdoce. Overbeck est l'expert des évêques allemands pour l'Amérique latine et responsable des dons destinés à cette région, via l'organisation caritative des évêques allemands Adveniat.

• Mgr Erwin Kräutler est favorable aux prêtres mariés et à l'ordination des femmes. Il va même jusqu'à prétendre que le pape François serait ouvert à la possibilité d'ordonner des femmes.

LifeSiteNews a contacté les cardinaux Kasper et Schönborn pour obtenir leurs commentaires. Nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure que nous recevrons plus d'informations.

Maike Hickson


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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15 octobre, 2015

Un vaticaniste allemand, Paul Badde, confirme l’existence de la « mafia » de Sankt-Gallen autour de Kasper, Lehmann et Danneels

Le vaticaniste allemand Paul Badde.
L’édition allemande de Catholic News Agency a publié le 10 août un entretien avec le vaticaniste germanophone Paul Badde, qui y apporte notamment un nouvel éclairage sur le groupe de Saint-Gall – la « Mafia » des cardinaux, pour reprendre le mot du cardinal Godfried Danneels. Il affirme avoir eu connaissance de cette affaire en 2005 et apporte des précisions. Je traduis ci-dessous les extraits de l’entretien relatifs à l’ancien primat des Belges, en m’aidant de la traduction anglaise mise en ligne par The radical Catholic ce jeudi. Il fait état d’une réunion après la mort de Jean-Paul II en vue d’éviter l’élection du cardinal Ratzinger. Ce n’était pas à Sankt-Gallen, en Suisse, mais à Rome. — J.S.
CNA. – Un petit scandale mijote en fond de synode : le pape François a invité l’ancien archevêque de Bruxelles Godfried Danneels, qui a récemment avoué devant les caméras avoir appartenu à une sorte de « club-mafia » au sein de l’Eglise.
Paul Badde. — C’est exact. Je ne sais pas si c’est un petit scandale, ou un gros. C’est en tout cas une énigme. Il est en tout cas certain que le cardinal Danneels a totalement couvert un évêque qui avait abusé de son neveu. Il est également supposé avoir fait pression sur le roi Baudouin pour que celui-ci promulgue le projet de loi belge légalisant l’avortement, et qu’il soit moins mesquin dans cette affaire. Quel conseils ce cardinal est-il censé pouvoir donner à un synode catholique qui discute de « la vocation et la mission du mariage et de la famille » est pour beaucoup un mystère, pour parler légèrement. En ce qui concerne sa revendication du mois dernier d’avoir été membre d’une sorte de « mafia » dans le collège des cardinaux, je peux la confirmer par expérience personnelle.
CNA. – Que voulez-vous dire par là ? Aviez-vous déjà des indications là-dessus ?
Paul Badde. — Oui. En avril 2005, j’ai reçu d’une source fiable l’information selon laquelle, à peine trois jours après les funérailles de Jean-Paul II, les cardinaux Martini de Milan, Lehmann et Kasper d’Allemagne, Bačkis de Lituanie, Van Luyn des Pays-Bas, Danneels de Belgique et O’Connor de Londres se sont réunis dans ce qu’on appelle la Villa Nazareth avec celui qui n’était plus papabile, le cardinal Silvestrini, en vue de mettre secrètement au point une tactique qui permette d’éviter l’élection de Joseph Ratzinger. C’est alors que j’ai écrit un article pour Die Welt, publié le 17 avril 2005, évoquant cette rencontre en précisant qu’elle violait les directives dans l’instruction de 1996 du pape défunt, Universi Dominici Gregis, qui posait de nouvelles règles pour les modalités de la succession, avec notamment cette directive stricte : aucun accord ne devait être pris en vue d’influencer l’issue du conclave, que ce soit avant ou pendant celui-ci. Trois jours plus tard, Joseph Ratzinger fut élu pape à une large majorité. Le cardinal Meisner de Cologne, aujourd’hui à la retraite, pourrait vous dire exactement comment cela s’est passé– si n’était l’obligation du secret en ce qui concerne toutes les procédures d’un conclave. Mais ce n’est un secret pour personne que Meisner était, à cette époque, l’adversaire le plus ardent de ce groupe dans son ensemble et du cardinal Danneels en particulier. Pourtant ce n’est pas lui, le vieil ami de Joseph Ratzinger, qui a été personnellement invité au synode par le pape, mais plutôt le cardinal Danneels, lui aussi émérite, qui a même six mois de pus que l’archevêque de Cologne. C’est un fait.

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03 décembre, 2014

La correction apportée par Benoît XVI aux propositions (anciennes) de Ratzinger sur la communion aux divorcés remariés

Voici une pièce capitale à verser au dossier du synode extraordinaire sur la famille et la manipulation qui en a été faite par le cardinal Kasper pour accréditer l'idée que l'on peut envisager l'accès à la communion des divorcés remariés : il s'agit de la correction apportée par le pape émérite Benoît XVI à ses Opera Omnia pour en faire disparaître une suggestion allant en ce sens.

Sandro Magister publie les deux rédactions, l'ancienne et la nouvelle, sur son blog, c'est à lire ici, et à conserver.

Le cardinal Kasper avait commis la malhonnêteté de citer l'ancienne version, en février, pour s'autoriser de Benoît XVI en présentant ses propositions révolutionnaires. Non qu'il connût la correction apportée par celui-ci – enfin, on peut le supposer –, mais comme chacun et bien mieux que chacun il savait que celui qui était déjà préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, en 1994, avait écrit à un groupe d'évêques pour réfuter cette thèse qui qui circulait déjà. Parmi ces évêques : Kasper lui-même.

Il y eut d'autres prises de position, non moins nettes, rappelées par Sandro Magister.

La rectification que Benoît XVI a pris la peine de rédiger – alors qu'après tout, le texte déjà ancien de 1972 est clairement contredit par ses actions et écrits ultérieurs – est un désaveu total et explicite du cardinal Kasper.

