23 juin, 2008

Halte au sifflements !

A force de dénoncer les « stéréotypes de genre » on en arrive à des situations cocasses...

D'après le Daily Telegraph, les étudiantes d'un collège d'éducation supérieure à Tonbridge, dans le comté du Kent (Angleterre) ont été vertement rappelées à l'ordre pour avoir « sifflé » les ouvriers du bâtiment qui viennent d'y entamer un chantier de démolition et de reconstruction prévu pour durer trois ans...

Les ouvriers n'ont semble-t-il point goûté la plaisanterie, d'autant qu'elle s'annonçait longue, et que ces louves à la Tex Avery se sont autorisé quelques commentaires en parfaite consonance avec leurs sifflements.

« Bien que nous soyons certains qu'il n'y avait aucune intention d'offenser (les ouvriers en question), il s'agit d'harcèlement et celui-ci est totalement inacceptable. Nous avons demandé à l'entreprise de construction de bien vouloir nous faire part de chaque incident » : telle est la teneur du courriel reçu par chaque étudiant, avec menaces de sanctions à la clef.

A ceux qui rigoleraient à la pensée de ce qui pourrait passer pour une réponse de la bergère au berger, après des siècles, tout de même, de « compliments » en tous genres, de la phrase fleurie, style « piropo » espagnol, au allusions plus triviales, en passant par le huiu-hou-huiuou compréhensible dans toutes les langues, on prendra soin de signaler que la loi veille, et va veiller davantage.

Ainsi en Ecosse, une nouvelle loi sur les « Délits sexuels » est en train de créer le délit de « communication indécente » passible d'un maximum de 10 ans de prison. Elle envisage ainsi de punir le « harcèlement » à connotation sexuelle par texte, courrier, lettres, commentaires, y compris par le langage des signes, envers une personne non consentante ou un enfant. Mais dans ces affaires, c'est souvent le bon sens qui manque le plus : punira-t-on le sifflement ? Ou, à l'autre bout de l'échelle, l'« éducation sexuelle » à l'école ?

Portugal : nouveaux chiffres de l'avortement légal

Une étude officielle commandée par la Direction générale de la santé au Portugal sur les avortements légaux pratiqués dans ce pays depuis le 15 juillet 2007 (entrée en vigueur de la loi sur l'« IVG ») jusqu'au 31 décembre 2007. Le Diario de Noticias en a eu connaissance et le commente ici.

Nombre total des avortements légaux (6.287), dont l'immense majorité (6.170) à la suite d'une décision personnelle de la femme, le fameux « libre choix » qui peut être fait sans aucune forme de justification.

Seuls les 107 avortements restants (2,86 %) eurent pour cause une maladie grave ou une malformation congénitale du bébé, ou bien un danger de mort ou une lésion grave pour la mère ; seuls 12 avortements eurent lieu pour mettre fin à une grossesse consécutive à un viol (déclaré ou constaté ?).

Ces chiffres sont à mettre en regard de la propagande en faveur de la légalisation de l'avortement qui met toujours en avant ces cas extrêmes pour imposer son point de vue. Cas extrêmes sur lesquels on peut d'ailleurs s'interroger : quelle est la part de l'eugénisme systématique qui ne demande pas seulement l'elimination des enfants à naître déclarés comme devant être non viables à la naissance mais qui conduit aussi à supprimer les porteurs de handicaps, du plus au moins lourd, comme la trisomie ou le bec-de-lièvre ?

Ces chiffres sont encore à comparer avec le nombre annuel d'avortements clandestins avancé par les différents partisans de la légalistion pendant la campagne du référendum portugais l'an dernier : 20 000, assuraient-ils, brandissant le spectre des morts des suites d'avortements clandestins.

Il s'avère donc que le libre accès à l'avortement légal - l'essentiel des interventions enregistrées, dont on peut supposer le nombre plus important que celui des avortements clandestins antérieurs - n'aboutit qu'à quelques 12.000 « interruptions » en année pleine. A peine 2/3 du chiffre avancé.

28 avortements furent subis par des jeunes filles de moins de 15 ans, 634 (10,1 %), par des jeunes filles de 15 à 19 ans.

A Madeire, aucun avortement légal ne fut pratiqué pendant la période.

A propos des « 20.000 » avortements clandestins annoncés, le Jornal de Noticias expliquait le 20 juin 2008 (pour la première fois à ma connaissance) que ce chiffre était le résultat de projections à partir de « données internationales ». Ce qui permettait effectivement de dire n'importe quoi...

18 juin, 2008

Ce soir sur Radio Courtoisie...

De 18 h à 21 h ce mercredi 18 juin : Journal de la Réplique de Bernard Antony. En l'absence de ce dernier l'émission sera animée en direct par l'équipe habituelle : Jeanne Smits, Cécile Montmirail, et David Fontey, avec la participation d'Olivier Figueras.

En seconde partie d'émission (à partir de 19 h 30), dans la partie “dossier”, nous recevrons un étiopathe qui nous parlera de sa spécialité.

En sa compagnie, nous aborderons plus largement la question de la mort subite du nourrisson, des enfants “hyperactifs”, de la Ritaline de plus en plus prescrite en France. Nous évoquerons quelques réponses non-médicamenteuses aux troubles de l'attention et du comportement (méthode Tomatis, exercices de concentration et de grammaire d'Elisabeth Nuyts, étiopathie...).

Fréquences FM de Radio Courtoisie en Mhz :
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Pour poser des questions ou réagir pendant le direct (mercredi de 18 h à 21 h) : appeler le +33 1 46 51 00 85, ou écrire à courtoisie@radiocourtoisie.net.

Le programme sera rediffusé dans la nuit du mercredi au jeudi de 2 h à 5 h, puis le jeudi matin (19 juin) de 7 h 30 à 10 h 30.

17 juin, 2008

Statut de beau-parent : vers la pluriparentalité

Le projet de loi sur le statut de beau-parent, promis par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, vient d’être mis officiellement sur les rails avec l’ouverture d’une « phase de concertation » auprès des associations, en vue d’une adoption à l’automne. Si le projet est porté par le ministère de la Justice, celui du Travail et le secrétariat d’Etat à la Famille, le soin de faire connaître la nouvelle a été laissé à la première (et très symbolique) association consultée : l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans » (Inter-LGBT), à quinze jours de la « Marche des fiertés homosexuelles ». L’association GayLib a également été reçue à la Chancellerie vendredi.

Pas d’ambiguïté, donc. L’avant-projet de loi vise une clientèle précise : cette part de la « communauté homosexuelle » qui réclame le droit de constituer des familles avec enfants. Mais comme lors de la création du PACS, c’est un droit plus « universel » que l’on met en place, pour mieux faire avaler la transgression ; et de même qu’avec le PACS, la démarche contribue à déconstruire l’édifice social tout entier.

On aurait tort, une fois de plus, de s’étonner. Le projet venait du candidat Sarkozy lui-même, et il avait pris le soin de s’en expliquer dans le magazine gay Têtu en avril 2007 : « Je ne veux pas qu’on montre du doigt ceux qui vivent cette réalité [l’homoparentalité]. Il y a une façon d’ouvrir les choses, avec le statut de beau-parent. Et, pour le coup, cela va au-delà des familles homosexuelles, puisque cela concernerait toutes les familles recomposées. Je suis moi-même beau-père, je connais cette situation. »

Famille chrétienne s’émouvait la semaine dernière des menaces gouvernementales sur la famille. Un peu tard…

L’Inter-LGBT n’a pas caché sa satisfaction au vu de l’avant-projet désormais rédigé, même si elle regrette au passage l’absence de l’ouverture de l’adoption simple (sans renonciation à l’autorité parentale de la part du parent biologique) aux couples non mariés, et l’attribution des congés parentaux aux beaux-parents. Mais les discussions ne font que commencer…

En réalité, le projet vise à faciliter et amplifier les possibilités déjà offertes par la pratique on ne peut plus courante du mandat consenti au « tiers » par le parent biologique disposant de la garde d’un enfant pour les actes de la vie courante, et celle de la délégation de l’autorité parentale à un « tiers de confiance » sous le contrôle du juge des affaires familiales. La loi Ségolène Royal de 2002 sur l’autorité parentale avait posé ce jalon, et des couples homosexuels s’en sont déjà servis, mais il ne s’agit pas d’un droit.

