04 novembre, 2014

Chili : une fillette de 13 ans utilisée pour promouvoir l’avortement

L’histoire, tragique, est toujours à peu près la même en cette Amérique latine où bien des repères sont perdus, mais où l’avortement demeure dans la plupart des cas un crime. L’histoire d’une petite jeune fille – elle a 13 ans – victime de viols, au Chili. Elle est enceinte. L’enfant qu’elle porte n’est pas viable. La presse s’est saisie de l’affaire, après l’intervention de groupes féministes : pourquoi cette petite fille n’a-t-elle pas accès à l’avortement ? N’est-il pas urgent de changer la loi ?
Le site publimetro.cl ajoute aussitôt : un sondage réalisé au mois de juin montre que 71 % des Chiliens seraient d’accord avec une légalisation de l’avortement « thérapeutique », au cas où le fœtus ne serait pas viable, ou fruit d’un viol. C’est le projet de la présidente Michelle Bachelet qui entend bien présenter un texte avec son gouvernement.
La petite jeune fille, du gros bourg de Caharue en Araucanie, est enceinte de 33 semaines. Si son

bébé naissait maintenant ce serait un bébé prématuré, mais à peine. Il présente des malformations cardiaques. Sont-elles réellement incompatibles avec la vie ? C’est ce que répète la presse après les déclarations d’une Claudia Dides, présidente de l’ONG pro-avortement Miles, disant qu’il est urgent de légiférer pour ce type de cas afin que l’avortement soit légalisé. On s’occupe bien de la fillette à l’hôpital, a-t-elle précisé, mais – « Nous ne voulons plus avoir des cas de jeunes filles violées qui n’aient pas le droit de choisir. »
Le président de la commission de la santé du Sénat chilien, Guido Girardi, a renchéri en affirmant qu’il appuierait les projets de loi déposés depuis le mois de mars en essayant de les fusionner pour aller plus vite : « Qu’une jeune fille de 13 ans violée, avec une grossesse non viable, qui se trouve dans une situation dramatique, puisse devoir aller en prison si elle interrompt sa grossesse, ou que le médecin qui pratique l’interruption de grossesse puisse aller en prison, ou qu’on la contraigne de rester dans cette situation est d’une cruauté infinie. »
« Il me semble que le Chili ne peut désormais prétendre rester dans une situation aussi dramatique, d’une telle cruauté, d’un tel autoritarisme », a-t-il ajouté.
Tout est dit pour donner l’impression que la fillette a été « forcée » par la loi à garder cet enfant qui ne vivra pas. Notez que s’il était viable on aurait tenu le même discours ou quasi : comment oser imposer cette naissance ? Comment oser imposer une adoption ? Du point de vue féministe, le seul « choix » qui vaille est celui de l’avortement…
La sénatrice UDI Jacqueline van Rysselberghe, membre de la même commission, a déclaré au contraire que la légalisation de l’avortement thérapeutique équivaudrait à mettre en place un « contrôle qualité de la race humaine ».
ACIPrensa, site catholique, publiait le 26 août dernier le témoignage d’une femme chilienne tombée enceinte il y a 40 ans après avoir été violée par un proche alors qu’elle avait seulement 12 ans. Elle n’a pas eu le « choix ». Ce sont ses parents qui l’ont fait avorter, elle a été embarquée sans qu’on lui demande rien.
Aujourd’hui elle raconte : le grand problème de sa vie n’a pas été le viol, mais l’avortement. Elle a enchaîné les dépressions, les tentatives de suicide, dès 14 ans. « J’ai pardonné à la personne qui m’a violée. On peut faire ça. Mais j’ai lutté toute ma vie pour essayer de me pardonner à moi-même. » Car même si elle n’avait justement pas le choix, elle pense toujours à ce que se serait passé si elle avait pu l’éviter. Elle a donné un nom à son enfant. Et c’est en Dieu qu’elle dit avoir trouvé enfin l’équilibre.