Je lis dans Aleteia, site catholique d'information, un article d'Elisabeth de Baudoüin sur la question, daté du 20 novembre dernier. Elle s'y attarde sur l'ancienne version, expliquant que par la suite  Benoît XVI, « l'ancien préfet de l'ex-Saint office, en accord avec Jean-Paul II, (…) rejeté une lettre pastorale signée par trois évêques allemands, dont le cardinal Kasper, en faveur de cette ouverture ».



Aujourd’hui, les propos du jeune théologien (pas si jeune que cela d’ailleurs, il avait 45 ans), le Pape émérite les a démentis. Mais ce n’est pas comme si le grand théologien, réputé l’un des plus grands de l’histoire de l’Église, ne les avait jamais écrits. Par ailleurs, en 1972, et plus tard, il n’appartenait pas à l’aile dite « progressiste » de l’Église catholique et critiquait plutôt certaines dérives post- 
Vatican II. Il était même considéré comme un théologien postconciliaire respectueux du Magistère. Du reste, en 1977, soit cinq ans plus tard, le bienheureux Paul VI le nommera archevêque de Munich et quelques semaines plus tard, lui remettra le chapeau de cardinal, qui le conduira sur le siège de Pierre. reprise de l'ancien nom de la de la doctrine de la Foi, qui dans la bouche du moderniste a des relents de censure et d'obscurantisme, est tout un symbole. L'intransigeance de Jean-Paul II est elle aussi discrètement suggérée – il est vrai que le cardinal Kasper, dans une interview à l'orée du synode, assurait : « Tout ne peut pas être décidé d’en haut, depuis la hiérarchie de l’Eglise, et en particulier on ne peut pas citer des vieux textes du siècle dernier. »

Mme de Baudoüin poursuit :
« Aujourd’hui, les propos du jeune théologien (pas si jeune que cela d’ailleurs, il avait 45 ans), le Pape émérite les a démentis. Mais ce n’est pas comme si le grand théologien, réputé l’un des plus grands de l’histoire de l’Église, ne les avait jamais écrits. Par ailleurs, en 1972, et plus tard, il n’appartenait pas à l’aile dite “progressiste” de l’Église catholique et critiquait plutôt certaines dérives post-Vatican II. Il était même considéré comme un théologien postconciliaire respectueux du Magistère. Du reste, en 1977, soit cinq ans plus tard, le bienheureux Paul VI le nommera archevêque de Munich et quelques semaines plus tard, lui remettra le chapeau de cardinal, qui le conduira sur le siège de Pierre. »

Autrement dit, quoi que dise le pape émérite aujourd'hui, il n'avait peut-être pas tort de dire l'inverse à l'époque. Elisabeth de Baudoüin sait d'ailleurs mieux que Benoît XVI ce qu'il veut lui-même, lisez plutôt :
« Que conclure de tout cela ? Qu’aujourd’hui, comme l’ont fait certains pères synodaux (pour ne citer qu’eux), on peut se positionner en faveur de la communion pour les personnes divorcées remariées, sans être taxé d’ultra-progressisme et accusé de vouloir remettre en cause l’indissolubilité du sacrement du mariage. La publication de cet essai ne viendra sans doute pas révolutionner le débat. Mais elle permettra peut-être d’en faire une lecture moins dialectisante et de le dépassionner. L’auteur de Caritas in veritate le souhaiterait sûrement. »
Eh bien, les bras m'en tombent. 

