29 novembre, 2009

Avortement et “éducation sexuelle” : la lettre musclée du Primat d'Espagne


Mgr Braulio Rodriguez Plaza, archevêque de Tolède et Primat d’Espagne, a fait distribuer ce dimanche cette lettre dans toutes les paroisses de son diocèse. Je vous en propose ci-dessous la traduction intégrale.

Les conséquences de la « loi de santé sexuelle et reproductive et d’interruption volontaire de la grossesse »
Derrière la loi en cours de discussion sur l’avortement, outre qu’elle transforme celui-ci en « droit » de la femme – ce qui, soit dit en passant, crée un droit « machiste » –, se cache un plan ambitieux d’introduction [dans la législation espagnole] de la dite « santé sexuelle et reproductive ». Il s’agit là de la terminologie politique et législative utilisée depuis la Conférence de Pékin, en 1995, qu’est en train d’imposer avec une telle ardeur le parti au pouvoir. A partir de là on a justifié dans le monde des stérilisations massives, la propagation de l’avortement précisément en tant que « droit de la femme » ; mais encore l’occultation de l’information sur les effets abortifs de produits présentés et diffusés comme contraceptifs, la restriction des droits de la conscience pour les médecins et les personnels sanitaires. Cela vous dit quelque chose ?
Mais – attention, parents ! – la future loi d’avortement part de la supposition selon laquelle une éducation sexuelle adéquate, l’amélioration de l’accès aux méthodes contraceptives et la disponibilité de programmes et de services de santé sexuelle et reproductive constitue le meilleur moyen de prévention, spécialement chez les jeunes, des maladies sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées et des avortements. C’est pourquoi le chapitre éducatif de la future loi indique que les pouvoirs publics soutiendront la communauté éducative pour la réalisation d’activités formatrices relatives à l’éducation sexuelle. Vont-ils apporter leur « soutien » ? Non. Ils vont obliger la communauté éducative à dispenser l’éducation sexuelle conforme aux directives du gouvernement du moment. Et celles du gouvernement actuel, nous les connaissons déjà : elles constituent une ingérence dans les droits des parents dont on doit respecter les convictions par rapport à l’éducation de leurs enfants. Cela se produit déjà dans beaucoup de supports pédagogiques pour l’éducation à la santé, où l’on introduit des ateliers d’éducation à la santé sans en informer les parents, en violant l’intimité de l’élève et les droits des parents affirmés par l’article 27 de la Constitution.
Comment sera donnée en pratique cette éducation sexuelle à l’école ? Le ministère de l’Egalité ne l’a pas précisé en présentant la loi sur l’avortement. Mais le ministère de la Santé, si, puisqu’il est en train d’élaborer une norme législative qui obligera tous les centres éducatifs, sans exception, à dispenser cette éducation sexuelle à tous les élèves. La formation en la matière ne sera pas dispensée par les professeurs de ces centres, mais par le personnel sanitaire désigné par l’Administration et par les professionnels que le gouvernement voudra bien juger capables et qu’il accréditera. Et hors de question que les centres éducatifs contestent leur idéologie. Naturellement, les contenus seront définis par une norme légale et surveillés par la Santé à travers l’Inspection correspondante, puisque les moyens éducatifs seront dirigés obligatoirement vers les mineurs comme une stratégie de santé – pour mieux vendre la marchandise – où l’opinion des parents et le projet éducatif du centre compteront pour rien.
C’est ainsi que l’Etat s’immisce de nouveau dans l’intimité des élèves, puisque l’exercice de la sexualité appartient à la sphère personnelle et affecte les valeurs et les convictions, et, par voie de conséquence, la liberté idéologique et la liberté de la conscience.
Existe-t-il par hasard un consensus social dans le champ de « l’éducation sexuelle et reproductive » en Espagne ? Evidemment non. La charge morale et idéologique connaturelle à ce sujet rend impossible que sa transmission puisse être neutre. Le gouvernement sait cela parfaitement. C’est pourquoi imposer certains contenus obligatoires dans cette matière implique d’imposer une anthropologie et une morale concrète que tous les citoyens ne partagent pas.
 
Braulio, archevêque de Tolède et Primat d’Espagne.

Source : ici.

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28 novembre, 2009

Catholiques c/ pro-avortement : mobilisation colombienne

700 jeunes catholiques ont défendu vendredi la cathédrale de Medellin (Colombie) qu'un groupe féministe et pro-avortement avait projeté d'investir dans un acte public d'apostasie pour réclamer le droit de la femme à disposer de son corps. Pour empêcher le blasphème et la profanation, ils s'étaient donné le mot pour venir prier sur les marches du sanctuaire. En moins de 12 heures, selon Aciprensa, le dispositif était prêt. Pacifiquement, et jusq'au-delà de la tombée du jour, les centaines de jeunes ont récité le chapelet et chanté des cantiques sous les insultes et les cris des « abortistas » qui n'ont jamais pu s'approcher des portes de la cathédrale pour y apposer leurs affiches offensantes.

Il faut dire qu'ils n'étaient qu'une trentaine...

Liliana Vélez, l'une des jeunes catholiques présents, a souligné combien la foi est vive aujourd'hui à Medellin, ajoutant :

« En tant que catholiques, nous méritons le respect et avons tous les droits de nous faire respecter, (...) et d'exprimer ainsi que nos pasteurs, prêtres et evêques, ne sont pas seuls, qu'ils disposent d'un laïcat enthousiaste et prêt à batailler contre l'anticulture de mort que certains groupes veulent imposer par la force, en manipulant les statistiques, en faisant pression sur les autorités municipales à l'aide des organisations internationales »...

« Nous autres catholiques, nous allons défendre Medellin et la Colombie parce que nous ne voulons pas vivre la dégradation sociale et  morale que connaissent aujourd'hui l'Espagne et l'Europe en général, nous voulons être un pays qui témoigne au monde de ce que la famille est source de vie et d'amour, que la femme possède une dignité, que sa vocation à la matenité et le rôle qu'elle doit jouer dans la société doivent être justement appréciés et que nous ne voulons pas vivre sous l'obscure et maléfique idéologie du genre. »
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Etat végétatif, qu'ils disaient... mais qu'on les tue donc, légumes ou non !

L'erreur de diagnostic de coma végétatif persistant est bien plus fréquente qu'on ne le dit : c'est ce qu'on a entendu lors de la reprise de contact avec Rom Houben, le Belge accidenté de la route qui a passé 23 ans sans pouvoir communiquer avec son entourage, souffrant d'un locked-in syndrome (voir ici). Jusqu'à ce qu'un neurologue, le Dr Laureys, constate que son cerveau a une activité quasi normale...

Pour le plus grand nombre, cet événement et le doute qu'il révèle sur la réalité du coma végétatif dans de nombreux cas aura été l'occasion de plaider pour le respect de la vie et davantage de sérieux lors de l'examen de ces patients. Et, surtout, pour le fait de ne pas cesser les soins prodigués à ceux qui sont diagnostiqués en état de coma végétatif.

Mais tel n'est pas l'avis de tous. Bioedge signale le cas de Jacob M; Appel , bioethicien « libertarien », qui plaide pour la mise à mort des personnes dans cet état dans The Huffington Post.

« Si la croyance du Dr Laureys selon laquelle de nombreux patients se trouvent  dans un pareil état d'enfermement, ces calamités pourraient au contraire fournir un argmument massue pour le retrait des soins. Mieux, ces circonstances sont peut-être justement celles, rares, où l'euthanasie active est moralement justifiable en dehors du consentement de l'intéressé. »

Le simple fait que Houben ait souffert une sorte de « torture » pendant 23 ans serait suffisant pour le débrancher, assure le libéral extrémiste, citant un article paru en février dernier dans le très sérieux Oxford Journal of  Philosophy and Medicine, Guy Kahane et Julian Suvalescu affirment que Terri Schiavo et Eluana Englaro ne ressentaient plus rien, et que ce fait a poussé à vouloir les faire mourir. « Du moins ne souffraient-elles pas », écrivent les auteurs : « Si elles étaient vraiment conscientes, alors l'horreur d'être prisonnières de leurs propres corps pourrait bien fournir un argument bien plus fort pour permettre qu'il soit mis fin à leurs souffrances. La plupart des gens préféreraient ne pas vivre si leur qualité de vie tombait sous un certain niveau. En dehors de se trouver quotidiennement plongé dans de l'huile bouillante, se retrouver complètement prisonnier de son propre corps donne à peu près la pire qualité de vie que l'on puisse expérimenter dans un état de conscience », croient savoir les auteurs.

Source : ici.

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27 novembre, 2009

Confessions non-stop à Mexico le 28 novembre : l'archidiocèse souligne le cas de l'avortement


Un « marathon » de confessions dans la cathédrale métropolitaine de l’archidiocèse de Mexico : c’est l’événement – le premier en son genre – qu’organisent ce samedi 28 novembre les plus hautes autorités catholiques mexicaines. Si chacun est invité à répondre à l’appel, « Réconcilie-toi avec toi-même et avec Dieu », le communiqué de l’archiodicèse n’évoque nommément que l’avortement, fléau dont on connaît les conséquences néfastes non seulement sur le plan spirituel, mais aussi psychologique.


L’avortement étant un péché dont l’absolution est « réservée » à l’évêque et aux prêtres pénitenciers, comme le veut le code de droit canonique, le cardinal de Mexico, Norberto Rivera Carrera, accordera aux prêtres présents pour confesser la faculté de le remettre en cette occasion, ainsi que tous les péchés relevant de cette procédure réservée, pour faciliter l’accès de chacun au sacrement.

(En certains pays, ce pouvoir est accordé de manière permanente par les évêques locaux.)