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© leblogdejeannesmits



2 commentaires:

Anne Merlin-chazelas a dit…

Sur le blog de Jeanne Smits, à propos d’une loi proposée au Chili, pour permettre l’avortement d’une petite fille de 13 ans enceinte d’un enfant qui pourrait n’être pas viable et qui est le produit d’un viol.
Avez-vous remarqué comme il est toujours « urgent de légiférer » pour, au nom d’UN cas douloureux, ou d’un petit nombre de cas, réduire encore les droits à la vie ou les droits de la famille ?

La situation de cette petite est bien triste : il y a peu de situations plus douloureuses pour une femme que de porter un enfant mort ou mourant et de devoir en accoucher sans, pour autant, attendre la joie de voir vivre son enfant.

Quand cet enfant n’est pas désiré, parce qu’il est le produit d’un viol, la situation est douloureuse, mais d’une autre façon. À plus forte raison si la victime du viol est encore, elle-même, un enfant.

Y a-t-il vraiment certitude que l’enfant ne peut pas vivre ? Ou au contraire, est-ce (cela arrive) la prolongation de la grossesse qui met sa vie en péril et, s’il ne s’agissait pas d’une enfant de 13 ans violée, ne procéderait-on pas à un accouchement de cet enfant qui a déjà 33 semaines et est donc, sauf pour cause de malformations ou de maladie, viable ?

Il me semble que faire accoucher cette enfant dès maintenant, puisque le bébé a largement atteint le seuil de viabilité, ne serait pas une mauvaise solution. Ou le bébé, en raison de ses malformations, ne peut pas vivre hors du corps de sa mère, et en pareil cas il mourra mais personne n’aura provoqué volontairement sa mort ? Ou il peut vivre, on le soigne, on opère sa malformation et quand il sera en état de sortir de l’hôpital, on le remet à sa mère si elle le souhaite, ou on le propose à l’adoption. Certes, on aura pris un peu plus de risques avec sa vie, compte tenu de sa malformation. Mais cela vaut mieux que de le tuer …

Et ces dames qui veulent absolument qu’on légifère en urgence pour tuer légalement ce bébé et d’autres pourraient aller se rhabiller…

Anne Merlin-chazelas a dit…

Avez-vous remarqué comme il est toujours « urgent de légiférer » pour, au nom d’UN cas douloureux, ou d’un petit nombre de cas, réduire encore les droits à la vie ou les droits de la famille ?

La situation de cette petite est bien triste : il y a peu de situations plus douloureuses pour une femme que de porter un enfant mort ou mourant et de devoir en accoucher sans, pour autant, attendre la joie de voir vivre son enfant.

Quand cet enfant n’est pas désiré, parce qu’il est le produit d’un viol, la situation est douloureuse, mais d’une autre façon. À plus forte raison si la victime du viol est encore, elle-même, un enfant.

Y a-t-il vraiment certitude que l’enfant ne peut pas vivre ? Ou au contraire, est-ce (cela arrive) la prolongation de la grossesse qui met sa vie en péril et, s’il ne s’agissait pas d’une enfant de 13 ans violée, ne procéderait-on pas à un accouchement de cet enfant qui a déjà 33 semaines et est donc, sauf pour cause de malformations ou de maladie, viable ?

Il me semble que faire accoucher cette enfant dès maintenant, puisque le bébé a largement atteint le seuil de viabilité, ne serait pas une mauvaise solution.
Ou le bébé, en raison de ses malformations, ne peut pas vivre hors du corps de sa mère, et en pareil cas il mourra mais personne n’aura provoqué volontairement sa mort ? Ou il peut vivre, on le soigne, on opère sa malformation et quand il sera en état de sortir de l’hôpital, on le remet à sa mère si elle le souhaite, ou on le propose à l’adoption. Certes, on aura pris un peu plus de risques avec sa vie, compte tenu de sa malformation. Mais cela vaut mieux que de le tuer …

Et ces dames qui veulent absolument qu’on légifère en urgence pour tuer légalement ce bébé et d’autres pourraient aller se rhabiller…

 
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