Le statut de beau-parent selon le projet Sarkozy consacre le droit des parents biologiques séparés d’une façon ou d’une autre de déléguer conjointement et de plein droit les actes importants de l’autorité parentale à un « beau-parent » qui vient s’ajouter à eux, par une convention soumise à la simple homologation par le juge des affaires familiales.

Autre nouveauté : le texte consacre les « liens affectifs » (droit de l’enfant d’entretenir des relations personnelles avec le tiers) et aboutit à mettre le « parent social » sur le même plan que le « parent biologique », en attendant que celui-ci ne soit complètement noyé dans la masse. Il prévoit aussi la possibilité pour le juge, en cas de décès d’un parent légal, de confier la garde de l’enfant à un tiers (habilité à le saisir, le cas échéant), « selon ce qu’exige l’intérêt de l’enfant ».

Toutes les solutions ou presque pourront donc être envisagées. Il ne faudra d’ailleurs pas oublier l’ancien beau-parent, en cas d’unions et désunions successives. Rachida Dati, envoyée au front sur le sujet en avril, n’affirmait-elle pas : « Il est enfin indispensable que l’enfant puisse conserver des liens affectifs étroits avec le tiers qui a résidé avec l’un de ses parents » ?

(Cet article a paru dans Présent daté du mercredi 18 juin 2008.)

Mais la Norvège respecte le Coran

Tempête dans une tasse de thé vert à la menthe : l'un des plus gros éditeurs norvégiens, Gyldendal, retire un manuel scolaire flambant neuf. Intitulé Eksistens, ce manuel de religion (de culture religieuse plutôt) contient une présentation de la violente affaire des caricatures de Mahomet au Danemark en 2006.

Le livre affirme de manière erronée qu'un autre éditeur norvégien, Vebjørn Selbekk, avait reproduit alors plusieurs de ces caricatures dans un journal chrétien, y compris un dessin montrant le Prophète avec une queue de cochon. En réalité, il n'avait publié que celui de Mohammed avec un turban en forme de bombe.

C'est la crainte de représailles - injustifiées de surcroît, et qui auraient pu viser ses deux filles lycéennes - qui a conduit Selbekk a demander le retrait du livre scolaire. Paul Hedlund, responsable de la maison Gyldendal, a présenté des excuses officielles à Selbekk.

Pourquoi parler de cette affaire dans un blog consacré à la culture de vie et à la culture de mort ? Parce que cette affaire s'inscrit parfaitement dans le cadre du principe de non-discrimination. Cela suffit.

Source : ici.

Et maintenant, la Norvège...

Vu ici :

AP - OSLO - Le Parlement norvégien a adopté mardi une nouvelle loi sur l'égalité qui accorde aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux hétérosexuels pour le mariage, l'adoption et l'insémination artificielle.

L'adoption de la loi par la chambre haute, par 23 voix contre 17, était attendue, un accord sur le texte ayant été trouvé le mois dernier. La chambre basse l'avait adopté par 84 voix contre 41 la semaine dernière.

La nouvelle législation remplace la loi de 1993 qui créait une union civile similaire au mariage, mais sans mariage à l'église ni droit à l'adoption. Elle entrera en vigueur le 1er janvier prochain.

Environ 85% des 4,7 millions d'habitants du pays sont enregistrés comme membres de l'Eglise luthérienne de Norvège, l'Eglise d'Etat, même s'ils sont beaucoup moins nombreux à être pratiquants. La loi accorde à chaque congrégation et au clergé, le droit, mais pas l'obligation, de célébrer des mariages homosexuels.

L'Eglise étant partagée sur le sujet, elle devrait laisser chaque paroisse décider de célébrer ou non des mariages homosexuels, comme elle l'avait fait l'an dernier pour les membres du clergé vivant en couple homosexuels.


La légalisation des unions homosexuelles date donc de quinze ans. Seule une poignée d'unions ont été effectivement célébrées, impliquant 674 personnes, ce qui en dit long sur le prétendu « besoin » de ce pas supplémentaire.

En revanche, le mariage traditionnel, lui, est pour ainsi dire mort. Dans certaines régions du pays, 80 % des petits Norvégiens premiers-nés naissent hors mariage, ainsi que 60 % des puînés.

6e pays à légaliser le mariage homosexuel, la Norvège réservera aux nouveaux couples (mais seront-ils nombreux ?) tous les bénéfices liés au mariage « ordinaire ». Ainsi les lesbiennes pourront-elles obtenir le remboursement de leur « traitement pour la fertilité » de la part de l'assurance maladie (voir ici).

D'après la télévision danoise, l'élu travailliste Gunn Karin Gjul a déclaré : « Cette décision est d'une importance comparable à celle sur le suffrage universel et à notre loi sur la parité. » (Ici).

13 juin, 2008

Royaume-Uni : morte pour avoir avorté...

Manon Jones était chrétienne. Mais « complètement entichée » (comme vient de le raconter sa mère lors de l'enquête publique sur les circonstances de son décès) de son peti ami musulman, Naeem Muzzafar. Tombée enceinte, elle ne voulut pas attirer la honte sur la famille de celui-ci et décida, bien qu'elle voulait garder l'enfant, de subir une « IVG » médicamenteuse à 6 semaines de grossesse.

La jeune Galloise se rendit donc avec sa mère, le 11 juin 2005, dans un hôpital de Bristol pour y absorber les doses légales de pilules abortives. Le lendemain, de retour à la maison, il ne restait plus qu'à attendre l'expulsion de l'embryon.

« Elle avait peur et j'essayais de la rassurer. Ce fut un moment de forte émotion pour nous deux que d'être témoins du passage de son bébé et de mon petit-enfant dans le bassin », a raconté sa maman à l'enquête.

Moins de 48 heures plus tard Manon fut prise de saignements et de vertiges : un scanner devait permettre de déclarer que tout était « normal ». Les troubles persistant, elle se rendit à l'hôpital où on jugea son état pei inquiétant ; il y avait d'ailleurs d'autres urgences... Manon fut saisie de convulsions et d'arrêt cardiaque, perdit connaissance et fut « débranchée » après trois jours de coma.

L'autopsie devait révéler qu'elle souffrait de choc et d'une baisse critique du niveau d'hémoglobine consécutive à la rétention de « produits de la conception » : l'embryon n'avait pas été totalement expulsé. Une transfusion sanguine aurait pu la sauver : si elle ne l'avait pas attendue quatre heures...

On attend désormais la conclusion de l'enquête. Mais une chose est sûre : contrairement à la mère de Manon, elle n'évoquera qu'une victime, pas deux.

Source : ici.

La “vertueuse” politique chinoise de l'enfant unique

Le réchauffement climatique (qui nous fait grelotter à Paris en plein mois de juin) provoque des débats passionnés dans la plupart des pays occidentaux, débats où tout le monde est de toute façon d’accord pour dire que tout ça, c’est la faute de l’homme.

Alors que le Royaume-Uni s’apprête – en attendant le « Grenelle de l’environnement » qui nous pend au nez de ce côté-ci de la Manche – à légiférer contre les méchants gaz à effet de serre, on a pu lors des débats parlementaires constater que la haine de l’homme progresse.

Barry Gardiner, élu travailliste à la Chambre des communes, s’est livré à ce propos, sans l’ombre d’une pudeur, à l’éloge de la Chine. La Chine communiste. Celle qui impose la politique de l’enfant unique.

« Les gens sont prompts à accuser la Chine, comme nous l’avons entendu au cours de ce débat, en raison de leurs centrales électriques qui fonctionnent au charbon. Ces personnes ne pensent pas à applaudir l’initiative politique qui a conduit à ce que 400 millions de personnes ne naissent pas et soient donc empêchées d’emblée de laisser une empreinte carbonique. » Et d’ajouter : « Nous devons prendre au sérieux la question de la population », c’est-à-dire, comme il l’a précisé, intégrer la notion du contrôle de la population dans la nouvelle loi britannique.