Tous les confessionnaux de la cathédrale seront accessible non-stop, à la veille du premier dimanche de l’Avent, de 8 h à 21 h. Pour l’événement, tous les prêtres des alentours ont été sollicités et s’ils veulent se joindre aux nombreux évêques et curés de Mexico et Guadalupe présents, ils s’engagent simplement à passer au moins deux heures à entendre les confessions des fidèles, dans une démarche qui restera « intime et privée », précise l’archidiocèse.


Sur le site d’information de l’archidiocèse, on rappelle :

« L’Eglise est consciente de ce que beaucoup de baptisés ne s’approchent pas des sacrements comme ils le devraient ou qu’ils le font de manière sporadique, et elle voit cela avec préoccupation et tristesse. (…) Le “marathon de confessions” veut ouvrir des espaces et jours spécifiques, en mobilisant un nombre suffisant de prêtres pour que toutes les personnes qui le désirent puissent recevoir ce sacrement, qui est intime et privé. »

« Le sacrement de la pénitence est un pré-requis indispensable pour s’approcher de la Sainte Eucharistie pour la personne se trouvant en état de péché mortel. L’Eglise demande à tous de se confesser au moins une fois l’an », rappelle par ailleurs la note informative, qui annonce une nouvelle journée de cette sorte à la veille du carême 2010.

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La Conférence épiscopale espagnole rappelle l'excommunication de ceux qui votent pour la nouvelle loi d'avortement

Lors de la conférence de presse de clôture de l’Assemblée de la Conférence épiscopale espagnole, ce vendredi, son secrétaire Mgr Juan Antonio Martinez Camino a lu à l'intention des journalistes une note sur le projet de loi libéralisant l’avortement dans ce pays, dite de « santé sexuelle et reproductive », qui a franchi sa première étape jeudi devant le Parlement.


« 1. L’Assemblée plénière fait expressément sienne la Déclaration du 17 juin dernier de la commission permanent parue sous le titre « Sur l’avant-projet de loi sur l’avortement : l’attentat contra la vie de ceux qui vont naître transformé en “droit” ». Les évêques recommandent chaleureusement sa lecture.


« 2. Comme le disait la commission permanente, ce projet de loi “constitue une grave régression par rapport à l’actuelle loi de dépénalisation, qui est déjà elle-même injuste”. Nulle personne respectueuse des impératifs de la droite raison ne peut approuver ni donner sa voix à ce projet de loi. En particulier, les catholiques doivent se rappeler que s’ils le font, ils se mettent eux-mêmes publiquement dans une situation objective de péché et que, tant que dure cette situation, ils ne pourront être admis à la Sainte Communion (cf. la Lettre du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, de juin 2004, au président de la Conférence épiscopale des Etats-Unis d’Amérique). »

Le préfet de cette Congrégation était à l’époque un certain cardinal Joseph Ratzinger…


« 3. Nous catholiques sommes pour le “oui” à la vie des êtres humains innocents et sans défense qui ont le droit de naître ; pour le “oui” à une éducation affective-sexuelle adéquate qui rend capable d’amour véritable ; pour le “oui” à la femme enceinte, qui doit être efficacement soutenue dans son droit à la maternité ; pour le “oui” aux lois justes qui favorisent le bien commun et qui ne confondent pas l’injustice avec le droit. »

Mgr Martinez Camino a ensuite répondu aux questions des journalistes en apportant ces précisions :

Celui qui aura voté pour la loi actuellement débattue « devra se confesser et rectifier publiquement s’il veut recommencer à communier ». « La situation objective de péché se résout par la confession et par la réparation publique du dommage causé », a-t-il ajouté. Et de s’étonner de l’étonnement des journalistes puisque, a-t-il rappelé, il n’y a là aucune nouveauté, mais seulement un « rappel de la doctrine et de la manière de procéder dans le monde entier ».

(Mais pas toujours en France…)

Par ce lien, on peut télécharger le film de la conférence de presse.

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26 novembre, 2009

Première étape franchie pour la loi espagnole sur l'avortement

Le projet de loi socialiste de libéralisation de l'avortement, qui veut permettre aux femmes l'avortement à la demande jusqu'à 14 semaines de grossesse et supprimer le consentement parental pour les mineures de 16 ans au moins, a franchi sa première étape. Les quatre amendements sur la totalité du texte proposés par l'opposition, au sujet des mineures et de l'objection de conscience ont été rejetés, ceux du Partio Popular l'étant par 183 voix contre 162. On note que les députés du parti supposé d'inspiration catholique, le PNV des nationalistes basques, ont mêlé leurs voix à celles du PSOE de Zapatero dont une seule a manqué à l'appel : il s'agit d'un socialiste dont l'identité n'est pas pour l'heure connue. Pour donner le change, assure HazteOir, la plateforme pro-vie espagnole, le gouvernement s'est montré ouvert au dialogue notamment sur la question des mineures.

A l'issue de la séance les socialistes sont tombés dans les bas les uns des autres, pendant que Zapatero, venu pour la fête, se félicitait de ce que l'Espagne compte ainsi au nombre des « sociétés avancées ».

Ils ont continué de répéter que la loi avait pour but de réduire le nombre des avortements et d'assurer qu'aucune femme n'aille en prison - alors qu'il ne se trouve pas une seule femme dans une prison espagnole pour avoir avorté.

A ce compte-là, s'interroge Javier Cámara dans El Imparcial, « pourquoi ne pas légaliser le terrorisme pour en finir avec l'ETA » ?

Le rejet des amendements redonne la main au gouvrnement espagnol pour la suite du parcours législatif du projet.

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HazteOir a trouvé des mots...

pour désigner la ministre responsable de promouvoir la loi sur l'avortement en Espagne : Bibiana Aido, c'est la ministre de l'extermination des enfants. La plateforme pro-vie épinglait la novlangue de la jeune femme affirmant qu'il s'agit « non d'une loi d'avortement mais de santé reproductive et d'interrumption volontaire de la grossesse », une « loi à l'européenne »..

Voir HazteOir.

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Espagne : le président du Parlement invoque l'Evangile pour justifier la loi sur l'avortement


José Bono, un catholique au secours de l'IVG

La loi libéralisant l’avortement passe aujourd’hui devant les « Cortes » espagnoles, étant entendu qu’en principe, si la discipline de parti fonctionne, elle sera adoptée telle quelle, une majorité minimale de 18 voix étant prévue pour contrer tous les amendements proposés par l’opposition. Le Premier ministre Zapatero était annoncé comme devant assister à la séance parlementaire pour soutenir ce projet-phare des socialistes espagnols.

La presse espagnole a donné un très large écho à la tribune publiée par le président du Congrès des députés, José Bono, dans le quotidien El País de ce jour. Il s’y exprime en tant que catholique… en faveur de l’avortement, sous le titre « Avortement, ni droit ni obligation ». Il se dit « interpellé par sa conscience »… C’est un remarquable modèle de faux-jetonnerie, où les arguments invariables et les contradictions inévitables du lobby pro-mort se déploient à côté de justifications pseudo-religieuses que je vous laisse découvrir.

« Il en est ainsi parce que, quoi qu’on en dise, nous savons avec certitude que le fœtus n’est pas un organe de la femme, mais une réalité distincte de la femme enceinte. Le fœtus est davantage “quelqu’un” qu’un “quelque chose”. Je ne puis nier sans me mentir que j’ai la conviction que ce qui est abrité dans le sein maternel, c’est une vie humaine en formation qui mérite d’être protégé. Nous nous trouvons devant une valeur constitutionnelle. (…)

« Néanmoins l’avortement est aussi une réalité, et l’expérience nous dit que le fait de l’interdire en toute circonstance, en plus d’entraîner des conséquences graves et non désirées, a seulement réussi à en rendre la pratique clandestine. Face à cette réalité, le législateur responsable ne doit pas détourner son regard. Comme le dit le professeur Peces-Barba, “l’avortement est toujours un mal parce qu’il met fin à un germe de vie et qu’on rompt une lignée biologique naturelle… Mais la loi le régule, parce que, tenant compte des biens et des maux en jeu elle considère qu’il peut y avoir des maux plus grands” (La démocratie en Espagne).

« L’avortement n’est ni un bien ni un droit. Au cœur de mes convictions éthiques et religieuses se trouve la défense de la vie et le secours au plus faible, valeurs qui sont le patrimoine de la tradition humaniste et progressiste espagnole. (…)

« A ce sujet, comme le dit Obama, nous devons éviter, spécialement, “la caricature de l’autre”, parce que l’avortement ne doit pas se présenter comme une affaire idéologique mais comme relevant de la conscience…

« Le débat d’aujourd’hui en Espagne n’est pas à propos de la dépénalisation de l’avortement. Ce débat a eu lieu en 1985. La question est que cette dépénalisation de 1985 a couvert, par son ambiguïté, un nombre excessif d’avortements : 115 812 pour la seule année 2008. Plus encore, le défaut de limite dans le cadre de la troisième cause de dépénalisation, celui de la santé psychique, qui a couvert 97 % des avortements, a provoqué des abus scandaleux. »

Pour José Bono, cette situation qui a fait de l’Espagne une destination pour le « tourisme abortif » va être amendée par les délais et limites prévus par le nouveau projet de loi, le nombre des avortements sera limité, le nasciturus sera mieux protégé et les garanties juridiques pour les femmes qui décident d’interrompre leur grossesse seront améliorées.

Et de prétendre que la loi à laquelle il apporte son soutien pourrait s’appeler « Loi pour la Réduction des Avortements en Espagne » – que même l’Eglise catholique devrait approuver selon les indications d’Evangelium vitae qui approuve toute initiative ayant pour effet de réduire les effets négatifs de la légalité de l’avortement.

