06 mai, 2013

Belgique : euthanasie de Christian de Duve, prix Nobel

A 95 ans, le prix Nobel de médecine belge Christian de Duve, a choisi l'euthanasie samedi pour quitter
cette vie. Entouré de ses quatre enfants, refusant tout médicament contre l'anxiété, il est parti avec la ferme conviction qu'après la mort, il n'y a rien. Et donc, il s'est laissé littéralement piquer comme un chien. Toute la Belgique rend maintenant hommage à celui qui a été récompensé en 1974 par la plus haute distinction scientifique pour ses travaux sur le cancer. Elio di Rupo, Premier ministre (et homosexuel revendiqué) a salué « l'engagement de citoyen dont a fait preuve Christian de Duve tout au long de son existence ».

C'est ainsi qu'en quelque sorte on le remercie d'un « geste citoyen ».

Christian de Duve avait tout préparé. Il avait même donné un entretien posthume au Soir de Belgique, où il expliquait : 
« Personnellement, je suis très objectif, très serein devant tous ces phénomènes. La mort, ce serait beaucoup dire qu’elle ne m’effraye pas, mais je n’ai pas peur de l’après car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien. Ce que je dois prévoir maintenant, c’est ma propre disparition et je suis en train de le faire. »
En fait son entretien est empreint d'une noire désespérance, pour lui et pour l'humanité à qui il semble reprocher son envie de vivre.

Le texte a été publié aujourd'hui par Le Soir. C'est par .

Christian de Duve n'était pas en mauvaise santé. Il nageait tous les jours il y a peu encore, et jouait au jeu des « Chiffres et des Lettres ». Ce n'est sans doute pas cela qui l'a fait choisir la mort…

Affolé devant la prolifération de l'homme, il estime que la sélection naturelle a conservé chez lui des caractéristiques aujourd'hui néfastes :

« On était quelques milliers dans le coeur de l’Afrique il y a 100.000 ans, et on est presque 8 milliards à occuper tous les endroits habitables de la Terre, à utiliser toutes les ressources disponibles, à épuiser ses ressources, à vider des océans de poissons, polluer l’environnement, le rendre inhabitable, à transformer les forêts en désert. (…) Si on continue dans cette direction, ce sera la catastrophe, l’apocalypse. »
Et son coup de pied de l'âne, le poison de sa piqûre létale (in cauda venenum), c'est de réclamer un contrôle des naissances très strict.

« Nous sommes en train, par notre nombre croissant, de rendre le monde invivable. »
Lui qui a commencé sa vie de chercheur à l'université catholique de Louvain (il se plaint du dogmatisme catholique qui n'est pas « très compatible » avec « l'attitude scientifique ») n'aime pas les religions :
« La religion musulmane, je la trouve inquiétante, parce qu’elle est à mon point de vue particulièrement obscurantiste. Mais les chrétiens sont aussi terriblement doctrinaires. Je ne sais pas comment le nouveau pape va agir, mais jusqu’à présent, la contraception, la limitation des naissances a été condamnée par le Vatican. C’est scandaleux, car le seul espoir de l’humanité de survivre, est de ne pas continuer son expansion. »
Et Dieu ? Il n'en a pas besoin. Après un petit épisode mystico-platonicien, en fin de vie à l'évolutionnisme le plus matérialiste. « L'ultime réalité », comme il a voulu y croire, « est le produit de notre propre cerveau ».
« Le vrai, le beau, le bien, n’est pas quelque chose qui vit en dehors de nous et que nous découvrons, mais que nous créons. »
C'est avec ce genre de raisonnement qu'on justifie tous les totalitarismes.

ADDENDUM à 19 h 38

Je reçois à l'instant un lien vers cette interview envoyé il y a deux heures par Mgr Michel Schooyans. Avec ce commentaire :

Professeur de notre Université, Prix Nobel de Médecine, Membre de
l'Académie Pontificale des Sciences, le Professeur de Duve a demandé à
être euthanasié, ce qui eut lieu samedi dernier.
Issu d'une famille chrétienne, de Duve était un agnostique devenu athée.
Ses recherches l'avaient amené à collaborer avec la Fondation
Rockefeller à New York.
Que le Seigneur l'accueille dans Sa Lumière et dans Sa Paix!
Je célébrerai la messe pour lui demain. Merci de vous y associer par la
pensée.
Heureuse fête de l'Ascension!

Oui, il nous faut prier pour lui !


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2 commentaires:

Nicolas Fischmeister a dit…

Mais bon sang, un prêtre catholique ne peut en aucun cas célébrer une messe aux intentions d'une personne qui met fin à ses jours volontairement.

En outre, depuis 1983, la sépulture chrétienne n'est plus explicitement interdite aux suicidés étant entendu qu'elle "constitue seulement un acte par lequel l’Église les recommande à la miséricorde de Dieu".

Mais le code de droit canon de 1983 précise tout de même :
Can. 1184 - § 1. Doivent être privés des funérailles ecclésiastiques, à moins qu'ils n'aient donné quelque signe de pénitence avant leur mort:
1 les apostats, hérétiques et schismatiques notoires ;
2 les personnes qui auraient choisi l'incinération de leur propre corps pour des raisons contraires à la foi chrétienne ;
3 les autres pécheurs manifestes, auxquels les funérailles ecclésiastiques ne peuvent être accordées sans scandale public des fidèles.
(source : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P49.HTM)


Or, en l’occurrence, ce Christian de Duve est bien ce qu'on peut appeler un apostat, au regard de ses déclaration publiques de renonciation à la foi catholique.

Anonyme a dit…

"Que le Seigneur l'accueille dans Sa Lumière et dans Sa Paix!" - mauvaise blague!
pécheur pas repentant, apostat, le suicidaire....
« Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel » (Mt 25,41)

 
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