On aurait tort de rester pantois devant un tel cynisme. Il est à la base (discrète, cachée parfois) de tout le discours écologiste. Il se permet sans le moindre état d’âme de recommander un système qui repose sur les stérilisations et les avortements forcés, la délation et l’infanticide, l’avortement sélectif des filles au point de déséquilibrer totalement la population, le bouleversement de société où les enfants uniques deviennent des enfants rois, le mépris de la maternité et le mépris de l’être humain tout court.

Alors que Patrick Poivre d’Arvor quitte le « 20 heures », et quel que soit son conformisme par ailleurs, je n’oublierai pas qu’il montra un jour, avec une émotion impossible à dissimuler, comment en Chine on fait des avortements forcés à moins d’un mois du terme. C’était bouleversant. Les amis de la planète n’y voient apparemment que de la vertu.

La Chine est vertueuse, oui… pour les Verts. On veut bien la dénoncer, le temps de souffler une flamme olympique, pour des exactions au Tibet. Mais toucher à « l’usine de la planète », ça non ! Elle produit tout en assassinant ses propres enfants, c’est tout ce qu’on lui demande. Et lorsque, demain, elle sera à son tour victime du vieillissement programmé de sa population, que ce passera-t-il ? Le déluge, sans doute. Celui qui n’inquiète pas nos écolos.

Article extrait du n° 6610 de Présent, du Samedi 14 juin 2008

L'exception irlandaise !

OUI à la vie, et NON à l'UE !


08 juin, 2008

Tri embryonnaire : aux Pays-Bas, on veut aller plus loin

On connaît le diagnostic pré-implantatoire qui vise à éliminer des embryons porteurs de maladies génétiques ou à choisir un « bébé-médicament » donneur potentiel pour un frère ou une sœur malade.

Le débat fait désormais rage aux Pays-Bas pour déterminer s'il faut autoriser le diagostic pré-implantatoire pour éliminer les bébés ayant une prédisposition héréditaire au cancer du sein ou du côlon. Donc, des embryons parfaitement sains qui, éventuellement, pourraient souffrir d'ici à plusieurs dizaines d'années d'affections que l'on soigne déjà de mieux en mieux aujourd'hui, et même d'autant mieux que leur dépistage parmi des personnes prédisposées peut de faire de manière plus systématique...

Le sujet avait été mis sur le tapis législatif par Jet Bussemaker, secrétaire d'Etat à la Santé publique, qui avait demandé un vote sur la question à la Deuxième chambre néerlandaise. La travailliste avait agi de sa propre initiative, et d'ailleurs aucun fonctionnaire impliqué dans la rédaction et la transmission de la lettre n'y avait vu matière à débat. Mais les députés se sont avérés très divisés sur la question et le tollé subséquent a irrité le gouvernement.

Mme Bussemaker a reconnu son erreur : non point d'avoir proposé la mise à mort de tout-petits pour cause de simple prédisposition génétique, mais de n'avoir pas pris la peine de parler d'abord de son initiative en conseil des ministres.

On a donc décidé de remettre l'affaire à plus tard, la gauche et les libéraux incitant déjà les couples à demander ce genre de tri embryonnaire qui demeure interdit. Ne voulant pas brûler les étapes, le secrétaire d'Etat plaide au contraire pour le respect de la loi. Elle peut cependant prévoir un changement prochain puisque son ministre, Ab Klink (Santé publique) a déclaré à ses côtés, jeudi, devant la Deuxième chambre, qu'il ne voyait rien à redire à sa proposition.

Un sondage daté de ce dimanche indique que 78 % des Néerlandais interrogés sont d'accord avec la lettre de Mme Bussemaker.

Mais quand Peter Singer parle de vieillards malades...

... le discours est moins empreint d'empathie.

Où l'on découvre une défense militante de l'arrêt des « soins futiles » et du désengagement de la société par rapport aux plus vieux et des plus faibles. A lire et à méditer ici.

A propos de “dignité animale”

Voir ici les félicitations de Peter Singer, en visite à Berne quelques semaines après l'adoption de cette loi qui renforce jusqu'à l'absurde les droits des animaux...

07 mai, 2008

L'évolution de la famille en Europe : l'IPFE publie son rapport

L'Institut de Politique familiale vient de publier son rapport 2008 sur l'évolution démographique et l'état des familles en Europe, destiné à être présenté devant le Parlement européen. Signé par Lola Velarde, présidente du Réseau européen dudit Institut, il observe principalement une lente croissance de la population de l'UE, tirée principalement par la France, le Royaume-Uni, et l'Espagne... au prix d'une forte immigration plutôt que d'un introuvable dynamisme démographique. Les nouveaux arrivants de l'Est sont en général, eux, carrément en décroissance.

« 84% de la croissance démographique de l’ UE des 27 sur la période 2000-2007 est due a l’immigration… », note le rapport : cette croissance aura été au total de 14,2 millions de personnes.

Sur les 27 millions d'immigrés officiellement comptabilisés de 1996 à 2006 dans l'ensemble de l'Union, l'Allemagne et l'Espagne ont accueilli la plus forte proportion : 7,2 millions et 4,6 millions de personnes respectivement.

Le rapport affirme que seules la France et les Pays-Bas ont une croissance naturelle supérieure à leur immigration, sans donner de précisions sur le nombre de naissances comptabilisés au sein de couples d'origine étrangère.

Très parlants, de nombreux schémas et pyramides (ou plutôt « losanges ») démographiques précisent le vieillissement de la population européenne, ainsi que la diminiution en chiffres absolus du nombre des naissance : - 1 million par rapport à 1980...

Le rapport crédite la France d'un taux de fécondité de 2, ce qui est un peu trop généreux. Mais rappelle très opportunément que si le taux moyen en Europe et de 1,56 enfant par femme, les attentes des Européens seraient d'avoir 2,3 enfants par femme, alors même que l'âge de la première naissance ne cesse de reculer pour atteindre en moyenne 30 ans.

S'il manque 1 million de naissances en Europe par rapport à 1980, on y compte selon IPF 1 167 775 avortements en 2006 (« première cause de mortalité »), la France étant en tête avec 206 311 avortements officiellement recensés. (On sait que le chiffre réel en France est plus élevé de l'avis même des statisticiens officiels.)
Et « c’est en Espagne que le nombre d’avortements a le plus augmenté » : +99% ces dix dernières années.

Suivent les statistiques du mariage, en chute vertigineuse : désormais, près d'un enfant européen sur 3 naît hors mariage tandis que les divorces ont augmenté de 55 %depuis 1980 : 10,1 millions de mariages rompus en dix ans. Deux sur trois au Luxembourg, Belgique, en Espagne : est-ce là que la rupture est légalement la plus facile ?

Familles et foyers sont réduits à la portion congrue : leur taille moyenne est de 2,4 personnes et 1 foyer sur 4 ne compte qu'une seule personne : cela fait 54 millions de personnes seules.

A découvrir aussi : une évaluation succincte mais très parlante des politiques familiales, où l'on retiendra (avant d'aller voir de plus près) que « chaque fois que l’Europe consacre 13 euros aux dépenses sociales, seulement 1 euro est destiné à la Famille… ». La France n'est pas en tête, malgré le mythe de la supériorité de la politique française en ce domaine. Par personne et par an, elle représente 691 euros en France, contre 2.393 au Luxembourg, 1.454 au Danemark, 865 en Allemagne... Beaucuop de statistiques à comparer permettent d'évaluer le niveau des allocations familiales, pays par pays, et de constater le rapport direct entre aide aux familles et nombre d'enfants.

Je vous invite à découvrir tout cela, ainsi que les conclusions en forme de propositions, ici.

