28 août, 2009

Les députés uruguayens votent pour l'adoption homosexuelle

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Par 40 voix sur 53, la chambre des députés l’Uruguay – 3,4 millions d’habitants – a adopté jeudi un projet de loi autorisant l’adoption par les couples homosexuels. L’entrée en vigueur définitive de la loi est prévisible puisque le sénat uruguayen, qui avait déjà approuvé le projet sous une forme légèrement différente, ne devrait pas se dédire. Il devrait voter le projet d’ici au 15 septembre. L’Uruguay devient ainsi le premier pays d’Amérique latine à entériner une révolution aussi fondamentale de sa société, rejoignant les « pionniers » européens : les Pays-Bas en 2001, puis la Suède, l'Angleterre, le pays de Galles, l'Espagne, l'Islande, la Belgique, la Norvège et le Danemark. Aux Etats-Unis, 14 Etats autorisent désormais la procédure approuvée pour la première fois par voie judiciaire en Californie en 1986, la plupart des provinces Canadiennes ont pris le même chemin, ainsi que deux Etats australiens er l’Afrique du Sud.

Le mouvement semble planétaire. Sa progression est spectaculaire : ce qui fut impensable pendant des millénaire a gagné en moins d’une décennie quelques-uns des pays les plus riches, sinon les plus admirables. Ironie du sort : Adolfo Garcé, professeur en sciences sociales à l’Université de la République de Montevideo, observe que la forte immigration d'Européens au XXe siècle, notamment des Espagnols ayant fui la guerre civile, a doté le pays d'une « culture politique progressiste et laïque ». Comme quoi l’homme blanc apporte aussi du bon sur les terres colonisées, du point de vue de la gauche !

L’évolution législative a été facilitée par l’approbation ouverte du premier président de gauche de ce pays à majorité socialiste : Tabaré Vazquez, catholique, rompt là avec les exigences de sa foi alors qu’il s’est très courageusement opposé à la légalisation de l’avortement, malgré le vote pour du Parlement. Médecin, il avait invoqué des « principes éthiques ».

La loi sur l’adoption s’ajoute à d’autres réclamées avec succès par la « communauté » gay, comme le droit de changer de sexe dès l’âge de 12 ans voté par le sénat en décembre, ou la signature par le Président d’un décret autorisant les homosexuels à intégrer les Forces armées.

Par le fait de la nouvelle loi, c’est, curieusement, tout le droit de l’adoption qui sera bouleversé en Uruguay : seules seront possibles désormais les adoptions plénières et seuls pourront y accéder les couples mariés ou en état de concubinage légalement reconnu. L’agence officielle d’adoption uruguayenne se voit en outre reconnaître un droit d’exclusivité quant au choix du couple adoptant – et lui donne le droit d’imposer un couple homosexuel.

L’Eglise catholique avait vivement combattu le projet, publiant les avis de son comité de bioéthique et multipliant les mises en garde. Ainsi Mgr Nicolas Cotugno, archevêque de Montevideo, avait déclaré que son opposition ne reposait pas sur des exigences religieuses ou philosophiques mais sur les réalités de la nature humaine et sur les « droits de l’enfant » : « Les enfants ont besoin d’un père et d’une mère comme référents naturels, c’est un droit qu’on ne peut leur ôter. »

Source : Présent daté du 29 août 2009

Ecole à la maison interdite à une Canadienne

Dictature du relativisme

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

Un tribunal du New Hampshire (Canada) vient d’ordonner à une mère divorcée qui a choisi d’instruire sa fille de 10 ans à la maison depuis le CP d’envoyer celle-ci dans une école publique, afin de « remédier » au « manque d’exposition » de l’enfant à une “variété de points de vue” en matière de foi. La fillette ne présente aucun problème psychologique, a de nombreux amis, se révèle douée intellectuellement et plus avancée que les enfants scolarisés de son âge ; elle suit certains cours à l’école publique et pratique des activités extra-scolaires. La seule raison avancée pour le placement d’office en école publique est bien « l’impact de sa foi religieuse (chrétienne) sur son interaction avec autrui » (sic). Son gardien officiellement nommé à la suite du divorce de ses parents a soutenu que, la fillette ayant « vigoureusement défendu sa foi » alors qu’il l’interrogeait « suggère fortement qu’elle n’a pas eu sérieusement l’occasion de considérer un autre point de vue » : ce raisonnement a été approuvé par le juge.