« Sont contradictoires avec cette disposition papale, outre qu’elles sont socialement choquantes, les prises de position condamnatoires et l’agressivité actuelle de tous ces religieux espagnols qui, pendant les huit ans où le PP était au pouvoir, ont docilement accepté l’application de la loi sur l’avortement de 1985. »

Pour José Bono, la nouvelle loi n’instaure aucun « droit à l’avortement » puisque la vie prénatale est juridiquement protégée. Mais c'est lui-même qui souligne :

« Selon le projet de loi, jusqu’à 14 semaines, c’est la décision de la femme qui prévaut, mais à partir de cette date, comme dans la plupart des pays européens, s’impose la protection du nasciturus, sauf en deux cas : le risque grave pour la santé de la femme enceinte ou les anomalies fœtales graves. »

Alors, droit ou non ? Bono ose dire que non, ajoutant que c’est  au nom du « moindre mal » (théorisé aussi par Van Rompuy, voyez où cela peut mener…) que Bono se range derrière les partisans de la nouvelle loi. Même s’il faut savoir débattre, selon lui, sur l’information des parents en cas d’avortement d’une mineure de plus de 16 ans, l’objection de conscience, et les mesures pour éviter les grossesses non désirées – au premier rang desquels il place, comme de bien entendu, « l’éducation sexuelle ».

Le plus tordu pour la fin :

« Il ya des secteurs de l’Eglise catholique qui exigent de l’Etat que celui-ci agisse comme un justicier, appliquant peines et châtiments, pendant qu’ils se réservent le geste accueillant du pardon ou de la pénitence purificatrice. En tant qu’homme politique désireux de laisser inspirer sa vie par l’Evangile de Jésus, j’aspire à ce que la nouvelle loi, elle aussi, comprenne une dimension de compréhension et de miséricorde. Femme, agis en conscience, cette loi ne te condamne pas ! »

Source : ici

Photo : HazteOir.

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« Euthanasier-c-tuer »

Un excellent blog français propos un regard catholique sur l'euthanasie. Euthanasier-c-tuera.org, a vu le jour le 1er octobre dernier. A voir ici...

25 novembre, 2009

Une curieuse nomination à l'Académie pontificale des sciences

Daniel Hamiche, sur Americatho, s'interroge sur la nomination du professeur américain Francis S. Collins comme membre ordinaire de l'Académie pontificale des sciences alors qu'il est favorable à des pratiques réprouvées par l'éthique scientifique chrétienne. A lire ici.

Vermont : une concubine lesbienne obtient la garde d'un enfant contre sa mère biologique

Un juge du Vermont (Etats-Unis) a accordé la garde de la petite fille biologique d’une ex-lesbienne, Lisa Miller, à l’ancienne concubine de celle-ci, vendredi.



La petite Isabella, 7 ans, est née d’une insémination artificielle pratiquée sur Lisa alors qu’elle était en partenariat civil avec Janet Jenkins ; Lisa devait la quitter un an plus tard, en 2003, en adoptant un style de vie « hétérosexuel » et en retrouvant le chemin de son église. Depuis cette date, Janet Jenkins multiplie les procédures pour obtenir la garde de « sa » fille puisqu’elle s’en considère le parent légitime. Et c’est pour ce motif que le juge William Cohen a décidé de lui confier la garde plénière de la petite fille à compter du 1er janvier 2010.

Le juge a invoqué le seul fait que Lisa avait jusqu’ici refusé tout droit de visite à Janet pour justifier cette décision inouïe, alors même que Janet ne demandait pas la garde mais un simple droit de visite, assurant que c’était le seul moyen de garantir l’accès à l’enfant aux deux « parents » (sic).

« Sur le long terme, la modification de la garde sera dans l’intérêt d’Isabella puisqu’elle aura la possibilité d’avoir un contact maximal et continu sur le plan physique et émotionnel avec ses deux parents », affirme le jugement, qui précise que les deux « parents » sont à égalité en termes de stabilité, de ressources financières, de disponibilité émotionnelle et toutes autres considérations relatives à l’éducation d’un enfant. Leur seule « inégalité » pointée par la décision réside dans leur disponibilité à « coopérer » : Janet, affirme le jugement, est disposée à laisser un droit de visite à Lisa et non l’inverse.

La petite Isabella devra changer de foyer, d’école, d’Etat pour aller vivre avec une quasi étrangère. Cela n’a pas pesé.

Comme n’a pas pesé l’insistance de la part de Lisa Miller que sa fille était revenue « traumatisée » d’une visite ordonnée par un juge en se plaignant d’avoir été obligée à se baigner nue avec Janet Jenkins.

Lisa Miller fera appel devant la Cour suprême du Vermont.

Sources : LifeSiteNews et ici. Photo LifeSiteNews.

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La Commission européenne veut imposer la non-discrimination pour orientation sexuelle aux Eglises

Les lois britanniques pour l’égalité et contre la discrimination en vigueur laissent un champ trop large aux exemptions consenties aux employeurs religieux, notamment en matière de « genre » et d’« orientation sexuelle ». C’est ce qu’affirme un avis d’« opinion raisonnée » adressée le 20 novembre par le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances, Vladimir Spidla au gouvernement du Royaume-Uni. Celui-ci se voit accusé de n’avoir pas correctement retranscrit dans son droit national la directive 2002/73/EC sur l’égalité dans l’emploi.

La Commission de Bruxelles reproche à la loi en vigueur au Royaume-Uni ses « exceptions au principe de non-discrimination à raison de l’orientation sexuelle consenties aux employeurs religieux plus étendues que celles autorisées par la directive ».

Cette loi britannique, entrée en vigueur au début de 2003 à la suite d’une consultation publique, permet aux groupes religieux de refuser d’employer >une personne en raison de son orientation sexuelle pour éviter « tout conflit avec les fortes convictions religieuses d’un nombre significatif des fidèles de cette religion ».

C’est trop, assure Spidla au nom de sa commission, dont il faut savoir qu’elle a été saisie de cette question par une plainte de la National Secular Society (association laïque nationale britannique). Bruxelles a donné entièrement raison à celle-ci, engageant une procédure juridique contraignante afin de faire changer la législation du Royaume-Uni. Celui-ci a deux mois pour répondre.

La lettre de la commission, qui ne semble pas avoir été publiée, attire l’attention du gouvernement sur les points suivant, comme le signale la page officielle de Vladimir Spidla :


• La définition de la discrimination indirecte est trop étroite, car elle ne couvre pas la discrimination potentielle ;


• Les exceptions au principe de non-discrimination sur la base du sexe pour certains emplois sont trop larges ;


• Les exceptions au principe de non-discrimination pour les « détenteurs de postes » dans les institutions politiques ne sont pas définies de manière assez précise ;


• Le droit des associations pour soutenir les victimes de discrimination devant les tribunaux n’est pas établi de manière assez claire.


Par ailleurs la démarche inédite dans sa clarté antireligieuse doit aussi être comprise comme une pression exercée sur la politique intérieure du Royaume-Uni, puisque Vladimir Spidla, dans sa lettre, affirme ceci :
« Nous appelons le gouvernement du Royaume-Uni à apporter les changements nécessaires à sa législation anti-discrimination afin de se mettre pleinement en accord avec les règles de l’UE. Dans ce contexte, nous sommes heureux de l’actuelle proposition d’une nouvelle loi sur l’égalité et espérons que celle-ci entrera en vigueur très rapidement. »
Il s’agit d’un texte fleuve qui définit très largement la discrimination en tous genres. L’Equality Bill, signée Harriet Harman, sur le plan précis soulevé par la Commission européenne, veut limiter le droit des organisations religieuses de refuser l’emploi d’un homosexuel aux seuls postes comprenant la promotion active ou « le fait de conduire ou d’aider à l’observance de pratiques liturgiques ou rituelles de la religion ». Donc : pas question de ne pas employer un professeur affichant son homosexualité dans une école religieuse si ledit professeur n’a pas pour tâche de « promouvoir ou expliquer la doctrine de la religion » concernée…

Pendant que les discussions se poursuivent devant le Parlement britannique des groupes activistes font aujourd’hui pression pour faire ôter même ces exceptions de la loi, en vue d’obtenir à terme l’obligation pour les églises de célébrer des unions homosexuelles. Pour le porte-parole de Stonewall, une de ces organisations, cela pourrait bien être envisageable d’ici à 10 ou 20 ans…
Bien entendu les organisations religieuses britanniques ont déjà réagi de manière inquiète devant ce diktat de Bruxelles : l’organisation caritative évangélique « Care » a ainsi déclaré : « Si les églises évangéliques ne peuvent être sûres de pouvoir employer des évangéliques pratiquants en matière d’éthique sexuelle, comment vont-elles pouvoir continuer ? »
L’Equality Bill a été vivement critiquée par les évêques catholiques d’Angleterre. Le secrétaire général de la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles, Mgr Andrew Summersgill, écrivait le 18 novembre dernier aux élus :
« Dans le cadre de la législation existante, nous avons vu se développer une culture de l’évitement des risques qui s’exprime de manière si ridicule qui nous avons eu à connaître d’une autorité locale qui ordonnait à ses locataires de défaire leurs guirlandes lumineuses de Noël pour ne pas offenser des voisins musulmans, et d’autres autorités qui ont censuré le mot “Noël” par sensibilité culturelle à l’égard de tous, sauf des chrétiens.

« Si cette loi se préoccupe vraiment d’égalité, tout ce qui est possible doit être fait pour l’empêcher d’avoir un effet glaçant sur l’expression et la pratique religieuses. »
Sources : Communiqué de presse de la Commission, The Guardian, Vladimir Spidla, Communiqué UE, Christianity Today et LifeSiteNews.

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24 novembre, 2009

Etat végétatif, qu'ils disaient...

Yves Daoudal raconte le calvaire, puis le « réveil », au bout de 23 ans, d'un Belge en coma « végétatif ». Le réveil était en fait celui de la communauté médicale qui a été obligée de constater que, contrairement au diagnostic initial, Rom Houben était conscient de tout ce qui se passait autour de lui. Lire ici.

Rappelez-vous : Terri Schiavo, aux Etats-Unis, a été tuée pour moins que ça...