Faciliter l'avortement en Angleterre

Le gouvernement britannique doit lancer une consultation afin de déterminer s'il faut faciliter l'avortement légal en Angleterre en permettant qu'il soit pratiqué en dehors du cadre hospitalier. Il s'agit de donner suite aux conclusions d'une étude pilote selon lesquelles l'avortement chimique peut être proposé de manière sûre dans les centres de santé locaux par des infirmières pendant les neuf premières semaines de grossesse.

Dawn Primarolo, ministre britannique de la santé, entend ainsi rendre moins pénible l'accès à l'« IVG » : « Notre premier souci est de réduire le délai pour les femmes en attente d'avortemet à un moment qui est déjà très difficile pour elles. »

A l'heure actuelle les deux tiers des avortements en Angleterre ont lieu avant dix semaines (contre 50 % en 2002), et une initiative parlementaire est en cours pour réduire le délai légal de 24 à 20 semaines. Le projet de loi de Nadine Dorries, évoqué par Le Salon beige, vise à réduire le nombre d'avortements, même si ce député est n'est pas du tout hostile au principe de la légalité (voir ici).

Les discussions en cours au Parlement pourraient donc, paradoxalement, aboutir à la fois à une restriction aux avortements tardifs qui choquent le plus la sensibilité, tout en fournissant l'occasion d'une nouvelle libéralisation. Car si l'avortement par simple absorption de « médicaments » devient de plus en plus facilement accessible, sa fréquence risque d'augmenter et aussi bien l'absence d'intervention chirurgicale et le recours précoce à la « terminaison », comme disent les Anglais, contribueront du même coup à anesthésier un peu plus les consciences.

Si bien que certains mouvements pro-vie anglais avaient d'emblée fait connaître leurs réserves face au projet de Nadine Dorries, même si, objectivement, il s'agissait de limiter le recours à l'avortement.

Source : ici.

La messe traditionnelle doit être accessible à tous, dit le cardinal Castrillon Hoyos

Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a donné une interview d'introduction au DVD d'instruction sur la célébration de la messe selon la « forme extraordinaire » du rite romain qui vient d'être édité par la Fraternité Saint-Pierre aux Etats-Unis. Cette interview donne un éclairage... extraordinaire sur le but poursuivi par le Pape à travers le Motu proprio Summorum pontificum. En l'absence, pour le moment, de toute traduction officielle des propos du cardinal vers le français, je vous propose ici la mienne.

Je tiens à préciser qu'il s'agit d'une initiative personnelle et que je me suis référée à la traduction anglaise des propos tenus en italien, seule audible sur la vidéo mise en ligne sur le site de commande du DVD, ici. Dans cette mesure, et par respect des droits de la Fraternité Saint-Pierre je vous prie, si vous souhaitez répercuter cette information, de renvoyer sur ce blog afin que ces précisions soient bien explicites.

Mère Angelica, que le cardinal évoque vers la fin de son allocution, est la fondatrice de la chaîne de télévision catholique américaine EWTN, qui a participé à l'édition du DVD.

« De nombreuses voix dans l’Eglise se sont élevées pour poser cette question : “Qu’est-ce que le Motu proprio Summorum pontificum, que veut le Pape, en promulguant de son propre mouvement, spontanément, cette loi universelle qu’est le Motu proprio Summorum pontificum ?”

« L’Eglise, depuis plus de mille ans, a célébré le rite que l’on en est venu à appeler la “messe de Saint Pie V”. Ce rite a soutenu l’unité à la Foi et est devenu l’expression unique à travers laquelle l’Eglise adore Dieu, rendant présent sur l’autel de manière non sanglante le Sacrifice de la Croix. La foi catholique nous enseigne que la sainte Messe est le Sacrifice de la Croix. Le rite ancien maintient un silence sacré, la contemplation ; bien plus, dans le même temps, il rend présent le Seigneur Jésus-Christ, dans une expression d’une riche beauté liturgique, comme le vainqueur de la mort et du péché.

« C’est pourquoi le Saint-Père propose, non pas de façon obligatoire, mais propose tout de même à l’Eglise tout entière ce trésor du rite plus ancien à travers lequel l’Eglise peut être sanctifiée. Et toute cette richesse liturgique, toute cette richesse spirituelle, et toutes ces prières si bien conservées à travers les siècles, tout cela est offert par la Rome d’aujourd’hui à tous, comme un don pour tous.

« Ce n’est pas un don qui s’adresserait à ceux-là seuls qu’on appelle les “traditionalistes” : non, c’est un don pour toute l’Eglise catholique. Et ce don, librement offert, le Saint-Père le fait au moyen de cette merveilleuse structure de l’Eglise, que constituent les paroisses, les prêtres et les chapelains dans les chapelles où l’on célèbre l’Eucharistie. Par la volonté du Vicaire du Christ, ils doivent accepter les pétitions et les demandes des fidèles qui désirent cette Messe, et ils doivent la leur offrir.

« Et même lorsqu’il n’y a pas de demande spécifique, ni de requête, ils devraient la rendre accessible, afin que chacun puisse avoir accès à ce trésor de la liturgie ancienne de l’Eglise. Là est l’objectif primordial du Motu proprio : une richesse spirituelle et théologique. Le Saint-Père veut que cette forme de la Messe devienne normale dans les paroisses afin que, de cette manière, des communautés jeunes puissent aussi se familiariser avec ce rite.

« Je suis très content de voir ce DVD didactique, qui a été créé pour l’instruction des prêtres, et non seulement des prêtres mais aussi des fidèles qui depuis si longtemps n’ont connu que le nouveau rite, afin qu’ils se familiarisent avec cette forme du rite romain. Cette vidéo a été créée pour préparer des prêtres afin qu’ils puissent célébrer ce rite de manière digne et sainte, avec piété, avec amour, d’une façon qui corresponde à ses exigences particulières.

« C’est pourquoi cette initiative est la bienvenue. Et moi, en tant que président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, à Rome, avec les cardinaux qui en sont membres, nos conseillers et avec le personnel qui travaille sur ces programmes, je remercie Mère Angelica, et tous ceux qui ont participé à ce projet, des efforts consentis pour aider les prêtres à offrir plus dignement à tous les membres de l’Eglise catholique ce trésor du rite plus ancien. Merci. »


D'après le cardinal Dario Castrillon Hoyos

04 mai, 2008

“Dignité animale” en Suisse

Le Conseil fédéral helvétique a enériné, fin avril, une ordonnance qui précise de façon assez drastique les conditions de détention d'un animal de compagnie ou de rapport, au nom des droits des animaux.

Il ne sera désormais plus question d'acheter un seul cochon d'Inde (il a droit à la compagnie d'un congénère !) ni une seule perruche (pour la même raison). Les aquariums ne pourront plus être transparents sur les quatre côtés (que dire des bols en verre ronds, instruments de torture des temps modernes ?) et devront bénéficier de l'alternance de la lumière du jour et de la nuit. Et gare aux ête humains qui feraient disparaître leur poisson rouge dans les toilettes !

L'achat d'un chien ou la pratique de la pêche à la ligne seront accompagnés de cours obligatoires, avant et pendant. Il s'agit de mieux connaître les besoins et les désirs de nos amis à quatre pattes, ou encore d'éviter aux poissons de souffrir pendant la capture.

Pour les fermiers, interdiction dès l'entrée en vigueur de l'ordonnance d'attacher chevaux, moutons ou chèvres par un licou (à Dieu, Monsieur Seguin), tandis que le fait de garder cochons ou vaches sur des sols durs sera assimilable à une maltraitance.

On sera rassuré (ou non...) d'apprendre que la ministre suisse de l'Economie a fait savoir qu'elle ne s'attendait pas à ce que son pays se transforme en société de surveillance. « Nous ne voulons pas d'un Etat qui surveille ses citoyens. Nous n'allons pas envoyer la police pour vérifier au sein des foyers que le chat va bien et qu'il a de la compagnie au sein de la maisonnée. » Il n'empêche que chaque canton va devoir créer un service spécialisé de protection animale.

Rappelons que la Suisse autorise le suicide assisté pour les êtres humains. Avec un sac plastique sur la tête s'il le faut...

