23 janvier, 2009

Marche pour la Vie à Washington : 300.000 personnes et davantage...

« Pas d’exceptions ! »

Trois cent mille personnes rassemblées par un soleil radieux à Washington pour dire « non », à l’avortement, sans aucune exception, c’est le chiffre qu’aura retenu une radio américaine. Devant moi, le Mall qui grouille de monde jusqu’à l’estrade aux abords du Capitole me paraît en effet bien plein, quoique. C’est là que je me retourne vers une grande avenue perpendiculaire, et j’en ai le souffle coupé. Une marée humaine, constellée de pancartes avec l’inscription « We choose life » (nous choisissons la vie) s’étend à perte de vue. Derrière moi, d’autres groupes s’avancent, denses eux aussi. Pour les pro-vie, qui ont eu pour cette première Marche pour la Vie après l’inauguration de l’ère Obama un temps magnifique totalement exempt de la froidure, de la glace, du vent amer et des averses de neige fondue qui sont habituellement l’ordinaire du jour, c’est un triomphe. Et malgré Obama, malgré tout, ils se mettent à espérer : sera-ce la dernière ? La dernière parce que l’an prochain, le massacre de plus d’un million de bébés américains par ans aura cessé ?

Si c’est le cas, ce sera par la grâce de Dieu. Et parce que tous ces partisans du respect de la vie l’auront beaucoup prié, publiquement, chacun à sa manière. Les Américains tiennent à leur liberté : chacun vient avec la pancarte, la bannière ou le slogan qui lui chante, pourvu que tout se passe dans la sérénité, la courtoisie et la prévenance. 300 000 personnes convergeant vers un goulot d’étranglement – les grilles de la Cour suprême où, il y a 36 ans, fut prise l’infâme décision Roe versus Wade – ont bien besoin de ces qualités-là ! « Ils sont pro-vie, c’est normal qu’ils soient comme ça », lance Nelly Gray, organisatrice depuis 36 ans de la marche, alors que je m’en étonne.

A plus de 80, peut-être 90 %, la Marche rassemble des catholiques. Ils viennent avec leurs paroisses, avec leurs écoles, avec leurs groupements – et, surtout, leurs prêtres. Les soutanes et clergymen sont partout, et les habits religieux, et les bannières rappelant que le respect de la vie des enfants, c’est d’abord la défense des droits de Dieu. Ici on n’a pas peur de se montrer. C’est plutôt mal vu de ne pas être là…

Regardant passer l’interminable défilé de ces braves gens, gens braves pour défendre leurs principes mais doux et accueillants pour aider ceux déchirés par un avortement commis, un évêque discute avec deux frères dans l’épiscopat. Mgr Coakley, de Saline, Kansas, m’explique pourquoi il est là. « Parce que c’est important de porter témoignage pour la vie. C’est pourquoi j’encourage les jeunes de mon diocèse à venir ici. Ils doivent savoir ce qui se passe, connaître la question de l’avortement. J’estime nécessaire que nous venions si nombreux ici une fois par an pour que la question de l’avortement demeure dans le débat public. Et notre mobilisation encourage les élus à voter les mesures pro-vie. » (J’apprendrai plus tard que cet évêque américain avait failli entrer à Fontgombault…)

Avec des cardinaux et plusieurs dizaines d’évêques catholiques, il avait été là, sur l’estrade, avec les organisateurs de la Marche…

Les élus pro-vie, au Sénat et au Congrès ? Ils étaient là aussi, plusieurs dizaines d’entre eux, venus dire chacun avec son accent leur engagement constant à défendre la vie. Que cette foule impressionnante les y aide, on ne peut en douter.
A la mobilisation exceptionnelle de cette 36e Marche pour la Vie, Barack Obama a répondu par le mépris. « Je reste déterminé à protéger la liberté des femmes de choisir » entre avoir un enfant ou pas, a dit M. Obama dans un communiqué publié le jour-même. Cet anniversaire « nous rappelle que cette décision non seulement protège la santé des femmes et la liberté de reproduction, mais symbolise un principe plus large: que le gouvernement n'a pas à se mêler des affaires de famille les plus intimes », a-t-il fait savoir, laissant entrevoir qu’il n’oubliera pas son engagement à faire voter la levée au niveau fédéral de toutes les restrictions existantes sur l’avortement.

On n’imagine pas pire cynisme.

