09 octobre, 2014

Un documentaire sur l'euthanasie d'une fêtarde primé à Cannes

Priscilla, la veille de sa mort.
Un documentaire sur une jeune fêtarde d’Amsterdam qui a préféré se faire euthanasier au lendemain de son 26e anniversaire plutôt que de vivre avec la maladie qui commençait à la faire « trop » souffrir vient d’être primée à Cannes. Nachtvlinder (Midnight Butterfly ou Papillon de nuit) a reçu le Dauphin d’Or dans la catégorie « Ethnologie et sociologie » du festival de « films corporate » qui s’y déroule tous les ans depuis 2010.
Priscilla souffrait de dystrophie musculaire, une forme particulière de myopathie dont l’évolution peut aboutir à clouer le patient dans un fauteuil et le faire souffrir d’affections cardiaques et respiratoires. Si cette maladie génétique ne peut être guérie, des traitements médicamenteux ou chirurgicaux permettent d’en réduire l’inconfort. On peut supposer que ces prises en charge sont meilleures qu’il y a une vingtaine d’années, lorsque la mère de Priscilla en est morte. C’est la peur de devoir subir ce que sa mère avait vécu qui a poussé la jeune femme à se jeter tête baissée dans la vie de la fête nocturne en attendant de se faire piquer encore « debout »…
J’avais raconté ici ce documentaire glaçant qui suit presque pas à pas les derniers jours et la mort de ce « papillon de nuit », avec la fête en discothèque à la veille de sa mort et les images de son lit de mort – à peine l’instant du décès est-il épargné au spectateur. L’enterrement est lui aussi filmé, sur fond de musique techno et de jeunes filles qui dansent pour « saluer » le départ de leur amie – ici ou là, tout de même, quelques visages fermés.
Prête pour la piqûre finale.
Peter Bosch, réalisateur du film, déclarait alors avoir sans doute fabriqué une « bombe » à utiliser par les partisans de l’euthanasie.
Le prix qu’il vient de recevoir laisse penser qu’il a vu juste.
On voit aussi la profonde cohérence entre l'avortement eugénique et l'euthanasie : aujourd'hui, le diagnostic pré-implantatoire permet d'éliminer les embryons porteurs de ce type d'anomalie génétique ; pourquoi ne pas le faire lorsqu'ils ont 26 ans ?

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