29 juin, 2013

Bientôt les greffes de tête ?

On serait moins étonné de cette information un 1er avril. Mais il semble qu'elle soit exacte. C'est le Nouvel Obs qui la répercute : « Un neurologue italien annonce pouvoir transplanter des têtes humaines, sur d'autres corps humains dans les deux ans. L'opération  a déjà été menée avec succès sur des singes. »

La technique pourrait venir en aide aux tétraplégiques par exemple, ou aux malades du cancer qui auraient toute leur tête…

C'est donc, en réalité, une greffe de corps.

Où le greffon est pris sur une personne décrétée en état de « mort célébrale » – donc avec une circulation sanguine et un système respiratoire qui fonctionnent – dont le corps est en bon état.

Après il faut prendre la peine de refroidir la tête du receveur (avant ou après de la couper ?), puis de recoudre tête et corps « donné » sans se tromper, en assurant notamment la continuité de la moelle épinière, ce qui fonctionne déjà bien sur les singes.

Celui qui entend étendre cette technique à l'homme, le Dr Sergio Canavero, voit bien des problèmes éthiques : l'utilisation de prisonniers par exemple au profit de vieux milliardaires chinois en mal de jeunesse.

En attendant les échanges de têtes, peut-être. Après tout, pourquoi pas ?

*

P.S. Beaucoup de réponses très négatives à cet article – il va pourtant de soi que cette info n'est pas donnée de manière complaisante, mais horrifiée.

Un correspondant remet en cause le fait que l'on puisse assurer de nouveau la continuité de la moelle épinière après qu'elle a été sectionnée, même sur un singe. Le Dr Canavero s'appuie sur la disponibilité aujourd'hui de molécules chimiques qui permettraient selon lui la reconnexion des tissus en cause. Là où la presse française parle de « deux ans », l'article de Surgical Neurology (disponible intégralement ici) évoque « a couple of years » ce qui est beaucoup plus imprécis : « dans quelques années » aurait été une meilleure traduction.

*

Quoi qu'il en soit, avec de telles élucubrations, la guillotine risque de ne plus être ce qu'elle était.

L'histoire rappelle en tout cas une affaire citée dans Finis vitae, ouvrage réalisé sous la direction de Roberto de Mattei, qui recueille une série de conférences de scientifiques défavorables au don d'organes vitaux puisque ceux-ci sont obligatoirement recueillis sur des personnes en « mort cérébrale » au prix d'une redéfinition discutable de la mort. C'est celle de la pendaison d'une Anglaise (au XVIIe, de mémoire) qui resta plus d'une demi heure pendue, qu'on recueillit enfin, et qui à la surprise générale revint à la vie. Il faisait ce jour-là un froid intense ; on suppose que l'hypothermie, en mettent en quasi arrêt ses fonctions vitales, permit d'éviter la mort.

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© leblogdejeannesmits



6 commentaires:

Richard Synnott a dit…

Je suis un peu étonné de retrouver un article de cet acabit sur votre site.

Je suis certain qu'il n'y aura pas de "greffe de corps" dans un avenir prochain. Le corps n'est pas qu'un organe mécanique et n'est pas interchangeable.

Les simples greffes d'organes sont déjà très difficiles en raison du rejet.

Pour accepter ces théories, il faut ne pas accepter (philosophiquement ou religieusement) l'unité substantielle de l'âme et du corps.

De toute façon, je n'ai pas le pouvoir de démontrer que ça ne peut pas se faire, et si ça se faisait il faudrait voir ce que ça signifie mais je ne m'en inquiète pas.

Disons que je suis plus énervé par ces affirmations à la légère d'apprenti sorciers que effrayé d'en voir la réalisation.

Richard Synnott a dit…

Je suis un peu étonné de retrouver un article de cet acabit sur votre site.

Je suis certain qu'il n'y aura pas de "greffe de corps" dans un avenir prochain. Le corps n'est pas qu'un organe mécanique et n'est pas interchangeable.

Les simples greffes d'organes sont déjà très difficiles en raison du rejet.

Pour accepter ces théories, il faut ne pas accepter (philosophiquement ou religieusement) l'unité substantielle de l'âme et du corps.

De toute façon, je n'ai pas le pouvoir de démontrer que ça ne peut pas se faire, et si ça se faisait il faudrait voir ce que ça signifie mais je ne m'en inquiète pas.

Disons que je suis plus énervé par ces affirmations à la légère d'apprenti sorciers que effrayé d'en voir la réalisation.

Jeanne Smits a dit…

Bien sûr que cela pose toutes les questions que vous soulevez, et l'homme n'est pas un singe.

Ce qui m'épate, c'est que des scientifiques envisagent ce genre d'opération, et pas dans le vide, puisqu'elle se pratique de manière réussie – s'il faut en croire l'article scientifique en question - sur des singes.

Mais je n'arrive pas à croire non plus que cela se fera sur l'homme.

Anonyme a dit…

Dans un monde de fous furieux qui se croient des dieux, ce projet médical n'a sans doute rien d'impossible. Qui pourrait empêcher un savant à l'égo démesuré rencontrant un milliardaire, de ne pas faire un projet commun humain puisque cela se ferait sur des singes, certains déjà trouvent normales les femmes porteuses.
Il y aussi des gens qui se font cryogénisés, alors que déjà une vie terrestre c'est amplement suffisant!!!!
D'autres pensent à leur immortalité avec les manipulations des embryons et le clônage à partir de leur auguste personne.
Seul le réel de la création divine empêchera que cela se fasse, un réel qui sera peut-être dans les conséquences de cette "médecine contre nature" :
vivre avec un autre corps, est ce que ce sera psychologiquement supportable, etc.
Les clones et les créatures créées de façon non naturelle ne se retourneront-elles pas sur leur créateur ou ceux qui les aurons "commandées en étagère".
La souffrance de la créature évoquée par Mary Shelley

Niko Bellic a dit…

Et pourquoi la greffe d'une tête d'un malade mental, euh pardon, un transexuel comme-vous-et-moi tout est fait équilibré sur le corps d'une personne de sexe opposée?

Niko Bellic a dit…

Et pourquoi pas la transplantation de la tête d'un transexuel sur un corps de sexe opposé?

 
[]