Sources : ici, ici et ici

04 avril, 2008

Ted Turner : « Nous sommes trop nombreux »

Oui, nous sommes trop nombreux, trop nombreux sur cette terre, trop nombreux à produire des gaz à effet de serre, trop nombreux pour respecter le développement durable, nous sommes de trop, l’homme est de trop ! L’idée-force sous-jacente de l’écologisme est rarement exprimée en termes aussi crus. Parfois, cependant, le voile se lève. Et cela devient particulièrement intéressant lorsque la « source » est une personne influente et connue.

On ne peut pas dire que Ted Turner, fondateur de CNN, longtemps principal propriétaire de Time-Warner, milliardaire et magnat de la viande de bison (son cheptel compte 40 000 têtes), soit un personnage mal connu. Il n’est pas non plus sans influence : c’est un grand donateur de l’ONU, personnellement à l’origine de la création de la Fondation des Nations unies en 1998. Cette œuvre « charitable » recueille les dons d’autres hommes, organisations et gouvernements, qui viennent s’ajouter au milliard de dollars promis par Ted Turner, annonçant d’importants versements qui eurent lieu effectivement au fil des ans. Ils servent principalement à des programmes de réduction de population. Pour laquelle l’ONU met le paquet.

Ted Turner était donc l’invité, mardi dernier, de la chaîne américaine PBS où l’animateur non moins en vue, Charlie Rose, l’interrogeait sur à peu près tout. Et notamment sur les questions « environnementales » qui sont au cœur des préoccupations du milliardaire.

« Nous sommes trop nombreux. C’est pour quoi nous avons le réchauffement climatique. (…) Nous devons stabiliser la population. Sur la base du volontariat, tous les habitants de la planète doivent s’engager : un ou deux enfants, et c’est tout », a-t-il martelé.

Volontariat ? Ted Turner, grand compagnon de route de l’ONU, ne trouve rien à redire à la politique chinoise de l’enfant unique, imposée de façon cruelle et tyrannique sur le peuple chinois opprimé par le biais de stérilisations et d’avortements forcés. Stabilisation ? Non, élimination pure et simple : nous savons bien que les politiques eugéniques et malthusiennes, à l’Est comme à l’Ouest, reposent sur l’universalisation de la contraception souvent abortive et de l’avortement massif. Ce n’est pas un hasard si l’ONU, et notamment son fonds pour la population, met fortement l’accent sur la « santé reproductive » et l’avortement légalisé.

Bien sûr, Turner a assorti ses recommandations de menaces apocalyptiques : « Nous aurons gagné huit degrés dans dix… non, pas dix, mais trente ou quarante ans, et alors, en gros, les cultures ne pousseront plus. La plupart des gens seront morts et ceux d’entre nous qui resterons deviendront cannibales. La civilisation se sera effondrée. Les quelques gens qui resteront vivront dans des Etats faillis – comme la Somalie ou le Soudan – et les conditions de vie seront intolérables. (…) Ne pas contrôler la population, c’est l’équivalent du suicide. »

La vérité, c’est que le contrôle de la population, c’est déjà le suicide, le suicide imposé. Ainsi, commente l’éditorialiste de LifeSiteNews.com, John-Henry Westen, les exigences du protocole de Kyoto et toutes les mesures de réduction de la natalité vont de pair : « Déjà en 1992, Joan Veon, experte aguerrie des politiques de l’ONU, expliquait ce que l’ONU veut dire lorsqu’elle parle de “développement durable”. » Il faut réduire la population…

Le conseiller économique de Vladimir Poutine, Andrei Illarionov, disait clairement que le protocole de Kyoto était « une guerre non déclarée contre la Russie », dans la mesure où il exige la dépopulation.

En 2000, celui qui était encore le cardinal Ratzinger dénonçait dans Avvenire les objectifs onusiens du Millénium. Cette philosophie, affirmait-il, « propose des stratégies visant à réduire le nombre d’invités à la table de l’humanité, afin que le supposé bonheur que nous avons atteint ne soit pas affecté ».

Ted Turner, trois fois marié (dont une avec Jane Fonda) a cinq enfants.

JEANNE SMITS
Article extrait du n° 6563 de Présent, du Samedi 5 avril 2008

02 avril, 2008

McDonald’s et le lobby gay

La Chambre du commerce nationale gay et lesbienne des Etats-Unis (si si, cela existe !) vient d’accueillir dans son conseil des directeurs Richard Ellis, vice-président de la communication pour McDonald’s USA, responsable de « l’image » du vendeur de fast-food.

Ladite Chambre de commerce catégorielle, qui assure la promotion du lancement d’entreprises par des homosexuels, se réjouit du soutien qui lui est ainsi apporté par le géant du hamburger.

« Je suis enchanté de rejoindre la NGLCC », a fait savoir Ellis : « Je suis prêt à me mettre au travail ; je partage leur passion pour la croissance et le développement des affaires au sein de la communauté LGBT et je suis impatient de jouer un rôle pour faire avancer ces initiatives importantes. »

On notera que le communiqué de NGLCC qualifie McDonalds de « leader sur le marché de la fourniture de services alimentaires aux Etats-Unis, qui sert une palette de plats sains réalisés à partir d’ingrédients de qualité à des millions de clients chaque jour ».

Source : ici, via LifeSite.

28 mars, 2008

Espagne : l'évêque d'Almeria parle clair à propos de l'avortement

L'évêque espagnol d'Almería, Mgr Adolfo González Montes, a voulu marquer particulièrement la Journée pour la Vie proclamée à l'initiative de la Conférence épiscopale en adressant une lettre aux fidèles de son diocèse. Je vous en propose ici la traduction intégrale. C'est moi qui mets en exergue certains passages.

La fête de l'Annonciation du Seigneur, le 25 mars, nous met devant le mystère de l'humanité du Fils de Dieu. La chair de Jésus-Christ est l'humanité que Dieu a voulue pour son Fils, qui s'est incarné dans les entrailles de Marie et qui est né comme n'importe quel homme. Dès lors Dieu est notre prochain et chacun de nous est proche de Dieu.

Cette fête, qui est honorée dans le nom de tant de cathédrales et d'églises, nous donne l'occasion de réfléchir sur le mystère de la vie et le prodige de sa transmission, précisément en ce temps où tant de menaces pèsent sur la vie humaine. Il est certain que le développement des sociétés modernes a réussi à freiner la mortalité infantile d'autrefois, et qu'aujourd'hui la femme ne risque plus sa vie pour donner le jour à l'enfant qu'elle porte en son sein. Cela est très différent de ce qui se passe dans les sociétés maintenues dans le sous-développement, ou encore dans un lent processus de développement. Ils sont des millions, les êtres humains mal portants et sans défense qui succombent à la malnutrition, faute de médicaments et d'assainissement, sans compter les multiples infections, parmi lesquelles le fléau du sida contracté par les parents.

Le contraste ne se trouve pas seulement entre le « premier monde » et celui du sous-développement. Ce contraste est également caractéristique du premier monde. Les êtres humains qui naissent sous le signe de la protection viennent au monde tandis que d'autres sont supprimés dans le ventre de leurs mères. La plaie brutale de l'avortement a causé dans notre pays, en un peu plus d'une douzaine d'années, le chiffre horrifiant de trois millions de victimes, les enfants qui nous manquent. Ce qui s'est passé ces dernières années devrait servir à ne pas laisser les choses empirer au-delà du niveau déjà atteint, mais il semble qu'il est des gens à vouloir faire évoluer la législation jusqu'à la pratique libre de l'avortement, projet qui, pour le moment et grâce à Dieu, ne reçoit pas l'attention réclamée par ses défenseurs.

Rien ne s'est amélioré avec le plan laïc de supposée éducation sexuelle des adolescents et des jeunes, estampillée comme initiation à la « pratique du sexe en toute sécurité ». Bien au contraire, ce plan a réussi à banaliser la sexualité, et à augmenter la gravité morale de l'état de la jeunesse. On a dit que cela allait permettre de réduire le nombre des avortements, mais ils ont au contraire augmenté, conférant au phénomène une gravité, invisible seulement pour ceux qui souffrent d'aveuglement.