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03 octobre, 2014

Lettre ouverte au synode : soutenez le mariage, soutenez les enfants

Lettre ouverte au synode sur le véritable soutien à la famille
Une cinquantaine de personnalités attachées à la défense du mariage et de la famille ont publié une lettre ouverte à l’approche de l’ouverture du synode extraordinaire sur la famille à Rome, dimanche. Je vous propose ici la traduction de ce document important, réalisé par des experts catholiques ou non, tous d’accord cependant sur le chemin à prendre pour le bien de cette institution indispensable à toute société humaine.
On notera, parmi de nombreux signataires connus ou moins connus, la présence de Mary Ann Glendon, l’envoyée du pape Jean-Paul II à la Conférence de Pékin pour y contrer, déjà, l’idéologie du genre (ici, la conférence d’Yves Daoudal qui l’évoque) – J.S.
Le texte original de la lettre est ici.
Très Saint Père, Eminences, Excellences,
Nous nous réjouissons de ce que le Saint-Père ait capté l’attention du monde entier, suscitant tant de bienveillance à l’égard de la foi chrétienne ! Comme beaucoup nous sommes profondément émus par ses expressions d’amour et de miséricorde, qui se font l’écho de l’amour et de la miséricorde du Christ, spécialement à l’égard de ceux qui sont sans défense et abandonnés.
C’est dans ce contexte que nous accueillons avec enthousiasme la décision de réunir un synode extraordinaire d’évêques pour examiner les défis auxquels sont confrontés le mariage et la famille. Comme chacun de vous, nous croyons que la famille, à l’instar de l’Eglise elle-même, la plus grande manifestation institutionnelle de l’amour du Christ. Pour ceux qui veulent aimer comme Il veut que nous aimions, le mariage et la famille sont indispensables, à la fois comme moyens de rédemption et comme remparts de la société humaine.
Les derniers papes ont souligné cela de la manière la plus claire. Par exemple, le pape Benoît XVI a écrit que « le mariage est véritablement un instrument de rédemption, non seulement pour ceux qui sont mariés mais pour la société tout entière ». Et dans Evangelii Gaudium, Votre Sainteté avez écrit que « l’indispensable contribution du mariage à la société transcende les sentiments et les besoins momentanés du couple ».
Ce synode est une occasion d’exprimer les vérités intemporelles du mariage. Pourquoi ces vérités sont-elles importantes ? Comment représentent-elles l’« amour véritable », et non « l’exclusion », le « préjugé » ou toutes les autres accusations aujourd’hui portées contre le mariage ? Les hommes et les femmes ont désespérément besoin d’entendre la vérité sur la raison pour laquelle ils doivent d’emblée décider de se marier. Et une fois mariés, pourquoi le Christ et l’Eglise désirent qu’ils restent fidèles l’un à l’autre tout au long de leur vie sur cette terre. Que, lorsque le mariage devient difficile – comme c’est le cas pour la plupart des couples – l’Eglise sera source de soutien, non seulement pour chaque époux pris individuellement, mais pour le mariage lui-même.
Vous avez écrit de manière si puissante, Saint Père, à propos de l’importance d’une nouvelle évangélisation au sein de l’Eglise : « Une communauté qui évangélise s’implique par la parole et par le geste dans la vie quotidienne des gens ; elle jette des ponts entre les points éloignés, elle est prête à s’abaisser si nécessaire et elle embrasse la vie humaine, touchant la chair souffrante du Christ dans le prochain. »
Permettez-nous de suggérer humblement que dans le contexte du mariage et de la famille, vos paroles sont un appel à la responsabilité personnelle, non seulement pour nos propres époux et enfants, mais pour les mariages de ceux que Dieu a placés à nos côtés : nos parents et amis, ceux qui sont dans nos églises et dans nos écoles.
Les enjeux sont importants. Selon un rapport international de Child Trends en 2013 : « Des augmentations dramatiques de la cohabitation, du divorce, et des naissances hors mariage dans les Amériques, en Europe et en Océanie ces dernières quatre décennies laissent penser que l’institution du mariage a beaucoup moins d’importance dans ces parties du monde. » Aux Etats-Unis, le taux de nuptialité est le plus bas jamais enregistré, la cohabitation non maritale devient rapidement une alternative acceptable par rapport au mariage, et plus de la moitié des naissances chez les femmes de moins de 30 ans se produisent aujourd’hui hors mariage. Parmi les innombrables effets négatifs de ces tendances, chacune d’entre elles a été corrélée à moins de valeur nette et de mobilité économique, à la pauvreté, et aux aides sociales – particulièrement pour les femmes et les enfants.
Parmi les mariages existants, il en est beaucoup qui sont fragiles ou tendus. Entre 40 et 50 % de tous les premiers mariages aux Etats-Unis sont considérés comme devant se terminer par un divorce. Ce taux augmente rapidement à chaque remariage et la recherche suggère que la raison n’en est pas une faible qualité du mariage, mais le défaut d’engagement.
Les conséquences du divorce et du concubinage pour les enfants et les adultes sont nombreuses et diverses : depuis la pauvreté et un moindre niveau d’études jusqu’à une moins bonne santé ; d’un engagement marital plus déficient à l’âge adulte à la mortalité plus précoce. Et tandis que chaque nation est unique, les études montrent que ces tendances se retrouvent sur l’ensemble du globe. Un petit échantillon de ces études : Chine, Finlande, Suède, Uruguay, Mexique, GrèceAfrique, and Les nations du Pacifique et de l’Asie orientale
Le prix à payer pour la diffusion de la pornographie dans les sociétés est significatif. Les études d’impact de la pornographie sur les relations de couple suggèrent qu’il s’agit là d’un facteur majeur de destruction des mariages. Malheureusement, la recherche sur le long terme des effets de la pornographie sur les mariages sont pour ainsi dire inexistantes.
Ce qu’on appelle le « divorce sans faute » aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres nations a donné naissance à un système où les juges et les avocats facilitent la dissolution des mariages, souvent contre la volonté d’époux qui restent fermes dans leur engagement matrimonial.
Malgré les perspectives maussades dessinées par ces tendances, nous sommes encouragés et affermis par l’exhortation du Saint-Père : « Les défis existent pour être surmontés ! Soyons des réalistes, mais sans perdre notre joie, notre audace et  notre engagement plein d’espérance. »
Peut-être la manière la plus audacieuse d’évangéliser les couples mariés (et par extension les futurs mariages de leurs enfants) est-elle de construire de petites communautés de couples mariés qui se soutiennent mutuellement et sans conditions dans leur vocation à la vie conjugale. Ces communautés apporteraient des réseaux de soutien fondés sur les liens de la foi et de la famille, l’engagement en faveur du mariage pour la vie, et la responsabilité de l’un envers l’autre et pour l’autre.
Voici quelques moyens pratiques de créer et de soutenir de telles communautés :
• Donner mission au Conseil pontifical pour la famille d’engager des recherches inter-disciplinaires, longitudinales sur le rôle de la pornographie et du divorce « sans faute » dans la crise du mariage. 