Nous reviendrons sur cet événement, et sur les leçons qu’on peut en tirer. En attendant, ce message des Franciscains du Bronx pour les lecteurs de Présent : « Embrassez la vie ! »

22 janvier, 2009

A Washington, veillée pour la Marche pour la Vie

J’ai vu ce soir ce que je voudrais voir… en France. Lieu : le Sanctuaire national des Etats-Unis, à Washington, la basilique de l’Immaculée Conception. Il fait déjà sombre et le froid, dehors, est glacial. Mais ce sont des milliers de jeunes – 16 000 ? davantage ? – qui remplissent l’immense église, profitant de chaque recoin, de chaque pouce carré d’espace. Une messe est en cours. Elle est célébrée par le cardinal Justin Rigali, de Philadelphie. Des dizaines de prélats mitrés – 50 ? davantage – écoutent l’homélie de leur confrère dans le même religieux silence que les jeunes fidèles. Un silence qu’interrompt parfois une salve contenue d’applaudissements…

Et c’est lorsque le cardinal Rigali, sous l’œil des caméras, sous l’œil de la nation américaine, dénonce avec une force toute pastorale la « mort de plus de 50 millions d’enfants depuis Roe vs Wade » que l’assistance se manifeste. C’est lorsqu’il plaide pour que chaque Américain puisse jouir de la « liberté et la justice » que son message passe cinq sur cinq. C’est lorsqu’il dénonce la mise à mort de la « vie humaine innocente » comme toujours mauvaise que la foule, que les évêques si nombreux l’acclament. C’est un pasteur !

Le cardinal Rigali a su trouver les mots, les mots fermes pour dire que ce sont de petits garçons et de petites filles qui meurent de l’avortement légalisé. Il a souligné la « profonde blessure » que cela cause aux Etats-Unis : le mal qui est fait aux enfants à naître, « les plus vulnérables » des petits Américains ; le « mal physique, psychologique, moral, spirituel » qui touche les mères ; le mal qui touche les pères, les frères et sœurs, et ceux qui participent à l’avortement… « Priez pour eux ! »

« Nous savons bien qu’un vote majoritaire ne permet pas de déterminer si une chose est juste ou non. Nous savons bien que, n’y eût-il plus que nous pour affirmer que l’avortement est mal, cela ne changerait rien à la vérité. Mais aujourd’hui, ce sont (aux termes d’un récent sondage commandé par l’épiscopat catholique américain) 82 % des Américains qui estiment inacceptable la jurisprudence Roe vs. Wade qui permet l’avortement sans condition jusqu’au terme de la grossesse. Vous serez au moins 150 000 mercredi à marcher pour la vie : vous devez savoir, en arrivant près de la Cour Suprême, que la majorité des Américains pensent comme vous. »

Oui, mercredi, dans quelques heures, la Marche pour la Vie va commencer. Après une nuit de veillée et d’adoration au Sanctuaire national. Après des messes, des conférences, et d’autres activités pro-vie qui ne concernent pas uniquement les catholiques. Après une nuit grave au joyeuse dans un hôtel de luxe de Washington qui ouvre ses portes aux jeunes à des tarifs défiant toute concurrence, pour l’occasion.
Ce sera une Marche différente des autres : Obama envisage de faire voter la Freedom of choice act qui interdira toute restriction à la pratique de l’avortement. Les évêques des Etats-Unis, ensemble, ont déjà demandé à tous les catholiques et hommes de bonne volonté d’empêcher cet acte extrémiste. Le cardinal Rigali, lors de son homélie, en a souligné le caractère épouvantable, qui risque de porter atteinte « à la liberté des catholiques de pratiquer leur religion ».

Il s’est dit « encouragé », « revigoré », avec ses frères dans l’épiscopat, devant la mobilisation et la volonté des marcheurs de mercredi qui « portent témoignage » en étant là : « Vous nous donnez aussi la force de nous exprimer, puisque nous nous savons soutenus », a-t-il dit.

Tiens, dimanche, à la Marche pour la Vie parisienne, combien d’évêques ?

20 janvier, 2009

Obama arrive... et DOCA avec lui ?

Le Président le plus pro-mort de l’histoire de l’Etats-Unis

L’Obamania qui a accompagné la cérémonie d’investiture du 44e président des Etats-Unis passe sous silence l’un des aspects les plus terrifiants de son élection à la Maison-Blanche. Les observateurs politiques s’attendent à ce que l’un des tout premiers actes de Barack Obama soit de renverser la « Mexico City Policy » qui interdit l’usage de fonds publics américains d’aide internationale pour financer la promotion ou la procuration d’avortements dans les pays en voie de développement.