Sida : statistiques de la contamination

6 940 nouvelles contaminations par le virus du sida sont survenues en France en 2008, selon les estimations de l’Institut de veille sanitaire (InVS). La quasi-totalité est due à un rapport sexuel. Les « hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) » représentent la population la plus touchée correspondant à 48 % des nouvelles contaminations.

Le taux d’incidence (nouveaux cas) de l’infection par le VIH le plus faible est observé au sein de la population hétérosexuelle française (5 cas par an pour 100 000 personnes). En comparaison, ce taux est 200 fois supérieur chez les homosexuels (HSH), 18 fois supérieur chez les usagers de drogues par voie intraveineuse et 9 fois supérieur chez les personnes hétérosexuelles de nationalité étrangère. Parmi l’ensemble des contaminations, les personnes de nationalité étrangère représentent 23 % des nouvelles contaminations et 45 % des contaminations hétérosexuelles.

Source : Présent du 21 novembre 2009 ; Institut de veille sanitaire.

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Herman Van Rompuy est-il un défenseur de la vie ?

A la tête du premier exécutif des « Etats-Unis d’Europe » institués par le Traité de Lisbonne, le choix de Herman Van Rompuy comme président a pu apparaître comme un moindre mal. N’est-il pas catholique pratiquant ? Hostile à l’entrée de la Turquie en Europe ? Attaché à l’identité chrétienne du Vieux Continent ? Mais il a parlé avec approbation des progrès de la « gouvernance globale » depuis sa nomination aux commandes de l’Europe, nomination intervenue après un dîner avec le groupe mondialiste Bilderberg le 15 novembre… Quel espoir pour la « culture de vie » ?

Voici ce qu’en pense le journaliste et écrivain belge Paul Belien, principal rédacteur du blog Brussels Journal qui se présente comme « la voix du conservatisme en Europe ». Paul Belien est membre de plusieurs associations libérales, à dominante plutôt atlantiste. Sécessionniste flamand lui-même, son épouse, Alexandra Colen, a été elue député du Vlaams Blok en 1995 et l’est désormais du Vlaams Belang. Paul Belien a co-signé naguère un livre avec Lady Thatcher, Lord Tebbit, Philippe Séguin (Visions d’Europe, 1994). Il a beaucoup côtoyé Herman Van Rompuy au début de la carrière qui allait le mener vers le rafistolage de le l’unité de ce que Belien appelle un « Etat artificiel » : la Belgique. Aussi artificiel que l’Union européenne.

« Il n’y a pas de patriotes belges, parce que personne ne veut mourir pour un drapeau qui ne représente rien. Parce que la Belgique ne représente rien, les idéologues multiculturels adorent la Belgique. Ils disent que sans patriotisme, il n’y aurait pas de guerres et le monde serait meilleur », écrit Belien.

Mais Van Rompuy était, au départ, aux antipodes de cette vision, estimant avec Lode Claes, philosophe belge, que sans identité et un véritable sens d’appartenance nationale, il ne peut y avoir ni démocratie, ni moralité politique. De cette époque, vers 1985, date une série de livres et articles où Van Rompuy exaltait « les valeurs traditionnelles, le rôle de la religion la protection de l’enfant à naître, les racines chrétiennes de l’Europe et la nécessité de les préserver », écrit Belien.

C’est alors que Van Rompuy envisage de quitter la politique – il est au parti démocrate-chrétien – et s’en ouvre à Belien ; il envisage de s’engager dans le journalisme ou dans une autre voie professionnelle. Mais finalement il restera ; il deviendra même très vite sénateur, puis ministre délégué, pour prendre enfin la tête des démo-chrétiens dès 1988. Paul Belien continue de le voir à l’occasion.

« Nos chemins ont continué de se croiser épisodiquement jusqu’en 1990, moment où le Parlement belge vote une loi très libérale légalisant l’avortement. Le roi des Belges, Baudouin (1930-1993), catholique convaincu qui souffrait du fait que sa femme et lui ne pouvaient avoir d’enfants, avait dit à ses amis qu’il “aimerait mieux abdiquer que de signer la loi”. Les hommes politiques belges, persuadés que le roi bluffait, ne voulaient pas que son opposition à la loi fût connue. J’ai raconté cela dans les pages opinion du Wall Street Journal et j’ai été aussitôt réprimandé par le journal belge qui m’employait, à la suite d’un coup de fil furieux du Premier ministre belge d’alors, un démocrate-chrétien, à mon directeur, qui se trouvait être l’ancien porte-parole de ce Premier ministre. On m’a interdit d’écrire sur les affaires belges dans des journaux étrangers.


« En avril 1990, le roi a de fait abdiqué à propos de l’avortement, et le parti chrétien-démocrate, conduit par Herman Van Rompuy qui s’était toujours enorgueilli d’être un bon catholique, fait signer l’une des lois d’avortement les plus libérales d’Europe par le collège des ministres, une procédure prévue par la Constitution belge en cas d’absence d’un roi. Puis ils firent voter le retour du roi sur le trône, dès le lendemain. J’ai raconté tout cela dans le Wall Street Journal et fus immédiatement viré de mon journal pour « faute grave ». Quelques semaines plus tard, je rencontrai Herman au mariage d’un ami commun. Je m’approchai de lui pour le saluer et discuter un peu. Je voyais bien qu’il était très mal à l’aise. Il évitait de me regarder et rompit la conversation dès qu’il le put. Nous ne nous sommes pas parlés depuis.


« La carrière de Herman s’est poursuivie. Il est devenu ministre du Budget, vice-Premier ministre, Président de la chambre des représentants, et pour finir Premier ministre de Belgique. Il a continué de publier des livres intellectuels et intelligents, mais au lieu de défendre le concept du bien, il s’est mis a défendre celui du “moindre mal”. Et il a commencé à écrire des haïku. »

Paul Belien raconte ensuite comment , à force d’habileté, Van Rompuy a réussi à résoudre la crise belge en rafistolant un semblant d’unité à la tête d’un gouvernement à majorité wallonne « qui ne représente pas la majorité du groupe ethnique belge majoritaire ».

« Désormais, Herman s’en va pour présider l’Europe. Comme la Belgique, l’Union européenne est une institution non-démocratique, qui a besoin de leaders habiles, capables de renoncer à tout ce en quoi ils ont cru jadis et qui savent imposer des décisions au peuple contre la volonté du peuple. Peu importe la démocratie, la moralité ou l’Etat de droit, nos supérieurs savent ce qui est bon pour nous et le savent mieux que nous. Et Herman est désormais l’un de nos supérieurs. Il a fait bien du chemin depuis les temps où il était dégoûté par la politique à la manière belge.


« Herman est comme Saroumane, le sage sorcier du Seigneur des anneaux de Tolkien, qui est passé à l’ennemi. Les choses qui nous importent lui importaient. Mais plus maintenant. Il s’est construit une haute tour, d’où il règne sur nous tous. »

Voir aussi : LifeSiteNews

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23 novembre, 2009

Mgr Asenjo, de Séville : « La chose la plus grave qui soit arrivée au siècle dernier »

Devant quelque 500 personnes réunies le samedi 21 novembre au séminaire métropolitain de Séville, ville dont il est l'archevêque, Mgr Juan José Asenjo a déclaré que l'« acceptation sociale de l'avortement est la chose la plus grave qui soit arrivée au siècle dernier, plus grave même que les guerres ».

Il intervenait devant une assemblée de laïcs organisée par la délégation diocésaine de l'apostolat laïque sur le thème « la proposition chrétienne à propos de la vie ».

Il voulait attirer l'attention sur quelques-uns des « maux et des crimes du siècle dernier » : la mort des enfants à cause des famines, la maltraitance des femmes, les décès en raison des conditions de travail, la drogue, l'avortement, l'euthanasie... pour appeler les laïcs à « protéger les plus faibles ».

L'archevêque de Séville a rappelé que « l'avortement est un crime abominable qui, de ce fait, ne devrait jamais être objet de droit », et qu'à son propos comme à celui de l'euthanasie, « nous autres chrétiens ne pouvons garder le silence ». « Il faut sensibiliser chacun, et surtout les femmes, sur le droit à la vie », a-t-il ajouté, soulignant que l'acceptation de l'avortement par beaucoup  est « cause de pensée ramollie et de paresse mentale ».

« L'Eglise a impérieusement besoin de cultiver un catholicisme militant, au sens noble de cette expression : actif, fort, évangélisateur, sans complexes et sans honte », affirma Mgr Asenjo, mettant l'accent sur la nécessité d'un laïcat « bien préparé, dynamique, missionnaire, qui veut avancer (...), des hommes et des femmes prêts à affirmer une foi vive et appuyée sur une vie spirituelle profonde » - termes rapportés dans le communiqué du diocèse de Séville sur son site.

Alors que l'Espagne se voit confrontée à un projet de libéralisation de l'avortement, alors que c'est déjà le pays d'Europe où le nombre d'avortements progresse le plus vite, l'archevêque a déclaré qu'il ne s'agit pas d'un « progrès », mais d'une « régression » : « Ce qui est progressiste, c'est de déféndre toute vie ».

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22 novembre, 2009

Un bébé avec trois parents ?

Selon une information rapportée par le site de veille bioéthique australien Bioedge, une équipe japonaise de l'hôpital St Mother de Kitakyushu a mené des expériences visant à « réparer » les ovules de femmes âgées en utilisant des ovules prélevés sur des donneuses plus jeunes, pratique controversée qui pourrait aboutir à la « fabrication » d'êtres porteurs des ADN de trois personnes.

Le cytoplasme des ovules des femmes plus âgées présente souvent des anormalités, ce qui conduit à l'échec de tentatives de fécondation in vitro. Les chercheurs japonais estiment qu'en injectant un noyau d'ovule  de la femme plus âgée cherchent à procréer dans le cytoplasme de l'ovule d'une femme plus jeunes, on élimine ce problème d'autant que des essais expérimentaux menés par leur équipe ont abouti à une « réussite » pour 25 des 31 œufs ainsi traités. Lors de l'injection subséquente d'u spermatozoïde, 7 d'entre eux ont commencé à formé des « embryons au stade précoce » : fécondation réussie, immédiatement suivie de destruction.