• Eduquer les séminaristes. Fournir des cours obligatoires incluant les données sociologiques sur les bienfaits du mariage, les menaces sur le mariage, et les conséquences du divorce et du concubinage pour les enfants et pour la société. 
• Apprendre aux prêtres à mettre en évidence dans leurs homélies la valeur spirituelle et sociale du mariage, les défis contemporains auquel il est confronté, et l’aide paroissiale aux mariages en difficulté. Une étude récente a montré que pour 72 % des femmes américaines, l’homélie hebdomadaire est leur source principale pour connaître la foi. 
• Créer des réseaux petits mais actifs de couples mariés solides comme mentors au niveau paroissial, qui soient disponibles pour donner aux époux les outils nécessaires pour un mariage sain et pour la vie. 
• Eduquer les paroissiens afin qu’ils connaissent l’extraordinaire influence qu’ils peuvent avoir sur les mariages de leurs amis et de leur famille. Les données de la sociologie montrent que la présence d’amis et de parents divorcés fait grandir le risque du divorce pour soi. A l’inverse, ces données ont suggéré que les membres de la famille et les amis peuvent augmenter le niveau d'engagement et de satisfaction du mariage de ceux qu’ils aiment grâce à leur exemple et à leur soutien. 
• Encourager et aider à la réconciliation des couples mariés qui se sont séparés ou qui ont obtenu un divorce devant les tribunaux civils. 
• Demander aux évêques du monde entier de mettre en place des prières régulières à l’occasion de la messe du dimanche pour demander des mariages solides et fidèles. 
• Soutenir les efforts pour préserver ce qu’il y a de bon et de juste dans les lois existantes du mariage, s’opposer à tous les changements dans ces lois qui affaibliraient davantage l’institution, et de restaurer les dispositions légales qui protègent le mariage en tant qu’union conjugale d’un homme et d’une femme, qui y entrent en étant ouverts au don des enfants, et qui soit vécu fidèlement et se manière permanente comme fondement de la famille naturelle. 
• Soutenir la liberté religieuse devant les tribunaux de divorce. Un grand nombre de personnes ignore que la liberté religieuse est fréquemment violée par les juges du divorce qui laissent de côté ou méprisent le point de vue de l’époux qui cherche à sauver son mariage, maintenir ses enfants dans une école confessionnelle, ou empêcher l’époux parti d’exposer les enfants à un partenaire sexuel non marié. Mettre en place un consortium d’avocats et de législateurs de manière à combattre ce problème.
L’accomplissement de n’importe lequel de ces buts à l’échelle internationale serait un grand pas en avant pour les mariages et pour les familles. Les accomplir tous pourrait renverser totalement la crise mondiale du mariage.
Grâce à votre conduite, nous aiderons les mariages à réussir et à fleurir en donnant la plus grande valeur à l’engagement matrimonial – à tous les niveaux de la société, dans tous les coins du monde. Nous remercions Votre Sainteté, Vos Eminences et Excellences de vous charger de cette tâche vitale ; vous pouvez être assurés de nos prières pour son grand succès.
Greg and Julie Alexander
Fondateurs, The Alexander House Apostolate, Texas
Ryan T. Anderson
William E. Simon Membre de Religion and a Free Society, The Heritage Foundation, Washington, DC
Erika Bachiochi, Esq., juriste et écrivain, Massachusetts
Monsignor Renzo Bonetti, fondateur et président, Fondazione Famiglia Dono Grande, Italy 
Gerard Bradley, professeur de droit, University of Notre Dame Law School
Ana María Celis Brunet, Professeur de Droit, Pontificia Universidad Católica de Chile
Mary Eberstadt, Senior Fellow, Ethics and Public Policy Center, Washington, DC
Jason and Crystalina Evert, fondateurs, Chastity Project, Colorado 
Patrick Fagan, directeur, The Marriage and Religion Research Institute, Family Research Council, Washington, DC
Thomas Farr, professeur et directeur associé, The Religious Freedom Project, Georgetown University
Silvio Ferrari, professeur de droit, Université de Milan, Italy
Richard Fitzgibbons, directeur, The Institute for Marital Healing, Pennsylvania
Juan G. Navarro Floria, professeur, Pontificia Universidad Católica Argentina
Matthew Franck, William E. and Carol G. Simon Center on Religion and the Constitution, The Witherspoon Institute, New Jersey
Robert P. George, professeur McCormick de Jurisprudence, Princeton University
Mary Ann Glendon, professeur de droit Learned Hand, Harvard University
Bruce and Jeannie Hannemann, co-Directeurs, co-fondateurs RECLAiM Sexual Health, Elizabeth Ministry International
George A. Harne, président, The College of Saint Mary Magdalen
Mary Hasson,  Fellow, Catholic Studies Program, Ethics and Public Policy Center, Washington DC
Alan J. Hawkins, professeur de vie familiale, Brigham Young University
Kent R. Hill, International Development leader, Washington DC
Byron Johnson, Distinguished Professor of the Social Sciences and Director, Institute for Studies of Religion, Baylor University
Thomas Lickona, directeur, Center for the 4th and 5th Rs (Respect and Responsibility) State University of New York at Cortland
John McCarthy, doyen, School of Philosophy, The Catholic University of America
Rocco Mimmo, Chairman, Ambrose Centre for Religious Liberty, Sydney, Australia
Gloria M. Moran, professeur de droit, chaire de Droit, religion et politique, University of La Coruña Spain.
Jennifer Roback Morse, présidente, Ruth Institute, California
Melissa Moschella, professeur assistant de philosophie, The Catholic University of America
Rafael Navarro-Valls, professeur émérite de droit, université Complutense, Espagne, secrétaire général de l’Académie royale de jurisprudence et de législation 
Rafael Palomino, professeur de droit, université Complutense, Espagne
Marcello Pera, ancien président du Sénat italin, professeur à l’université pontificale du Latran, Rome
Vicente Prieto, Universidad de La Sabana, Bogotá, Colombia
P. Juan Puigbó, diocèse d’Arlington, Virginie
David Quinn, directeur, The Iona Institute, Ireland
Mark Regnerus, professeur associé de sociologie, University of Texas, Austin
Balázs Schanda, professeur de droit, université catholique Pázmány Péter, Hongrie 
Alan E. Sears, président, directeur exécutif, Alliance Defending Freedom
Reverend Charles Sikorsky, président, The Institute for the Psychological Sciences, Virginia
O. Carter Snead, professeur de droit, directeur William P. and Hazel B. White, Center for Ethics and Culture, University of Notre Dame
Reverend D. Paul Sullins, professeur de sociologie, The Catholic University of America Senior Fellow for Family Studies, Family Research Council
President, The Leo Institute, Washington, DC
Rebecca Ryskind Teti, Center for Family Development, Our Lady of Bethesda
Mervyn Thomas, Chief Executive, Christian Solidarity Worldwide, United Kingdom
Javier Martinez-Torron, professeur de droit, chaire du département de droit et de religion, Complutense
Hilary Towers, psychologue, Manassas, Virginia
D. Vincent Twomey, professeur émérite de théologie morale, Pontifical University, Maynooth, Ireland
Paul C. Vitz, Senior Scholar and Professor, The Institute for the Psychological Sciences, Virginia
Rick Warren, fondateur et pasteur, Saddleback Church, Lake Forest, California
Robert Wilken, professeur émérite William R. Kenan, Jr. d’histoire du christianisme, University of Virginia



