15 février, 2011

Le Dakota du Nord en voie de rétablir la pénalisation de l'avortement ; l'Ohio s'y met aussi

Vendredi dernier, c'est à une forte majorité de 68 contre 25 que la Chambre des représentants du Dakota du Nord a voté une loi affirmant le respect de tout être humain à n'importe quel stade de son développement en tant que personne, et garantit ce respect par un droit de protection de la part de l'Etat. Cette première lecture sera suivie, espèrent ses partisans qui affirment œuvrer « pour la protection des femmes et des enfants » d'une adoption par le Sénat de cet Etat américain qui deviendrait ainsi le plus protecteur de l'enfant à naître, dès la conception.

La loi interdit explicitement l'avortement chimique mais n'interdit pas la « pilule du lendemain » dès lors qu'elle est prescrite avant qu'une grossesse puisse être diagnostiquée. Sont également exclus, explicitement, de son champ, les actes médicaux légitimes qui pourraient mettre en danger la vie du fœtus, dès lors qu'ils seraient nécessaires pour protéger la vie de la mère. Sous le régime de la loi, la femme enceinte demandant un avortement n'encourt aucune peine. Sous le régime de la loi, serait également interdite la destruction d'embryons congelés dans le cadre de fécondations in vitro, la mise en œuvre de cette mesure étant laissée à la discrétion du corps médical.

Selon Daniel Woodard, conseiller juridique de North Dakota Right to Life et d'autres associations pro-vie qui ont soutenu le texte, l'adoption définitive de la loi devrait aboutir à la fermeture définitive de la seule clinique d'avortement qui fonctionne encore dans l'Etat, selon des déclarations à LifeSite.

Le Sénat devrait se prononcer le 10 mars ; le gouverneur Jack Dalrymple n'a pas indiqué s'il entend signer la loi, étape nécessaire à son entrée en vigueur.

Dans l'Ohio, 40 des 99 membres de la Chambre des représentants ont cosigné une proposition de loi de Lynn Watchman visant à interdire tout avortement dès lors que le battement de cœur fœtal est perceptible (dès le début de la 4e semaine à compter de la conception), au nom de la protection de la vie innocente et des enfants à naître.

Contrairement à ce qui s'est passé dans le Dakota du Nord, Ohio Right to Life, également membre de l'importante fédération américaine Right to Life, a choisi de ne pas soutenir la proposition, sans s'y opposer activement toutefois. « Nous sommes pour l'interdiction de l'avortement depuis la conception : nous pensons simplement que ce n'est pas le bon moment. Nous n'avons pas le soutien de la Cour » (suprême), a déclaré Stéphanie Kridder, directeur juridique d'Ohio Right to Life. Son directeur exécutif, Michael Gondakis, est du même avis, étant donné que la Cour suprême a déjà admis que des Etats mettent en place des limitations sur l'avortement de fœtus viables, mais jamais sur des fœtus non viables, et que les deux nouvelles nominations de juges par Obama n'allait pas arranger la situation.

« Nous ne voulons en aucun cas que les Cours réaffirment Roe (versus Wade) par une décision visant l'Ohio », a-t-il déclaré.

Il soutient en revanche d'autres textes qui interdiraient l'avortement de fœtus de plus de 20 semaines jugés viables et qui rendraient plus difficile l'accès à l'« IVG » par les mineurs dans consentement parental. « Nous avons besoin de nous concentrer sur les lois qui permettent de sauver des vies aujourd'hui et maintenant. Nous pouvons frapper sur la table et nous plaindre, mais nous devons travailler avec ce que nous avons. »


Voilà où mène le gouvernement des juges…

Et la question se pose : puisque des Etats sont prêts à mettre fin au génocide de l'avortement, pourquoi ne pas les y encourager, au nom de la justice, du droit et de l'humanité, même au risque d'une déconvenue au niveau fédéral, qui elle aussi pourra être renversée à force de travail (et de prières) ?

La représentante locale de « 40 Days for Life » (voir Americatho.org !) Linda Warren, prend l'affaire dans l'autre sens.

« Certains pro-vie estiment que l'interdiction devrait courir dès la conception. Pour moi, je pense que le mouvement pro-vie a toujours accompli et continuera d'accomplir de petits pas en vue de protéger tous les bébés dès la conception, et j'estime qu'il s'agit ici d'un de ces pas. »

L'Ohio a connu environ 27.000 avortements en 2009, dont 85 % à moins de 12 semaines ; en 1982, on en dénombra 46.000.

De quelque manière qu'on le retourne, l'Amérique est en train de devenir pro-vie.

© leblogdejeannesmits.

3 commentaires:

aude a dit…

ma collègue me dit à l'instant que le dakota du sud va + ou - légaliser le meurtre des médecins avorteurs (info du Monde) qu'est-ce que c'est que cette idiotie ? je pense que c'est une fausse nouvelle (encore une) pour inverser l'opinion ; qu'en est-il et que savez-vous à ce sujet ?

aude a dit…

ma collègue ma dit que le dakota du sud projette une loi pour dépénaliser le meurtre des médecins avorteurs (info venant du Monde)qu'en est-il ? est-ce une fausse nouvelle répandue pour faire un écran de fumée ?

Jeanne Smits a dit…

C'est en effet une présentation incorrecte de ce qui est proposé. D'après ce que j'ai pu voir, il d'agit d'une manière de définir un homicide commis pour défendre une vie – légitime défense, si vous voulez – dans des cadres très précis où il serait qualifié d'"homicide justifié", mais le cas des agressions meurtrières sur des médecins avorteurs n'est absolument pas concerné, comme l'a dit un promoteur du texte qui a précisé que ce genre d'homicide doit évidemment être poursuivi comme un meurtre.

 
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