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21 novembre, 2009

Conseil de l'Europe : restreindre l'objection de conscience à l'avortement

L'ECLJ (Centre européen pour la loi et la justice), organisme accrédité auprès des institutions européennes, qui a pour but la défense des droits des chrétiens en Europe, vient de lancer une alerte à propos d'un projet de résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe présenté par la Suédoise Mme Hägg et la socialiste britannique Christine Mc Cafferty en vue de s'attaquer à cette question : « L'accès des femmes au soins médicaux légaux : le problème du recours non régleménté à l'objection de conscience. »

L'ECLJ dénonce le double objectif du projet : promouvoir l'avortement en tant que « droit humain », et dans cette même logique limiter la possibilité offerte aux personnels médicaux à titre individuel comme aux établissements de soins de refuser de fournir certains services de santé pour des motifs religieux, philosophiques ou moraux. Pour l'essentiel, il s'agit de l'avortement, de la « contraception d'urgence», du suicide assisté et de la procréation artificielle.

Pendant que ce projet de résolution suit son cours devant l'Assemblée du Conseil de l'Europe, et avant qu'il ne pèse de plus en plus lourd sur les choix des Etats membres, l'ECLJ se charge de présenter un contre-rapport.

Les sigataires du projet (Mme Hägg, Mc Cafferty et une vingtaine d'autres, affichent leur vive préoccupation devant la montée du recours au droit à l'objection de conscience reconnu aux personnels médicaux, « surtout dans le domaine de la santé reproductive ». Et se plaint que celui-ci ne soit pas encadré : sans aller jusqu'à demander sa suppression, les signataires voudraient voir instituées de nouvelles obligations pour les Etats chargés à la fois de réglementer le droit d'objection et d'informer les femmes de leurs droits. Ils « exhortent les États membres qui ne l’ont pas encore fait à mettre en place un dispositif de surveillance pour faire en sorte que les femmes concernées soient dirigées vers des praticiens équivalents ayant les mêmes compétences, mais ne partageant pas l’objection de conscience et se trouvant à une distance raisonnable, au cas où le praticien choisi en premier lieu refuserait d’accomplir certains actes de santé reproductive en invoquant l’objection de conscience ».

Enfin, ils invitent les Etats à « exclure le droit à l’objection de conscience dans un cadre institutionnel, en interdisant à l’ensemble des cliniques et hôpitaux publics d’invoquer l’objection de conscience ».

Texte complet ici.

En France, les restrictions à l'objection de conscience ont déjà été mises en place pour l'« IVG » par la loi Aubry : le médecin sollicité pour un avortement peut refuser mais doit fournir à sa patiente le nom et l'adresse d'un confrère ou d'un centre acceptant de fournir ce « service », tandis que dans les hôpitaux publics, les chefs de service de gynécologie-obstétrique ont l'obligation légale d'organiser des avortements.

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Argentine : une petite fille handicapée mentale subit un avortement « thérapeutique »

Agustina n'a que dix ans. Comme la fillette d'Alagoinha (Brésil), elle a été violée à répétition par son « beau-père », sans doute depuis plusieurs années. Handicapée mentale, elle a commencée à se plaindre de douleurs abdominales sévères il y a une dizaine de jours. Sa mère l'emmène chez le médecin. Qui constate une grossesse de deux mois révolus... L'homme est en fuite. On n'en parle guère...

La mère, la sœur et la tante de la petite Agustina ont aussitôt demandé un « avortement thérapeutique », légal en Argentine en cas de danger pour la santé de la mère ou de viol. Au centre hospitalier maternel et infantile Florencio Escardo de Tigre, on a évalué ce vendredi l'état de santé de la fillette. On s'en réfère aux critères posés par l'Organisation mondiale de la santé : la grossesse pose des risques pour sa santé physique, psychique et sociale, c'est un cas de viol et la mineure présente un retard mental. On peut donc avorter...

L'intervention a eu lieu en début de journée à Tigre.

Le directeur de l'hôpital, Lionel Cracco, a justifié la décision de l'équipe médicale devant la presse, expliquant :

Retombée lointaine de l'affaire de Recife, où les déclarations de Mgr Fisichella avaient donné au monde l'idée qu'en certains cas, l'avortement n'est pas seulement acceptable, mais en quelque sorte la seule bonne décision en conscience ? Lionel Cracco a expliqué que dans son établissement, l'arrivée d'une mineure enceinte n'est pas chose inouïe, même si seulement 1 % des jeunes filles en question ont moins de 15 ans : et la politique de l'hôpital, c'est à la fois d'accompagner la grossesse jusqu'au bout et d'aider les jeunes à porter plainte et se défendre.
« Nous avons décidé d'interrompre la grossesse de la fillette. Ici il ne s'agit pas d'être pour ou contre l'avortement. Parfois, la situation exige de laisser de côté les postures personnelles et de s'en tenir à la loi. »


Dans l'affaire de Tigre, qui présente beaucoup de similarités, il ne semble pas que l'Eglise se soit manifestée, ou du moins la presse ne s'en est pas fait l'écho. Il n'y a pas eu, ou du moins la presse n'en parle pas, un curé pour s'occuper de la détresse où se trouve la petite fille et sa famille : détresse physique, sociale, psychologique, spirituelle. Il n'y a pas eu de Mgr Cardoso Sobrinho pour entourer ces gens de sa sollicitude pastorale, et pour rappeler aussi que la petite vie portée par la fillette était exactement cela : une vie. Un rabbin s'est exprimé, pour dire qu'en un tel cas l'avortement es admissible.

Il n'y aura pas de retentissement médiatique formidable non plus, gageons-le. Pourtant, la petite Agustina a-t-elle moins souffert ? Son « beau-père » n'est il pas tout aussi coupable que le violeur de la fillette d'Alagoinha ? Agostina ne souffrira-t-elle pas dans sa chair et dans son esprit d'avoir été le cercueil de son enfant ? Non, c'est et cela restera - toutes choses étant égales - un fait divers... Même si, aux dires de Cracco, ce qui a d'abord fait penser les médecins à une grossesse quand Agostina est arrivée à l'hôpital, c'est le comportement fuyant de la fillette et les réponses peu claires de sa mère.

Pauvre fillette... Qui, dans la presse bien pensante, s'empressera d'être « de son côté » ?

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20 novembre, 2009

Euthanasie : revue de presse macabre

Aux Pays-Bas et en Belgique, où l'euthanasie est légale, les informations comme celles-ci ne choquent plus guère.

• Josine van Dalsum, actrice néerlandaise de 61 ans, a appris il y a six ans environ qu'elle souffrait d'un cancer multiple. Sa condition ayant empiré depuis un an, elle a décidé de choisir le jour et l'heure de son départ. Une semaine auparavant, elle a fait avertir une amie journaliste par son compagnon, afin que celle-ci puisse transmettre un dernier message de l'actrice à son public. « Josine veut te voir. Elle va mourir la semaine prochaine »... Dernière interview ; bière et cigarettes. La mise à mort a eu lieu mardi, la crémation ce vendredi...

• Journaliste et homme politique socialiste belge, Tuur Van Wallendael, 71 ans, est mort chez lui jeudi après-midi à 15 h 30, ayant lui aussi choisi l'euthanasie après avoir décidé de cesser de lutter contre un cancer de l'intestin. Il était entouré de sa femme, de son frère et de trois médecins. Il avait lui-même défini ses critères de vie : ne pas avoir mal, pouvoir continuer de manière digne. « Quand ce ne sera plus le cas, je saurai où j'en suis et ce qui devra alors se passer », avait-il expliqué cet été. « Je n'aurai qu'à faire signe pour qu'on me pique et en quelques secondes, ce sera fini. »
En septembre, son frère lui organisa une fête d'adieu, avec plusieurs centaines d'invités.

• Moins bonne organisation pour Liliane De Fauw, 74 ans. Sa famille était accourue lundi dernier à l'hôpital catholique Saint-Vincent  à Deinze (Pays-Bas) pour assister à son euthanasie. Cela faisait deux ans que Mme De Fau se savait atteinte d'un cander ; une fois à l'hôpital, elle avait trouvé trop peu de qualité à sa vie et demanda, le 6 novembre, l'euthanasie au médecin qui la soignait. On programma le 16 novembre, à la demande de la patiente, qui souhaitait pouvoir bénéficier une dernière fois du versement de sa pension. Puis sa condition se détériora rapidement et, lundi dernier, elle avait déjà été placée dans un profond coma.
La famille vint donc à 10 heures pour la piqûre finale. Mme le médecin passa le matin pour dire qu'elle ne la donnerait que l'après-midi. La famille reste donc autour du lit de la vieille dame, à attendre... A 16 heures, le médecin revient. Pas sûre, dit-elle, de la réelle volonté de mourir de Liliane. L'euthanasie est annulée.
La famille alerte désormais la presse de ce fâcheux contretemps. « Saint-Vincent est un hôpital catholique. Si ça se trouve, l'euthanasie ne cadre pas avec leurs convictions catholiques. Comme notre mère est désormais dans le coma, la situation est sans issue. Dans son état elle ne peut se retourner vers un autre médecin ou demander à autrui de veiller sur son désir exprimé d'euthanasie. »

Rien que du très banal, donc. Mais cela fait froid dans le dos...

