28 septembre, 2012

France : l’avortement bientôt gratuit

Ce n’est pour l’instant qu’une indiscrétion rapportée par Les Echos mais il n’y a pas eu de démenti : le remboursement à 100 % de l’« interruption volontaire de grossesse » devrait être inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013, présenté lundi.

Dans le cadre d’un budget de rigueur et d’austérité, d’impôts qui montent en flèche et d’« efforts » demandés à tous les Français, quelle aberration, serait-on tenté de dire. Mais non : tout cela relève d’une même logique, procède d’un même problème, et constitue une réponse cohérente. Je n’ai pas dit « juste »…

Actuellement, l’avortement volontaire pratiqué au cours des 12 premières semaines de la gestation à la demande de la femme enceinte (c’est elle, finalement, qui prescrit !) est remboursé à 80 % lorsqu’il est chirurgical (coût moyen : 450 euros). Le remboursement est de 70 % pour les « IVG »médicamenteuses (environ 190 euros en cabinet médical). Le reste est couvert par les mutuelles. Les bénéficiaires de la CMU ont déjà droit au remboursement à 100 %.

Le coût annuel de l’avortement en France revient à environ 70 millions d’euros, dont 55 millions sont déjà pris en charge par l’assurance-maladie, selon une estimation de l’IGAS réalisée il y a trois ans. La mesure portée par Marisol Touraine – qui en a déjà signé d’autres dans le sens de la culture de mort – reviendrait donc à 15 millions d’euros par an, une paille à l’aune de la dette de l’Etat. Mais ce n’en est pas moins une dépense supplémentaire, une charge de plus sur le dos des contribuables français. La France a-t-elle besoin de cela ?

Sur le plan financier, évidemment pas. Ni sur le plan démographique. Ni sur celui de son avenir.
Mais François Hollande a décidé d’honorer d’abord les pires de ses promesses : avec la légalisation du « mariage » homosexuel, faire payer intégralement la destruction légale et organisée de plus de 210.000 petits êtres humains est vraiment sa priorité, mise en œuvre avec empressement par son équipe de gouvernement. Ces promesses coûtent moins cher que bien d’autres, c’est entendu. Mais la raison de l’empressement gouvernemental n’est pas là. La force du symbole est là, le choix clair d’un camp où les socialistes veulent positionner la France, par idéologie et par défi.

Ce genre de mesures et de lois façonnent un pays bien plus sûrement qu’une réforme fiscale ou une décision d’embaucher des dizaines de milliers de professeurs. Pour l’école aussi, l’équipe de Hollande a d’abord attaqué par l’angle idéologique, avec le premier discours du nouveau président sur Jules Ferry et les annonces de Vincent Peillon sur la morale laïque. Ainsi a régné Zapatero en Espagne… on sait où cela mène.

L’inversion recherchée pourrait même se résumer en quelques mots : « Cherchez d’abord le royaume de satan, et le reste vous sera donné par surcroît. » Le reste ? Le pouvoir, la puissance, la jouissance immédiate des biens de ce monde… On sait ce que valent les promesses du prince des mensonges, homicide dès l’origine et ennemi juré de la vie que Dieu donne en abondance. Mais elles n’ont pas fini d’éblouir. Et c’est bien avec ses mots que parlent les promoteurs de la destruction de la famille et de la vie. Toutes ces mesures ne sont-elles pas présentées comme facteurs de bonheur, de libération, d’autonomie, d’égalité, de respect des droits ?

Quant au coût du remboursement intégral de l’« IVG » tel que Marisol Touraine ne dément pas vouloir l’installer pour le budget 2013, soyons donc un peu cyniques… Un avortement, c’est en moyenne 330 euros. Une naissance, c’est des frais de suivi, de dépistages eugéniques, d’accouchement, de pédiatrie, de scolarisation, d’allocations familiales, d’aide sociale, de logement et j’en passe. Peu de responsables politiques dans le monde osent aller jusqu’à présenter publiquement ce calcul, mais il y en a, et il n’est sûrement pas absent de la promesse de François Hollande. Faciliter l’« IVG », c’est éviter des dépenses.
On sait qu’à l’inverse, les berceaux vides et la population qui décroît représentent d’autres coûts et manques à gagner, autrement plus importants que les infernales économies que permet l’avortement.

Mais – et c’est l’expérience qui en apporte la preuve – ce n’est pas là le souci des gouvernements qui se succèdent en France depuis la légalisation de l’avortement, date à laquelle la courbe des naissances françaises a commencé à chuter dramatiquement. Et à laquelle le problème des retraites, de la pérennité du système des soins, du poids des dépenses publiques et donc de la crise de la dette que nous vivons aujourd’hui était parfaitement prévisible.

Et c’est en cela que l’idée de rembourser l’avortement à 100 % s’inscrit avec une grande logique dans l’organisation générale de la France. C’est une logique qui depuis près de 40 ans n’a jamais été rompue.

• Il existe des mutuelles qui se refusent à rembourser avortement et contraception et favorisent les familles nombreuses, comme Fidelis Santé. Contact sur www.fidelis-sante.com.

Cet article a paru dans Présent daté du 28 septembre 2012.

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1 commentaire:

Denis Merlin a dit…

L'avortement n'est pas "gratuit", il est à la charge du Trésor public. Et il coûte beaucoup, beaucoup plus cher que ses coûts directs.

 
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