Source : Présent daté du 29 août 2009

19 août, 2009

En Espagne, résister à l’avortement pourrait devenir de la « désobéissance civile »

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Le ministre espagnol de la Justice, Francisco Caamaño, s’est exprimé il y a quelques jours devant les caméras de télévision pour faire savoir qu’à défaut d’une disposition explicite de la loi, les médecins ne pourront pas invoquer une quelconque « objection de conscience » pour refuser de pratiquer un avortement. Refuser de se soumettre aux lois civiles, a martelé le ministre, équivaudrait à de la « désobéissance civile ».

L’avortement est en voie de libéralisation extrême, venant à être considéré (comme en France) et tant que « droit » de la femme et pouvant être pratiqué sur les mineures sans restriction en sans autorisation des parents. C’est tout le sens d’une révision de la loi qui doit encore être votée, mais dont les retombées se font déjà sentir de manière tyrannique.

De nombreux médecins et autres personnels soignants se sont insurgés contre les propos ministériels qu’ils conçoivent comme une menace directe. A ce point que le ministère de la Santé, selon certains commentateurs espagnols, se refuse à donner les chiffres de l’opposition à l’avortement parmi les professions médicales… C’est bien leur hostilité qu’il s’agit de briser pour pouvoir implanter la culture de mort non seulement dans les textes, mais dans les actes, dans les mœurs, dans les cœurs.

L’Organisation collégiale médicale espagnole a vivement riposté en rappelant que la Constitution de l’Espagne et la loi qui réglemente les activités sanitaires défendent l’objection de conscience en tant que droit de tous les citoyens. « Si nous sommes tous égaux devant la loi, il est impensable qu’on puisse parler de désobéissance civile dans le domaine sanitaire et non sans le domaine judiciaire alors que, par exemple, certains magistrats ont pu se réclamer de l’objection de conscience devant la réalisation de solutions matrimoniales pour les personnes du même sexe », affirme l’OMC. Elle réclame l’affirmation explicite dans la nouvelle loi du droit d’objection de conscience – ce qui n’est pas beaucoup demander, finalement, devant l’horreur de ce qui se trame.

Le président de cette organisation a également refusé que soit exigée la tenue d’un registre des médecins objecteurs de conscience, rappelant que ce droit de ne pas participer à l’avortement ne pourrait être soumis à une quelconque obligation administrative. Le Dr Luis Rodriguez Padial a exprimé l’avis de ses confrères en rappelant que « l’objection de conscience est un bien juridique fondamental, qui n’existe pas parce qu’il aurait été reconnu par la loi, mais que la loi reconnaît parce qu’il signifie et manifeste le respect civil dû à l’identité morale des personnes ». C’est la jurisprudence constante du Tribunal constitutionnel depuis 25 ans, a souligné le médecin.

Mais il ne s’agit pas ici, pour l’équipe socialiste au pouvoir, de droit mais d’idéologie.

Si bien que le parti socialiste espagnol a rouvert le feu. Le quotidien ABC rapporte une nouvelle offensive du député PSOE Elena Valenciano visant à restreindre encore davantage le droit à l’objection de conscience. Elle veut voir celui-ci « régulé » dans tous les domaines, avec davantage de « transparence », puisque, selon l’élue, il existe des médecins qui refusent d’avorter dans les services publics au nom de leur conscience mais pratiquent l’intervention dans le privé. Prétexte pour restreindre les droits de tous les autres !

Le drame de toute cette affaire, c’est qu’on y argumente en termes purement positivistes : les médecins « objecteurs » s’appuient eux aussi sur les lois écrites et la jurisprudence établie pour réclamer leur droit. Assurément c’est une manière – éventuellement efficace – de se soustraire au « totalitarisme démocratique » en se servant des moyens que celui-ci laisse chichement à ses opposants. Mais l’important serait de dire et de réclamer le respect des lois non écrites. Sans quoi le nombre et la barbarie des avortements en Espagne augmentera encore, avec ou sans les « désobéissants civils » qui ne participeront pas à cette macabre mission de service public…

Source : www.present.fr.