Comme si cela ne suffisait pas, on a élaboré une loi sur la manipulation des embryons qui n'arrive pas à cacher les vrais intérêts que l'on recouvre d'une prétendue finalité thérapeutique. Il y a eu des scientifiques assez sincères pour dire qu'il s'agit d'une pratique peu fiable dans ses résultats, et même ainsi, on n'hésite pas à légaliser la manipulation des embryons qui porte atteinte à la dignité humaine, car personne ne doit venir au monde dans le but de servir d'instrument thérapeutique pour quelqu'un d'autre. Chaque être humain a été voulu par Dieu pour lui-même, même lorsque l'amour humain y a manqué.

L'aspect le plus grave de ce texte de loi, c'est le mépris où l'on y tient les embryons surnuméraires, une pratique qui nous permet de constater à quel point en est arrivé le défaut de protection de toute vie, alors même qu'en réalité, « nous avons tous été des embryons ». Les législateurs catholiques, s'ils doivent être fidèles à leur conscience morale, ont le devoir de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir la protection de l'embryon, en s'opposant à ce type de loi anti-humaniste.

Si on laisse de côté le fait que le lieu naturel de la procréation est le mariage, et que celui-ci se constitue sur la base de la différence entre les sexes et leur complémentarité, alors, comme l'ont dit les évêques avec sagesse, on « construit une culture qui obscurcit des données anthropologiques fondamentales », une culture qui s'attaque de fait aux évidences les plus nettes et les plus universelles de l'humanité. Toutes les cultures connaissent la signification des mots « père » et « mère », qui surgit du concours des sexes pour la procréation de la vie, pour son soin et pour sa protection, qui se prolonge par l'œuvre de la famille, giron naturel de l'être humain, dans l'éducation de l'enfance et de la jeunesse.

L'Eglise, quoi qu'en disent les accusations de ses ennemis, banales, usées jusqu'à la corde, ne s'oppose pas au développement scientifique. L'Eglise s'oppose à ce que l'on recouvre du manteau de la science ce qui est manipulation de l'homme pure et simple : de l'être humain le plus faible et sans défense au mains de ce qu'on appelle « l'ingénierie génétique ». L'Eglise ne s'oppose pas aux recherches sur les cellules souches : elle s'oppose à ce que ces cellules soient embryonnaires si l'expérimentation auxquelles on les soumet suppose de fait la destruction de l'embryon humain. L'Eglise défend les faibles, et c'est bien dans un état de faiblesse que se trouve l'être humain conçu et à l'état d'embryon, tout comme l'est le malade et le vieillard. L'Eglise se préoccupe des victimes de guerre et du terrorisme, elle soigne les malades du sida. Son engagement en faveur de la paix et du développement de ceux qui en ont le plus besoin n'a pas besoin d'être démontré. La disqualification de la voix libre et prophétique de l'Eglise en faveur de l'être huamin et de sa dignité n'est ni innocente, ni désintéressée.

Pour toutes ces raisons, l'Eglise nous rappelle que l'Incarnation du Fils de Dieu nous dévoile le fondement divin de l'humanité de l'homme. Il convient de rappeler les paroles de Vatican II qui affirment : « Le mystère de l'homme ne s'éclaircit qu'à la lumière du Verbe incarné. » L'Incarnation du Verbe de Dieu nous dévoile la dimension sacrée de la vie et nous avertit de ce tout attentat à son encontre va directement contre son Créateur parce qu'il va contre l'homme créé par Dieu.

Les évêques d'Espagne pour la vie

L'Espagne fête encore cette année sa « Journée pour la Vie », à l'initiative de la Conférence épiscopale qui l'a fixée de façon générale au 25 mars, jour de l'Annonciation. Alors que la solennisation de la fête est repoussée cette année au 31 mars dans l'Eglise latine, du fait de sa coïncidence avec le Mardi de Pâques, les membres de la sous-commission épiscopale chargée de la vie et de sa défense d'Espagne viennent de publier une note intitulée “La vie est toujours un bien”. Voici la traduction intégrale que je vous en propose :

1. Promouvoir une culture de vie

A l'occasion de l'Incarnation de Notre-Seigneur, que l'on célèbre cette année le 31 mars, l'Eglise en Espagne célèbre la VIIe Journée pour la Vie, qui est une invitation à la prière et à la proclamation du caractère sacré de toute vie humaine dès son commencement au moment de la fécondation jusqu'à sa fin naturelle. En cette prière doit prendre source l'engagement décidé de vaincre le mal à force de bien, de vaincre la « culture de la mort » en promouvant une culture qui accueille et soutienne la vie.

Le mystère de l'Incarnation du Seigneur nous invite à considérer la grandeur et la dignité de la vie huaine. Tout comme nous, le Fils de Dieu a commencé sa vie humaine dans le sein de sa Mère. Pour cette raison, ce mystère nous rappelle que depuis que depuis le moment de la conception, la vie humaine possède une valeur sacrée que nous devons reconnaître, respecter et promouvoir : « La vie de l'homme est don de Dieu, que tous sont appelés à toujours protéger. »

Nous autres évêques ressentons le devoir de promouvoir dans l'Eglise et dans la société la valeur de la vie humaine, en soutenant toutes les initiatives qui promeuvent la famille et la vie comme, par exemple, le moratoire international sur l'avortement.

2. « On ne peut jamais légitimer la mort d'un innocent »

Il y a peu de temps, la société espagnole s'est émue de certaines pratiques abortives et par la cruauté des moyens utilisés pour les occulter. Cette réalité, que nous, évêques, dénonçons depuis des années, a suscité un nouveau débat sur l'avortement dans notre société.

Comme nous l'avons déjà dit, même si l'on peut considérer comme une grande avancée l'arrêt de la pratique illégale de l'avortement, une action véritablement morale et humaine serait l'abrogation de la « loi de l'avortement », qui est une loi injuste. Jean-Paul II nous a dit à Madrid en 1982 : « Quiconque dénierait une défense à la personne humaine la plus innocente et la plus faible, à la personne humaine déjà conçue mais point encore née, commettrait une violation extrêmement grave de l'ordre moral. On ne peut jamais légitimer la mort d'un innocent. Ce faisant on minerait le fondement même de la société. »

Nous invitons les fidèles à élever au Seigneur leur prière pour qu'il illumine la conscience de nos concitoyens, et spécialement des hommes politiques. Que le Dieu de la vie les aide à comprendre et à apporter un remède à l'énorme drame humain que constitue l'avortement pour l'enfant dans le sein de la mère, pour la mère elle-même, et pour la société tout entière. La loi de l'avortement doit être abolie, en même temps qu'il faut aider efficacement la mère, spécialement dans sa maternité, en créant une nouvelle culture où les familles accueillent et promeuvent la vie. Une alternative importante est l'adoption. Des milliers d'époux doivent recourir à de longs et pénibles procédures d'adoption alors qu'en Espagne plus de 100.000 enfants sont morts par avortement en 2006.

3. La conscience du catholique par rapport à la vie humaine

Nous nous adressons maintenant aux catholiques pour leur rappeler leurs obligations morales et de conscience. Aucun catholique, que ce soit dans la sphère publique ou privée, ne doit admettre, en aucun cas, des pratiques comme l'avortement, l'euthanasie ou la production, la congélation et la manipulation d'embryons humains. La vie humaine est une valeur sacrée, que nous devons tous respecter et que les lois doivent protéger.

On ne peut soutenir que l'avortement est inacceptable pour le catholique mais que ceci n'oblige pas le non-catholique. Au contraire : « Le chrétien est en permanence appelé à se mobiliser pour affronter les multiples attaques auxquelles est esposé le droit à la vie. Il sait qu'en la matière il peut s'appuyer sur des motifs profondément enracinés dans le droit naturel et qui, par conséquent, peuvent être partagés par toutes les personnes de conscience droite. »

Ainsi, si un catholique devait éprouver des doutes à ce propos, il devrait recourir à la prière pour demander la lumière du Saint Esprit. Il pourra aussi s'informer quant aux raisons invoquées par l'Eglise, toujours avec des arguments théologiques, philosophiques et scientifiques solides, pour affirmer la valeur et la dignité de la vie personnelle depuis la fécondation jusqu'à la mort naturelle.