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02 octobre, 2014

Divorcés-« remariés » : le cardinal Kasper taxe la théologie de ses adversaires de « fondamentalisme »

« Idéologie », « fondamentalisme », « musée » : les termes choisis par le cardinal Walter Kasper pour Demeurer dans la vérité du Christ, paru chez Artège en français en début de semaine.
qualifier ceux qui ont rejeté avec clarté sa proposition d’assouplir la « discipline » de l’Eglise par rapport aux divorcés « remariés » donnent le ton d’un affrontement qu’il souhaite, selon toute vraisemblance, frontal. Car ceux qu’il dénonce en priorité sont ces cardinaux – notamment les cinq qui ont contribué au livre
Dans une énième interview, cette fois au journal argentin La Nacion, le cardinal a donc accentué ses critiques à l’approche de l’ouverture du synode extraordinaire sur la famille, dimanche. Il les avait déjà accusés d’attaquer le pape à travers lui, assurant que le pape François était en accord avec lui : voici qu’il déclaré avoir découvert chez eux « un fondamentalisme théologique qui n’est pas catholique ».
C’est toute l’interview qui manifeste cette violence, qui lui assure dans le même temps une grande répercussion médiatique – c’est un langage que chacun peut comprendre sans avoir la moindre notion de la foi catholique, et qui tranche de manière spectaculaire avec le sérieux des adversaires du cardinal Kasper, qui s’efforcent d’examiner ses arguments, de les comprendre et de les confronter avec la doctrine, l’histoire et la pratique de l’Eglise.
Le cardinal Kasper ne les crédite pas de ce souci d’exactitude, affirmant au contraire qu’ils craignent seulement un « effet domino » si la discipline change –comme si la question était là. Il explique :
« Je crois qu’ils ont peur d’un effet domino : qu’en changeant un point, tout s’effondre. Voilà leur crainte. Tout cela se combine avec l’idéologie, une interprétation idéologique de l’Evangile, mais l’Evangile n’est pas un code pénal. Comme l’a dit le pape dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, citant saint Thomas d’Aquin, l’Evangile est une grâce de l’Esprit Saint qui se manifeste dans la foi qui œuvre par l’amour. C’est une interprétation différente. Ce n’est pas un musée. C’est une réalité vivante dans l’Eglise et nous devons marcher avec tout le peuple de Dieu et voir quels sont ses besoins. Ensuite, nous devons faire un discernement à la lumière de l’Evangile, qui n’est pas un code de doctrine et de commandements. Nous ne pouvons simplement prendre une phrase de l’Evangile de Jésus et tout en déduire. Il manque une herméneutique pour entendre l’ensemble du message de l’Evangile et ensuite distinguer ce qui relève de la doctrine, et ce qui relève de la discipline. La discipline peut changer. C’est pourquoi il me semble que nous avons ici affaire à un fondamentalisme qui n’est pas catholique. »
Voici la suite de l'interview, dont je vous propose la traduction intégrale.
Vous dites, alors, qu’on ne peut pas changer la doctrine, mais la discipline, oui ? 
— La doctrine ne peut pas changer. Personne ne nie l’indissolubilité du mariage. Mais la discipline, elle, peut changer, et elle a effectivement plusieurs fois changé, ainsi que nous le voyons dans l’histoire de l’Eglise. 
Qu’avez-vous ressenti quand vous vous êtes rendu compte qu’on allait publier un livre de cinq cardinaux qui attaquent votre position ? 
— Tout le monde est libre d’exprimer son opinion, ce n’est pas un problème pour moi. Le pape voulait un débat ouvert ; je crois que c’est une nouveauté et c’est quelque chose de sain qui aide beaucoup l’Eglise. 
Il y a de la peur parmi certains cardinaux parce que, comme l’a dit le pape, il y a une construction morale qui pourrait s’écrouler comme un château de cartes ?— Oui, c’est une idéologie, ce n’est pas l’Evangile ! 
— Y a-t-il aussi une peur par rapport à une discussion ouverte au synode ? 
— Oui, parce qu’ils ont peur que tout s’écroule. Mais avant toute chose, nous vivons dans une société ouverte et plurielle, et il est bon pour l’Eglise qu’il y ait une discussion ouverte, telle que nous avons eu au concile Vatican II (1962-1965). C’est bon aussi pour l’image de l’Eglise, car une Eglise fermée n’est pas une Eglise saine. D’autre part, quand nous débattons sur le mariage et la famille, nous devons écouter ceux qui vivent cette réalité. Il y a un sensus fidelium. Tout ne peut pas être décidé d’en haut, depuis la hiérarchie de l’Eglise, et en particulier on ne peut pas citer des vieux textes du siècle dernier, il faut observer la situation d’aujourd’hui, faire un discernement de l’esprit et arriver à des résultats concrets. Je pense que c’est cela, l’approche du pape, alors que beaucoup d’autres partent de la doctrine et utilisent ensuite une méthode plus déductive. 
Dans un entretien avec un média italien vous avez dit que la vraie cible des attaques des cinq cardinaux conservateurs n’est pas vous-même, mais le pape… 