15 août, 2009

5e Congrès mondial des familles, World Congress of Families V

L’enjeu de la rencontre d’Amsterdam, et ses deux faces

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Mercredi soir, au centre de congrès d’Amsterdam – le « RAI » – c’était le brouhaha des derniers « au revoir », les promesses d’agir chez soi, ailleurs, partout pour la promotion de la familles, les échanges de dernière minute de cartes et d’adresses courrielles. Si Internet s’est révélé au fil des ans comme le vecteur d’innombrables horreurs et obscénités, il a apporté aussi la preuve de son incroyable capacité à catalyser les bonnes volontés appuyées sur un accès sans précédent à l’information. Aussi avons-nous quitté le 5e Congrès mondial des familles, le cœur enhardi, pour une dernière et unique « récréation » de quelques petites heures de promenade parmi les canaux d’Amsterdam, avec la pensée que ces trois jours de travaux intenses auraient forcément des retombées. Que désormais, davantage de bonnes volontés sont « en réseau », et plus fortes, plus assurées par conséquent.

Paradoxe ! Dans ce pays éclairé comme nul autre par une douce et transparente lumière nordique – elle a modelé ses peintres et caresse toujours ses paisibles perspectives – c’est la plus vulgaire et la plus criarde immoralité qui risque partout d’agresser le visiteur. Ici un « coffee-shop » avec ses effluves de cannabis ; là une vitrine où l’on vante d’excellents champignons hallucinogènes ; accoudées à un des ponts qui rythment les « grachten », un couple d’évidentes lesbiennes ; à l’entrée du café branché, deux gays au pouvoir d’achat florissant ; dans les plans de ville distribués par l’office de tourisme, l’annonce de l’attraction annuelle de la gay pride (une des plus pittoresques du monde, promet le guide) et les photos ad hoc des « escort girls » et même de leurs homo… logues masculins. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans une quelconque « zone rouge » pour croiser des maisons ornées de néons de même couleur où le contenu de la vitrine, triste chair vivante, ne laisse aucun doute quant au négoce qui s’y exerce.

Et c’est donc là que s’est tenu le Ve Congrès mondial des familles ? Eh bien oui, et il n’y a pas de doute que c’est là qu’il le fallait, malgré les difficultés, malgré un public moins facile à mobiliser qu’à Mexico ou à Varsovie, malgré une opposition parfois vociférante : d’abord parce que beaucoup de Néerlandais aiment la famille, et aussi parce que le fait même de cette opposition est la preuve que le combat est juste, et qu’il dérange ses adversaires.

La déclaration finale, adoptée par l’ensemble des participants qui ont pris soin de faire remarquer que des différences de vue pouvaient subsister sur tel ou tel point, s’est révélée être une pierre dans le jardin des responsables politiques du pays d’accueil. Oui, nous en sommes là : cette définition de la « famille naturelle » reconnue au sein du Congrès mondial des familles incommode, gêne, oblige à des mises au point politiquement correctes :

« Nous définissons la famille naturelle comme se fondant sur le mariage pour la vie d’un homme et d’une femme, ayant pour objectifs l’accueil, le soin et l’éducation de la vie humaine nouvelle, en apportant amour, compagnie et soutien mutuels, en construisant un foyer riche dans ses fonctions, et en renforçant les liens entre les générations.

« Nous nous définissons comme pro-enfant. Nous voulons les structures sociales, culturelles et légales qui soutiennent le meilleur avenir pour chaque enfant en ce qui concerne la santé, l’instruction et l’engagement de demain dans la vie civique. Nous soutenons une organisation du travail qui permet aux parents de passer davantage de temps avec leurs enfants. Nous avons compris que les sciences biologiques et sociales laissent prévoir que les enfants auront les meilleurs résultats dans la mesure où ils auront été élevés par leur parents naturels dans un foyer fondé sur un couple marié.

« Nous affirmons que l’avenir des nations repose sur les familles qui ont un soubassement spirituel. Les organisations religieuses doivent pouvoir librement affirmer leur enseignement moral sur le mariage et la famille dans la sphère publique.