4. Dieu aime aussi la vie malade et faible

La vie est une réalité merveilleuse qui ne laisse jamais de nous surprendre. Plus la science nous la révèle, mieux nous pouvons comprendre que la vie de l'homme, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu, est un mystère qui dépasse la dimenion de la simple biochimie.

Dans ses progrès constants, la science affirme avec toujours plus de force que depuis la conception, nous nous trouvons en face d'une nouvelle vie humaine, originale et qui ne peut être dupliquée, avec une histoire et un destin uniques. Une vie qui doit être accueillie, respectée et aimée : « C'est le devoir de tous d'accueillir la vie comme un don à respecter, protéger et promouvoir, d'autant plus qu'elle est fragile et demande attention et soins, que ce soit avant sa naissance ou dans sa phase terminale. »

Demandons au Seigneur qu'en cette Journée, en contemplant le mystère de son Incarnation, nous sachions accueillir comme la Vierge Marie le don de la vie, et que nous apprenions de la Mère du bel amour à défendre et à promouvoir la vie dans tous ses instants, en proclamant que « face à la mort se trouve la vie ».

Madrid, 8 mars 2008

26 mars, 2008

Oregon : un homme « enceint » ?

Thomas Beatie, habitant l'Etat de l'Oregon, affirme qu'il attend un enfant, annonce BioEdge dans sa lettre d'information. C'est aussi peu vrai qu'il y paraît : est-il vraiment un homme ?, demande la rédaction du site australien.

Il se trouve en effet que Thomas Beatie est un transexuel : devenu « homme » à la suite d'une ablation des seins et d'injections régulières de testostérone. Son amie Nancy ayant subi une hysterectomie, il a cessé ses traitements pour quelque temps pour revenir à son « genre initial » et se faire inséminer artificiellement. Ce à l'issue d'un parcours du combattant (de la combattante ?): il lui a fallu consulter neuf médecins pour obtenir enfin ce qu'il voulait. La naissance est attendue en juillet.

« Je serai le père de ma fille, et Nancy sera sa mère. Nous serons une famille », a-t-il déclaré à un journal LGBT de Los Angeles.

Voir ici.

Il semble que l'affaire Beatie ne soit pas une première ; il semble également que ses voisins soient plutôt incrédules...

25 mars, 2008

Sédation palliative ou euthanasie : une frontière ténue

Dans quels cas la sédation palliative constitue-t-elle une euthanasie directe ?

Alex Schadenberg, président de la Coalition pour la prévention de l'euthanasie au Canada, propose une intéressante réponse à cette question sur son blog. Je vous en propose ici une traduction résumée :

La question de la sédation profonde aux Pays-Bas comme une forme alternative d'euthanasie est importante. Dans cette procédure, on met le patient sous sédatifs avant de retirer l'alimentaton, ce qui résulte en une mort intentionnelle par déshydratation : une « euthanasie lente ».

Tuer une personne par injection létale prend entre quelques minutes et une heure. Tuer une personne intentionnellement en le privant d'hydratation prend généralement entre 10 et 14 jours.

Pour autant le jugement moral porté sur la sédation profonde n'est pas automatique, puisque toute sédation profonde ne cherche pas à tuer intentionnellement le patient. Elle peut s'appliquer à une personne très proche de la mort et souffrant de manière insupportable : celle-ci est alors « sédatée » et meurt en quelques jours, ce qui relève non de l'euthanasie mais de la bonne pratique palliative.

On peut aussi l'utiliser sur une personne qui n'est pas sur le point de mourir mais qui expérimente des souffrances impossibles à alléger. On peut leur appliquer une sédation profonde pendant quelques jours, tout en continuant l'hydratation et l'alimentation, la sédation étant interrompue au terme d'une courte période. Parfois la procédure permet de détendre le patient qui répondra dès lors au traitement de la douleur sans être plongée dans le coma.

Mais il est clair que la sédation profonde peut être utilisée dans le but d'entraîner la mort, sans que les proches du malades soient informées de cette intention réelle. C'est une menace pour les personnes les plus vulnérables de notre société.

Ainsi donc, si la sédation profonde suscite des inquiétudes, ce n'est pas par rapport à la sédation elle-même mais relativement au retrait des fluides et de l'alimentation dans l'intention d'entraîner la mort ; il faut donc veiller à ce que ces soins ordinaires ne soient pas retirés, à moins que le patient ne se trouve très près de la mort. C'est le cas lorsque le corps du malade se « ferme » progressivement : en ce cas l'arrêt de l'hydratation et de l'alimentation est conforme à l'éthique parce qu'elles n'apportent aucun bénéfice à la personne et que leur retrait n'entraîne pas la mort de manière intentionnelle.


Source : ici

Pays-Bas : euthanasie ou sédation palliative ?

Une nouvelle étude menée par des chercheurs néerlandais, publiée le 21 mars par le British Medical Journal, indique que les médecins néerlandais - généralistes le plus souvent - optent de plus en plus fréquemment pour la « sédation profonde » ou « sédation palliative ». Il s'agit d'une pratique qui ne relève pas des soins palliatifs à proprement parler, ceux-ci nécessitant des consultations spécifiques et une démarche adaptée à chaque cas que l'on ne rencontre pas dans ce type de sédation. Il s'agit ici plutôt d'« endormir » profondément le patient qui souffre de façon jugée insupportable, puis de lui retirer toute forme d'alimentation et d'hydratation, en attendant la mort.

Le taux d'euthanasie a donc chuté aux Pays-Bas, aux termes de l'étude, qui a porté sur quelque 7.000 décès en 2005 : on relève 1.200 euthanasies de moins qu'en 2001, et 1.800 sédations palliatives de plus, dont une sur dix consécutive à une demande d'euthanasie du patient suivie d'un refus du médecin.

Ces chiffres semblent confirmer, en gros, ceux avancés en mai 2007, que j'avais commentés ici.

Les chercheurs (parmi eux, Judith Rietjens d'Erasmus MC) avancent plusieurs explications : il est difficile pour un médecin de donner directement la mort, la sédation palliative n'exige aucune démarche déclarative au contraire de l'euthanasie, elle est administrée librement par le médecin (qui, soit dit en passant, n'a même pas besoin du consentement du patient).

Certains partis politiques néerlandais se sont émus de cette facilité, soulignant que l'on assiste peut-être à des sédations palliatives contraires à la volonté des patients? Impossible, répond la secrétaire d'Etat à la Santé publique, Mme Bussemaker : « Passer à la sédation n'est facile pour aucun médecin. Ce n'est certainement pas dans tous les cas une belle façon de mourir. »

D'où la colère du pendant néerlandais de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (NVVE), qui s'irrite de voir la sédation palliative utilisée comme une façon de contourner l'euthanasie : selon son président, Walberg De Jong, des proches de personnes « sédatées » alors qu'elles réclamaient la mort directe se plaignent régulièrement à son association, généralement parce que les choses se sont mal passées.

Les directives néerlandaises en vigueur autorisent la mise en route de la sédation palliative d'office dès lors que la mort du patient est attendue dans un délai inférieur à deux semaines. La mort intervient alors sans que l'on sache si elle est la conséquence directe de la maladie ou du retrait de l'alimentation et de l'hydratation.

Source : ici.

Affaire Chantal Sébire dans “Présent” (5)

Chantal Sébire : semer la confusion…


L’autopsie de Chantal Sébire, morte à son domicile alors qu’elle venait de réclamer sans succès une « aide au suicide » au tribunal de Dijon, a révélé qu’aucune cause « naturelle » ne peut être tenue pour responsable de son décès. Des analyses toxicologiques approfondies s’imposent, car le médecin ayant constaté son décès avait refusé de signer le permis d’inhumer. C’est d’ailleurs à sa demande que le procureur, qui voulait laisser le dossier clos, a ordonné une investigation dont les partisans de l’euthanasie, au premier plan depuis le déclenchement de cette triste affaire, dénonçaient en chœur le caractère « grotesque » ou « inutile ».