Le symbolisme d’un tel acte serait lourd : il renvoie à l’attitude systématiquement défavorable au respect de la vie qui a été celle d’Obama, en actes et en paroles – et maintenant, en promesses. Ses votes ont été systématiquement, pour reprendre la terminologie de ceux qui veulent un droit de vie et de mort des femmes sur l’enfant qu’elles portent, « pro-choix ». Parmi les nominations au sein de sa nouvelle équipe d’administration, entre le 5 novembre et le 10 décembre, on compte une bonne dizaine de personnalités très favorables à l’avortement comme droit absolu, et même plusieurs militantes de NARAL (la principale association pro-choix) à des postes juridiques ou dans l’administration de la Santé. La fédération américaine du Planning familial s’est même dite « enthousiasmée » par l’arrivé de Jeanne Lambrew au poste de directeur délégué du Bureau de la Maison-Blanche pour la réforme de la Santé. S’y ajoutent Rahm Emmanuel et Tom Daschle, tous deux présentés par les « pro-choix » comme ayant voté 0 % de textes restreignant le « droit » à l’avortement, et Hillary Clinton, favorable à sa reconnaissance comme un « droit humain universel ».

Barack Obama avait eu cette formule cinglante à propos de ses propres filles et de l’avortement : « Si elles font une erreur, je ne veux pas les voir punies par un bébé. »

En toile de fond de ces déclarations et de ces actes déjà posés, se profile la mise en place de la législation la plus anti-vie que les Etats-Unis aient jamais connue (et peut-être le monde…). Il s’agit de « FOCA », Freedom of Choice Act (Loi sur la liberté de choix), qui interdirait pratiquement toute restriction, quelle qu’elle soit, au droit d’avorter à n’importe quel moment de la grossesse. Introduit par le sénateur Barbara Boxer en 2004, FOCA constitue (comme le souligne la Conférence des évêques américains) la « législation sur l’avortement la plus radicale et la plus extrême jamais envisagée aux Etats-Unis », dépassant de loin la jurisprudence Roe versus Wade, y compris dans sa version originelle aussi longtemps qu’elle n’avait pas été atténuée au fil des ans par la Cour suprême.

Cette nouvelle loi fédérale, si elle venait à être votée, empêcherait absolument toute mesure ou loi susceptible de poser une entrave à l’avortement : le droit de consentement des parents pour leurs filles mineures, l’exigence d’une échographie préalable, l’interdiction de la procédure d’avortement par naissance partielle, particulièrement barbare, l’entretien préalable ou l’exigence ne serait-ce que de 24 heures de réflexion, les procédures de contrôle appliquées aux cliniques d’avortement, les lois protégeant le droit d’objection de conscience pour les personnels de santé… Elle interdirait toute mesure favorable à la protection des futures mères qui ne prenne pas en compte l’avortement : accueil, indemnisation des frais, soutiens financiers…

Cette législation extrémiste ne verra sans doute pas le jour tout de suite : c’est un sujet passionnel qu’Obama peut préférer éviter. Mais peut-on en être sûr ? A l’occasion du 35e anniversaire de Roe versus Wade en 2008, le sénateur s’est engagé à faire adopter FOCA s’il était élu Président…

Des millions d’Américains se sont lancés dans une campagne d’envoi de cartes postales au Congrès pour demander à leurs élus de voter contre FOCA. Une campagne massivement soutenue par la Conférence des évêques. Mgr Robert McManus de Worcester, Massachussetts, a appelé tous ses paroissiens catholiques à participer à cette campagne : « Voyez votre signature au bas de cette carte postale comme votre réponse morale aux paroles de Jésus, que nous entendrons tous au jour de notre jugement particulier : “Tout ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait.” »

Pour que des années de travail et les 300 lois et textes pro-vie en vigueur dans les différents Etats ne soient pas balayés par Barack Obama, des milliers et des milliers d’Américains défileront jeudi à Washington. Avec des cardinaux et des évêques…

Source : Présent daté du 21 janvier 2009

17 janvier, 2009

Protection des “transgenres”. Et les autres ?

C'est mal, on le sait, de se rendre coupable de discrimination envers les « LGBT » (lesbiennes, gays, bi, trans). A Gainesville, Floride,le message a été si bien reçu que le conseil municipal a décidé d'imposer l'égal accès pour tous dans les toilettes publiques. Histoire de ne pas empêcher les transsexuels d'aller chez les messieurs ou chez les dames, conformément à leur identité ressentie.