« Nous affirmons que la famille naturelle est antérieure à l’Etat. Les politiques des Etats doivent respecter cette autonomie de la famille. »

Ces premiers propos d’une déclaration qui aborde un grand nombre des droits et des besoins de la famille ont heurté les deux parlementaires néerlandais de la majorité – chrétiens démocrates ! – invités pour la dernière session plénière du congrès. Mirjam Sterk, diplômée de théologie, s’empressa de dire qu’en Hollande, le « mariage » entre personnes du même sexe apporte aussi de l’amour aux petits qui sont adoptés dans leur cadre : « Nous appelons cela une famille ! » Le silence dans le grand auditorium fut alors pesant.

Mais, politiquement correct oblige, nul ne peut aux Pays-Bas se risquer à tenir un langage « radical » sur les droits des homosexuels, l’euthanasie ou les problèmes sans nom suscités par la « famille » monoparentale, le divorce, la cohabitation juvénile sans être aussitôt dénoncé comme « extrémiste ». Si bien que les parlementaires invités, tout comme le jeune ministre de la Famille, André Rouvoet, qui ouvrit officiellement le Congrès par un vidéo-message, ne purent se dispenser d’une petite distanciation bien calculée pour faire taire des médias violemment hostiles à leur rapprochement avec ce congrès.

Et l’on soulignera l’ironie de cette « tolérance » tyrannique dans le message discrètement glissé à l’Américain Preston Noell, chargé de présenter les conférenciers à l’atelier sur l’importance, pour la famille, de la liberté de religion et de la liberté d’expression par les co-organisateurs néerlandais : il ne devait pas utiliser le mot « homosexualité » ! Précisons qu’il le fit tout de même, avec panache, ce qui vaut bien ce coup de chapeau.

Parce que la famille naturelle est ainsi sous une menace et des attaques déjà consommées absolument sans précédent, on comprend d’ailleurs que la plus tonitruante ovation debout de tout le Congrès, qui n’en connut que trois, fut réservée à Austin Ruse, président et animateur de la très documentée organisation catholique de veille des activités anti-vie de l’ONU, c-fam.org, qui rappela le rôle irremplaçable de la famille, de l’Eglise et des pays pour défendre et ancrer la loi naturelle dans nos cœurs :

« Rendons grâces pour les temps où nous vivons, nous y avons été placés parce que nous y avons quelque chose à faire, que nous devons y faire. Nous sommes appelés par Dieu à défendre sa création. Nous devons nous battre devant tribunaux, nous devons nous battre dans les parlements ; nous devons nous battre dans les universités, et nous devons nous battre dans la sphère publique… Et nous ne devons jamais, jamais, jamais laisser tomber. »

L’enjeu, voyez-vous, est encore plus grand et plus grave qu’au temps de Churchill, qu’il paraphrasait : il s’agit d’empêcher le suicide de l’humanité.

Cet article a paru dans Present du 15 aout 2009.

13 août, 2009

Congrès mondial des familles à Amsterdam : j'ai vu des hommes de bonne volonté

Lu sur Le blog de Jeanne Smits (lien permanent).

Pendant trois jours, à Amsterdam, des dizaines de responsables d’associations familiales, de réseaux, d’organismes de recherche ou de veille sur les législations nationales et internationales se sont succédé aux diverses tribunes du Congrès mondial des familles pour informer, réfléchir, partager des « bonnes pratiques ». La 5e édition du « World Congress of Families » répond avant tout à ce besoin nouveau dans un monde mondialisé : les attaques contre la famille traditionnelle se font à tous les niveaux, mais le plus efficacement peut-être à celui des instances supranationales, c’est donc une riposte concertée et cohérente qu’il faut organiser en rassemblant toutes les forces favorables à la famille. Sans oublier les familles particulières, « pierres d’angles » de la société, qu’il faut appuyer, informer et former, afin qu’elles sachent résister chacune au mauvais vent qui souffle…

Soixante-et-un pays représentés, avec une coloration à dominante chrétienne, où l’on note une importante présence catholique ; des conférences d’une grande densité et des dizaines d’ateliers sur des thèmes choisis selon les intérêts spécifiques des participants autour du sujet central, « la famille, davantage que la somme de ses éléments » : voilà pour les chiffres. Je vous promets, pour les jours et semaines à venir, de multiples retours sur le fond de ce qui a été dit à Amsterdam car il y a eu ici beaucoup d’idées à découvrir, de faits à constater, de courages à saluer et à prendre en exemple.

