12 octobre, 2015

Synode : il y aura un rapport final et un vote, mais nul ne sait s'il sera publié

Lors du point presse sur le déroulement du synode sur la famille, le P. Lombardi a précisé qu'il y aura bien un rapport final dont la rédaction se fait à l'issue de la discussion de chacune des trois parties de l'Instrumentum laboris dans les circuli minores. Citant le cardinal Baldisseri, il a annoncé que le rapport sera présenté en réunion générale le samedi 24 octobre au matin, puis voté dans l'après-midi. Il sera ensuite présenté au pape François qui prendra ses décisions après en avoir pris connaissance.

Le P. Lombardi a déclaré qu'il appartiendrait au pape de décider si oui ou non la relatio synodi finale sera publiée ou non ; elle l'avait été l'an dernier.

Deux des présentateurs des travaux de samedi, à propos des divorcés « remariés », ont insisté sur le fait que le synode aboutira nécessairement à autre chose que les deux « extrêmes, ne rien faire ou tout changer ». « Les deux « extrêmes » ? Etre contre tout « au nom de la doctrine » et vouloir tout changer contre elle. « Il y a beaucoup de place pour la créativité pastorale », a cité le P. Rosica. « La vérité en public, la miséricorde » en privé ne fonctionne pas, a-t-il été dit en anglais.

Parmi les intervenants, on soulevé l'idée d'un « rite du mariage mixte », une « discipline ecclésiastique flexible », on a évoqué « les familles de couples de même sexe », le fait qu'il ne faut pas « aliéner les nouvelles familles de l'Eglise », profiter du « pouvoir des clefs en cette année du jubilé de la miséricorde pour pardonner les péchés à tous sur terre ».

Il faut encore avoir « le sens de la pastoralité de la doctrine » selon le mot de Vatican II, avec « la prise en compte du destinatiare ».

Et « faire appel à la conscience morale et non se limiter aux normes » : «  former et informer les consciences » mais en même temps « leur faire confiance ».

Il faut toujours associer miséricorde et vérité, sans quoi on « risque de tomber dans le binôme du permis-défendu ».

Notons que le point presse présente non pas l'ensemble de ce qui s'est passé au synode, mais ce que la salle de presse veut bien en dire. Le choix des phrases – autant de « petites phrases », en l'occurrence, va dans un sens bien précis. Avec une évidente priorité aux affirmations les moins orthodoxes.


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© leblogdejeannesmits



1 commentaire:

Anne Merlin-chazelas a dit…

Vous êtes bien indulgente en parlant d’« une évidente priorité aux affirmations les moins orthodoxes. » Il n’y a pas « priorité » mais bien « exclusivité ». A croire qu’aucun père du Synode n’a affirmé que la parole formelle du Christ, rapportée dans les mêmes termes -mais de façon distincte puisqu’ils n’emploient pas le même verbe grec pour traduire la notion hébraïque de « schalah » (renvoyer) - , a tout de même une valeur supérieure aux desiderata des Catholiques devenus si peu Catholiques et si peu pratiquants, surtout en Europe du Nord.

On peut incriminer le contact de ces Catholiques avec de nombreuses branches du Protestantisme qui, elles, ont abandonné toute référence tant aux Paroles du Christ, à l’Évangile et aux autres textes du Nouveau Testament (le « libre examen » permettant à chaque protestant de les interpréter à sa guise, voire de les déclarer interpolés) qu’au Décalogue.

Comme dans le monde laïque, ces Protestants et ces Catholiques ne considèrent comme impératif que ce qui est conforme au « politiquement correct » du moment, c’est-à-dire pour l’instant, la « tolérance » pour toutes les religions et tous les comportements, sauf ceux qui revendiquent la fidélité totale aux enseignements du Christ.

Ils tolèrent donc, voire favorisent, le mariage entre personnes du même sexe (y compris pour les évêques !), l’avortement et l’euthanasie, ainsi que l’interdiction d’essayer de convertir les Musulmans ou d’adopter un comportement qui risque de déplaire à ceux-ci (la contradiction entre ce dernier point et le fait que les Musulmans sont, beaucoup plus que les Catholiques les plus « tradis », intolérants envers l’homosexualité et souvent contre l’avortement semble leur échapper)…

Ce qui m’inquiète, c’est qu’il semble que c’est le pape lui-même qui a permis à la salle de presse de ne dire que ce qu’elle veut, et que, comme il ne peut ignorer le contenu des points-presse, il les approuve.

Le Seigneur arrivera bien à tirer le plus grand bien de cela, comme de tout le reste. Nous, nous n’y pouvons rien, mais à Lui rien d’impossible.

 
[]