— J’ai peut-être été imprudent. Mais beaucoup de gens le disent, on entend ça dans la rue tous les jours. Je ne veux juger personne, mais il est évident qu’il y a des gens qui ne sont pas totalement d’accord avec ce pape, c’est quelque chose qui n’est pas nouveau et cela s’est déjà produit pendant le concile Vatican II, lorsqu’il y avait de nombreuses oppositions à l’aggiornamento de Jean XXIII et Paul VI. 
— Beaucoup d’analystes pensent que ce n’est pas par hasard si le livre sort précisément à la veille du synode… 
— Oui, c’est un problème. Je n’ai pas souvenir d’une situation semblable, où de manière aussi organisée cinq cardinaux aient écrit un tel livre. C’est ainsi que manœuvrent les politiques, mais je crois qu’au sein de l’Eglise nous ne devrions pas nous comporter ainsi. 
— Qu’espérez-vous du synode ? 
— Je crois que beaucoup dépendra de la manière dont le pape lui-même ouvrira le synode. Il ne peut pas nous donner une solution d’emblée, mais il peut, ça oui, nous donner une perspective, une direction. J’espère qu’il y aura une discussion sereine et amicale sur tous les problèmes liés à la famille, et pas un seul. Je crois que nous arriverons à un grand consensus, comme nous l’avons eu au concile Vatican II. 
— Ces derniers jours, le pape a parlé plusieurs fois de la miséricorde, il a dit qu’il fallait capter « les signes des temps », que les pasteurs doivent être proches des gens, ce qui laisse penser que la chose qu’il veut est très claire… 
— Oui, lire les signes des temps a été fondamental pendant le concile Vatican II. Je n’arrive pas à m’imaginer que la majorité du synode puisse s’opposer au pape sur ce point. 
— Sur la question des divorcés remariés : la communion est-elle une récompense pour celui qui est parfait ou est-ce une aide au pécheur ? 
— La communion a un effet de guérison. Et ce sont spécialement les personnes vivant dans des situations difficiles qui ont besoin de l’aide de la grâce, qui ont besoin des sacrements. 
— Une autre solution serait d’annuler plus rapidement les mariages. 
— Il y a des situations où l’annulation est possible. Mais prenez le cas d’un couple marié depuis dix ans, avec des enfants, qui aux premières années a eu un mariage heureux, mais qui pour diverses raisons échoue. Ce mariage était une réalité et dire qu’il était canoniquement nul n’a pas de sens.
Que le cardinal Kasper ait lui-même fait campagne pendant des mois sur un point – la communion à certains divorcés « remariés » – dont il déplore aujourd’hui qu’il soit au centre de l’attention ne semble pas avoir frappé la journaliste Elizabetta Piqué. En tout cas elle ne soulève pas ce point.
La réalité du mariage sacramental, son lien avec l’alliance du Christ avec son Eglise, sa signification théologique, sa proximité avec l’Eucharistie n’étaient pas non plus à l’ordre du jour. C’est toute la doctrine – de la grâce, de la Rédemption, de la justice de Dieu et même de sa miséricorde infinie – qui est ici passée sous silence. Car la miséricorde de Dieu n’est pas sans conditions, du côté des hommes du moins, et c’est finalement faire insulte à leur liberté de dire qu’ils peuvent faire comme si leur engagement définitif et validé par Dieu lui-même n’est pas si important.
Le cardinal Raymond Burke a réagi très vivement aux propos du cardinal Kasper lors d’une conférence de presse téléphonée, mardi. Il a qualifié d’« outrageante » l’idée que toute critique adressée à Kasper est une critique du pape François. « Le pape n’a pas la laryngite. Le pape n’est pas muet. Il peut parler pour son propre compte. Si c’est ceci qu’il veut, il le dira. »
Le cardinal a ajouté que quelles que soient les opinions du pape François sur le fait de laisser accéder les divorcés « remariés » à la communion, on ne pouvait l’accepter parce que lui, comme tous les évêques et les cardinaux, « est tenu à l’obéissance à la foi ».
Pour le reste, il faut se reporter au livre Demeurer dans la vérité du Christ : il est remarquable. Aux cinq cardinaux – Brandmüller, Müller, Caffarra, De Paolis et Burke lui-même – s’y ajoutent des spécialistes de l’histoire et même de l’histoire orthodoxe. Ils essaient loyalement d’interpréter les propositions du cardinal Kasper de la manière la plus bienveillante, en voyant si elles peuvent de près ou de loin correspondre à une interprétation juste. Leur réponse est « non ». Ils expliquent pourquoi. En attendant de le finir, et sans déprécier les contributions plus techniques, je vous signale d’ores et déjà la hauteur de vue et la profondeur magnifique du texte du cardinal Caffarra.
Et, oui, tous ces auteurs s’appuient sur les paroles de l’Evangile, sur l’enseignement certain, serein, d’autorité, donné par Jésus lui-même sur le mariage et sur le bien de l’homme – à une époque où il semblait à tous impensable.
Cela dit bien la grande importance et la gravité de ce combat qui se mène désormais à armes nues. Il s’agit de savoir s’il faut « contextualiser » les paroles du Christ, ou les écouter et les suivre parce qu’Il est la Vérité et la Vie.