Immédiatement, un groupe de défense des bonnes politique a fait réaliser un message publicitaire diffusé par les chaînes locales. A voir ici.

Attention : tout sentiment d'inquiétude pouvant vous effleurer à la vue de cette vidéo pourrait relever de l'homophobie...

11 janvier, 2009

Extrémisme euthanasique : la baronne Warnock récidive

S'exprimant lors d'un débat organisé dans l'enceinte de l'église de Tous les Saints de l'Eglise Unitaire de Belfast (Irlande du Nord), la baronne Mary Warnock a déclaré, lundi, que les médecins qui refusent d'aider des malades en phase terminale à se suicider lorsqu'ils manifestent le désir de mourir sont « authentiquement malfaisants ». Elle se référait plus particulièrement au cas des malades ayant fait un testament de vie, du temps où ils étaient bien portants et lucides, pour demander une mise à mort ou un arrêt de tous les soins en cas de dépassement d'un certain stade de leur maladie.

« Il y a des médecins, nous le savons, qui n'y prêtent pas attention. Mais cela me semble authentiquement malfaisant - d'ignorer ce qu'une personne a dit explicitement, qu'elle veut mourir, qu'elle ne veut pas être réanimée dans certaines circonstances, ou dans certaines circonstances être aidée à mourir.

« Je crois que si une personne est diagnostiquée comme souffrant d'un début d'Alzheiler ou de démence, c'est à ce moment-là que les médecins ont l'obligation active de lui parler de ce qui lui arrivera quand commencera le grave déclin. (...)

« La conséquence de cela [la vie prolongée par les soins médicaux] est financière, mais de manière encore plus importante, je pense à ceux qui achèvent leur vie dans un état de démence, incapables de reconnaître leurs proches, incapables de faire quoi que ce soit pour eux-mêmes. On peut les garder en vie et ils sont gardés en vie, mais la question s'impose : à quoi rime une vie aux derniers stades d'Alzheimer ou de démence ? »


La baronne Warnock, professeur d'Université qui, au cours de sa longue carrière, a tenu des hauts postes à Oxford comme à Cambridge, est une autorité « éthique » reconnue et son annoblissement par Elisabeth II lui assure un siège à la Chambre des Lords, où elle dirige les commissions et réflexions sur les questions de bioéthique actuelles. C'est dire son influence.

Elle s'était déjà fait remarquer en septembre 2008 en déclarant, dans une interview publiée par l'Eglise d'Ecosse (« Chruch of Scotland »), que les malades de démence avaient l'obligation de se faire euthanasier pour le bien de la société dans son ensemble, en raison du poids qu'ils représentent pour leurs familles et pour les services publics.


« Si vous êtes dément, vous gâchez la vie des autres - celle de vos familles - et vous gaspillez les ressources du Service national de santé. Je suis absolument, pleinement en accord avec l'argument selon lequel, si une douleur est insupportable, alors il faut aider le malade qui en souffre à mourir, mais j'estime qu'il y a des arguments encore plus acceptables si le malade en question veut absoulent, désespérément mourir parce qu'il est un poids pour sa famille, ou pour l'Etat : alors il doit aussi avoir le droit de mourir. »


Source : ici.

Escroquerie Madoff : bénéfices collatéraux ?

Selon la Catholic News Agency, l'escroquerie gigantesque montée par Bernard Madoff a fait des victimes collatérales... ou plutôt, le diable porte pierre. De nombreux organismes caritatifs juifs lui avaient confié leurs fonds. La Picower Foundation qui œuvre notamment pour l'éducation, la recherche sur les sciences du cerveau, les « droits reproductifs » et la « continuité juive », association sans but lucratif, est l'une de ces victimes qui se sont retrouvées sans le sou.

L'écroulement de Picower entraînera des pertes sèches : le Center for Reproductive Rights n'aura pas ses $600.000 dollars de contribution en 2009, le Planning familial (Planned Parenthood) aura un manque à gagner de $484.000, et le Projet de liberté reproductive d'ACLU, l'un des lobbies pour l'extension de l'avortement au nom des droits civiques, perd $200.000.

Les trois organisations ont pour dénominateur commun leur refus total ou partiel de reconnaîre l'objection de conscience aux professionnels de santé pro-vie : elles sont ainsi dans la ligne Obama.

Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...