Pour l’heure, quelques premières impressions. Qu’attendre en effet d’un Congrès qui réunit les continents mais qui a trouvé sa source aux Etats-Unis, dans une mobilisation partie d’un chercheur chrétien sur les réalités familiales devenu défenseur des valeurs familiales, Allan Carson et son « Howard Center pour la famille, la religion et la société » ?

La première session plénière, lundi matin, devait apporter plusieurs réponses qui sont sans doute à méditer par nos mouvements familiaux français – sévèrement tenus en laisse, il est vrai, par leur représentation obligatoire au niveau officiel dans le sein de l’Union nationale des associations familiales qui est leur seul porte-parole agréé.

Première leçon : on peut rassembler des personnes très diverses, y compris dans leurs options religieuses, pour faire progresser une concertation et une action communes, ni monopolistiques ni monolithiques, sur des questions de loi naturelle. Celles-ci peuvent mobiliser non seulement les catholiques, mais tous les hommes de bonne volonté. Eh bien, à Amsterdam, j’ai vu ainsi beaucoup de gens de bonne volonté.

Si bien que la cérémonie d’ouverture, marquée par un hommage rendu à un des promoteurs les plus actifs du Congrès – c’est lui qui donna l’impulsion à la formidable troisième édition à Mexico en 2004 –, mort à 53 ans il y a trois mois après un cancer douloureux, fut l’occasion d’un bouleversant témoignage de vie d’époux et de père catholique applaudi avec émotion, et debout, aussi bien par les catholiques présents que par les protestants et les juifs… Quelle leçon de « vrai dialogue » ! Ce fut Martha, la veuve d’Enrique Gomez Serrano, qui accepta l’hommage, et rendit le sien à son époux qui laisse 9 enfants et l’héritage d’un engagement sans faille pour la vie. Elle choisit de lire à tous la lettre que son mari avait écrite à ses enfants dans la perspective de sa mort prochaine : un tendre et grave testament spirituel où l’amour de Dieu, le sens de la souffrance acceptée et offerte, la fidélité à l’Eglise catholique apparaissent vrais et désirables à travers la réalité de la vie vécue et offerte par ce « héros moderne ». Enrique Gomez Serrano mourut le 30 avril, jour de l’enfant au Mexique, deux ans et quelques jours après la légalisation de l’avortement à Mexico…

Deuxième leçon : de tels événements permettent de promouvoir l’information juste, contre le mensonge des gros médias, et ce faisant, l’exemple, l’inspiration, l’amitié, l’esprit de coopération. N’oublions pas que le mariage et la famille sont des institutions naturelles, bénies par Dieu dès le début et à qui cette bénédiction n’a pas été retirée par la faute originelle : leur défense est ainsi l’affaire de tous, puisque le mariage « naturel » est menacé comme il ne l’a jamais été. Les premières heures du congrès allaient déjà révéler la quantité des sujets abordés ; depuis la défense de la vie et la lutte contre « l’hiver démographique » jusqu’à la pression sur les médias pour contrer leur message systématiquement anti-familial ; depuis les graves inconvénients de la séparation des jeunes enfants de leurs mères jusqu’à la tragédie du divorce…

Oui, mais cela sert-il vraiment ? Ce fut ma première question lors de la conférence de presse d’ouverture. La réponse fut un exemple – celui d’Enrique Gomez Serrano une fois encore : la découverte des tout premiers congrès mondiaux pour la famille, avec quatre ou cinq amis mexicains, le poussa à créer un réseau des familles dans son pays où rien ou presque n’existait. En quelques années, 9 millions de parents mexicains y adhérèrent à travers de très nombreuses associations nouvelles. Cela fait un poids, y compris électoral, qu’il est difficile de négliger. Et aujourd’hui plusieurs Etats du Mexique ont déjà amendé leurs lois ou constitutions pour y faire figurer explicitement le respect de la vie depuis la conception.

Voilà qui incite puissamment à prendre au sérieux cette initiative des familles !