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22 septembre, 2014

Cardinal Kasper : ceux qui l'attaquent sur le mariage attaquent le pape François

Le cardinal Kasper revient à la charge. A quelques semaines du synode extraordinaire sur la famille, celui qui avait lancé au dernier consistoire sa bombe sur l’accès des divorcés « remariés » à la communion vient d’accorder plusieurs interviews en italien et en allemand où il accuse ceux qui ont manifesté leur désaccord avec lui de viser, en réalité, le pape lui-même. C’est en particulier dans un entretien publié par Il Matino que le cardinal se montre le plus virulent : certains de ses adversaires, dit-il, pourraient bien « vouloir une guerre doctrinale ».
Trois lignes de force se dégagent de l’entretien. 1. On ne change pas la doctrine, on ne change pas les principes. 2. Les temps ont changé et il devient nécessaire de faire preuve de « discernement » dans l’application des principes. 3. La réponse est donc dans la pastorale, le pape veut un synode pastoral, il ne saurait y avoir de discussion sur les principes.
Le raisonnement est habile : il affiche comme acquis l’accord sur le fond, et accuse les opposants de ne pas l’admettre afin de pouvoir rejeter les mesures de « miséricorde » qu’il convient de mettre en place au bénéfice de ceux qui, tout en sachant qu’ils n’ont pas respecté le principe, qu’ils ont failli, doivent pourtant obtenir les moyens nécessaires au salut. Pour caricaturer le propos, ou plutôt pour en dégager l’ossature, on pourrait dire que Kasper accuse en définitive ses opposants qui mettent en avant la doctrine traditionnelle de l’Eglise de se satisfaire de la damnation des divorcés « remariés », de vouloir les envoyer en enfer.
Ce faisant il s’appuie sur l’autorité du pape, assurant avoir rendu visite par deux fois à François qui serait comme lui dans l’attente d’un « synode pastoral », et dont il a obtenu l'accord.
La pratique n’aurait-elle donc pas d’influence sur la doctrine ? A en croire le cardinal, non – à ceci près qu’il insiste sur le fait que la doctrine doit être « approfondie », qu’elle n’est pas « fermée ». Pour Kasper, la doctrine n’est  pas en discussion mais « il s’agit de discuter de l’application de la doctrine aux situations complexes ».
A vrai dire, la logique est éprouvée : elle n’est pas si éloignée de la technique de l’argumentation autour de l’avortement qui s’appuie d’abord sur les « cas limites »  et raisonne sur l’exception.
Il ne faut pas pousser l’analogie trop loin, certes. Le cardinal Kasper ne justifie pas le divorce et ne cherche pas à le « légaliser » dans l’Eglise. C’est pourquoi il ne parle que du souci pastoral à l’égard de certains qui n’ont pas eu l’héroïsme de rester fidèles à leur conjoint après une rupture, un héroïsme qui « n’est pas pour le chrétien moyen » comme il l’a dit.
Cela suppose déjà de leur part une forme de repentance. C’est elle qui permettra de passer l’éponge pour que le divorcé engagé dans une nouvelle union puisse se sentir accueilli et non rejeté dans cette Eglise dont il regrette d’avoir enfreint les règles. Qu’il puisse donc communier, à la fois pour recevoir la grâce du sacrement et pour continuer de faire partie de la communauté.
Mais sur le plan humain, le fait de lever la sanction du refus de la communion dans certains cas, sans qu’il y ait eu de la part du divorcé « remarié » l’engagement de ne plus vivre en situation irrégulière (et là on peut légitimement imaginer différents types de solutions), relativise nécessairement l’interdit. Si on peut l’envisager, c’est donc que la rupture de l’alliance n’est pas si grave. Voilà qui dévalue fortement le mariage : ce mariage qui est image de l’union du Christ et de l’Eglise. Et par là même image de l’Eucharistie, du don que le Christ fait de Lui-même à l’Eglise.
A quoi il faut ajouter toute la richesse de la « Théologie du corps » développée par Jean-Paul II, montrant que l’amour sponsal, qu’il s’exprime dans la virginale union avec Dieu dans le célibat consacré, ou dans le mariage qui fait du couple humain l’image – la faible analogie – de la vraie Sainte Famille trinitaire, dans l’amour fidèle, fécond et qui donne tout, est au cœur du plan de Dieu sur l’homme.
C’est parce que ces réalités dépassent l’homme qu’elles lui imposent des contraintes qui peuvent sembler le dépasser aussi ; cela ne veut pas dire que les portes du paradis lui sont fermées à tout jamais s’il tombe ou échoue, puisque le pardon et la miséricorde de Dieu sont plus grands que tout. Mais la solution proposée par le cardinal Kasper consisterait pour le chrétien repentant non pas à rechercher de nouveau l’amitié avec Dieu – la grâce sanctifiante – en renonçant au péché, ou en demandant la grâce d’en avoir la force, mais de la supposer acquise et de « bien vivre » au sein de sa nouvelle union, de s’y ancrer, de s’y attacher au détriment de la réalité de la première ; la vraie.
Il me semble à ce propos qu’il y a une argumentation qui porte à confusion dans la présentation que [ici Kasper disait encore qu’elle ne l’était que « secondairement », NDLR] mais la grâce du Saint-Esprit, qui est donnée par la foi au Christ. Sans l’Esprit qui œuvre dans les cœurs, la lettre de l’Evangile est une loi qui tue (2, Cor. 3-6). C’est pourquoi l’Evangile de la famille ne veut pas être un poids mais bien, en tant que don de la foi, une joie nouvelle, lumière et force de la vie dans la famille. »
faisait le rapport du cardinal Kasper au consistoire de la loi divine sur le mariage. Il écrivait : « Pour Thomas d’Aquin, la loi de la nouvelle Alliance n’est pas une loi écrite,
Bien sûr. La loi de Dieu est une loi de vie qui ouvre au bonheur éternel. Et le joug du Christ est doux, et son fardeau léger. Il n’empêche : pour le pécheur moyen, arriver à ce constat suppose déjà une certaine avancée sur les chemins de Dieu, la capacité de résister aux passions mauvaises, le renoncement à bien des choses qui nous semblent agréables, désirables et tellement faciles !
Plus loin, le cardinal Kasper explique : « En tant qu’image de Dieu, l’amour humain est une chose grande et belle, mais il n’est pas de lui-même divin. La Bible démythifie la “banalisation” antico-orientale de la sexualité dans la prostitution dans les temples et condamne la débauche comme une idolâtrie.
Si un partenaire déifie l’autre et s’il attend de lui qu’il lui prépare le ciel sur la terre, alors l’autre, forcément, se sent trop sollicité ; il ne peut faire autre chose que de décevoir. A cause de ces attentes excessives bien des mariages échouent. La communauté de vie entre l’homme et la femme, ensemble avec leurs enfants, ne peut être heureuse s’ils l’entendent tous deux comme un don qui les transcende. »