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Euthanasie des nouveau-nés : premier cas déclaré aux Pays-Bas

Alors que les pouvoirs publics évaluent à une vingtaine de cas annuels le nombre d'euthanasies - de mises à mort directes - de nouveau-nés gravement malades aux Pays-Bas, c'est seulement cette année qu'un médecin a formellement déclaré avoir procédé à cet acte qui relève d'une procédure administrative spéciale. Mme Jet Bussemaker, secrétaire d'Etat à la Santé publique, a fait part de sa préoccupation à ce sujet lors de la séance de questions à la Chambre de ce mercredi. Selon elle les médecins sont mal informés de leur devoir en ce cas : s'ils tuent un enfant qui vient de naître, ils doivent le signaler auprès d'une commission spéciale créée en 2007.

« Les médecins doivent faire preuve de davantage de transparence quant à leurs agissements médicaux », a déclaré Mme Bussemaker, que le fond de l'affaire ne semble pas gêner le moins du monde.

On se demande maintenant si les médecins hésitent à rendre compte d'euthanasies de nouveau-nés, de peur d'encourir des poursuites s'ils n'ont pas suffisamment respecté les « critères de précaution », ou si l'échographie de la 20e semaine de grossesse généralisée en 2006 aux Pays-Bas a fait augmenter les avortements très tardifs. A l'heure qu'il est, ceux-ci ne font pas l'objet d'une comptabilisation à part...

Quoi qu'il en soit, il y a entre l'avortement tardif et l'euthanasie très précoce une différence de degré, pas de nature. Si les « critères de précaution » qui entourent la mise à mort d'un tout-petit déjà né sont plus exigeants, c'est davantage parce que le crime est alors plus visible, et plus difficilement acceptable. Au point où on en est aux Pays-Bas, ce ne sont même plus des garde-fous qu'on installe, mai des barrières d'étape...

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Fonds publics pour deux cliniques d'avortement à Amsterdam

La secrétaire d'Etat néerlandaise de la Santé publique, du Bien-être et des Sports vient d'octroyer une subvention publique de quelque 520.000 euros aux deux cliniques d'avortement fonctionnant actuellement à Amsterdam, et qui sont toutes deux menacées de faillite. La clinique Oosterpark touchera 286.000 euros pris sur le trésor public, tandis que le Centre de santé sexuelle d'Amsterdam se verra octroyer 235.000 euros, à charge pour eux de fusionner d'ici à janvier 2010. Jet Bussemaker, qui répondait mercredi devant la Deuxième chambres aux questions à propos de sa politique en matière d'avortement a fait savoir que les cliniques d'avortement les plus proches, à Haarlem, Alkmaar et Leiden, ne seraient pas en mesure de pratiquer les centaines d'interventions qui sont assurées actuellement tous les ans dans la capitale néerlandaise. Pas question pour les femmes d'être mises sur listes d'attente !

Les chrétiens démocrates (CDA), l'union chrétienne (ChristenUnie) et le plus vieux parti protestant néerlandais (SGP) ont vigoureusement protesté lors du débat... parce que la secrétaire d'Etat vient au secours de deux cliniques qui doivent leurs difficultés financières à une gestion désastreuse. Que deviendra le pays, demande le SGP, si le gouvernement récompense ainsi le mauvais management ?

Le 17 novembre, Mme Bussemaker a répondu par écrit au responsable de ce parti en ces termes :



Par cette lettre je vous informe que deux cliniques d'avortement à Amsterdam, à savoi ACSG et la cinique Oosterpark, se trouvent dans une situation financière difficile. Les deux cliniques sont menacées de faillite pour cause d'une mauvaise direction et gestion. Une vérification auprès de l'Inspection a permis de constater qu'il n'y a pas eu de dégradation des soins pour autant. Ceux-ci sont de bonne qualité dans les deux cliniques.


En cas de faillite la continuité de l'accès à l'avortement à Amsterdam serait gravement menacée. Vu ma responsabilité qui me fait le devoir d'assurer un accès suffisant à l'avortement, j'ai donc décidé de mettre à disposition une somme non renouvelable pour les deux cliniques, en vue d'assurer le paiement de leurs charges pour novembre et décembre 2009.


Les cliniques ont indiqué qu'elles souhaitent fusionner pour constituer une seule clinique d'avortement à Amsterdam. Dès le premier janvier 2010 l'on travaillera, en collaboration avec le Collège des assurances de soins, à un plan de fusionnement. Le but de cette fusion sera de constituer une seule clinique d'avortement à Amsterdam, qui soit financièrement viable. A cette fin je désignerai quelqu'un, en concertation avec les parties intéressées, qui sera chargé dès le 1er janvier 2010 d'accompagner le fusionnement.


J'espère vous avoir informé de manière satisfaisante.

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La proposition de loi sur l’euthanasie bloquée

Profitant d’une plus grande marge d’initiative laissée aux parlementaires, un groupe socialiste d’une centaine de députés a confié à Manuel Valls le soin de défendre, jeudi à l’Assemblée nationale, une proposition de loi approuvant l’euthanasie. Le texte prévoit que « toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité ».

L’initiative a cependant tourné court. Les élus UMP étaient pour ainsi dire absents ; pour l’ensemble des textes proposés lors de cette « niche » parlementaire, le gouvernement a demandé la réserve du vote non seulement de la loi mais de ses articles et amendements. Et comme lors de la première journée de propositions socialistes le 15 octobre dernier, les élus PS, furieux, ont quitté l’hémicycle à la fin du débat.

Si l’on peut se féliciter de ce frein opposé à la progression de la légalisation de l’euthanasie, pour laquelle ses partisans invoquent un sondage réalisé qui a « révélé » 86,3 % d’opinions favorables, il faut bien se rendre à l’évidence. La majorité n’a pas pris une posture « pro-vie » claire et nette, elle s’est livrée à un jeu procédural qui s’inscrit dans une stratégie systématique.

Des choses justes ont été dites, mais avec une dose d’hypocrisie. Roselyne Bachelot a plaidé pour une médecine qui soigne et qui soulage, qui ne donne pas la mort, allant jusqu’à lancer à Manuel Valls :

« Vous parlez du refus de l’hypocrisie, en affirmant que, puisque l’euthanasie est pratiquée, il faudrait la légaliser. Quelle singulière conception du droit. Vous dites que l’opinion publique attend cette légalisation. Quel curieux argument. Selon ce principe, il aurait donc fallu rétablir la peine de mort, puisque l’opinion publique la réclamait. »

Mais l’hypocrite, c’était elle. Car c’est ainsi qu’a été légalisé l’avortement…

De l’hypocrisie, il y en avait bien davantage parmi nombre d’apparents opposants à la proposition, puisqu’aujourd’hui déjà, aux termes de la loi Léonetti, il est possible de priver un patient de nourriture et d’hydratation pour le « laisser mourir », comme ils disent.

De cela, d’ailleurs, Manuel Valls s’est plaint, affirmant que certains sont aujourd’hui « obligés d’utiliser ce qu’il est convenu d’appeler une “sédation terminale” ». « Dans ces circonstances, quoi que l’on veuille bien en dire, les médecins éteignent simultanément, dans un même geste, les souffrances et la vie du malade. En dehors de ces cas extrêmes, la loi du 22 avril 2005 autorise des pratiques assimilées, par des autorités prestigieuses comme le Pape, à des aides actives à mourir : je pense notamment à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation dont un rapport du Conseil d’État a établi clairement qu’il ressort des dispositions de la loi. » Situation dont le député socialiste ne se satisfait pas puisque, selon lui, il est des patients qui veulent « partir » en toute conscience…


— Léonetti : Enfin, et j’ai suffisamment d’âge pour le dire, l’euthanasie a été une pratique institutionnalisée. Elle consistait en ce cocktail lytique – mélange de phénergan, de largactil et de dolosal – injecté et progressivement accéléré.

— Bacquet : Très juste !

— Léonetti : Je l’ai fait comme les autres.

— Bacquet : Moi aussi !

— Léonetti : Et ceux qui le faisaient à cette époque-là étaient les médecins qui abandonnaient le moins leurs malades. Je suis de l’avis de Goldwasser, élève de Schwartzenberg, qui considère qu’avec les techniques médicales, notre connaissance de l’humain et l’évolution de notre culture et de notre civilisation, l’euthanasie est aujourd’hui une démarche d’incompétence médicale. Il le dit avec en force en soulignant que c’est un ex-progrès devenu ringard. Il est ringard d’en revenir à des solutions que nous pratiquions il y a trente ans par manque de connaissances et par manque de moyens.

Alors, pouvons-nous dormir tranquilles ? Certes non : ce sont le discours, la présentation et les moyens d’action qui changent. Pour mieux anesthésier…

Source : Présent du 21 novembre 2009


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19 novembre, 2009

Le rapport du FNUAP sur la population : encore pire dans les détails

Dans le rapport du Fonds de la population de l'ONU plaidant pour le financement international et la diffusion de programmes de réduction de la fécondité féminine (voir ici) il est fait référence au physicien John P. Holdren. Le Friday Fax d'Austin Ruse cette semaine souligne que la citation positive de celui qui est devenu le principal conseiller scientifique de Barack Obama constitue - malgré de vertueuses protestations contraires - un indice de l'acceptation par l'agence onusienne de la légitimité de mesures coercitives dans le domaine du contrôle de la population. Dans les années 1970, Holdren appelait de ses vœux les avortements forcés et la stérilisation obligatoire, y compris par la distribution de substances stérilisantes à travers les réseaux d'eau potable, « solution » jugée à l'époque non pas inacceptable mais irréalisable. Pour ce « régime planétaire » Holdren envisageait la création d'une police globale transnationale chargée de veiller à son exécution. Holdren avait à l'époque co-signé un ouvrage avec Paul Ehrlich, auteur de Population Bomb. Il réservait particulièrement ses foudres aux familles nombreuses, ajoutant qu'il n'existe aucun droit constitutionnel (aux Etats-Unis en tout cas) de se reproduire. Voir ici l'étude de LifeSite sur ses propositions d'alors.