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 août 2009)

04 août, 2009

Ne plus se battre contre les lois de mort ? Rocco Buttiglione rectifie le tir

Rocco Buttiglione, cet homme politique italien connu comme catholique et rejeté en tant que tel de la Commission de Bruxelles, vient de s’expliquer sur ses récentes et troublantes déclarations au Corriere della Sera à propos de la loi 194 italienne autorisant l’avortement. Il y apparaissait comme jugeant s’être « trompé » sur un point en s’opposant à la loi ; il fallait désormais se battre d’abord pour qu’il y ait moins d’avortements dans le monde. Aux côtés d’Obama ! (Présent du 24 juillet). « Nous ne voulons pas voir changer la loi. Moins que jamais ! » L’émotion qu’il suscita fut grande et l’organisation de défense de la famille et de la vie C-Fam dépêcha un journaliste auprès de Buttiglione. Vivement questionné par Piero Tozzi, Buttiglione s’est livré à une longue explication où il apparaît que les propos de l’homme politique n’ont pas été rapportés avec toute l’honnêteté voulue dans le quotidien italien.

Il faut donc rectifier au plus vite. D’autant que les précisions de Rocco Buttiglione sont sans concessions aucune vis-à-vis des programmes malthusiens promus par l’ONU. Il dérange assez pour qu’un gros journal se permette de tordre son propos. Voilà ce qu’il en dit à C-Fam :

« Il y a un point sur lequel j’ai été inexactement cité, ou plutôt cité hors contexte, ce qui a donné une fausse impression. J’ai dit qu’il est juste de défendre la vie de l’enfant, même contre la mère. Cela est juste mais très difficile, peut-être même impossible. Nous devons défendre les droits de l’enfant, mais aussi renforcer la liberté de la mère, en donnant une alternative aux femmes, en ayant confiance dans le fait que plus la femme est libre, moins il est probable qu’elle accepte la mort de son enfant. »

Etait-ce donc une « erreur » de s’opposer à la dépénalisation de l’avortement, demande le journaliste.

« Ma déclaration a été simplifiée. Je n’ai pas dit qu’il était erroné de chercher à défendre les droits de l’enfant par le recours au code pénal. Je n’ai pas dit cela. La vie de l’enfant doit être défendue par tous les moyens possibles. Avec la loi pénale ? Oui, certainement, avec la loi pénale, là où c’est possible. Mais cela n’est pas possible aujourd’hui en Italie, alors nous devons nous appuyer sur d’autres moyens. Nous devons être conscients du fait que nous n’avons pas un consensus pour la mise hors la loi de l’avortement. »

Et de préciser qu’il ne suffit pas de faire une loi pénale, mais qu’il faut aussi aider les femmes : à ce propos, Buttiglione pourrait sans doute approuver la « Loi pour la Vie » proposée par le Centre Charlier, c’est exactement son propos, à telle enseigne qu’elle n’envisage pas de punir la mère, mais seulement les instigateurs et les acteurs de l’avortement…

Voilà donc qui est moins choquant. Ce n’est pas du pragmatisme pur. Ce n’est pas une acceptation résignée, voire complice, d’un statu quo, où l’on s’interdit même de chuchoter qu’il vaudrait quand même mieux que l’avortement ne soit pas légal, comme le font certains mouvements pro-vie qui ajoutent à leur juste préoccupation pour la deuxième victime de l’avortement – la mère ! – une volonté d’édulcorer leur langage sur la vérité de l’avortement.

Au cours de son entretien avec C-Fam, Buttiglione rappelle la situation spécifique de l’Italie où l’avortement légal résulte d’un référendum : malgré les efforts de l’Eglise, souligne-t-il, efforts fructueux puisqu’un récent référendum bioéthique n’est pas allé dans le sens de la culture de mort, l’opinion demeure majoritairement favorable à l’avortement. Mais en même temps, ajoute-t-il, une majorité estime désormais que « l’avortement est trop fréquent en Italie » : il s’agirait donc de tenter d’abord de modifier la loi afin d’en restreindre la portée (le délai de 20 semaines, par exemple), puis de faire appliquer en fait les dispositions de cette loi qui visent à éviter le recours à l’avortement.