Là encore, le diagnostic n’est pas faux, mais il semble bizarre d'y mêler les outrances du paganisme de manière à dévaluer le mariage. L'argument est-il utilisé pour justifier ces échecs qu’il va falloir constater et prendre en compte dans la nouvelle discipline ? Puisque les hommes ne sont pas des dieux ; puisqu’ils ne savent même pas qu’ils ne le sont pas, eh bien, soyons indulgents… Votre éminence, ne sommes-nous pas appelés à autre chose ? A savoir ce qui nous éloigne de Dieu, et ce qui nous en rapproche ? Pourquoi l’Eglise parle-t-elle de péché mortel – quel poids à porter ! – si ce n’est pour nous mettre en garde, et aussi pour nous aider à en sortir ?
Que les propos du cardinal Kasper, quoiqu’approuvés par le pape en ce qu’ils avaient ouvert le débat, aient provoqué des mises aux points d’ailleurs de plus en plus nombreux de la part d’autres cardinaux n’a donc rien d’étonnant ni d’inquiétant.
Mais Walter Kasper se pose de plus en plus en victime par rapport à ces purs.
Dans son interview à Il Mattino, il se plaint de ce que le livre à venir (en anglais chez Ignatius Press, ici, avec les signatures des cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra, De Paolis et Müller (de la Congrégation pour la doctrine de la Foi) et quelques autres ait été donné en avant-première à la presse, et non à lui. « C’est un peu étrange… »
Lui qui assure qu’il interviendra au synode, « mais comme un membre normal », est quand même irrité par leur démarche : « Ils me contestent parce qu’ils disent que le document de base est contraire à la Vérité ? »
[Ci-après la traduction de la suite de l’entretien, avec les questions d’Il Mattino en italique.]
— Que leur répondez-vous ?
— Nous sommes tous pour la Vérité.
— Même ceux qui la contestent ?
­— Eux prétendent savoir tout seuls ce qu’est la Vérité. Mais la Doctrine catholique n’est pas un système fermé, mais une tradition vivante qui se développe, comme l’a enseigné le concile Vatican II. Ils veulent cristalliser la Vérité dans certaines formules.
— Cristalliser la vérité, dites-vous. Par exemple ?
— Les formules de la tradition.
— Et quelle pourrait être la formule qui, selon vous, pourrait être cristallisée ?
­ — L’indissolubilité du mariage. Il est nécessaire de la vérifier dans des situations complexes. Moi, dans mon rapport au Consistoire extraordinaire, j’ai dit clairement que nous devions être honnêtes. Entre la doctrine de l’Eglise sur le mariage et sur la famille et les convictions vécues de beaucoup de chrétiens il s’est créé un abîme. La tâche du synode sera de parler de nouveau de la beauté et de la joie de la famille qui est toujours la même et qui est pourtant toujours nouvelle, comme l’enseigne Evangelii Gaudium.
— L’Eglise a le devoir de voir les situations complexes, affirmez-vous. Mais pourquoi alors ce livre de cinq cardinaux qui contestent vos ouvertures sur les thèmes de la famille ?
­— Je veux d’abord lire le livre.
Vous utilisez beaucoup le critère de la miséricorde. (…) Pourquoi insistez-vous tant sur cette théologie de la miséricorde ?
— Parce que la miséricorde est le thème central du message de Jésus. C’est le mot clef du Nouveau Testament. C’est le point central du message évangélique. La miséricorde n’annule pas les autres commandements.
— La famille demeure-t-elle la cellule naturelle de la société ?
La famille est la cellule centrale de la société et de l’Eglise.
— Mais le principe de la Création homme-femme demeure-t-il intact ?
— Certainement, il n’y a aucun doute à propos de ce principe.
­ — L’un des thèmes des plus graves accusations à votre propos, de la part de vos collègues cardinaux, est celui de la possibilité de donner la communion aux divorcés. Comment répondez-vous ?
­— Parmi les échecs des mariages il y a des situations qui sont très différentes entre elles. Il faut un discernement à propos de toutes les situations : une chose est la personne qui détruit délibérément une famille, autre est la situation où l’un des conjoints s’éloigne de l’autre. D’où la nécessité de discernement. Oui ; un discernement pastoral sur les situations. Je ne suis pas pour une ouverture acritique, généralisée, mais j’invite à évaluer les situations singulières. L’individualisme et le consumérisme contemporains, je l’ai toujours dit aux frères cardinaux au consistoire en février dernier, ont mis en cause la culture traditionnelle de la famille. Et l’Eglise est mise au défi de ces nouvelles situations.
— Au synode, qui prévaudront : les défenseurs à outrance de la Doctrine ou les théologiens de la pastorale ?
— J’espère que le synode se constituera d’un échange sérieux et tranquille sur les expériences pastorales. Les évêques sont les pasteurs de leurs Eglises et ils ne sont pas là pour une guerre idéologique.
Donc ce ne sera pas une guerre idéologique, selon le schéma classique conservateurs contre progressistes ?
— J’espère qu’il n’en sera pas ainsi. Le synode doit se demander, avant tout, comment l’Eglise peut aider au chemin dans l’histoire de l’homme contemporain. L’Eglise doit partager les joies et les espérances des hommes, les tristesses et les angoisses du monde.
— Certains, selon vous, veulent une guerre doctrinale ?
— Oui, certains veulent une guerre doctrinale, mais ce n’est pas cela, la tâche du synode. La Doctrine est claire. On ne la change pas, on l’approfondit et on l’applique aux situations complexes de l’homme contemporain.
— Comment approfondir les situations complexes ? Par exemple, le drame d’une famille divorcée qui a violé le sacrement du mariage indissoluble ?
— Les situations complexes, on les approfondit une à une. Personne ne doit juger, mais discerner. La lumière de l’Evangile nous aide au discernement dans toutes les situations concrètes, à la lumière de la miséricorde.
— Revenons au danger d’une guerre doctrinale au synode.
— Moi, je n’en veux certainement pas. Eux, peut-être, la veulent-ils. Moi, je pense à un synode pastoral.
­— C’est ce que veut le pape ?
— C’est clair. Le pape lui aussi veut un synode pastoral.
Vous attendiez-vous à cette polémique à propos de votre rapport de base au consistoire ?
— Je ne suis pas naïf. Je sais qu’il y a d’autres positions mais je n’ai pas pensé que le débat se transformerait, et qu’il se montrerait comme il le fait aujourd’hui sans allure. Aucun de mes confrères cardinaux n’a parlé avec moi. Moi, au contraire, j’ai parlé deux fois avec le Saint Père. J’ai convenu de tout avec lui. Il était d’accord. Que peut faire un cardinal, si ce n’est être avec le pape ? Je ne suis pas la cible, la cible est un autre.
— Le pape François ?
— Probablement oui.
— Que dites-vous, pour finir, à vos opposants ?
— Ils savent que je n’ai pas fait cette chose de moi-même. Je me suis mis d’accord avec le pape, j’ai parlé deux fois avec lui. Il s’est montré content. Maintenant ils font cette polémique. Un cardinal doit rester près du pape, à ses côtés. Les cardinaux sont les coopérateurs du pape.

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