C'est cet homme que le FNUAP cite sans la moindre réserve :

Autrement dit, même la progession l'énergie « verte » est un désastre directement imputable au fait que les femmes ont des enfants qui à leur tour auront d'autres petits d'hommes...
« En 1991, le physicien John P. Holdren, aujourd’hui principal conseiller scientifique du Président des Etats-Unis Barack Obama, a noté que “les changements intervenus dans les modèles de création d’établissements humains nécessités par la croissance démographique déterminent un transport accru, par personne, de ressources, de marchandises et d’individus”, avançant la thèse que la croissance démographique stimule directement la croissance de la consommation. D’autres augmentations de la consommation d’énergie, a-t-il suggéré, pourraient tenir à un recours accru à la climatisation si des zones urbaines à population dense créent des “îlots de chaleur” ou “si la densité et la répartition de la population créent des demandes de services à forte intensité énergétique qui n’étaient pas nécessaires quand la population était moins nombreuse”.


« L’effet discerné par Holdren rend maintenant très difficiles certains des efforts conduits aux États-Unis pour passer à l’énergie renouvelable. D’après une évaluation, une quantité donnée d’énergie renouvelable peut exiger une superficie 300 fois plus étendue que la même quantité produite par des combustibles fossiles. La raison en est que l’extraction de combustibles fossiles n’exige généralement qu’une étendue restreinte de terrain, où elle est transférée des entrailles de la Terre à la surface depuis les mines ou à l’aide de forages. L’énergie solaire, par contre, exige de vastes surfaces occupées par des cellules photovoltaïques ou des miroirs qui saisissent et concentrent l’énergie de la lumière solaire. L’énergie éolienne exige généralement de vastes surfaces sur lesquelles sont placées de nombreuses turbines géantes. Les écologistes et le Gouvernement des États-Unis s’inquiètent également de ce que l’appétit de terre propre aux projets d’énergie renouvelable ajoutera à la compétition déjà acharnée entre besoins humains et besoins des écosystèmes, surtout dans l’ouest des États-Unis. »


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18 novembre, 2009

Silence ! l'eugénisme est en marche au Royaume-Uni...

Le Département de la santé britannique a décidé de faire appel devant le Tribunal de l’information, chargé entre autres de veiller à la liberté de l’information, pour obtenir le renversement d’une jurisprudence tirée de la Freedom of information Act, afin d’empêcher la publication de statistiques sur les avortements – et notamment des avortements très tardifs – « justifiés » par le handicap du bébé. Au Royaume-Uni comme en France, les avortements dits médicaux sont possibles jusqu’au terme de la grossesse. Sous l’impulsion des ministres, il s’agit de tenter de revenir sur une décision du tribunal le mois dernier en faveur de la Pro-Life Alliance qui demandait la publication de ces statistiques.


Motif invoqué : cette publication conduirait à révéler l’identité de femmes ayant subi des avortements tardifs.

C’est depuis 2005 que le gouvernement britannique a cessé de publier certaines statistiques « sensibles » : en l’occurrence celles-là, dès lors qu’il y avait moins de 10 cas répertoriés pour une catégorie donnée. Les dernières statistiques complètes datent de 2002 : cette année-là, cinq avortements furent justifiés par un pied bot, et un sixième frappa un bébé atteint de fente palatino-labiale.

En 2000 et 2001, neuf fœtus furent avortés pour la même affection – parfaitement opérable aujourd’hui –, plus deux qui ne souffraient que d’une fente labiale. « Une » ministre protestante, Joanna Jepson, avait porté plainte et au passage déclenché une salutaire indignation publique en 2001 lorsqu’elle révéla avoir pris connaissance d’une « IMG » pratiquée à 28 semaines en raison d’un bec-de-lièvre…

Tous les ans quelque 1.900 avortements tardifs ont lieu au Royaume-Uni pour des motifs « thérapeutiques », sans que l’on puisse connaître, depuis 2005, la nature de ces motifs. Pour le gouvernement britannique, maintenir le secret à ce propos est jugé suffisamment important pour engager de fortes sommes dans cette action judiciaire.

Source : The Daily Telegraph et LifeSiteNews.

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Etats-Unis : les bénéfices du Planning familial

Les chiffres annuels viennent de tomber : Planned Parenthood (le Planning familial) des Etats du Minnesota, Dakota du Nord et Dakota du Sud affiche un bénéfice record pour 2008. Les ressources totales ont augmenté de près de 11 % par rapport à l'année précédente, soit une hausse de près de 3 millions de dollars.

Sur les recettes totales de 27.328.000 $ en 2008, près de 20 % provenaient de fonds publics, soit 5.268.000 $, en hausse de 21 % par rapport à 2007. Les dons étaient en augmentation de 66,7 % et représentaient 9.924.000 $.

Aux Etats-Unis, Planned Parenthood est lui-même pourvoyeur d'avortement chimiques mais aussi d'avortements chirurgicaux dans ses propres centres médicaux. Dans le seul Minnesota, il compte 25 centres.

Le rapport d'activité avoue d'ailleurs 4.792 avortements réalisés dans la zone concernée.

« Alors qu'un grand nombre de personnes et de familles souffrent de l'actuelle situation économique difficile, Planned Parenthood récupère des millions de dollars de fonds gouvernementaux, de ses donateurs et de la vente d'avortements pratiqués sur des femmes en situation de crise. C'est véritablement tragique », a commenté Scott Fischbach, directeur exécutif de Minnesota Citizens Concerned for Life (citoyens du Minnesota engagés pour la vie).

En avril Planned Parenthood avançait au plan national un chiffre d'affaires de plus d'un milliard de dollars, dont 350 millions apportés en fonds publics, et donc par le contribuable.

Source : LifeNews.com.

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Le cardinal Vingt-Trois dénonce le dépistage pré-implantatoire de la trisomie 21

Dans un communiqué qui vient d'être publié sur le site de la Conférence des évêques de France, le cardinal Vingt-Trois dénonce les « risques de dérive eugéniste » que révèle le dernier avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) autorisant le dépistage de la trisomie 21 avant l'implantation d'embryons obtenus par fécondation in vitro. Lire ici.

ONU : limiter les naissances pour sauver la planète...

Comment réduire les gaz à effets de serre, modifier la manière dont l'humanité s'adapte à la hausse du niveau des mers, aller vers la décroissance qu'impose la réponse de l'humanité aux changements climatiques ?

Simple, répond le Fonds national unies pour la population (FNUAP) dans son rapport annuel sur la population mondiale rendu public aujourd'hui à midi : les accords internationaux sur la question seront plus efficaces s'ils « prennent en considération la dynamique de la population, les relations entre les sexes, le bien-être des femmes et l’accès aux services et aux possibilités offertes » en prenant en compte « les dimensions humaines et sexospécifiques de chaque aspect du problème », affirme le résumé de presse du rapport. Autrement dit, agir sur la démographie.

En clair : si le climat se réchauffe, c'est à cause de l'activité humaine. Et puisqu'il se réchauffe, il va entraîner des catastrophes épouvantables dont le résumé de presse du FNUAP dresse une liste effrayante. En y ajoutant une bonne dose de l'inusable dialectique de lutte des classes si utile pour faire avancer les révolutions :

Jusqu’à présent, les pays industrialisés ont produit de loin la plus grande part du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui changent le climat, mais ont été relativement à l’abri des effets des changements climatiques. Le monde en développement n’a été responsable que d’une faible partie des émissions de gaz à effet de serre, et pourtant supporte déjà le plus gros du fardeau qu’implique la nécessité de faire face et de s’adapter aux phénomènes météorologiques extrêmes, à savoir la hausse du niveau des mers, les inondations et les sécheresses. Les pays industrialisés ont créé pour l’essentiel le problème, mais ce sont les pauvres du monde qui auront à relever les plus grands défis pour s’y adapter.

Mais ayant dit cela le FNUAP ajoute aussitôt qu'il faut mettre un frein à la croissance démographique mondiale dont les pays pauvres sont (restent encore...) selon lui les principaux responsables : aux pays pauvres, donc, de cesser d'avoir trop d'enfants.

Pour le FNUAP, ce sont les femmes des pays pauvres qui portent déjà un « fardeau écrasant en matière de procréation et d'éducation des enfants » qui supporteront l'essentiel des désagréments liés aux réchauffement. Il s'agit de dire cela très fort pour les convaincre de travailler elles-mêmes à la « stabilisation » de la population, « sans recours à la coercition ni au contrôle », en facilitant l'accès de toutes aux services de « santé reproductive ». Le FNUAP veut donc que toute discussion internationale sur le climat prenne en compte la donnée démographique en adoptant les objectifs de la Conférence internationale de 1994 sur la population et le développement. La baisse de la fécondité aboutirait à la réduction des gaz à effets de serre et même à une population moindre que celle prévue par le GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques). Et ce « même parallèlement avec un taux accru de survie maternelle et infantile », pensez-donc combien ce serait efficace ! Ainsi l'écrit le FNUAP :

Le ralentissement de la croissance démographique dans les pays tant développés qu’en développement pourrait faciliter la tâche d’équilibrer les émissions mondiales de gaz avec l’atmosphère sur le long terme et de rendre possible une adaptation plus immédiate aux changements déjà en cours.

Dans le rapport lui-même, on trouve une définition « prudente » de la santé reproductive, sans référence explicite à l'avortement légal ; et aussi une multitude d'images « fais-moi peur » de catastrophes naturelles et autres glaciers fondus... Quant à l'insistance sur la baisse de la population mondiale, elle est aussi formulée de manière précautionneuse, selon les nouvelles normes de la gouvernance mondiale. L'idée est de faire croire qu'il n'y a aucune contrainte: c'est par une dynamique de groupe qu'on veut laisser croire à chacun, et surtout à chacune, que le contrôle de la fertilité résulte de libres choix personnels. Voilà ce qu'en dit le rapport :

Les négociateurs commencent à faire une place aux questions de population dans le cadre du processus qui aboutira à un nouvel accord sur le climat à Copenhague en décembre 2009. Aucun gouvernement ni entité des Nations Unies ne propose de “contrôler” la population. En fait, la crainte de paraître favorable à une régulation de la démographie a jusqu’à une date récente fait éviter toute mention de la “population" dans le débat sur le climat. Pourtant, quelques participants au débat avancent prudemment qu’il pourrait être nécessaire au moins d’examiner les impacts de la croissance démographique. L’Union européenne a déposé une proposition aux termes de laquelle les tendances démographiques sont au nombre des facteurs à prendre en considération au moment de fixer les cibles d’atténuation des gaz à effet de serre. Les autres facteurs sont le produit intérieur brut par habitant, l’“intensité de la production de gaz à effet de serre” propre au produit intérieur brut de chaque pays, et les tendances enregistrées dans le passé en matière d’émissions.

