19 avril, 2010

Procréation artificielle : Salomon, reviens, ils sont devenus fous !

Deux couples chrétiens aux Etats-Unis sont à couteaux tirés : ils se disputent le droit de se faire implanter des embryons fabriqués à la suite de fécondations in vitro qui avaient fait l'objet d'un deal entre eux. A ma gauche, Kerry et Edward Lambert, vivant en Californie : ayant eu recours à la FIV qui leur donna un fils, il leur restait quatre embryons congelés prisonniers de leur « enceinte concentrationnaire », comme l'appelait le Pr Lejeune, fabriqués avec le sperme du mari et les ovules d'une donneuse. A ma droite, Jennifer et Patrick McLaughlin, qui habitent le Missouri et qui aimeraient ajouter quelques enfants de plus aux cinq qu'ils ont déjà adoptés.

Les deux familles croient au caractère sacré de la vie humaine. Aussi lorsque les Lambert décident de donner leurs embryons congelés, dont ils ne veulent s'occuper eux-mêmes, à une famille adoptive qui leur offrira non seulement  un foyer accueillant mais un sein maternel pour que la gestation puisse avoir lieu. Le raccord avec les McLaughlin, catholiques fervents, se fait par internet sur un site de dons d'embryons (comme celui-ci par exemple).

Ils font affaire et se mettent d'accord en février 2009 sur l'utilisation des quatre embryons avant un délai d'un an au terme duquel la « propriété » des embryons inutilisés doit revenir aux Lambert ; mais leur frais de conservation pendant cette année seront supportés par les McLaughlin. Leur « contrat » stipule en outre, selon l'avocat des récipiendaires, qu'« aux termes exprès de l'accord, ce sont des enfants non nés mais qui ont droit aux mêmes droits et bienfaits, légaux et moraux, que n'importe quel autre enfant ».

Voire : ils sont déjà le fruit d'une manipulation génétique adultérine, ont déjà subi un abandon et se trouvent maintenant au centre d'une bataille indécente...

Autre détail inhabituel : les Lambert veulent un contact permanent entre tous les frères et sœurs fabriqués lors de la FIV et les parties se mettent d'accord pour que non seulement les enfants soient tenus au courant de leurs origines mais que des échanges de coups de téléphones et d'e-mails accompagneront leur croissance.

De fait les deux premiers embryons ont été implantés et se sont développés : résultat, la naissance, au début de cette année, des jumelles « McLaughlin ». Jennifer décide alors de se faire implanter les deux autres, mais Kerry ne veut plus ; elle l'a d'ailleurs signifié à Jennifer dès décembre 2009 avant la fin de la période convenue : elle a trouvé entre-temps un nouveau couple « adoptant ». Et conteste le  « comportement récent » de Jennifer à l'égard des embryons... Celle-ci, de son côté, a lancé des recherches sur la nouvelle famille adoptive trouvée par Kerry et estime, vu l'histoire médicale de la femme, que les deux embryons restants risquent fortement d'être victimes d'une fausse-couche.

Et c'est là que la bataille légale commence, à l'américaine. Faut-il parler de garde, d'adoption, de propriété des embryons qui croupissent dans leur prison de Floride, sans les avantages du soleil local ? Faut-il séparer les quatre embryons qui sont génétiquement frères et sœurs ? L'avocat des McLaughlin dénonce l'illégalité du contrat qui prévoyait le retour des embryons à la propriété des Lambert pour qu'ils en disposent comme de cheptel ; Mme McLaughlin, elle, les considérait comme ses enfants...

La morale de cette histoire ? C'est la fécondation in vitro et son immoralité fondamentale qui est la cause et l'origine de toutes ces disputes indignes des enfants à naître. Avec une très grande confusion morale de part et d'autre, même si l'on peut louer le désir des deux couples en cause de voir grandir ces enfants fabriqués pour le bon plaisir du premier et accueillis généreusement pour les sauver de la destruction par le second.

On apprend à cette occasion que les McLaughlin ont utilisé pour leur accord avec les Lambert un contrat-type mis en place… par l'Eglise catholique de leur Etat qui désirait ainsi protéger les couples qui avaient recours à la FIV – chose que semble-t-il elle a plutôt accompagné que découragé – de procédures d'implantation à répétition, vu le traumatisme subi par de nombreuses femmes qui se faisaient implanter jusqu'à 14 embryons à la fois et vivaient par la suite des fausses-couches multiples en quelques jours...

Alors que l'Eglise, dans sa grande sagesse et connaissant le vrai bien de l'homme, juge non conforme à la dignité humaine toute forme de procréation assistée qui élimine, court-circuite ou contourne l'acte d'amour conjugal qui est le cadre voulu par Dieu pour la conception.

Source : BioEdge et autres.

© leblogdejeannesmits.

2 commentaires:

Patricia a dit…

ils sont completement debiles à la base, ces deux couples! adoption d embryons? et pourquoi pas de sperme pendant qu on y est! cette situation absurde n est pas la faute de la PMA qui permet à tant de couples d avoir des enfants - chose qui semble vous deplaire, vu qu apparemment, vous preferez que les gens restent steriles et malheureux, belle preuve de charite chretienne. non, cette situation absurde est le resultat d une reflexion tortueuse de personnes religieuses, basta. c est pas moi qui vais les plaindre, ils n ont que ce qu ils méritent!

Jeanne Smits a dit…

Si je comprends bien, vous n'estimez pas que l'embryon a déjà toutes les caractérisques de l'individu qu'il sera et qu'il est de fait déjà.

Et vous désignez l'ambiguïté des interventions sur les embryons, etc : on part toujours d'une bonne intention, remédier à une stérilité, soulager une famille, éviter la naissance d'un enfant gravement handicapé...

Je crois qu'il est impossible d'éviter la souffrance, et qu'il faut poser clairement les limites de ce qui est conforme à la dignité humaine. Même si cela paraît en effet difficile.

Exemple peut-être plus immédiatement compréhensible : imaginez une famille avec de jeunes enfants dont la mère risque d'être emportée par une maladie mortelle, laissant les sien veuf et orphelins. Ce n'est pas pour autant que vous jugeriez légitime, je pense, de tuer une vieille célibataire « compatible » pour pouvoir récolter sur elle l'organe vital dont la transplantation pourrait sauver la jeune mère de famille...

Je ne prétends pas pouvoir imaginer la douleur d'un couple stérile mais je sais, pour en avoir côtoyé, l'héroïsme qu'il leur faut lorsque, catholiques, ils refusent une PMA.

Je sais aussi que l'adoption n'est pas une solution psychologiquement envisageable par tous, mais pour côtoyer aussi des couples stériles qui ont adopté, je vois et je sais aussi qu'ils n'aiment pas moins leurs enfants que je n'aime les miens, et je les admire parce que cela ne me paraît pas aller de soi.

 
[]