Les déclarations si inexactement rapportées par Il Corriere della Sera avaient été sollicitées à la suite d’une initiative menée par Buttiglione, Magdi Cristiano Allam et d’autres : une motion parlementaire adoptée le 15 juillet dernier en vue d’obtenir, au Conseil de l’Europe, au Parlement européen, et même à l’ONU « avec au moins la neutralité bienveillante des Etats-Unis » un moratoire mondial sur les avortements forcés. Une sorte de défi lancé à ceux qui se disent « pro-choix », explique Buttiglione : comment tolérer l’avortement forcé au nom de la liberté de choix, alors qu’il est à la fois « contre le choix et contre l’enfant » ?

« Dans certaines parties du monde, en Chine en particulier, l’avortement est obligatoire et il faut un permis pour avoir un deuxième enfant. Mais dans d’autres parties d’Asie, aussi, en Afrique, et même en Amérique latine, nous voyons un chantage sur les femmes. Des programmes qui affirment : “Nous vous donnerons du pain, mais seulement si vous acceptez d’avorter.” C’est le fait d’agences de l’ONU, qui financent ce genre de programmes. »

Ce succès a été obtenu en Italie grâce à l’absence d’opposition frontale des « pro-choix », qui ne pouvaient pas décemment voter contre.

Interrogé plus précisément à propos de la politique d’Obama, dont les pro-vie américains connaissent l’extrémisme en matière de culture de mort, Buttiglione a précisé :

« Je sais qu’il existe une lutte importante à propos de la vie aux Etats-Unis, et je ne veux rien faire qui puisse faire du tort aux pro-vie dans cette lutte. Je veux aussi leur parler et gagner leur soutien. Je veux aussi les rassurer sur le fait que nous ne laissons pas tomber, ne serait-ce que la vie d’un seul enfant. Nous ne faisons pas un échange, en acceptant la mise à mort d’un certain nombre d’enfants à naître, pour en échange obtenir la vie de certains autres. (…) Il n’existe qu’un contexte limité où nous autres, pro-vie, et eux, pro-choix, peuvent s’unir dans une bataille – c’est là où la liberté de choix de la femme est écrasée aussi bien que la vie de l’enfant. Je ne pense pas que nous ayons à donner quelque gage que ce soit aux pro-choix pour les convaincre de nous rejoindre sur ce terrain. S’il est exact, comme ils le disent, qu’ils ne sont pas pour l’avortement mais pour la liberté de choix, voilà une occasion pour eux de nous rejoindre afin d’en apporter la preuve. S’ils ne le font pas, alors ils ne sont pas véritablement pro-choix, mais pro-avortement. Ils aiment l’avortement. Ils ne pensent pas que la vie humaine doit être soutenue, mais qu’il faut réduire la population du monde par n’importe quel moyen nécessaire. »

Pas question, donc, de rejoindre les « pro-choix » en renonçant à dire que l’avortement est mauvais, ni de le prétendre « acceptable » comme ils le disent…

Soulignant que les stratégies pour la vie sont forcément différentes selon les pays et les moments, et qu’elles peuvent parfaitement coopérer tout en conservant leur originalité, Rocco Buttiglione a répondu à une question sur ses discussions avec Jean-Paul II quant à la tension entre le pragmatisme et les principes dans la construction d’une culture de vie.

« On ne peut jamais soutenir une position intrinsèquement mauvaise. On ne peut voter une loi qui sacrifie la vie d’un seul enfant. On peut soutenir une loi qui protège la vie de certains enfants, même si cette protection n’est pas donnée à tous. On sauve ceux que l’on peut sauver et l’on n’approuve pas la mort de ceux que l’on ne peut pas sauver. Certains pro-choix étaient prêts à voter notre résolution si nous avions dit que nous voulions voir l’ONU condamner les avortements forcés et soutenir les avortements non forcés. Nous avons répondu : nous ne le pouvons pas. »

Quant à la promesse faite par Obama à Benoît XVI de travailler à réduire le nombre d’avortements, Piero Tozzi a supposé que Buttiglione ne serait pas prêt à dire s’il y croyait. Réponse de ce dernier :

« Je peux répondre ainsi : je ne puis que l’espérer. »

• Texte complet de l’interview sur www.c-fam.org.

Source : “Présent” n° 6894 du samedi 1er août 2009

Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...