Ainsi parlèrent Gilles Antonowicz, vice-président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), avocat de Mme Sébire, et Jean-Luc Romero, son président qui se trouve être également le responsable UMP de la défense des droits homosexuels. Le médecin traitant de Chantal Sébire parlait, lui, d’« acharnement judiciaire » ; Roger-Gérard Schwartzenberg de « justice barbare » : voyez où sont les ennemis de l’homme, ce sont ceux qui veulent punir des tueurs là où eut lieu une mort choisie.

En réalité, tout dans l’affaire Sébire tend à semer la confusion dans l’opinion. Ne pas savoir pour mieux tout faire admettre. C’est de la même façon que Pierre Simon, l’ancien Grand-Maître de la Grande Loge de France s’avouait fasciné par l’idée que les femme recourent mensuellement à un nettoyage utérin, de façon à ne jamais savoir si elles avaient avorté ou non…

Ne pas savoir si Chantal Sébire est morte parce qu’elle ne pouvait plus vivre, ou parce qu’elle ne voulait plus vivre. Donner un maximum de publicité à sa volonté de recevoir une piqûre létale, tout en claironnant son « opposition violente » au suicide. Obtenir carte blanche de la justice, tout en se réservant d’affirmer après coup qu’aucune loi en France ne réprime l’aide au suicide. C’est que qu’a fait Gilles Antonowicz : « Même si l’on trouve quelqu’un qui a fait ça, cela finira par un non-lieu car il n’y a pas de délit d’aide au suicide en France. Cela n’existe pas. » Ce disant, il « oublie » le texte applicable en l’espèce : la non-assistance à personne en péril…

Confusion, encore, à propos des soins palliatifs dont la pauvre malade aurait pu bénéficier. Qu’elle a refusés, nous dit-on, préférant un départ express à « l’indignité » de la mise sous coma artificiel ou en conscience diminuée.

Chantal Sébire, il faut le dire, avait un profil très « exploitable » : à ses souffrances dont nul ne doutera du caractère aigu, s’ajoutait son image défigurée qui a été honteusement mise en scène par les médias. De là à la croire victime d’une odieuse manipulation, il y a un pas qu’on ne peut franchir à défaut d’avoir en mains son dossier médical : mais, volontairement ou non, il semble qu’elle ait davantage souffert qu’elle n’aurait pu.

Dans l’opinion, l’idée progresse selon laquelle les soins palliatifs sont insuffisants à soigner la douleur, ou dégradants.

Dans l’opinion, progresse encore le sentiment que certains gestes sont peut-être pénalement répréhensibles, mais destinés de toute façon à rester impunis : tel était le sens du non-lieu accordé à Marie Humbert qui voulait donner la mort à son fils. N’est-ce pas Jean Leonetti lui-même, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, qui vient encore de plaider pour l’abandon des poursuites contre les auteurs « d’homicide par compassion » ? « Inscrire dans le droit français un droit à mourir serait non recevable », a-t-il répété, mais aussitôt : « En revanche, rien n’interdirait des dispositions spécifiques de dépénalisation de l’acte homicide dans des circonstances compassionnelles, qui mériteraient d’être codifiées et précisées. » Et d’ajouter : « L’euthanasie active n’existe pas, puisqu’il n’y a pas d’euthanasie passive. Seule l’euthanasie existe, et elle pourrait être définie, justement, par la mort donnée par compassion, le plus souvent par un médecin, à un malade qui le réclame en raison de souffrances intolérables. »

Si ce n’est pas une justification générale et de principe de l’euthanasie, les mots n’ont plus de sens !

Les évêques de France, et notamment le cardinal Barbarin, Mgr Rey, le cardinal André Vingt-Trois ne sont pas tombés dans ce panneau : ils ont « communiqué » vigoureusement sur l’affaire Sébire en réaffirmant le devoir du respect de la vie.

Mais d’autres confusions sont en train de s’installer. Au moment où plus de 7% des décès aux Pays-Bas sont désormais imputables à la « sédation palliative », les euthanasies que nous pourrions qualifier d’évidemment directes étant elles en recul (1,7% annoncées pour 2005), la nature de cette administration massive de calmants pose des problèmes au cas par cas.

Pierre-Olivier Arduin, expert des questions bioéthiques pour le diocèse de Toulon, estime que dans l’affaire Sébire elle a été à tort présentée par son avocat comme une « mise sous coma sans nourriture et eau jusqu’à ce que mort s’ensuive », alors qu’elle consiste à « induire une baisse de la vigilance de la personne », une alimentation assistée médicalement étant « prévue si nécessaire » (c’est-à-dire si le malade n’est pas à l’article de la mort).

On sait (et Arduin l’a lui-même souligné) que la loi Leonetti prévoit explicitement l’arrêt de l’alimentation du malade. On sait qu’aux Pays-Bas, la sédation palliative est souvent installée avec prévision quasiment au jour près du décès du patient. Chantal Sébire voulait mourir, et aux termes de la loi française elle aurait pu organiser ainsi son décès. Voilà qui mérite réflexion…


Article extrait du n° 6555 de Présent, du Mercredi 26 mars 2008

24 mars, 2008

Brésil : un “fait divers” de l'avortement...

La police São Paulo a découvert mardi le corps sans vie d'une jeune fille de 16 ans, Mariana Almaeida Andrade, sur un terrain vague a proximité d'une usine chimique. Deux jours plus tard, l'affaire était éclaircie : Mariana avait été étranglée par son ancien petit ami, un garçon de 17 ans... Le mobile du crime ? Le jeune homme venait d'apprendre que Mariana était enceinte de 3 mois, et de lui. Or entretemps, il avait changé de « fiancée » et il ne voulait pas de l'enfant de la première. Il exigea donc que Mariana se fasse avorter. Et il l'a tuée parce qu'elle refusait...

Source : ici.

L'affaire Chantal Sébire dans “Présent” (4)

Mort, où est ta victoire ?


Jean-Marie Le Guen, socialiste, pense qu’on y va, vers cette victoire de la mort que constituerait à ses yeux la légalisation de l’euthanasie. Grâce à Chantal Sébire, qui a ouvert la porte, donné l’occasion à Laurent Fabius de sortir une proposition de loi préparée, avec un petit cénacle d’amis et d’experts, à la suite de la mort de Vincent Humbert : elle permettrait à « toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée » de « bénéficier » dans des conditions strictement définies « d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité ».

Jean-Marie Le Guen, donc, a plaidé pour cette révolution du droit en montrant qu’il s’agit de Révolution tout court : « Nous pensons maintenant qu’il faut effectivement, sans doute, affirmer un nouveau droit de l’homme, qui est celui de mourir dans la dignité. Ce droit de mourir dans la dignité est un droit de l’homme du XXIe siècle. C’est une nouvelle forme de laïcité qui sera en quelque sorte inscrite dans notre République pour dégager l’homme des transcendances (…) et de ce qui est encore la marque d’un tabou. »

Oui, c’est la religion qui est l’ennemie, c’est Dieu qui entrave la liberté de l’homme, et c’est la mort « choisie » de l’homme qui sera la marque suprême de sa « liberté » – ou plutôt de sa révolte. Voilà qui a le mérite de la clarté. Rejet de la Lumière…

Dieu, Lui, a eu le mauvais goût de mourir dans l’indignité la plus totale, sous les quolibets de la foule, la haine de tant des siens, sans le moindre soin palliatif, la torture s’ajoutant à la torture. Il a accepté la mort, peine pour les fautes des hommes, non point pour dire que la vie ne vaut pas d’être vécue, mais pour vaincre la mort par sa mort, et pour ouvrir les portes de la vie éternelle. Ce mystère-là est le plus insupportable de tous ; et il irrite d’abord le Malin…

Comment ne pas entendre son ricanement derrière la vague compassionnelle suscitée par l’affaire Chantal Sébire ?

Cette femme malade et certainement courageuse méritait la compassion, mais non pas une comp