Plus loin, le rapport spécule sur l'impact du vieillissement de la population. Plus ou moins de gaz à effet de serre ? Plus, si l'on considère que les ménages moins nombreux en émettent davantage par tête que les individus au sein de ménages plus nombreux ; mais moins puisque dans une population vieillie on pourrait « tolérer un volume d’émissions plus élevé par habitant puisque moins de personnes seraient responsables d’émissions de gaz à effet serre ». Ce qui passe sous silence le fait qu'une grosse part de l'accroissement de la population projeté d'ici à 2050 résultera de l'allongement de l'espérance de vie. Le monde comptera de plus en plus de vieux.

Mais le rapport est formel :

Une étude portant sur le coût d’éviter une quantité donnée d’émissions de dioxyde de carbone produites par les combustibles fossiles a établi que, dollar pour dollar, des investissements dans la planification familiale volontaire et l’éducation des filles réduiraient à long terme les émissions de gaz à effet de serre au moins autant que des investissements d’importance égale dans l’énergie nucléaire ou éolienne.

Je résume : ce sont les femmes qui souffriront le plus du changement climatique, celui-ci est lié à la croissance démographique, il faut donc leur donner les moyens de réduire la population... Elles seront par conséquent responsables de faire baisser la population et si elles ne le font pas, ce seront elles les responsables du « réchauffement climatique » !

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L’Eglise du Guatemala contre l’« éducation sexuelle »

Le cardinal Rodolfo Quezada Toruño, archevêque métropolitain de Santiago de Guatemala, a déclaré dimanche lors d’une conférence de presse que l’Eglise catholique va agir en justice pour obtenir la déclaration d’inconstitutionnalité de la loi qui oblige les écoles publiques à dispenser une « éducation sexuelle » et qui pose le principe de la garantie d’accès aux différentes méthodes de planification familiale dans les centres de santé. Le prélat a précisé qu’une équipe d’avocats avait déjà élaboré le recours qui sera présenté devant la Cour constitutionnelle contre ce texte qui viole « la liberté d’enseignement, la liberté de religion et le droit de la famille d’éduquer », principes explicitement affirmés dans la Constitution guatémaltèque.
La loi avait été adoptée en 2005 mais, sous l’impulsion de l’Eglise catholique, le président d’alors, Oscar Berger, y avait opposé son veto. Le nouvel occupant du poste, Alvaro Colom, a signé la loi le 30 octobre dernier dont l’application dans les écoles est prévue pour la rentrée 2010, avec des cours explicites sur la sexualité et la contraception « adaptés » aux six classes du primaire.


Le cardinal Toruño a refusé la proposition d’Alvaro Colom de participer à l’élaboration de ces cours dont il récuse le principe, et il a appelé les parents à entrer en désobéissance pour faire respecter leurs droits spécifiques en la matière. Il a qualifié le texte d’ « acte déplorable » qui va « contre la nature humaine » et contre la Constitution guatémaltèque qui « affirme que la famille est la source de l’éducation et que les parents ont le droit de choisir celle qui sera donnée à leurs enfants ».


Dès début novembre, le cardinal avait rappelé que l’éducation sexuelle n’est pas l’affaire de l’Etat, mais des familles, et il avait appelé celles-ci à ne pas la donner à la manière dont l’Etat veut l’imposer.


Le 5 novembre, l’épiscopat guatémaltèque publiait un communiqué pointant les irrégularités légales et constitutionnelles du texte, ajoutant que le programme d’éducation sexuelle promu par l’Etat néglige l’éducation à l’abstinence seule capable d’empêcher les nombreuses grossesses adolecentes, alors qu’elle a démontré sa supériorité à la « simple instruction physiologique et contraceptive pratiquée dans de nombreuses régions du monde.


Le communiqué, dont le premier signataire est le cardinal Toruño, dénonce également le fait que le texte imposant l’éducation sexuelle méconnaît le droit légitime des parents de prendre connaissance de ce qui est enseigné et de se décider en conséquence, ajoutant que la loi fait preuve d’ « analphabétisme humaniste et religieux » sous la « pression désinformatrice et partiale de groupes intéressés ».


« Malheur à ceux qui appellent le mal, bien », conclut le communiqué avec Isaïe : « A ceux qui falsifient la défense du bien et de la vérité avec des langages ambigus de “justice, santé et éducation” tout en portant atteinte, en réalité, à la vie humaine et à la dignité de la personne humaine ».

On attend toujours un tel langage épiscopal pour fulminer en France contre l'éducation non moins scandaleuse (et même plutôt davantage parce qu'au Guatemala il est au moins question du droit à la vie) imposée par les programmes de l'Etat aussi bien dans l'enseignement public que privé. 




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17 novembre, 2009

Brésil : une loi de « tyrannie homosexuelle »

D'un correspondant, prêtre brésilien, ces paroles fortes sur le projet de loi anti-discrimination le plus extrémiste qu'il m'ait été donné de voir :


Le projet de loi PLC 122/2006, qui glorifie l'homosexualisme et punit comme délinquants ceux qui s'opposeraient à cette pratique, a été adopté en urgence par la Commission des affaires sociales du Sénat brésilien et peut être votée à n'importe quel moment en Commission des droits humains de cette même chambre.


Le coup fut réalisé par la sénatrice Fatima Cleide pendant la session du 10 novembre. Il était prévu de recourir à une audience publique en la matière. C'est pourquoi personne ne s'attendait à ce qu'un vote intervienne immédiatement.


Mais entre-temps, la sénatrice avait présenté une requête visant à solliciter la dispense d'audience publique ; requête qui fut approuvée. Aussitôt on mit le texte aux voix et il fut adopté.


Il ne faut pas s'étonner de la manœuvre réalisée pour faire approuver l'un des principaux thémes du Parti du Travail et l'un des principaux articles du programme de gouvernement du président Lula : désigner comme délinquants les « homophobes » (ceux qui s'opposent à l'homosexualisme).
Mon correspondant observe ensuite que pour minimiser l'affaire, la loi contre les « préjugés » vise également d'autres catégories comme les personnes âgées ou handicapées.


Si ce projet de loi est approuvé - que Dieu nous en préserve ! - le Président le signera immédiatement. Commencera alors un temps de persécution et de violences faites aux valeurs familiales et religieuses comme on n'en a jamais connu au Brésil. Les prêtres, les catéchistes, les recteurs de séminaires, les directeurs d'écoles religieuses, les pères et mères de famille ; en un mot toute personne de bon sens qui n'accepte pas de qualifier de naturel ce qui est antinaturel sera transformé en criminel. Quant aux sanctions pécuniaires, elles serviront à financer des « campagnes éducatives » contre la « discrimination ».


Il faut noter que la loi ne considère pas seulement l'opposition à l'homosexualité comme un délit, mais comme une faute d'éducation. Eduquer, au sens de cette loi, signifie contraindre la population à accepter passivement la subversion de l'ordre naturel.
Mme Cleide a été choisie comme rapporteur du projet devant la Commission des droits humains qui doit se prononcer à son tour...

Le projet de loi, qui ressemble aux lois antiracistes françaises mais en beaucoup plus bavard, vise toute discrimination en raison du « genre, du sexe, de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre ». Le projet de loi veut interdire toute discrimination en matière d'emploi et d'embauche, d'accès aux lieux publics ou privés ouverts au public, d'accès aux établissements d'enseignement. Elle déclare délictueux le fait, à l'égard d'un représentant de ces catégories, de le « refuser, nier, empêcher, négliger, préjudicier, retarder ou exclure, dans n'importe quel système de sélection éducatif, de recrutement ou de promotion fonctionnelle ou professionnelle ».

Il prévoit de sanctionner « le fait d'empêcher ou de restreindre l'expression et la manifestation d'affection dans les lieux publics ou privés ouverts au public ». (Comme les églises ?...) Tout comme le fait d'interdire la libre expression et manifestation d'affection du citoyen homosexuel, bisexuel ou transgenre, dès lors qu'il s'agit d'expressions et de manifestations autorisées aux autres citoyens ou citoyennes.

En cas de non-respect de la loi, le délinquant s'expose à perdre sa capacité à « conclure des contrats avec les organes de l'administration publique (...), à l'interdiction d'accès aux crédits concédés par les pouvoirs publics et ses institutions financières ou aux programmes de développement institués ou mandatés par ceux-ci ; exclusion des exemptions, rémissions, amnisties ou n'importe quel autre bénéfice de nature tributaire » ; il subira en outre une peine d'amende allant jusqu'à 4.000 euros voire dix fois plus en cas de récidive. Empêcher une manifestation d'affection pourrait faire encourir jusqu'à 3 ans de prison.

Le projet prévoit de sanctionner « n'importe quel type d'action violente, contraignante, intimidante ou vexatoire, d'ordre moral, éthique, philosophique ou psychologique ».

On notera que l'explication du texte réalisée par le rapporteur Mme Cleide vise explicitement l'idéologie de genre qui nie l'existence de deux sexes seulement et s'appuie sur divers programmes des Nations unies, ainsi que sur les Marches des fiertés homosexuelles.




C'est très exactement la dictature du relativisme.

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Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...